lundi 4 mai 2020

Le petit monde de la cité, et les roses... D'en face...


Confiné à vie !

Je fais mon attestation électronique à la dernière minute, pour ne pas perdre une miette de la sortie, une heure passe vite, à mon pas de tortue. Souvent je me dis : ce pas lent n'est pas forcément le bon, il vaudrait mieux marcher d'un bon pas, mais que peut-on voir à vive allure ? La cité d'en bas, c'est pratique, et la verdure est là, à portée de main. S'il se met à pleuvoir, pas besoin de parapluie, je rentre...

Déjà, l'appareil photo autour du cou, le masque sur le visage, la carte d'identité, les clés et le porte-monnaie dans le sac à provisions, s'il fallait en plus le parapluie ! Quelquefois même, la balade se fait avec le sac à provision, plein, si j'ai fait les courses en début de balade, ou vide, si j'ai attendu la fin pour aller chez le primeur du coin. Souvent donc, j'ai photographié les roses, les pivoines qui arrivent, et tous les petits détails aperçus en posant le sac par terre, n'importe où, pour être plus à l'aise.. C'est mon côté pratique !


 Un buste de jardin fièrement posé à coté de l'escalier d'entrée

Quelle idée a cette famille de l'accueil, soyez les bienvenus, entrez donc... Ce buste martial est étonnant... Il y a beaucoup d'animaux : grenouilles, chats, chiens, poissons, coqs, lapins, ours et personnages divers, il y a  une très grande variété de figures dans les jardins... J'ai vu un grand héron, des oiseaux, des papillons, des cigales... Les représentations sont riches... Les choix ont dû se faire avec beaucoup de minutie, les cadeaux reçus finement achetés et offerts, je le sais, sont nombreux : dis donc, ça serait bien, ça, dans leur jardin ! Et c'est comme ça qu'ils se sont retrouvés avec un zoo, des contes, et les sept nains... Le héros grec reste un mystère...


Ange, grenouille, crapaud


Il y a du monde


Chien, chat, tortue...



Des petits personnages de conte de fée



Ordre, calme et végétation


Le plaisir est là, voir les décors qui sont infinis, il faudrait que les propriétaires me racontent leurs histoires... La journée était grise, c'est bien aussi pour la photographie, tout est bien pour la photographie, ce qui compte pour le regard c'est l'ambiance, la disposition, l'évocation, la beauté bien sûr... Il y a du charme aussi à voir le désordre, la profusion, l'abandon, comme sur certains balcons des immeubles que j'ai vus transformés en caves, déchetteries, poubelles, garages à vélos, motos, séchoirs à linge, une pièce de plus pour les appartements trop petits...

Ce jour-là, j'ai fait la course aux rosiers, ce printemps de confinement leur profite, j'ai du mal à sentir les parfums, il faut se pencher, ou se mettre sur la pointe des pieds, pour mettre le nez dans une rose... Elles ont pris la place des glycines qui terminent leur cycle grandiose. Les roses sont toujours les reines, pucerons ou pas, c'est le drame pour les jardiniers... Les premières roses sont imbattables, elles rebouchent des crépis défraîchis, remettent à l'honneur les maisons de caractère, ruiné, par la splendeur de leurs couleurs, l'élégance naturelle de leur éparpillement, elles décident à votre place de leur emplacement final, et c'est toujours elles qui ont raison, on ne fait jamais mieux que la nature, elle a un goût très sûr ! Les maisons en cours de travaux peuvent dormir tranquilles, les roses feront le travail d'enjolivement, jusqu'à l'automne !!








Les roses de Bagatelle sont bien là

Accroché aux fenêtres, aux balustrades, aux murs, aux porches, il y a toujours un endroit pour planter un rosier. Comme je m'extasiais sur le portail couvert de roses, la dame qui en sortait me dit : dites-le à mon mari, c'est lui qui les a plantées, excusez-moi, je suis pressée, j'ai rendez-vous pour les masques, j'ai rendez-vous chez une dame qui les fabrique pour moi, et elle a disparu au bout de la rue...

