samedi 20 août 2022

Allez, la dernière publication avant la grand route : les artistes à la Défense !!!

 

La Grande Arche au milieu des rayons d'Elsa Tomkowiak

Inspiration ou raccord ? Superbe ! OUT/Codalema les rayons - 2022 - Elsa Tomkowiak, les descentes d'Elsa sont vertigineuses...

J'avais entendu le matin du 15 août, à la radio, sur France Culture pour ne pas la nommer, qu'il y avait la fête de l'art contemporain, les Extatiques, à la Défense. Ni une, ni deux, je saute dans mes chaussures, je déjeune à la va-vite, et me voilà radicalement prête pour l'expédition, métro du mois d'août, ce qui veut dire, tu attends plus que d'habitude, mais j'ai le temps... Cool Raoul ! Il ne pleut pas, le soleil est au plus bas, tout se présente bien. j'emporte l'appareil photo rechargé de la veille, ah ! Mon masque, ne l'oublions pas, le virus est encore méchant !

La Grande Arche est à sa place, mais le reste de l'esplanade est en travaux, on démonte une vaste zone de loisirs montée pour l'été, je tombe mal, tout est sens dessus-dessous, de plus, des travaux sont en cours pour reprendre l'étanchéité de la place et le réaménagement de l'espace public, je me dis : où sont-elles ? Où sont les œuvres d'art ! Je cherche...

Les centres commerciaux sont ouverts, tant mieux, les gens sont dedans à faire de beaux achats, à moi l'espace libre, à moi les artistes de notre temps...

Les ronds et les carrés et la sculpture de Miro... Au fond

Ça commence bien, des travaux et encore des travaux, en descendant vers la perspective de l'Arc de Triomphe, tout le long de l'esplanade plantée, je vais bien trouver quelques œuvres (il y en a 9 sur la programmation). La grosse boule d'acier, ici depuis 2006, n'a pas changé, toujours aussi appétissante, si vous pensez (comme moi) que c'est une pomme belle à croquer ?

Point-Croissance (2006)  - Lim Dong-Lak (Corée du Sud)

En fait, la vraie explication de l'œuvre (hors concours), la voici : elle représente une pousse (peut-être un jeune arbre) émergeant d'une boule d'argent, en fait je n'en étais pas loin avec "la belle pomme".  L'essentiel est de rester nature, fruit, arbre, feuille, certains artistes y pensent depuis la nuit des temps, et s'en inspirent le plus bellement du monde !

L'exposition était sur le thème : promenade (bucolique) artistique... Et d'un autre côté, tous les panneaux des nouvelles constructions environnantes affichaient des milliers de m2 de béton en plus, à des hauteurs vertigineuses, ça bétonne, ça bétonne à la Défense, mais... Il y aura 6000 m2 d'espaces verts !!!




L'avenir der la Défense

Madame, s'il vous plait, nous cherchons les œuvres d'art ! Moi aussi je les cherche, il faut être attentifs, sur les neuf j'en ai vu quatre jusqu'à présent, bon, cherchons encore, en principe on ne devrait pas les louper... Elles sont toutes sur le parcours végétalisé, en descendant vers la belle vue de l'Arc de Triomphe. Tout se passe entre la fontaine Agam en haut, et le bassin Takis en bas...

La fontaine Agam

Nos ancêtres du futur - 2022 - Gloria Friedmann 

Nos ancêtres du futur avec leurs belles pensées animalières (phonétiquement, j'entends animal-hier, ce qui s'accorde assez bien au déclin animal mondial). Cette artiste espère que son œuvre sera choisie pour le décor pérenne de l'esplanade de la Défense (deux œuvres seront sélectionnées).


C'est sur ce chemin, dans cette direction qu'il faut aller...



Le Chevalier errant l'homme sans ici - Abraham Pointcheval (2022)

Le chevalier errant après une longue course dans le temps sert de point d'appui, de reposoir, de perchoir, de nichoir, pour les animaux... Les huitres lui déchirent les entrailles... L'avenir est en marche, le chevalier sert de creuset au vivant, très beau, très poétique ! Le parcours d'Abraham Pointcheval est passionnant, allez-y voir en cliquant sur son nom...


Les poissons rouges dans un petit bassin (hors concours)

Décor (presque) naturel, toujours d'une beauté inégalée, les poissons rouges ne font aucun bruit... Le parcours continue, la descente entre les petits jardins jusqu'à la nouvelle rencontre d'artistes... Je peux m'assoir sur un banc, regarder le large... Souffler, passer un coup de fil... Les vacances tout près...

