lundi 18 janvier 2021

"Chaque jour est un bon jour" : les petites prières !...

 



Tout le long du film japonais "Dans un jardin qu'on dirait éternel", de Tatsushi Omori (2018), j'ai réfléchi à cette petit phrase zen : chaque jour est un bon jour...

Dans le film, d'une lenteur infinie, bienfaisante et belle, nous assistons à l'apprentissage de la cérémonie du thé par deux jeunes Japonaises. Au bout de vingt, il reste encore tellement  à apprendre, pour tout maitriser au doigt et à l'oeil...Comme dans la vie, nous sommes toujours loin du compte...

Je me disais : vraiment, chaque jour est-il un bon jour ? Tant il y a de jours qu'on voudrait faire sauter, effacer du calendrier, extirper de notre mémoire, ne jamais avoir vécus... Tant de jours sont si mauvais, si tristes, si cruels, comment trouver "le bon jour dans le mauvais jour" ?

Comment peut-il rester une miette de bon jour dans une vilaine journée, très vilaine, affreuse ? À bien y réfléchir, le proverbe zen nous éclaire, nous en dit long sur nos perceptions profondes... Si à chaque jour suffit sa peine... Les petites joies ne sont pas loin, prenons-nous le temps de les mentaliser ? De les apercevoir ? Tenons-nous assez compte de la beauté, dans les jours fracassés ? Car, dans chaque jour de pensées sombres, il y a toujours une petite lueur, il faut s'y accrocher... Ça prend le temps qu'il faut... La beauté sait très bien y faire pour combler les trous noirs... Il faut laisser agir, ne pas se presser de tout jeter à la poubelle...



Ce matin, au téléphone, je disais à ma (grande) petite-fille combien la nature était belle, combien je l'ai regrettée à chaque départ des maisons de campagne que j'ai louées dans ma vie. La moindre pince à linge sur le fil pouvait devenir un objet d'art, pour peu qu'il y ait de la couleur et du soleil, voyez donc les lignes de linge qui pendent d'une rue à l'autre à Venise, et qui font l'éblouissement des touristes... L'art est partout, regardons !


Mon éblouissement dans l'Indre, 2017


Et à Venise, 2009

"Chaque jour est un bon jour" : quand vous avez cherché partout de quoi vous consoler, vous sortir d'un jour déprimant, un jour pour rien... Et êtes tombé nez à nez avec un peu de beauté que vous n'attendiez pas, le presque rien du "bon jour", le bonjour de votre voisin, d'un de vos proches, la petite couleur de ses yeux, la poignée de main (avant le covid). C'est donc possible ! Mais bien sûr !

Les petites prières

Danielle, dis-moi, il est sur quel sein, ton mal ? Je pense tous les jours à toi et je fais une prière. Mais voyons, chère Mireille, avec tous les saints du Paradis que tu connais déjà, tu vas avoir du mal à t'y retrouver ! Nous avons bien ri, mais j'avais au cœur sa douce prière journalière, elle savait pourtant que je  ne croyais en rien, la mécréante absolument totale, pas un Dieu, pas un ciel ne trouve grâce à mes yeux, juste tout le vivant et la Terre me touchent... Merci, merci mon amie, pour tes prières, vous imaginez, une personne qui murmure pour moi des vraies prières de chrétienne, elle intercède pour moi dans des hauts lieux inconnus, elle prend de son temps pour moi... Ça va peut-être marcher ? Merci, mon amie, pour ta générosité et ton attention...



Détail - La Madone sur son trône adorant l'Enfant Jésus - Antonio da Negroponte - vers 1470

Si les petites prières de mon amie pouvaient venir jusqu'ici, à Venise, se nicher dans les couleurs, les ors, les personnages et la beauté du paysage, devant le plus beau tableau que je connaisse, pour l'avoir tant admiré à chaque séjour... Mais les prières font ce qu'elles veulent...

Mes amis qui passez par ici, prenez soin de vous, portez masque et ayez gel en poche, attendons sagement notre tour de vaccin, on s'en portera tous beaucoup mieux... Je vous embrasse. À très vite...

mercredi 13 janvier 2021

La petite enveloppe et le calendrier !