Puis j'ai commencé à regarder les arbres bien en face... Je vous raconte ça au prochain post... À très vite mes amis...

vendredi 1 mai 2020

Les asperges, le muguet et le fauteuil de la visite... Pendant le confinement...



Les asperges

Les asperges et le muguet :

Il pleut ! Depuis deux jours, il pleut ! Je ne suis pas sortie dans la cité pavillonnaire, je n'ai pas suivi la montée des roses, le tourbillonnement des dernières glycines. Où en sont les travaux d'enjolivement de la grille de jardin des années 30 ? Les voix, les musiques, les personnes qui passent dans la rue avec le masque, que devient la cité d'en face ? Vivement le beau temps !

Hier, il pleuvait, mais j'avais comme des fourmis dans les jambes, et surtout une envie forte, il faut que j'y aille ! J'ai attendu la petite pluie fine qui suit les grosses gouttes, inoffensive, allez, je vais aller chercher fruits et légumes qui me manquent. La préparation à la sortie demande un gros mental : l'attestation de déplacement dérogatoire, dans mon téléphone, bien remise à jour, voilà, mon petit sac avec ma carte d'identité, vite, le temps passe, manteau, panier, les clés ici, et le masque. Ah ! Comme c'est moche, inconfortable, dans l'ascenseur il faut bien se tenir pour ne rien toucher, juste dire bonjour entre les dents et sortir au grand jour.  J'en avais vraiment envie, c'était la pleine saison !

J'ai retrouvé mon petit primeur rasé de près par un ami, pas du tout coiffeur, très rock and roll, il prenait note de ses stocks pour recharger sa petit boutique, bien utile à tous. En plein ramadan, il passait ses journées dans la nourriture. Je ne l'avais pas vu depuis le début du confinement, ma voisine me fait les courses, et depuis qu'il est guéri, mon fils vient prendre le thé en m'apportant mes petites commandes, ou tout simplement : juste pour le thé ! Les premières fois, nous portions tous les deux nos masques, et puis... Nous gardons nos distances, pas de serrage de mains, pas de bisous, mais nos cœurs y sont...

Quel plaisir de choisir à l'étalage les légumes et les fruits. Je les vois : blanches, immaculées, les asperges ! Pour ce légume que j'adore, j'étais prête (modérément) à risquer de la contamination, peu importait le prix, j'en voulais à tout prix, une petite poignée me suffira, j'y reviendrai, je ne peux quand même pas passer le printemps sans asperges !


Épluchées


Prêtes à manger


Le muguet :


Les petites clochettes parfumées

Rien de plus facile, la carte sans contact, au revoir les amis, bon ramadan, au moment de partir, un pied dans la rue : eh ! N'oubliez pas ceci ! Et mon primeur coiffé de près me mit dans la main un joli pot de muguet, il n'y en aura plus demain, il n'y en a nulle part... J'étais toute contente, le muguet du 1er mai, je n'y avais pas pensé, mais mon primeur pense à tout ! Faisons un vœu, santé  !

Le fauteuil de la visite :