Au loin, j'aperçois ces flèches de bois qui me font penser à un bateau, ou aux lances du peintre Paolo Uccello dans ses tableaux de guerre que j'adore, du 15e siècle... Le parc de la Défense met à la disposition du public des écrans de couleur jaune à travers lesquels on peut photographier ou rire jaune...


Porte à faux (2022) - Mireille Fulpius (photo réalisée à travers l'écran jaune)


On peut rentrer dans l'œuvre, en mesurer les effets, et sortir par la porte ouverte droit devant vous... Ou faire marche arrière...



Soulèvement effondrement (2022) - Ugo Schiavi

Avant ou après l'œuvre de Mireille Fulpius, je ne sais plus, je vois que la "nature" que nous propose Ugo Schiavi est bigrement à l'œuvre de recouvrement, soulèvement, effondrement, petit jeu de cache-cache, presque musical, de notre société. Comment voyons-nous le monde aujourd'hui ? Effondré ou soulevé, renversé ? Ou les trois ? Moi je vois des effondrements, des renversements partout, je n'ai plus l'âme aux soulèvements, plus la force, moins d'énergie...

"Ugo Schiavi réactualise son projet monumental, produit lors de la Nuit Blanche de 2018. L’œuvre Soulèvement-Effondrement est un moulage du génie de la République, issu du groupe sculpté Le triomphe de la République de Jules Dalou situé sur la place de la Nation, auquel s’ajoutent d’autres éléments sculpturaux contemporains dans une forme d’anachronisme recherché. Ces fragments sculpturaux renversés se répandent sur la place Moretti de l’esplanade de La Défense à la manière d’une ruine contemporaine envahie par la végétation."

Je n'ai pas pu me reposer sur le grand banc de l'esplanade, il faut un escabeau, ou être un géant, pour prétendre s'assoir ici, ce banc immense cache la forêt, la vue, l'Arc de Triomphe, les enfants et leurs parents souples et jeunes grimpent de toute leur force pour se reposer devant ce grand spectacle... J'ai adoré photographier les bancs à Venise, à toutes les heures...


Le grand banc de l'esplanade de la Défense


Le banc de pierre de Mazzorbo (Venise 2014)

Mazzorbo est l'avant-dernière station d'arrêt du vaporetto avant d'arriver à Burano, l'île des couleurs et du commerce actif, des files indiennes de touristes... Quand je vais dans le gros dossier de Venise, qui dort dans mon ordinateur, j'ai encore le cœur qui bat...


Les petit bancs  à la Biennale 
de Venise (2013)


Petit bosquet sorti des dalles par le groupe Coloco, installation provisoire (2022)

Je n'ai pas rêvé devant le bouquet de verdure, j'ai trouvé la proposition ridicule, opportuniste, devant contenter les amateurs de nature ? Donnant ainsi carte blanche aux constructeurs ?

"L’œuvre pour Paris La Défense : le collectif Coloco propose de faire émerger du sol de l’esplanade de La Défense un jardin éphémère au milieu des dalles, intitulé Jardin faisant, véritable explosion végétale par soulèvement, pour permettre l’observation d’une végétation allant du sauvage à l’horticole. En réunissant des végétaux sauvages, comestibles et ornementaux, les artistes paysagistes nous rappellent que nous sommes dépendants du vivant. Ici le jardin est en escale puisqu’il voyagera ensuite vers son atterrissage définitif : cette profusion végétale sera installée aux Tours Nuages de Nanterre à l’issue des Extatiques, pour composer un jardin étroitement pensé avec ses habitants."

Me voilà arrivée au bout de l'esplanade, l'Arc de triomphe est à un regard des visiteurs, le beau bassin agrémenté des 49 signaux colorés et clignotants crées par l'artiste Vassilakis Panayotis (dit Takis) en 1988 est magnifique, ponctuation dans la perspective ludique, magique, ces gros yeux sur les grands mâts, sont amicaux de jour comme de nuit !


Bassin Takis (1988) - photographie 2006 empruntée a Wikipedia (Takis est décédé en 2019 à 93 ans)

Je vois que depuis la création de ce bassin, les promoteurs ont bouché l'horizon, rien ne résiste aux promoteurs... Rien !


Il faut bien viser pour apercevoir l'Arc de Triomphe, l'horizon est presque totalement bouché... Les places assises "juste devant" sont vite prises !

Une belle balade découverte, le métro est compris dans la visite, sur l'esplanade, bienvenue pour moi...