 

Les petites enveloppes

Chaque année c'est la même chose, je me pose cette question fatidique : combien est-ce que je donne d'habitude à ma chère gardienne pour le 1er janvier ? Jamais je ne m'en souviens, alors je refais mes calculs, un billet c'est trop peu, tout est trop peu finalement, pour tous les services qu'elle nous rend, ses gentillesses, sa courtoisie, son efficacité... Dans un grand immeuble, ça devient un luxe d'avoir une gardienne (même si elle s'occupe de plusieurs bâtiments), moi, je l'appelle mon "ange-gardienne", et elle me dit : faites attention à vous, ne sortez pas de trop, vous allez bien ? Voilà plusieurs jours que je ne vous vois pas... Mon ange-gardienne est toujours sur le pont. Tout le monde pense qu'il faut faire des économies sur les gardiennages, c'est un tort, quand ils font bien leur travail, tout le monde est heureux, le patrimoine ne se dégrade pas, ils reprennent les récidivistes sur les papiers qui traînent, sur les souillures dans les ascenseurs. La courtoisie, le vivre ensemble auraient du mal à survivre sans eux ! Souvent, on me dit : Danielle, tu as une chance exceptionnelle d'avoir ton "ange-gardienne", alors là je dis : OUI !

Donc, j'ai glissé la petite enveloppe dans sa boîte aux lettres, la réponse ne s'est pas faite attendre, avec des mots chaleureux, remerciements réciproques, et patati et patata, bonne année, plein de santé, de bonheur, plein d'avenir... Rien n'est changé, c'est pas le virus de l'année 2021 qui va nous embêter encore longtemps, on va surmonter tout ça... Mais moi, je pense aux presque 70 000 morts de France, aux malades qui ont eu beaucoup moins de chance que les miens, que moi... L'année 2020, il faudrait la rayer des calendriers, en espérant qu'en 2021 on verra le bout du tunnel !


Dedans, il y a des tas de mots adorables, chaleureux...

Ma voisine amie m'a textoté : attends-toi à recevoir du courrier sur ton paillasson ! Mission accomplie, on s'est quand même vues à la dérobée, masquées, pas tout à fait gantées, mais de loin... Je suis rentrée avec le précieux paquet, tout plat, enveloppé dans un joli papier fleuri. Un beau calendrier ! Mais pas n'importe lequel, douze mois d'arbres remarquables, 30 jours par mois, je vais pouvoir les avoir à l'œil doux, marronnier, sequoia, chêne... Je n'oserais même pas tourner les pages, comment en abandonner un pour un autre ? Comment je vais passer au mois de février en laissant au dos la photo magnifique d'un séquoia millénaire ? Cette année sera difficile, un arbre par mois, c'est cruel !


Les arbres sont mes chouchous

Je n'ai pas envie de sauter le mois de juin, celui du marronnier en fleurs, je pense que c'est un banc qui est contre son tronc, 30 jours seulement pour être dans son ombre, c'est peu. Au mois d'août, c'est un fantastique baobab (si je ne me trompe), les noms des arbres ne sont pas mentionnés sur ce calendrier, c'est bête ! Comment faire, j'ai essayé de photographier les arbres du calendrier avec l'application PlanNet, mais ça n'a pas marché, sauf pour le marronnier en fleurs, PlanNet ne pouvait pas se tromper, alors, j'ai cherché le nom du photographe (qui figurait en tout petit sur le côté), j'ai trouvé son site, et je lui ai envoyé un mail pour lui demander le nom des arbres qu'il avait magnifiquement photographiés...

Il m'a répondu gentiment que le gros arbre tortueux de la couverture était un vieux chêne d'une forêt anglaise... Pour les autres, je lui ai envoyé les photos du calendrier, comme il me le demandait... J'attends sa réponse...


Le magnifique marronnier en fleur du mois de juin (Dugdax/Shutterstok.com)


Pour le mois d'avril, c'est un baobab (je crois, j'attend la réponse du photographe)
Monsieur Fabrice Milochau, merciii...

L'année commence bien, des cadeaux et des sourires sur fond de sinistre sanitaire, bientôt ce sera mon tour de vaccination, la sécurité de ne pas attraper la forme grave de la covid-19, c'est déjà ça...