Le fauteuil de la visite

Mon fils, qui a été coroné, vient me voir, ça fait quelques semaines qu'il est guéri, donc on suppose qu'il n'et plus contagieux, et même qu'il est un peu, beaucoup, immunisé... Nous ne mettons pas de masques, mais nous restons à distance... Il vient sur son beau vélo pliant, il le range dans le couloir de mon appartement... Moi, je laisse le sac de courses qu'il m'apporte au coin dans la cuisine ou sur le balcon, pendant les heures de la visite, bien tranquilles, avant de les ranger, je fais la grande lessive et lavage de mains... Quelle histoire ! J'avais dit à mon fils : tu sais, j'ai trouvé des sites formidables, on peut visionner des tas de pièces de théâtre contemporain, des opéras, de la danse... Un truc de fou, je ne sais plus où donner de la tête, entre Shakespeare, Molière, Pommerat, Ibsen, Tchekhov, Chantal Akerman, A. Mnouchkine, Lagarce... Aujourd'hui, j'ai prévu Pina Bausch, demain, Pommerat... Très envie de revoir l'Ecole des femmes... Ma médiathèque s'y est mise également. Et mon fils a trouvé la réponse qu'il fallait, nous en avons bien ri : maman, Macron va faire prochainement une annonce spéciale : tout le monde pourra sortir très prochainement, mais toi, tu devras rester confinée jusqu'en 2027 !!! Bon ça va, j'ai un petit répit, j'ai déjà exploré une plate-forme qui m’intéresse beaucoup : documentaires, films politiques, mais pas que... Sans compter que j'ai repéré, sur des médias numériques, des causeurs, lanceurs d'alertes, scientifiques...Qui commentent, expliquent, ratiocinent, sur des des tas de sujets sociétaux... 2027 ? Ça va suffire ? Si ça devait aller bien bien bien au delà,  il faudra que je demande du rab au ciel !


J'attends mon invité...

Mes amis il fait moche aujourd'hui, et puis j'ai mon invité, la cité enchantée d'en face sera pour demain,  pour "la féerie quotidienne", disait la peintre Berthe Morisot. Prenons rendez-vous ! À très vite... Restez confinés, il y a encore beaucoup de choses à faire...

mercredi 29 avril 2020

Au Microscope... Pendant le confinement !


Les roses du portail de la cité pavillonnaire d'en face (24 avril 2020)


Depuis que je suis confinée, je deviens plus observatrice, la surface se réduit mais mon œil s’agrandit.

Mes petits tours dans la cité d'en face deviennent non seulement des dérouille-mollets, mais des challenges de perception... Au début, je ne voyais que tout ce qui dépassait : les glycines, essentiellement, mais maintenant qu'elles fondent au soleil, je guette toutes les nouveautés, et j'en trouve à chacun de mes tours.


Une glycine au début de mes tours, comme un grand nid de branches (15 avril 2020)

J'ai une chance inouïe dans mon confinement, d'avoir à découvrir ce petit îlot de verdure devant mes fenêtres... J'ai largement le temps... Avec, ou sans, attestation de sortie... Si je comprends bien les nouvelles directives gouvernementales, les aînés, dont je suis, devront limiter leurs sorties, jusqu’à nouvelles dispositions le 2 juin 2020... Donc j'ai le temps, pas question de m'éloigner de mon domicile...

Le mode "vision microscopique" vous entraîne dans l'introspection, forcément. Plus je regarde, plus je découvre, plus j'ai envie d'y revenir... J'écoute les sons, j'observe les couleurs, je rencontre des gens nouveaux qui commencent à me reconnaître, même avec mon masque.


Glycine vue du dessous (18 avril 2020)


Vue du dessus (18 avril 2020)

Bravo ! C'est vraiment beau ce que vous faites ! Oh, juste un petit coup de peinture, j'en profite, j'ai le temps avec le confinement... Vous avez raison, votre grille est magnifique, votre maison aussi. Oui, j'ai gardé les ferronneries d'origine, les années 30... Il n'avait pas de masque, juste son pinceau au bout du bras, fier comme un petit banc, moi j'avais le visage barré par ce sacré masque, impossible de me faire entendre, et hop ! Je l'ai retiré, nous étions assez loin pour nous comprendre ! Là, voyez, il faut que je répare, le mur s'est fendu, je ferai ça après, il faut du matériel... Depuis, nous sommes amis...

J'ai encore beaucoup de travail pour communiquer, je n'ai pas encore parlé des fleurs, j'attends les propriétaires de pied ferme, avec le sourire sous le masque... Nous parlerons roses, pivoines, iris, figuiers...