Brève de mon comptoir :

Bonjour, vous allez bien ? Oui merci... Nous sortions de l'ascenseur, je ne sais comment et à partir de quoi, quelle idée, a-t-elle commencé à me confier ses préoccupations... Je ne sais plus, sans doute à partir de la météo ? Voilà cinq ans qu'elle vivait le martyre à cause de ses voisins qui faisaient continuellement du bruit au dessus de sa tête, aucune discussion n'avait eu raison de leur "je-men-foutisme"... Voilà cinq ans qu'elle vivait en dépression, en tristesse, en manque de sommeil : je partais de chez moi le plus possible, je ne voulais jamais rentrer, je pleurais, je n'avais envie de rien, je ne mangeais plus, j'ai perdu beaucoup de poids, j'ai porté plainte, vu le Directeur de l'Office, le président de l'Amicale des locataires, j'allais me faire consoler par ma mère, l'enfer ne finissait jamais ! Aujourd'hui je vais à la salle de sport, j'ai retrouvé de l'énergie, je suis plus détendue, j'ai de l'espoir, je revis, mes voisins du dessus ont déménagé !! Je les avais vus en effet déménager, jeter la moitié de leurs meubles, cassés, abimés, laissés en attente du passage des encombrants...

Passez une bonne journée, reprenez votre souffle, la vie maintenant sera meilleure, espérons que vos  nouveaux voisins seront plus calmes, sans enfants (normalement, ce petit logement est prévu pour deux personnes). C'était la première fois que nous parlions si longuement, elle s'étais assise sur le petit rebord, juste en dessous des boîtes aux lettres, à l'endroit de la petite corbeille à papiers, et moi je suis restée debout, devant elle, un petit sac poubelle (léger) au bout de chaque bras... Après tout ce temps, cinq ans, c'est long, puis, à la fin de ses révélations, elle s'est levée et m'a dit : Ah ! Je me sens mieux, ça m'a fait du bien de vous parler ! Elle est repartie souriante, je connaissais maintenant son prénom, nos rencontres seront moins anonymes, plus spontanées... Ainsi, on pouvait vivre cinq ans totalement ignorants les uns des autres, sans même soupçonner l'impensable, que faire ? Comment se réconforter, se parler ? Vive la météo, il arrive quelquefois que le coup de tonnerre des paroles, de la rencontre puisse nous faire du bien...  Mais à quel prix de silence et d'indifférence ? Les dépressions dues aux mauvais voisinages restent des enfers, trop longtemps !

Mes amis, cette publication sera vraiment la dernière avant la merveilleuse nature de l'Indre... Prenez soin de vous, portez encore le masque, la rentrée est annoncée contaminante... Je vous embrasse tous...

mercredi 3 août 2022

Les folles de Chaillot, le départ... Fermeture pour cause de vacances à la campagne !

 




Les linéaires du grand magasin

Les folles de Chaillot : au supermarché...

Un jour je me suis dit : tous ces produits que des millions de gens utilisent dans le monde, depuis des dizaines d'années, pour leur besoins personnels, faire propre chez soi et être bien propre sur soi... Que deviennent -ils, qu'ont-ils fait à la Terre ? Les usines, les voitures, les avions, les trains, les ponts, qu'ont-ils fait ?

Le calcul est vertigineux, le désastre est inimaginable, je n'avais jamais vu ça comme ça ! Mais d'autres se sont mis à compter (depuis plus de cinquante ans déjà), scruter, vérifier, soupeser, analyser, microscoper, scientifiser, à anticiper. Résultat des courses : on court à la cata ! Elle est là, perceptible, mais je vois que les linéaires du supermarché ne changent pas, au contraire, dans mon quartier, ils ont refait tout le magasin et ils ont allongé les rayons, ce qui fait qu'il faut mettre des patins à roulettes pour inspecter le rayon et choisir son yaourt, choisir sa lessive, ses pâtes, ses biscottes, son huile, son vinaigre... Et bien sûr, j'en passe... Et pas forcément pour le meilleur, mais pour le pire...

Voilà la Danielle qui pète un câble !! Il est bien temps !

