dimanche 28 mars 2021

Suspense torchonné !!


Le début du petit papillon rajouté au premier torchon

J'ai un gros doute ! Ah bon ? Danielle, que se passe-il ? Voilà, je vous raconte, mais je n'ai pas encore totalement repris mon souffle : j'avais décidé de rajouter un beau papillon sur le tout premier torchon que j'avais entrepris, après les neuf que j'avais déjà terminés...

Voilà, voilà... Je lui tirais méthodiquement les ailes en vert, j'ai dû quand même faire et refaire certains rangs, je le savais, dans la broderie aux points de croix, toutes les croix comptent, un point de plus ou de moins et t'es foutu, le modèle fait la java sous tes yeux... Sur mon papillon vert, vous ne manquez pas de le voir, à l'œil nu, le défaut (je n'avais rien vu tout de suite) : quatre point qui se suivent du côté gauche, trois points de l'autre, juste en plein milieu, il faut toujours rectifier...


Rectifié... Le butterfly... Trois points partout, le corps de l'animal au centre

J'étais contente de moi, finalement, mais quand je suis arrivée dans le bas de son dos, le beau papillon était toujours  de traviole,  la deuxième paires d'ailles, plus petites, était décalée, j'ai défait, tranquille, sereine, l'abeille travailleuse, fallait faire attention ma belle, vivement que tu ailles chercher tes lunettes de près chez l'opticien... Bon, continuons, faire et défaire, c'est toujours travailler à la perfection...

J'ai mis mes plus belles couleurs, scintillantes, contrastées, pour les petits points finals, parfait, plus qu'à retirer les fils, comme pour une cicatrice bien réparée, un à un je les tirais avec précaution, pour ne pas emporter la broderie dans ma course. Alors là, c'est très réussi, rien ne cloche, l'équilibre parfait, de l'horlogerie suisse...

Mon petit papillon, tu peux t'envoler, tout marche bien

Me restait à tirer les fils de la toile tire-fil, et le tour était joué... Pour tirer les fils, il faut être concentré, un malheur est vite arrivé, on tire trop fort, ça coince un point, on ne tire pas assez, ça ne vient pas, il faut décortiquer bien sagement de tous les côtés, laisser une seule trame et voilà, le travail est terminé...

Tiens, c'est quoi le point un peu lâche sur l'aile droite ? Zut, le nœud trop petit est passé à l'endroit du travail, impossible de le remettre à l'envers, j'ai mis un temps avant de réaliser que c'était foutu, il fallait redéfaire une partie de l'aile, impossible de rebroder à l'aveuglette directement sur le tissu, j'étais dans de beaux draps. La tension interne montait, l'énervement également, et de fil en aiguille, je me suis dit, ça sera un torchon Léonard de Vinci : beau, mais inachevé ! Le papillon avait du plomb dans l'aile, accident de parcours, impossible de revenir à la case de départ, pas de double vie ! Après la bête estropiée, mais acceptée telle quelle dans mon esprit, un GROS DOUTE s'installa tout à fait. Si j'avais fait tout ça pour rien ? Les torchons sont-ils d'assez bonne qualité pour survivre aux machines à laver ? Je fouille dans mon armoire pour la comparaison, j'avais déjà quelques torchons en lin que j'avais trouvé aux Puces il y a très longtemps, je les trouvais plus fins, plus beaux, plus lisses... Le coup à l'estomac ! J'avais déjà un plan B en tête... Tout refaire !  Mais essayons d'abord la machine à laver, dix torchons, c'est pas la mer à boire, et hop, sitôt dit, sitôt fait, les voilà qui tournent à 40°.


Le papillon Léonard de Vinci : beau mais inachevé !

La sortie fut plutôt réconfortante, nickel, la broderie avait repris du corps, le tissu des torchons avait rétréci juste ce qu'il fallait, un petit retrait bienvenu, j'ai sorti la basse-cour,  les papillons, et les fleurs, c'était bien le printemps sur mon séchoir...

Le printemps sur mon séchoir

Et voilà le travail : lavés, repassés (le Léonard de Vinci : deuxième en haut en partant de la droite)

Plus de crainte, le lavage a tout remis à l'endroit, les rangs se sont resserrés comme par magie, prêts à l'usage ! Maintenant, je vais continuer rassurée, car l'ouvrage ne s'arrête pas là... Combien de fois dans ma vie présente j'ai eu des doutes, pour des choses que je faisais naturellement "avant", combien de fois ai-je redécouvert des "recettes" de faisabilité que je croyais perdues ? J'ai remarqué que l'assurance s'estompe avec le temps pour moi, il faut que je remette sur le métier mes certitudes... Les torchons tombent bien, chaque fois il faut réviser, trouver des parades, des façons de faire, il n'y a rien d'automatique, il faut ajuster le travail, et chercher à recréer différemment...

Avec tout ça je ne vous ai pas encore raconté l'histoire de mon psychiatre original, de la mosaïque de mon amie qu'elle créée en écoutant des histoires, de l'amandier du 20e arrondissement que je ne peux pas photographier car je n'ai pas eu ma deuxième dose qui me permettrait de prendre, un peu plus rassérénée, le métropolitain ! J'ai vu mon primeur fumer, alors qu'il ne fumait plus du tout depuis longtemps, encore une histoire qui traîne ? 

Mes amis, prenez soin de mettre votre masque, le gel en poche, pas trop près, marchez d'un bon pas, et gardons le moral !

mardi 23 mars 2021

Au fil des jours !!! Le printemps, les pies, le Street art...