 Le gros crapaud rigolo (26 avril 2020)


Le monde enchanté de Blanche Neige et les cinq nains vu seulement le 24 avril 2020

 

Il y a du monde dans les petits jardins (26 avril 2020)



Une sonnerie accueillante devant la glycine grimpante (26 avril 2020)


Dès le début, les glycines ont occupé tout mon temps. Quand elles ont commencé à faner, j'ai dû explorer autre chose... Chaque jour je prenais plaisir aux découvertes, aux bavardages, j'évitais les groupes d'enfants avec leur parents qui jouaient au ping -ong au milieu de la petite rue...

Les jours de pluies, j'ai mis seulement le nez à la fenêtre...

J'ai hâte d'y retourner, et puis après le 11 mais, j'irai plus loin...

Mes amis, revenez dans mes allées... Avec ou sans masque... À très vite, je vous embrasse

vendredi 24 avril 2020

Je vais regretter le confinement ! Ah bon ?


La glycine du printemps de confinement 2020

Tu ne parles pas sérieusement, Danielle ? Tu vas te mettre tout le monde à dos ! Comment peut-on regretter le confinement ? Vive la liberté, oui !

Je vais vous expliquer, vous allez me comprendre : j'aime bien cette vie-là en ce moment, le ciel est bleu quand il est bleu, rien que bleu, des nuages, oui, des beaux nuages de peintures. Je vous le dis, j'aime le confinement, j'ai découvert le silence de la rue, je laisse les fenêtres ouvertes sur la campagne de la ville, jamais le bruit ne m'a réveillée le matin, même tard, le seul moteur infernal que j'entends, c'est la laveuse de caniveaux, municipale, ils ont dû l'acheter d'occasion... Cette petite voiture à balais rotatifs fait un boucan d'enfer, elle doit réveiller toute la ville ! À part ça, je vis un vrai moment de Paradis environnemental.


Glycine du printemps de confinement

Ce matin, par exemple, au balcon, j'entendais uniquement les oiseaux, même si je ne les voyais pas, ils étaient là ! Une très petite circulation de voitures, moi, j'aime ça !

Mais oui bien sûr, j'ai aussi mes moments de blues, de pression, de peur, d'anéantissement... Je n'oublie rien !

Il n'empêche que je vais regretter ce temps de confinement, j'y vis dans ma tour comme je l'ai toujours espéré : je peux m'asseoir sur mon bacon, ma tasse de café à côté de moi, les deux pieds sur un petit tabouret. S'il fait soleil, j'ouvre le parasol en grand, j'arrose mes géranium, je regarde mon hortensia pousser. Seuls les autobus se font entendre dans un sens comme dans l'autre, mais ils sont encore assez doux, ils pédalent un peu plus pour monter, en descente, ils glissent sur un tapis roulant. Tous les soirs, il y a le petit travail des applaudissements, on se fait des signes avec les voisins, on est en pleine solidarité d'âmes... On y croit !

Mais oui, bien sûr, je ne voudrais pas recommencer à vivre comme avant le confinement : le bruit et la fureur de consommer, de courir partout...



Je vous l'ai dit déjà, que depuis le confinement, je voyais des choses que je n'avais jamais vues auparavant, aujourd'hui je vais plus loin : je vais regretter le confinement, je me mets à vivre plus sobrement, et j'aime ça ! Ça me rend triste de revenir en arrière, à la vie d'avant...

Je sais, tout le monde voudra revivre comme si de rien n'était, exactement comme avant le corona, cette vie de dingues que nous critiquions tous, plus ou moins, c'est le moment pourtant de réfléchir avant d'essayer de rattraper le temps et les affaires perdues... Comment rétropédaler ?

Mais oui, bien sûr, j'ai aussi mes moments de blues, de pression, de peur, d'anéantissement... Tous ces malades, tous les morts... Je n'oublie rien !

Je voudrais qu'on ait une plus belle vie de société, plus humaine, consciente, solidaire, juste, plus écologique, moins cupide ! Je voudrais bien qu'on sauve la planète du réchauffement, de la pollution, bien sûr, qu'on mange mieux, plus bio, plus local, c'est difficile de vivre à 7 milliards 1/2, mais pas impossible... Bon, alors là, Danielle, tu débloques, tu nous fais le coup du conte de fée, il te faut du repos, ça tombe bien, encore plus de deux semaines de confinement... Tu vas te retaper !