J'étais dans les rayons des fruits et légumes justement, pour choisir mes : poireau-brocoli-courgette, le trio gagnant de ma soupe quotidienne, quand une dame, avec une certaine bouteille, comme moi, me dit : vous ne trouvez pas que les légumes sont chers ? Oui, vous avez raison... Mais je n'ai pas eu le temps de disserter sur la question qu'elle embraye sur un autre sujet, je laisse tomber ma courgette, mon poireau et je l'écoute. Elle portait un masque sous le nez et moi sur le nez : oui, vous disiez ? Elle part sur les prix, difficile d'inviter ses amis, mais bon, je viens d'hériter d'une grosse somme d'argent, 200 000 euros, une rétroactivité sur vingt ans de je ne sais pas qui, je n'ai absolument rien compris de ce que me disait cette dame qui venait de la Martinique (elle me l'avait dit au début). J'avais enregistré, tout le reste me laissait totalement dans le brouillard, mais elle finissait toujours ses phrases par  : le Seigneur sait qui vous êtes, ce n'est pas de votre faute, soyez ce que vous êtes, ce qui vous arrive n'est pas de votre fait... Bon, oui, donc madame, faites-vous plaisir, ne regardez pas au prix, invitez vos amis, passez une bonne journée, restez heureuse avec vos amis... Je repris ma courgette, mon poireau et j'allais tout droit au brocoli, loin de l'héritière... Ma curiosité avait été piquée au vif : 200 000 euros, c'est une somme, de quoi parlait-elle ? Enfin de la distraction, sur le même rayon, une autre dame me demanda de peser ses tomates en grappes, elle ne savait pas lire, je me suis réjouie de lui rendre ce petit service ! 

Dans ma tour :

Une dame, qui a l'âge de ma tour, comme moi, n'arrête jamais de parler, vous lui demandez l'heure, gare à vous, ça risque de durer une plombe ! La météo ? Pareil, le tour du cadran ! Sa santé ? Alors là, vous risquez gros, la santé c'est sans fin, excuse-moi je suis pressée, on m'attend, j'ai un rendez-vous, et vous filez à l'anglaise... À la prochaine, fais attention à toi, il faut lui parler de loin et déguerpir... Elle a le cœur sur la main mais pas la langue dans sa poche ! Un petit conseil de jardinage ? Laissez tout crever et partez, prenez vos jambes à votre cou, toujours avec le sourire, car elle ne ferait pas de mal à une mouche, elle veut aider tout le monde et tout le monde la fuit...  Ah ! C'est elle, courage, fuyons !

Dès que vous l'apercevez, mieux vaut changer de rue et lui faire un grand coucou de la main, elle est connue comme le loup blanc, mais elle ne mord pas, elle a toujours le sourire, elle veut aider, elle vit toute seule et vous parle toujours de ses neveux et de sa nièce qui vient d'accoucher, filez au plus vite, car l'accouchement s'est mal passé... Elle cherche quelqu'un pour arroser ses plantes quand elle partira en vacances, c'est une affaire d'État, tout le monde voudrait bien lui arroser son balcon, mais... Elle a beau savoir que vous avez aussi des fleurs, des plantes vertes qui viennent du monde entier, elle tentera de vous expliquer tout de A à Z, deux heures ont à peine suffit à ma gentille voisine (celle que tout le monde aime dans la tour) pour en venir à bout, ne t'inquiète pas, tout va bien se passer, tu peux partir tranquille, j'arrose seulement si la terre est vraiment sèche, pas de problème, j'ai eu tes plantes deux ans de suite, je connais le mode d'emploi... Mais elle ne vous croit pas, elle fait la révision générale à chaque fois ! Ma gentille voisine s'est couchée tard, le soir des explications de terres...

Nous deux, avec ma voisine, on l'aime bien, même si elle ne va pas droit au but, c'est une méandreuse, une fabrique de cordes à nœuds à elle toute seule, elle n'est pas synthétique, loin de là, vous l'aurez compris, on en rit, et à chaque fois ça recommence : bon alors maintenant je vais lui dire d'aller plus vite, mais jamais ça ne marche, alors on change de trottoir jusqu'à la prochaine fois !

Elle veut aider tout le monde et tout le monde la fuit... C'est notre dingo à nous, ses mots coulent comme un torrent, les chutes du Niagara ? Bien sûr que non, c'est pire, cherchez bien dans le monde, une cascade qui cascade comme elle, c'est introuvable, mais nous deux, ma voisine et moi, quand on en parle on dit : elle est comme ça, laissons courir... Elle a le cœur sur la main... Tu ne trouves pas, Danielle, que ça s'aggrave pour notre amie ? Oui, tu as raison, je crois avoir remarqué, tenons bien la barre serrée !

Le départ :


Le chemin d'herbe

C'est pour bientôt, j'ai sorti mes listes de tout : les vêtements, les premières courses à faire en arrivant, les câbles et les rallonges pour tous mes appareils... Depuis de longues années, je fais ça, je connais cette petite musique, tout est à ma portée... Mais je trouve le moyen à chaque fois d'oublier quelque chose, l'année dernière c'était le petit plat à tarte, l'année d'avant la rallonge pour la tablette, l'année d'avant, avant, la pommade à la cortisone pour les aoutas... Cette année, ça sera quoi ?