En ce moment, le temps est si gris que je ne peux pas faire de photos, pas besoin d'aller dans les squares, ni nulle part, le ciel est gris comme le fond d'une casserole... J'attends que le ciel change de couleur...

Mes amis, prenez soin de vous même avec le vaccin, il faudra continuer les bals masqués... À très vite, je vous embrasse

mercredi 6 janvier 2021

Le Père Noël de janvier 2021

 


La saison des oranges du Portugal

J'avais posé près de la balance quelques oranges et de la salade de mâche, en vrac, bio, que je désirais acheter, et que notre primeur avait eu la bonne idée de nous proposer... Puis deux jeunes femmes rieuses, vives, ont fait leur entrée dans la boutique, l'une qui n'avait pas de masque, portait la tenue des musulmanes, peut-être un peu plus croyantes que les autres (?), toute de noir vêtue de haut en bas avec ce vêtement ample qui couvre tout le corps... Elle avait un visage éclatant, elle était souriante des pieds à la tête, mais sans masque ! Pour une fois, notre primeur avait osé lui dire : madame, vous ne pouvez entrer dans la boutique, le port du masque est obligatoire, trop souvent il ne le faisait pas, ce qui m'énervait un peu, car son magasin est tout petit, mais heureusement pour lui, les clients ne lui manquent pas... Donc, on jouait des coudes à moins d'un mètre...

La copine de la jeune femme portait le masque. Courte vêtue et aussi souriante que l'autre, elle allait et venait dans la petite échoppe, prenait un à un les légumes et les présentait à son amie : et ça, tu veux ? Et ça ? Non, non, je veux juste un concombre. Elle le soulevait du bout des doigts, il coûte combien ? 0,99 centimes, d'accord, je peux payer en carte bleu ? Le primeur la regardait avec des yeux ronds ! Ben non madame, avec la carte bleue, c'est 5 euros le minimum !



Bon, bon, bon, alors, je prends ça... Elle fit virevolter gracieusement une main au dessus de mes oranges  et de ma mâche, je ne comprenais pas bien ce qu'elle voulait. D'accord d'accord, j'ai vraiment besoin du concombre, et vous mettez ça sur la note... Mais madame... Elle continuait allègrement à faire ses courses sur le pas de la porte, elle s'était juste avancée pour désigner mes fruits et légumes prêts à la pesé, et répétait : je prends ça, et ça, justement, c'était mes courses... Eberluée, je lui dis : mais madame, vous voulez payer mes courses ? Bien sûr, avec mon concombre, ça fera le compte, elle avait calculé dans sa tête que le concombre et les petites courses de la petite dame (moi) devraient faire un peu plus que 5 euros, pour payer avec sa Carte bleue... Le patron  avait beau lui dire que les oranges, ça pesait lourd, elle n'écoutait pas... Visiblement elle n'était pas à un euro près !

À la fin, j'ai bien fini par comprendre que je me trouvais devant le Père (Mère) Noël... Madame, vous êtes vraiment originale, je vous remercie, c'est bien la première fois de ma vie que quelqu'un d'inconnu paye mes courses à ma place, ne changez rien, vous êtes vraiment la Mère Noël la plus sympa que j'ai rencontrée... Merciiiii, bonne année et bon concombre, nous étions tous à rire dans le petit magasin, je suis repartie avec un beau petit sac en papier rempli d'oranges et de salade, aux frais d'une princesse démasquée...

Je crois bien que ce gentil cadeau de très près de 7 euros nous portera chance à toutes les deux, l'année commence bien : cadeaux, rires et bonne humeur... Encore merci, chère madame !

Cette belle histoire de Noël, je l'ai racontée à tous ceux qui voulaient bien l'entendre, la jeune femme, je la revois encore, contente d'avoir résolu son petit problème, généreusement, gracieusement, ça vaut tout l'or du monde !

Mes amis, je ne sais sur quel chemin je vais me trouver demain, mais rendez-vous pour de nouvelles aventures des rues... Prenez soin de vous, le vaccin est presque là, à notre portée, ne risquons rien jusque là ! Je vous embrasse...





jeudi 31 décembre 2020

Les chocolats suite et fin, les feux de bois sans fin...