Les fleurs sautent sur les murs

En fin de journée, je vais aller faire mon tour de la cité des petites maisons, me dégourdir les jambes, prendre des photos, faire ma folle curieuse, je mets mon masque, je prends mes clés, mon téléphone, et en avant, Louise...

Peut-être qu'en passant chez mon petit primeur du coin, j’achèterais quelques fruits et légumes. Ma voisine, en revenant de faire mes courses, m'a offert des dattes totalement naturelles, pour fêter le Ramadan. Merci voisine, faites la fête, portez-vous bien, même confinée, ma voisine a toujours le sourire... Mon fils m'a dit qu'à Belleville, le Ramadan se voyait sur les trottoirs, tous confinés dans les rues, les gâteaux au miel, les bonnes choses, il faut bien les vendre en douceur...

Mais oui bien sûr, j'ai aussi mes moments de blues, de pression, de peur, d'anéantissement... Tous ces malades, tous les morts... Je n'oublie rien !

Mes amis fidèles, mes passagers de hasard, à très vite, terminées les photos de glycines, elles sont toutes fanées... Mais je vais bien trouver autre chose...

mardi 21 avril 2020

La grande galerie de l'évolution... Nicolas Philibert...


Gorille - Yves Boussin (encre de Chine) - 2020

Mon frère dessine des animaux (souvent en voie de disparition), il a le talent des regards, ses animaux nous regardent, et moi, je vois dans leurs yeux la puissance et la tristesse, comme s'ils exprimaient des sentiments humains ! J'y vois des yeux suppliants, car je sais que beaucoup d'animaux sauvages, et pas seulement, sont en mauvaise posture sur notre planète. Les animaux de mon frère,me donnent envie de pleurer quand je les regarde dans les yeux !

J'ai vu la semaine dernière : "Un animal, des Animaux", un magnifique documentaire de Nicolas Philibert. Ce grand cinéaste a réalisé ce film en 1994, au moment du grand réaménagement du Muséum d'Histoire Naturelle du Jardin des Plantes. Ce musée de Paris était fermé au public depuis un quart de siècle, laissant à l'abandon des centaines de milliers d'animaux naturalisés : mammifères, poissons, reptiles, insectes, oiseaux, batraciens, crustacés, mollusques et papillons...

Le film nous permet d'assister à la résurrection de ces étranges pensionnaires, et la création de la grande Galerie de l'Évolution, les collections sont proposées avec une mise en scène spectaculaire, les espèces disparues ou très menacées... 

Avec Nicolas Philibert, nous découvrons également les acteurs de la transformation, tout le personnel à l'oeuvre pour la résurrection : leurs réflexions pleines d'humour. Ah Tiens ! Il a meilleure mine, celui-là, il a pris du poids ! Pour les spécialistes, les questions sont nombreuses, les préoccupations aussi, quels choix faire dans les collections, comment bien les montrer au public, les restaurations pratiquées avec soin par des taxidermistes, les vitrines bien éclairées pour mettre en valeur les beaux papillons, et surtout, hermétiquement fermées à la poussière : nous ne ferons jamais la poussière, dit la responsable... Bien équilibrer les espèces, ajuster l'éclairage au millimètre pour faciliter l'observation des papillons aux couleurs extraordinaires, des insectes inimaginables, des oiseaux féeriques... Pour le grand grand Opéra de la faune terrestre, il y a du monde sur le plateau.


Boussin Yves - Les premiers coups de crayon : les yeux vous regardent déjà !

J'ai pu regarder ce documentaire grâce à ma médiathèque qui propose à ses adhérents un choix de films issus des collections de la Bibliothèque Publique d'Information du centre Pompidou, neuf films pour le mois, j'en ai déjà regardé cinq, mais d'autre m'attendent sur d'autres sites... Je ne vois pas le temps passer dans mon confinement cinématographique...