Je vais revoir mes arbres, mes vaches, mes prés, mes étangs, mais dans quel état avec cette chaleur ? Mes amis vont bien... Mais chaque année compte double, nous marchons en marche arrière, allez, roulez jeunesse, je vais repédaler en "faisant bien attention", comme me disent mes fils... Jusque là pas de bobo, que des photos, cette année j'emporte un pliant tripode, pour m'asseoir devant les vaches et les paysages autant de temps que je le voudrais...





Avec mon siège tripode je vais en voir de toutes les couleurs

Mes amis, portez vous bien, ma pharmacienne me dit que tout est positif, avec les tests... Gardez le masque... Je vous embrasse...

mardi 26 juillet 2022

Mon usine ronfle à plein tube...Mes petites brèves, il fait trop chaud !!!


Un atelier de l'usine

Depuis que j'ai remis les mains dans les perles, je suis contente, je manie les couleurs avec beaucoup de soin, je me laisse aller sur des essais, des audaces de mélanges. Toutes les perles font l'affaire, même les plus irrégulières comme les chinoises, qu'on trouve dans les quelques commerces qui restent sur Paris, car beaucoup où j'allais ont fermé... Le covid a sans doute achevé les plus faibles, mais pas seulement, j'ai vu une à une ces boutiques spécialisées en perles qui venaient du monde entier (Inde, Bohême, Chine, Italie...), disparaître bien avant le Covid ! Je me suis rendue compte que les perles à la mode et très chères venaient du Japon... Enfin bref, depuis des années ces commerces ultra spécialisés ont disparus, rideau, n'ont pas été remplacés. Il y en avait beaucoup dans le Marais, mais cette partie du quartier (3e arrondissement) est rachetée petit à petit, boutique par boutique, par des marques qui ont les moyens d'investir là où il y a de plus en plus de touristes. J'ai déjà vu cette transformation à Venise, je l'ai observée sur vingt ans ! Dans cette ville, les commerces de perles ont  presque tous disparu, les petits ateliers aussi, il faut aller à Murano, et bien chercher...

Je garde un souvenir ému de cette droguerie, pas loin de la très belle église San Francesco de la Vigna qui vendait des pigments pour la peintures, des produits de ménage, des jouets... Et des perles de Murano au poids, un paradis !! Tous les ans, je revenais avec mes petits paquets de toutes les couleurs, il m'en reste encore que j'emploie avec plaisir dans mes œuvres en cours...


Le décor improvisé

Maintenant je travaille comme une forcenée, matin, midi et soir : perles, les idées viennent sans que je les convoque, j'ai déjà utilisé plus de 1000 mètres de fils blanc, et au moins 1 kilo de perles de toutes les sortes. J'ai des instruments dédiés à mes besoins spécifiques : pinces, crochet, tournevis, ciseaux, peignes, aiguilles, dé, colle, fil d'acier inoxydable et de nylon... Je deviens une monomaniaque ! Il faut que je fasse attention.


Les outils

En enfilant, je peux écouter la radio sur mon téléphone, je n'ai ni faim ni soif, quand il fait chaud, je me force à boire, car j'oublie de le faire... Mes enfants ont déjà fait leur choix, celui-là et celui-ci, ma petite-fille aussi a choisi, il y en aura pour tout le monde... Mais leur choix peut changer en fonction de ma production, je tiens compte de tout avec plaisir...


La petite production

Les perles, c'est mieux que la broderie, je joue à la marchande de couleurs, il faut juste que je fasse attention à ne pas renverser une boîte, car je n'irais pas ramasser les perles sous les meubles, l'aspirateur,  oui ! Mon lieu de recherche reste les Puces, un collier cassé, une poignée de perles à mon goût, des perles au fond d'une boîte peuvent faire mon affaire, l'imprévu aussi, il faut compter sur l'imprévu ! J'y compte... C'est pour ça que j'y étais allée la semaine dernière, il faisait chaud, très chaud, peu importe, je vais aux Puces. J'avais mis ma robe en coton crème fraîche (achetée il y a quelques années à Venise) et mon chapeau de paille assorti, chic mais sans plus. La couleur sans doute, le chapeau sûrement, me valurent l'admiration d'un chineur plus très jeune, comme moi : "Ah ! Ça fait bien longtemps que je n'avais pas vu un look pareil aux Puces de Montreuil, vous me faites penser au déjeuner sur l'herbe de Courbet (en réalité de Monet) ou Renoir". J'avais mon pesant de compliments, je n'en revenais pas... Pourquoi avait-il pensé à ce tableau de Monet, quelles associations l'avaient amené là ? 