 La boite de chocolat entièrement vide

Dans mon post précédent, je faisais mes comptes de gourmandise : petite boîte, fine et élégante, 16 chocolats, un chocolat par jour, ça faisait 16 jours de gourmandise assurés... J'avais compté large et raisonnable, j'y arriverai ! Tous les amis qui suivent mes lignes ont bien lu qu'à travers mes mots, mensurés, bonnes intentions,  résolutions,  j'avais tout bien calculé pour tenir le coup 15 jours sûrs...

Chacun avait pu voir que, dès le 25, j'en avais déjà mangé 4, les plus joueurs ont dû se dire : elle ne va pas tenir... Ils ont eu raison ! Je pars perdante, je fais profil bas, j'ai tout terminé hier, le 28/12, faites vos comptes mesdames messieurs, je n'ai pas pu résister plus de quatre jours !! Pas joli, joli, tout ça, heureusement que je ne me suis jamais mise à l'héroïne !

Je comprends de mieux en mieux la difficulté des cures de désintoxication en tous genres : il n'est pas facile de se passer de ce qu'on adore, moi, c'est le chocolat !

Que vais-je faire de la jolie boite ? Rien ne lui va mieux que des chocolats, exactement conçue pour 12 carrés et 4 ronds, trop grande pour des cartes de visite, trop petite pour des cartes postales. Eureka ! J'ai trouvé, je vais y mettre mes petites étiquettes pour le congélateur... Un must !


Parfait, un peu d'art en plus !

Faux feux de bois qui crépitent :


Faux feu de bois sur grand écran
 
Ces temps-ci, où j'habite, tout le monde a les pieds dans l'eau, il pleut toute la journée, pas un rayon de soleil, le ciel est gris acier, pas moyen de faire une photo. Je mets peu le nez dehors, je reste des heures auprès de mon faux feu de bois dans une cheminée, films trouvés sur internet, qui peuvent passer en boucle, et crépiter sur ma super grande télé. Il y a plusieurs genres de faux feux : ceux filmés en temps réel, et les virtuels. Les faux feux peuvent durer de 1 heure à 10h, sans bouger le petit doigt, c'est épatant, bien sûr, pas de cendres, pas de fumée, pas d'odeur (hélas !), pas d'escarbilles, pas de particules fines dans les poumons, pas de feu de cheminé, mieux qu'un insert, dont on regarde les petites  flammes derrière sa petite porte fermée, à travers la lucarne. C'est écologique, puisque ce sont les mêmes bûches  (pour les feux filmés en temps réels) qui brulent pour des millions de gens... Voilà ce que j'ai trouvé pour faire ambiance coin de cheminée, les soirs d'hiver, dans ma tour... Mais Danielle, où tu vas, là ? C'est pas du tout écologique tout ça,  il faut un sacré paquet d'électricité pour que des millions de télés restent allumées des heures pour admirer des flammes qui ne chauffent personne... C'est vrai, mais je m'en moque, pour l'instant ce qui prime pour moi c'est d'avoir bien chaud auprès de mon faux feux qui craque, je mets une belle musique baroque en même temps, je lis, je regarde, je ne m'agite pas, je suis à la campagne... La grande illusion n'a pas de prix !

J'ai converti pas mal de monde autour de moi, pour le décor de l'hiver en ville, j'ai même une amie qui  dès le matin s'est mise à faire flamber sa tablette, une autre son ordinateur... Hier matin, pendant mon petit-déjeuner, j'ai moi aussi craqué une allumette, pas de pompiers, pas d'alarme intempestive qui se déclenche... Le calme complet ! Ma super grande télé s'est mise à ronronner... Laissez-moi rêver !



Tous mes amis invisibles, mes fidèles, mes passagers, je vous souhaite une très belle année 2021, si, si, elle va venir ! Je vous embrasse pour de faux mais avec coeur... Noyez-vous dans les vœux, prenez ceux qui vous chantent le plus, et croisons les doigts !



samedi 26 décembre 2020

Le compte de Noël !


 Les très bons chocolats de Patric Roger

Tiens donc, Danielle, tu fais de la pub ? Non, ce n'est pas du tout mon intention, mais cette boîte fait partie de mes cadeaux de Noël, et ce petit étui de de 16 chocolats me demande une énorme frustration volontaire, beaucoup de confiance en moi... Attention au dérapage !