Avec Nicolas Philibert, nous nous approchons de près, les animaux empaillés, repeints, repoilés vernis, n'arrêtent pas de nous faire de l’œil :  regardez-nous bien, les humains, nous disparaissons. Les équipes au travail glorifient l'aménagement, ça n'est pas une mince affaire que d'exposer sur 8980 m2 accessible au public, environ 100 poissons, amphibiens ou reptiles, 450 oiseaux, 350 mammifères et plusieurs milliers d’invertébrés. L'extraordinaire nef centrale fait 30 m de hauteur, lumière tamisée oblige, et met en scène des milliers de spécimens, ils racontent l'étonnante histoire de l'évolution, le décor est grandiose !



Boussin Yves - L'étape suivante, tout se précise

Le beau documentaire nous fait vivre quelques étapes de cette mise en valeur du règne animal. Comme dans l'arche de Noé biblique, des cohortes d'animaux de la savane passent difficilement par la grande porte, attention aux oreilles, aux pattes, aux queues, fragiles : objets d'art ! Mais dans l'Arche de Noé du Muséum d'Histoire Naturelle, les animaux entrent empaillés et rafistolés, pimpants pour être montrés... Public : regardez, alarmez-vous, le monde court à sa perte... Je pleure devant mon écran, oui, je pleure, je les vois tous, ces grands disparus, ou en voie de l'être... D'autant que le documentaire date déjà de vingt-cinq ans, combien de ceux que nous voyons là sont déjà rayés de la carte aujourd'hui ?

Monsieur Nicolas Philibert, merci pour votre vision du monde si sensible, si forte, si précieuse, si humaine, toujours émouvante, je vous salue bien bas ! Vos films sont des histoires d'amour : dans vos yeux, tous les êtres vivants ont de belles âmes... Vos films plein d'humanité nous invitent toujours à réfléchir depuis le début, ils nous aident à voir le monde tel qu'il est, et souvent, à l'espérer mieux qu'il n'est !


Mes amis, je ne sais ce qui me viendra demain, mais... À très bientôt entre mes images et mes mots...

samedi 18 avril 2020

La petite cité d'en bas n'est pas le Paradis !!! Suite de glycines.....


Glycine de la petite cité d'en face

Depuis deux jours, je sors, je prends des risques, j'ai mon" attestation de déplacement dérogatoire" dans mon téléphone, j'ai droit à une heure tout compris ! À moi l'aventure, juste une rue à traverser et je suis dans les glycines, des vieilles glycines pas vraiment entretenues, leur parfum se déverse dans les rues, comment le coronavirus pourrait venir jusque-là ? J'avais emporté mon appareil photo pour voir de plus près, mais au moment de tirer à vue sur une glycine, le voyant de mon appareil clignote furieusement et rend l'âme immédiatement. Zut ! Un tour pour rien ? Pas du tout, j'avais mon téléphone, mais les photos au téléphone manquent de grandeur, je ne pouvais pas pointer les détails comme je voulais.


Cascade

Je n'avais pas fait trois pas, avec mon masque qui me tenait chaud et embuait mes lunettes, que je décidais de le retirer, il n'y avait personne, et aucun scientifique a dit que c'étaient les glycines qui transmettaient le coronavirus ! Comme je prenais maladroitement les premières photos téléphoniques, une dame à sa fenêtre juste en face, me raconta l'histoire de la glycine que je regardais... Elle est belle, celle-là, elle a au moins vingt-cinq ans. Ah bon ! Oui, c'est le voisin là-bas qui lui l'a donnée, elle pousse bien, mais manque un peu d'entretien, la glycine aime le soleil, ici il y a un peu trop d'ombre... Il lui a donné un bout de glycine quand je suis arrivée ici, il y a vingt-cinq ans, c'est pour ça que je m'en souviens... La petite rue devenait un terrain d'aventure pour moi...


Le nid de glycine

Comme tous les débuts de conversation, au hasard de la petite rue, nous avions commencé par les glycines et continué par l'état de santé de tous ceux que nous connaissions : mon beau-frère, mon ami, ma sœur, mon cousin, mon fils... Et même ma voisine, oui, cette dame connaissait ma voisine qui traîne son corona depuis cinq semaines... Mais qui, aux dernière nouvelles, allait de mieux en mieux !