Le déjeuner sur l'herbe de Monet - 1863 - Edouard Manet (1840-1926)

J'ai trouvé, c'est sans doute la lumière qui se glisse partout dans le tableau, et la blancheur des deux personnages féminins, le chapeau de paille en bas à gauche, le soleil que l'on devine pas loin, le plaisir de se trouver là où on est : c'était nous aux Puces, pendant notre course aux trésors... Nous nous sommes souri, au revoir, bonne chine et bonne journée ! Une belle rencontre pleine de gaité, les vacances pas loin, l'été, le beau temps, je n'avais pas fini de sourire que je tombe nez à nez avec un stand multicolore, couleur soleil, un nombre incroyable de choses à vendre, des plus moches aux plus.... Surtout des plus moches... J'avais sorti mon téléphone pour la photo, il m'y encouragea : prenez la photo, c'est gratuit, et voilà, regardez ! Surpris, il me dit : superbe, je vais me mettre devant. Allez-y ! Et j'ai pris la photo du brocanteur tout fier devant son stand, qu'il ne voyait sans doute pas aussi coloré et lumineux avant la photo... J'en avais fait l'expérience en d'autres circonstances, où je montrais à mon interlocuteur.trice à travers la photo prise sur l'instant, ce que je voyais et qu'il/qu'elle n'avait jamais vu de cette manière...



Le beau stand coloré, et son propriétaire souriant

Ce jour là, je me souviens  d'avoir trouvé dans le stand d'à côté, un petit plateau en verre, tout simple, parfait pour poser un petit vase sur un meuble, sans le tacher ! Bonne pioche !

Mes petites brèves :

La machine à laver

C'était mon jour de coiffeur, dans la rue où la dame lavait sa maison. Elle avait fourré toute sa fortune dans des sacs en plastique, suspendus au gros chariot du supermarché, elle attendait sagement que la grosse machine à laver fasse le travail à sa place... Cette triste rencontre raviva en moi les images de malheureux que je rencontre dans tous les coins des villes et spécialement dans ma ville, l'un dort par terre, l'autre sous tente, et encore cet autre qui dort sur tous les bancs ou petits murets qui peuvent le recevoir, allongé, collé à la paroi... Je vois trop souvent les videurs de poubelles faire l'inventaire de tous les sacs jetés aux ordures. Les bidonvilles existent, j'en ai vu un pas très loin de chez moi...


De loin, tous pouvaient voir comme moi "la grande lessive"

Ma coiffeuse et moi avons passé en revue, comme nous le faisons d'habitude, les bizarreries de la vie... Les nouveautés de la ville, les bonnes et les mauvaises, ma coiffeuse a des arguments imparables sur tout ce qui ne va pas, et tout ce qui va bien... C'est rafraichissant de l'écouter...

Les dessous de la place des Vosges :

Avec mon amie, nous étions allées à la recherche de perles dans le quartier. Par les méandres de notre cheminement, jamais linéaire, nous nous sommes retrouvées devant un changement spectaculaire ! L'ancienne caserne de gendarmerie :  "ancienne caserne de gendarmerie des Minimes, acquise par la ville de Paris en 1823, qui se trouvait sur l’emplacement du couvent des Mimines et de son église, cette dernière ayant été selon certaines sources en partie détruite en 1798. En 1904 est signalée la présence sur l’un de ses murs d’une statue de la Vierge protégée par un grillage « en parfait état de conservation ». La caserne est reconstruite dans les années 1910, ce qui entraîne la démolition d’un cloître du XVIIe siècle,  dont les trois côtés formaient la cour centrale », et de l’aile droite de l’ancienne église des Minimes. 2020 voit l’achèvement de travaux destinés à transformer la caserne en un ensemble immobilier de 70 logements sociaux ; l’ancien parking de la gendarmerie, jusque-là réservé aux militaires, devient un jardin public, le jardin Arnaud-Beltrame". Cet espace est ouvert depuis un an, des commerces originaux, artisans, habitent une bonne partie du rez-de-chaussée, bravo à la Mairie de Paris pour cette belle réalisation, j'envie les habitants d'avoir la chance d'habiter ici !