Maman, tu mangeras un peu de chocolat pour Noël ? Cette demande, mon fils me l'avait faite, car il savait parfaitement que j'avais fait le choix de manger le moins de sucre possible dans mon alimentation. Mais pour Noël, il s'était dit : maman fera peut-être faire une exception ? Des exceptions, j'étais bien décidée à en faire. je me doutais que les chocolats offerts seraient très fins, très subtils, un grand nom, enfin bref, très très très bons... Oh oui mon fils ! Avec plaisir, mais très peu, pas plus de 10 carrés, tu vois, une portion de nouveau né ! Parfait ! Le coup était parti pour la régalade...

Le moment du cadeau : emballé avec délicatesse, présenté dans une petite boite métallisée, très plate, ajustée à la hauteur des chocolats, un parfait coffret à bijoux, le luxe total pour un goût garanti extra !

Je n'ai pas ouvert le trésor de la soirée, et je me suis mise tout de suite sur les résolutions ! Bon alors, il y en a combien, 16, ils me feront un bon quinze jours, avec le café de chaque déjeuner. Attention, me dit mon fils, il faut les manger impérativement dans la quinzaine, le chocolat de cette qualité ne se garde pas longtemps, c'est comme les oeufs extra frais, tu vois, si tu veux les manger à la coque... Il ne faut pas trop attendre, juste quelques jours... C'est divin avec des mouillettes de pain frais !


Le compte à rebours de Noël

J'attendrai donc demain pour la dégustation... Nous y voilà, le déjeuner de Noël, très léger, légumes cuits à l'eau avec un jeté de gruyère râpé, pas de fruit pour ne pas rajouter de sucre, raisonnable, raisonnable, tout bien pesé, les résolutions de sobriétés tiennent bien. Alors voyons, dans le boîte si fine, les chocolats carrés sont disposés sur quatre colonnes, comment choisir, ils se ressemblent tous, sauf une rangée où ils sont tous ronds... Le choix demande de la concentration, je savais que chaque colonne avait un parfum différent, mais lequel ? Pas de mode d'emploi, ni notice, ni étiquette, il fallait pourtant y aller, à l'envie, au pif, à la supputation,  un rond, un carré ?

Vous avez vécu des moments comme celui-là ? Choisir un très bon chocolat, une glace artisanale, un gâteau fait maison, un morceau de poulet bien rissolé, un peu de paella cuisinée Tradition avec les moules fraichement ouvertes... Pas facile quand vous avez définitivement résolu de ne pas y revenir... Un carré, une boule, un morceau, une part... Et c'est tout !


Carré, rond, carré, rond, carré, rond... Pas facile

Quinze jours c'est long, mais l'idéal pour goûter sans précipitation, laisser s'accomplir la sobriété, s'accrocher aux résolutions, ne pas reculer pour ne pas sauter, il faut un gros mental, un, deux, trois, j'y vais, c'est vulgaire, si j'étais la Reine d'Angleterre, je ferais comment ? Le café coulait doucement dans la cafetière, la cérémonie pouvait commencer, incroyable, quelle douceur, quelle saveur, une belle récompense pour un esprit bien formé, bien résolu, je pris un petit carré entre mes doigts, et là le danger m'est apparu grandeur nature ! Une gorgée, un croque de chocolat, ainsi de suite jusqu'à la dernière goutte... Et ne pas y revenir, comment ferait la Reine d'Angleterre ?


La fin du compte de Noël

Histoire sans parole, le compte de Noël va très mal se terminer, pas besoin d'en dire plus, ça se voit à l'œil nu, la boîte a quatre cases de vide... En un tour de main, je les avais dégustés, coup sur coup, l'air de rien, pourvu que je tienne bon  demain... 

Pendant trois jours je ne vais pas en manger, pour rattraper la précipitation, rétablir l'équilibre... La tentation fera du sur place, chaque jour suivant pourra être un nouveau jour de gagné, je vais me racheter, reconquérir l'estime de moi, peut-être consulter un psy pour comprendre ce qui ne tourne pas rond en moi, analyser le faux pas ? Ainsi donc, la belle boîte ajustée à la taille des 16 chocolats serait ma boîte de Pandore, des maux, toujours des maux, la gourmandise est donc un très vilain défaut... Il faut que je me reprenne, une fois la boîte refermée, le calme pourra" resuivre" son cours, demain, je ne boirai pas de café... Il me faut du soutien, je vais regarder si je trouve un groupe de parole sur lequel je puisse m'appuyer pour les jours" déchocolatés", on dit que ça aide beaucoup !