La glycine donatrice avait facilement cinquante ans, sinon plus, et caracolait le long de la grille, les branches enserraient la grille d'entrée, l’étau végétal  s'enroulait et serrait avec force, inexorablement, la ferraille... Grille et branches ne formaient qu'un.


Macramé végétal et ferronnerie

En fait voilà l'histoire du haut et du bas :

D'en haut tout paraît plus beau, tous les jours maintenant je me déconfine une heure, en faisant une petite promenade juste devant chez moi. Cette petite cité pavillonnaire, dont les maisons sont toutes mitoyennes,  subsiste depuis sans doute un bon siècle, habitations ouvrières, construites de bric et de broc, entourées (pas toutes) d'un lambeau de jardin... D'en haut, je me disais souvent : quelle chance de pouvoir habiter une petite maison d'en bas de chez moi, des arbres, des lilas, des glycines, des fleurs... Des terrasses improvisées, ou carrelées, la belle saison doit être plus belle ici !


Suite de glycine

Lors de ma dernière sortie d'hier, j'avais embarqué mon appareil photo rechargé. En déambulant dans les petites rues de la petite cité, je la descendais en flammes, je lui trouvais plus d'inconvénients que de qualités. Ah bon ! Danielle, tu disjonctes, là ! Des belles petites maisons de poupées, des fleurs et des glycines ne te suffisent pas ? Pas du tout, chemin faisant je me suis aperçue qu'il y avait beaucoup de bruit d'une maison à l'autre, les uns parlent, même tout bas on les entend en passant, les autres mettent la radio, même bas on l'entend, celui-là laisse sa fenêtre entrouverte et la musique s'échappe chez les voisins. Ah ! Les enfants, il faut bien qu'ils se détendent, ces chers petits, et vas-y donc que je tape dans un ballon, grimpe sur une planche à roulette, joue à cache-cache, m'exprime librement à voix haute, c'est bien naturel...

Ah ! J'oubliais les perceuses, les tondeuses, les scies sauteuses, les travaux divers et variés, les apéros, les heures du thé, les fêtes, les visites... Comme les petites maisons sont mitoyennes, la vie est très variée pour tous les voisins, c'est bien pire que dans ma Tour pas si infernale que ça, finalement !


Suite de glycine

D'en haut, je n'entendais pas tout cela (sauf les perceuses, tondeuses et scies sauteuses), je ne voyais que les arbres, les fleurs, j'en faisais une belle exception à la règle des tours, un lieu paradisiaque, la campagne à la ville, pas beaucoup de circulation automobiles, mais par contre, devant chaque maison sa voiture, ses motos, ses poubelles de couleurs... Non, le Paradis vu d'en haut ne ressemble pas du tout au cauchemar que j'entre-aperçus en bas... Vous comprenez mieux maintenant tous mes bémols ?


Suite de glycine

Mes amis fidèles, de passage, portez-vous bien dans le confinement, portez vos masques et ne dites pas bonjour à la dame... À très très vite...

mercredi 15 avril 2020

Je change mon fusil d'épaule !!!


Une glycine de printemps et l'odeur qui va avec... Balade de confinement... Une petite heure

Mais pas du tout, ce n'est ni la lecture, ni la morale qui m'ont fait changer mon fusil d'épaule ! Ah bon... Non, pas du tout, pour moi c'est le rangement, faire le ménage dans mes placards, c'est comme qui dirait re-réfléchir au sens pratique des choses, et bien sûr, ce n'est pas une petite affaire...

Quand j'ai ouvert les portes de mes petits placards de cuisine, hier, je me suis dit : réfléchissons !