Ancienne gendarmerie qui a succédé à un ancien couvent du 12e siècle, Paris 3e

Chemin faisant, nous avons rencontré ces deux murs peints qui racontent une histoire d'émir... totalement inventée il me semble !!! Je connais le groupe qui propose ces collages avec parapluies sur les murs parisiens, mais je crois bien que l'histoire de cet émir est un prétexte artistique, sauf erreur ! Faites moi signe !



Place des Vosges - L'émir (Mouvement) Perspective...

Mes amis, mes passagers, voici le temps des vacances, il faut que j'enfile des perles... Les mots viendront tout seuls... Je vais faire une grande provision d'histoires, comme elles viennent à moi, prenez du bon/beau temps, entourez les arbres de toute votre affection, roulez-vous dans la nature et dites bonjours aux gens qui passent... Je vous embrasse... À bientôt !

dimanche 17 juillet 2022

L'église Saint-Germain de Charonne... Mes (très) petites brèves de comptoir...


La belle petite église Saint-Germain de Charonne (image importée d'internet) construite, entretenue, rénovée, restaurée du 12e au 21e siècle

J'en ai marre, je veux retourner crapahuter !! Elle venait de se prendre plusieurs semaines de Covid, nez, gorge, oreilles, plus de goût (à rien), tout y était passé, enfermée à double tour, la petite Chinoise covidée avait envie de remettre le nez dehors... Bon, tu as raison, je t'emmène pas loin, l'église vient d'être complètement restaurée (une petite brochure nous apprend que l'inhumation des deux fils d'André Malraux dans ce cimetière, morts dans un accident de voiture en 1961, a conduit en 1962 le Ministre de la Culture qu'il était, à veiller à la préservation de l'ensemble du site, et notamment de son église). Il n'y a jamais personne, elle est éloignée de tout circuit touristique, chic ! La revoilà, de loin, je la reconnais entre mille, tranquille, avec son masque et ses cheveux blancs moutonnants comme des nuages, prête pour la grande virée à trois stations de bus environ. Il fait beau, doux, c'est le moment le mieux choisi pour le crapahutage...

Nous avions toutes les deux notre masque, contre vents et marées, nous ne pouvions plus faire illusion au temps qui passe, sans rien déranger à notre apparence, les jeunes nous laissent leur place... Par contre, dans le bus, nous étions les seules à supporter le FFP2, roulez jeunesse !

Tranquillement, nous avons gravi les marches, regardé à 360° du haut du perron, jolie plateforme désertée. Rien ne nous pressait, nous la découvrions presque pour la première fois, et par ici et par là, glissons-nous dans le presbytère dont le portail était grand ouvert...

Le presbytère

Ici, pas âme qui vive, un arbre, des fleurs... La gardienne surgit tout de même pour nous demander ce que nous voulions : admirer le beau jardin, madame, félicitations, vous avez la main verte, tout ici est d'un goût subtil ! Elle ne pouvait évidement pas, avec une entrée en matière si élogieuse, nous renvoyer à nos chères études...  Allez voir au fond, c'est encore plus beau ! Et voilà le travail, nous nous sommes glissées jusqu'à la fin du petit espace vert. En fait, elles étaient deux à s'occuper de l'église, la sacristine qui se présenta fournissait les fleurs aux autels, donnait la main au presbytère, elles s'entendaient à merveille. J'aurais bien troqué ma tour de onze étages pour le presbytère...

Le petit jardin avec le vieux puits


 Au fond...

Les lys qui finiraient sur l'autel !

L'intérieur de l'église nous réservait sa fraîcheur et sa lumière, deux ou trois pékins, sans plus, passèrent la tête, rien de bien méchant pour le silence, un paroissien priait religieusement, ce n'est pas nous qui allions le déranger... Du 12e siècle restaient plusieurs pieds médiévaux qui supportent la tour.






Dans la demi-obscurité nous y voyions de mieux en mieux, la lumière bleue vient des vitraux modernes (années 1960), nos yeux s'émerveillent de tout, le petit cimetière qui entoure l'église est sans doute aussi ancien que l'édifice, il est le seul, avec le cimetière de Montmartre, à jouxter l'église paroissiale. Il nous attire comme un aimant, nous le considérons comme un jardin secret, le soleil y donne en plein, tout ceux  qui dorment sous les arbres ne nous rendent pas tristes, ils sont un décor merveilleux au temps qui a passé, qui passe... Pour nous tous !




À l'air libre, nous reprenons nos conversations de mécréantes...