Le carré de chocolat

La sobriété n'est pas une histoire de volonté, c'est une  question de conviction, même bien chevillée au corp, le compte n'y est pas facilement... Avez-vous compris pourquoi mon fils me demandait mon avis avant de m'offrir des chocolats ? C'est par amour filial : ça va  rudement faire plaisir à maman, une fois n'est pas coutume, un petit plaisir de temps en temps, une très bonne marque, dans un bel emballage, tout pour lui plaire... La grande classe ! MERCI mon fils chéri !

Mes amis, poursuivez les fêtes avec une grande idée en tête : attention, restons prudents, nous ne sommes pas encore vaccinés. Bonnes fêtes à tous ! Je vous embrasse à la mode masquée...

jeudi 24 décembre 2020

Oups ! Mes clés !!!

 


Cette histoire de clés, celle que je vais vous raconter,  vous ne la connaissez peut-être pas, tiens, tiens, Danielle, du neuf ? Expérience inconnue ? Jamais entendu parler ? Difficile de faire du neuf en matière de clés, Danielle ! Ne bougez pas, amis lecteurs, voici mon petit cadeau de Noël...

J'étais descendue faire une toute petite course : une tablette de chocolat à 85% de cacao pour une amie qui m'avait invitée à venir prendre le café chez elle, le lendemain. Elle sera contente, avec le café, on ne fait pas mieux qu'un carré de chocolat qui fond délicieusement sur la langue, une mise en bouche pour la conversation, qui ira bien sûr dans tous les sens, elle m'avait cependant promis : les photos de famille, les nouvelles guirlandes clignotantes pour un vrai décor de Noël, les nouveautés du jour de nos réveillons plus réduits, voire solitaires, hors de nos habitudes, à cause du vilain virus que nous craignons comme la peste ! Nous avions déjà documenté la question : on sera trois, et toi ? Tu porteras le masque ? Bien sûr, on tiendra les distances, si je peux, j'ouvre un peu la fenêtre, nous étions sur la même longueur d'onde, les fêtes de fin d'années seront très sages, mon amie, moins chanceuse que moi a des enfants qui habitent loin, le Noël familial se fera sous la houlette de WhatApp, sur ma tablette, on se verra bien, qu'en penses-tu ? Très bien, parfait, vous prendrez l'apéritif ensemble... Mes fils s'étaient coupés en deux, un avec moi, l'autre chez lui, trop de risques, maman, trop de risques... L'année prochaine, nous ferons mieux, oui mes enfants, ne vous inquiétez pas, cette année, on ne va pas la compter !


Où en étais-je ? Ah oui, la tablette de chocolat ! Je la tenais, 85 %, pas trop de sucre, juste le goût du cacao un poil amer, ma tablette se tenait toute seule dans le grand cabas que j'avais emporté, on ne sait jamais !

Tout va très bien, tout va très bien, me voilà arrivée devant l'ascenseur, je laisse tout le monde descendre, mes clés prêtes à l'emploi dans le creux de ma main, un pied dans l'ascenseur, bonjour mesdames. Oh punaise ! Les clés m'échappent et viennent se loger dans la rainure étroite qui sépare la cabine et le plancher du rez-de-chaussée, elles s'accrochent, je me baisse pour les attraper et comme dans un film d'horreur, elles finissent de tomber dans la fosse, à un bon mètre en dessous !

Je crie, je persifle : mes clés, mes clés, je ne peux plus rentrer chez moi, je n'ai pas pris mon téléphone, je suis dans de beaux draps ! Je demande aussitôt de l'aide à des voisines qui allaient à une fête, toutes belles, toutes pailletées et maquillées comme il se doit : mesdames, venez à mon secours, mes clés sont tombées dans la fosse, pouvez-vous m'aider à téléphoner au dépanneur dont le numéro est inscrit dans la cabine ? Le temps qu'on se comprenne, mon cœur bat plus fort ! Nous sommes déjà en retard, s'il vous plait, juste un coup de fil ! D'accord... Malgré leur presse, elle ne m'abandonnèrent pas, le dépanneur est prévenu, il viendra dans une heure. Il ne pourra joindre personne en cas de retard vu que vous n'avez pas de téléphone... Soudain, je vois une sauveuse potentielle qui entre dans le hall : une amie de mon fils qui rend visite à sa maman qui habite l'immeuble : Martine, tu vas pouvoir me dépanner ! Et je lui raconte l'histoire... Tu peux me prêter ton téléphone que je téléphone à Philippe ? Elle avait bien sûr son numéro (que je ne connais pas par cœur)... 