Pourquoi continuer à ranger consciencieusement les objets qui me servent tous les jours dans des endroits mal adaptés, moins accessibles, trop petits ou  trop hauts ? Rien ne va plus ! Alors, en ouvrant toutes les porte d'un coup, pour avoir une vision globale du désastre, je me suis trouvée bête. Par où vais-je commencer ? Que mettre à gauche, plus bas, ou à droite, plus haut, puisque qu'il y a ce réfrigérateur en dessous, qui gène la manipulation  ? Et bien, vous me croirez si vous voulez, il m'a fallu du temps pour y arriver, j'ai ouvert et fermé dix fois chaque porte...


La glycine du jour, balade de confinement... Allez, finalement, 3/4 d'heure

Le constat fut amer : pourquoi ? Pourquoi ? Suis-je restée tant d'années avec un rangement mal conçu, sans me poser la moindre question ? Pourtant, voilà des lustres que je me mets sur la pointe des pieds et allonge le bras pour sortir les assiettes et les bols. Vous voyez, je ne vous cache rien, ni à vous, ni surtout à moi !

Oh ! Je n'ai pas eu le coup de foudre tout de suite, j'avais beaucoup de retard pour la solution adéquate, j'ai peinée, l'esprit humain est lent, surtout le mien. Je m'aperçus vite dans mes cogitations que l'habitude pouvait créer un certain aveuglement quotidien, quoi de plus normal, me direz-vous, que de se contorsionner, pour sortir une assiette ou un bol, je vous demande un peu ? 

Bien sûr, quand vous déplacez quelque chose que vous avez toujours vu à la même place, ça peut donner le vertige ! Mais ma fille, te voilà presque au bout du rouleau et tu veux tout chambouler pour que ce soit plus pratique, c'est pas le monde à l'envers, ça ? Avec application, ayant répondu à cette question par : il faut que je me dépêche de changer illico (!) l'ordre des choses, et ce proverbe m'est venu : il n'est jamais trop tard pour bien faire... Certes !


Balade de confinement, prendre le soleil...

J'ai donc tout inversé, mis dessus, dessous, de droite et de gauche, j'ai enfourché l'escabeau avec précaution (il a seulement deux marches), enfin, j'avais un plan en tête, un nouvel ordre économique,  un grand changement de société, j'ai nettoyé, rincé, fait briller, rangé, tout mis au bon endroit, chaque chose à sa nouvelle place, pour faire plus pratique. Pendant tout ce tremblement de cuisine, je me faisais la morale : comment n'y avoir pas pensé plus tôt, un éclair de génie, là, c'est parfait !

J'ai continué le rangement l'âme sereine, mais je ne me suis pas arrêtée là. J'ai attaqué la grande armoire du cellier, trouvant des places nouvelles aux choses plus anciennes : bocaux, conserves, livres de cuisine, tout une batterie d'objets peut-être inutiles, que je garde sans me poser de questions. Je mettais de l'ordre dans ma vie !

Ainsi, j'ai décidé d'utiliser aussi  le "temps de déplacement dérogatoire" de confinée pour aller voir les glycines et chèvrefeuilles qui dépassaient largement des grillages ou portes des petites maisons, juste en face de ma tour de Babel, je pouvais suivre les conseils d'un de mes fils : maman, prends le soleil, c'est bon pour la vitamine C, sans risque de rencontrer âme qui vive, juste après le déjeuner...

Dans ma banlieue parisienne je fais maintenant comme à la campagne, je cueille les fleurs qui s'aventurent dans l'espace public, en liberté totale puisque c'est le printemps, la végétation déborde avantageusement des petits pavillons, pour m'en faire un ou deux petits bouquets...


Les petits bouquets du confinement, pour embellir la maison

Avec mon changement de conduite ancillaire, je dois faire plus attention, ne pas ouvrir bêtement deux, trois portes avant de trouver la bonne, il faut que je me fasse confiance, je vais y arriver, un peu de patience il me faudra, c'est tout, je n'ai pas changé d'idée comme de chemise pour rien...

Mes amis, proches et plus lointains, inconnus même, restez chez vous, ne complotez pas sur tout comme moi, dans votre maison, gardez-vous en santé !