Peut-être que le lieu est propice tout de même à parler des vivants et des morts, des malades, nous avons quelques mauvaises nouvelles des uns et des autres qui ont attrapé le Covid : mal à la tête, plus de goût, plus d'odorat, et la fatigue qui ne part pas facilement. Mon amie, qui relève de cette contamination, peine au bout d'un mois à sentir toutes les odeurs...

Le petit cimetière, que nous confondons avec un jardin tant les arbres sont hauts, bien portants, les fleurs fraiches sur les tombes, l'herbe qui pousse dans les petites allées, nous conduit à circuler jusqu'à la sortie vers le grand cimetière du Père-Lachaise. Un visiteur un peu fatigué tenait à bout de bras une canette de bière en guise de bouquet, nous avons supposé qu'il n'en était pas à sa première, il nous signala qu'il y avait un mirabellier au bout de la rue en remontant... Oui, un grand mirabellier plein de fruits !


Le grand mirabellier au bout de la rue

Les mirabelles

Sans même y penser, nous voilà près du grand cimetière parisien, confortablement installées à la terrasse ombragée du plus grand café de cette petite avenue qui mène à l'entrée du Père-Lachaise. C'est souvent ici que se retrouvent les vivants qui viennent d'enterrer ou d'incinérer leur mort. Je m'y suis moi-même souvent retrouvée, en toutes saisons, attablée devant un petit noir allongé, à évoquer la personne que je venais d'accompagner, comme on dit : pour son dernier voyage...

Nos promenades, même si elle se trouvent très près de nos domiciles, peuvent se terminer fort tard, cela ne dépend jamais de la distance à parcourir, mais de nos conversations, les joies dont il faut absolument parler, l'espoir,  l'avenir incertain, nos craintes, nos chagrins aussi... Tout y passe !

Arrivées à l'endroit où nos chemins se séparent, nous nous retournons plusieurs fois, pour faire un grand signe de la main, avant de nous perdre totalement de vue...

Mes( très) petites brèves de comptoir :

Juste avant de partir retrouver mon amie, j'ai vu une voisine qui installait avec précaution un très beau fauteuil à l'arrière de sa voiture, refait entièrement à l'ancienne, il ne manquait plus que le tissu final qui allait recouvrir ce bel ouvrage : magnifique, tu l'emmènes chez le tapissier, tu as choisi le tissu ? Non, non, c'est moi qui ai tout fait. Pas possible ! Si, voilà dix ans que je suis des cours de tapisserie, maintenant je me débrouille très bien, enfin j'essaye, je t'inviterai à venir boire le thé à la maison à son retour, tu me diras ce que tu en penses... Bien sûr, avec plaisir ! Et voilà comment j'attends avec impatience l'invitation, après les vacances. Je lui dirai tout le bien/beau que j'en pense, déjà, sans le recouvrement final, il était magnifique...

La musique dans les cafés, les restos :

C'est une manie : partout en ville les cafés, beaucoup de restaurants, mettent de la musique du matin au soir, ce qui fait que je ne décolère pas, je fais ma rochon, grrrr, encore de la musique qui déborde sur le trottoir, c'est l'envahissement généralisé. Les coiffeurs, les barbiers font de même, dans la rue on passe du nord au sud, du français à l'anglais sans discontinuer, ça m'énerve, ça fait monter d'un cran le niveau de décibels du quartier, certains n'ont plus ma visite, d'autres se défendent de mettre la musique trop fort,  mais ce n'est pas vrai, c'est à celui qui sera le plus fort... Je fulmine, je m'agite, ce n'est plus la beauté du café, le menu du restaurant qui vont m'attirer en premier, c'est leur silence... Mon centre commercial s'y est mis depuis longtemps, c'est insupportable, tous les marchands de fringues font de même, nous entrons dans un monde de dingues, seul le Forum des Halles marche à l'inverse des aiguilles de montre, bien sûr seulement une heure par semaine, le mardi de 10h à 11h, c'est un début, il a instauré "l'heure silencieuse"... Mais à bien y réfléchir, je me demande ce que ça cache, les commerces sont tellement malins pour nous attirer... Je vois le mal partout !!! Je ne crois plus personne, je me bouche les oreilles, au secours, silence ! On souffre !!

Mes amis, les temps sont chauds, par mes fenêtres entrouvertes l'air circule entre les persiennes, donc pas de plainte, je n'ai même pas sorti mon ventilo, il dort encore dans son coin de rangement, le vent ne sort plus de ses ailes, je vais attendre encore un peu d'avoir trop chaud ! Je vous retrouve bientôt pour mes aventures villageoises... Je vous embrasse !