Mon fils, j'ai fait tomber mes clés dans la fosse de l'ascenseur, tu peux m'apporter le double ? Mais bien sûr, maman, j'arrive, et au bout de dix minutes, le voilà avec son beau vélo d'une main, et de l'autre mes clés. Bon, je me sauve, j'ai du monde à la maison, merci, merci mon fils... Sauvée, sauvée, peu importe le temps d'attente, maintenant je peux rentrer chez moi, le dépanneur peut prendre son temps ! Je savais que la rainure allait me coûter cher ! On m'avait prévenue : madame, ça sera 110 euros, car le dépanneur se déplacera spécialement pour vous... Parfait, parfait, j'attends...

Mais en fait, je ne suis jamais restée seule, comme une âme en peine, assise entre la corbeille à papier et les boîtes aux lettre : mon amie, celle que tout le monde aime dans la tour, est venue me tenir compagnie, nous en avons salué des gens qui rentraient, qui sortaient, un vrai défilé... Nous avons mis à jour les dernières nouvelles de la tour, du quartier, avec le sourire...

Le dépanneur est arrivé sourire aux lèvres, un coup de blocage des portes avec un tournevis, il fit monter l'ascenseur d'un étage et sauta dans la fosse. Attention monsieur, même si votre saut va me coûter 110 euros, n'allez pas vous blesser ! Il avait de l'humour, un vrai sportif, en moins de cinq minutes il en était à la facture : voilà, madame, vous avez préparé le chèque, parfait, juste un mauvais souvenir. Monsieur, ça vous arrive souvent d'aller récupérer des clés ? Oui madame, assez souvent, allez, bonsoir, mettez un gros pompon à votre trousseau ! Encore merci, monsieur, bonsoir...


Porte clé garanti anti-rainures

Quel bonheur de rentrer enfin chez moi, tranquille, rassurée, ma petite affaire en avait agité du monde, le lendemain j'ai pu prévenir la jeune femme qui, malgré son retard pour la fête, avait patienté un peu pour moi : j'ai récupéré mes clés Ah ! Super, gloire à Dieu... La solidarité entre les étages, les déplacements express de mon fils et du dépanneur, quelles chances !

Maintenant je me tâte pour le porte-clés... Je garde le lion de Saint-Marc acheté à Venise, ou j'opte pour le pompon, gros comme mon sac à main ? En arrivant pour le thé le jour suivant, j'ai dit à mon amie : devine combien j'ai payé cette tablette de chocolat... Et bien voilà, bouge pas, je te raconte... Nous avons pouffé de rire en dégustant cette chère tablette avec plaisir...


JE GARDE MON LION DE VENISE,  À VIE !!

Mes amis, mes visiteurs, passez de bonnes fêtes, restez prudents de tous les côtés, et surtout, soyez heureux ! Je vous embrasse déjà pour la nouvelle année !!!


jeudi 17 décembre 2020

L'heure de la sortie, l'adieu aux armes !


 Soleil dans la cour de l'hôpital

À l'heure de la sortie, dans la cour, j'ai vu ce beau spectacle en plein jour, le réverbère était allumé par le soleil, le prunus s'était enflammé, j'en suis restée bouche bée : une récompense, un vœu exaucé, c'était le moment d'y croire ! 

En passant devant, je suis entrée dans la petite chapelle, souvent déserte. Ce jour-là, dans la pénombre, peu engageante, froide, ils avaient allumé le sapin, sur lequel était accrochés des ex-votos, écrits à la main. Croyants, non-croyants peut-être, on se raccroche à tout quand on veut de l'espoir, des grâces, les remerciements aussi sont nécessaires, même s'ils ne s'adressent à personne en particulier...


Les ex-votos de la chapelle

Quand je vais dans un lieu de prières, je fais toujours attention aux "demandes", elles me touchent beaucoup, même si je ne peux les lire. Il m'arrive de tourner les pages du grand livre mis à disposition des personnes pour m'imprégner des vœux ou des remerciements, il n'y a pas de tricherie ici, les cœurs se parlent en direct, qu'ils s'adressent au ciel, ou pas, les souhaits, les mercis, murmurés si bas, sont indispensables à tous ! Mon fils me disait un jour en m'accompagnant : maman, mettons une petite lumière, on ne sait jamais ! Mais oui mon fils, on ne sait jamais, il faut tout mettre de notre côté... Nous pensions que c'était le comble du raffinement lorsque deux mécréants comme nous allumaient un petit feu brillant, nous pensions que c'était à nous-même que nous nous adressions, tenons bon, ayons confiance... Allez, pressons le pas, nous allons être en retard à la consultation...


Le grand livre...

Comme dirait monsieur Eddy Mitchell, ma dernière séance rayonnante, je l'ai vécue hier, ce fut très émouvant pour moi, je voyais bien du coin de l'œil, à la dérobée, la grosse machine qui tournait encore une toute petite fois autour de moi... Madame, c'est terminé, vous pouvez baisser les bras... Les manipulateurs m'aidaient à chaque fois à descendre de mon piédestal, un petit coup de rein et me voilà à la verticale. Presque à chaque séance, j'avais posé une question, à laquelle on m'avait toujours répondu. Dites-moi, mes amis, comment s'appelle la pièce où je me trouve ? Le bunker, madame. Bien... Un autre jour : d'où provient le rayon X ? D'ici, madame, ce gros bras avec cette fenêtre ronde qui s'ouvre au doigt et à l'œil s'appelle un canon, il est précis au millimètre... Et encore : comment est protégée la pièce où je suis allongée, où on voit les palmiers sans dattes au plafond ? Tout est doublé de plomb, madame, la porte d'entrée est épaisse de 15 cm. Ah, c'est exactement cette porte qu'il me faudrait pour fermer mon appartement, nous avions tous ri... Un manipulateur a parlé aussi de la balistique de faisceaux, mais là, je dois dire que je n'ai pas compris grand chose... Je lui ai fait remarquer le vocabulaire de guerre employé : mais oui, madame, nous sommes en guerre contre la maladie !

Les manipulateurs ont une grande responsabilité, ce sont eux qui sont aux commandes informatiques derrière le mur plombé du bunker, devant leurs écrans, et qui commandent l'envoi des rayons X. Au dessus d'eux, il y a une dosimétriste (elle prépare et planifie les traitements par radiations ionisantes en lien avec le physicien médical et le médecin prescripteur, met en œuvre les outils permettant le calcul des doses de rayonnements ionisants afin d'optimiser les doses reçues par le patient et de protéger les tissus sains), au dessus encore les physiciens (spécialistes des rayonnements ionisants dont le rôle est de garantir la mesure de la dose qui sera délivrée pour les traitements de lésions tumorales). Si je reste seule dans le bunker, une fois bien installée, je pense à tous les spécialistes qui ont préparé, calculé, dosé, manipulé et diagnostiqué... La maladie dont il vont me guérir ! Respect et Chapeau !!



Ils ne sont pas tous là !

Après la des ders, j'étais émue, j'avais envie de tous les embrasser : merci, chers amis, de votre accueil, de vos soins, de vos attentions, j'en ai été très touchée, et vous m'avez permis de vivre toutes ces séances avec confiance, merci, tous les malades doivent ressentir votre humanité... Je voyais leurs sourires dans leurs yeux : merci, madame, nous sommes contents si nous avons pu aider... J'espère que je ne vous reverrai plus, nous aussi, madame, restez prudente, bonne continuation. MERCI À TOUS !

Mes amis, à très bientôt, restez prudents, ce n'est pas le moment de baisser la garde, si près du but... Vivement que nous retrouvions nos cinémas, nos théâtres, nos concerts, nos musées, nos galeries, nos promenades exquises, vivement que nous puissions serrer dans nos bras ceux que l'on aime, les embrasser comme jamais. Vivement !