 


C'est le printemps

Printemps :

Partout, autour de chez moi, même dans une zone très construite, hyper construite, le printemps fait ce qu'il peut, je l'ai suivi à la trace... Dans la moindre cour au creux des bâtiments, le plus petit espace vert en bordure des maisons, le printemps me surprend toujours ! Quand je suis allée chez mon amie, le jardin intérieur de sa résidence était rempli d'arbres en fleurs, mais elle ne les voyait pas, la floraison n'était pas sa saison intérieure, pas de fleurs au cœur, en ce moment, elle s'inquiète de tout... Alors, le petit café 100 % arabica, les petits gâteaux qu'elle me force à manger, feront aussi bien que le soleil entre nous, bas les masques, nous sommes à moitié vaccinées, une petite distance respectable, la fenêtre ouverte... Et le moral ira mieux ! Avant de partir, j'ai cueilli sur sa terrasse un tout petit bouquet de jacinthes sauvages, poussées au gré du vent, mon plus petit vase sera de taille pour bien les recevoir, juste grand comme un coquetier...


Le printemps sur le balcon de mon amie, haut comme trois pommes 



Le grand arbre en fleurs dans le petit espace vert entre les immeubles


Il est temps de se réveiller : v'la le printemps, dans le jardin municipal

Par la fenêtre, je guette un nid de pies, énorme, niché dans un érable effeuillé, il me faudrait un téléobjectif puissant tellement je suis perchée haut dans ma tour, il serait nécessaire que je reste des heures en flag derrière ma fenêtre pour voir la suite de la couvée... Le zoom de mon appareil photo n'est pas assez performant, j'ai quand même essayé de participer au printemps avec mes faibles moyens :


La pie sur son nid... De très très loin, mais le cœur y est

Le printemps ne fait rien sur des cœurs en tristesse absolue, j'ai plusieurs amies qui ne le voient même pas passer, ni fleurs ni couronnes, juste une vague angoisse, des proches morts, des soucis, un temps de contamination qui s'éternise, la vie qui va en douce, confinées, auto-confinées, les plus hardies prennent le métro et vont le plus loin possible : j'ai besoin de sortir, de voir du monde, je m'étiole, je m'étire, je succombe... Fais attention quand même...

Il faut téléphoner, repasser prendre le café, poser des questions : c'est quoi ton angoisse, ton mal en patience, mon amie, il faut parler pour s'en sortir un peu ! Parlons... Et le printemps aura vite passé, plus de pies dans l'arbre, les feuilles auront vite caché le gros nid, plus rien à voir...

Mais moi, je ne perds pas pied, je sors, je fais des balades passionnantes, je découvre des coins que je connaissais pourtant par cœur, encore inconnus aujourd'hui, allez, un coup de Street art, d'autant que ma belle-fille, qui fait des dessins pleins de poésie, a entraîné son mari pour un collage sur les murs de leur ville... Ma belle-fille qui fait beaucoup de vélo avec son amoureux, s'est mise à rêver, à espérer, à faire de la poésie pure, belle à croquer... Le vélo la transporte par tous les temps, et quand elle se repose, elle y pense encore, elle fait des dessins où tout est magnifiquement mélangé, les images et les mots, c'est la ronde perpétuelle de l'enthousiasme, des voyages, des paysages... La poésie a plus d'un tour dans son sac...  Je suis donc allée voir sur place, sur murs, ses œuvres !


La voilà embarquée la petit silhouette,  pour les mots... il faut s'approcher de près


Ses vélos sont des fenêtres ouvertes sur le monde, sur son monde... Artistique !


Elle a un petit vélo dans la tête, qui parle !!


À vélo, tout est beau


Le guidon est son guide, sa chaîne ne déraille jamais, les mots coulent à flots...

Sur le chemin, mes pas dans la roue de ma belle-fille, j'ai vu le printemps, partout ! Il suffisait d'entrer dans les squares, de lever les yeux et d'espérer qu'il ne pleuve pas...


 Le square à fleurs


Sur les pas du printemps, des couleurs et de la joie

Tout s'est déroulé à merveille, j'ai fait ma touriste, il faudra bien sûr que j'y revienne, encore ici et là... Même pas besoin de Tramadol aujourd'hui, les genoux allaient tout seuls, je ne sentait pas la route, je n'avais pas le mal des kilomètres... Pour finir mon grand tour et garder la marque du printemps sur moi, j'ai acheté une petite broche, légère, toute brodée, mignonne sur mon blouson... Dans une petite boutique où j'avais envie de tout acheter...


La broche grande comme un gros bouton

En rentrant, je me suis remise à la broderie, j'ai pris les papillons par les ailes, les fleurs en veux-tu, en voilà... J'ai foncé, j'ai encore beaucoup à faire, mais je ne m'en plains pas du tout...


Le dixième... Torchon

La prochaine fois, je vous parle du "Divan du Monde" ce film documentaire qui a posé sa caméra plus d'une heure dans le cabinet d'un psychiatre atypique, je vous l'avais déjà promis dans mon dernier post, mais c'est la faute du printemps, il vient tout en avance, il n'attend pas...

Portez-vous bien, faites-vous vacciner, qui veut voyager loin, même au coin de sa rue... Reçoit ses deux doses...

mardi 16 mars 2021

Enfin l'heure de la sortie !


Le déambulatoire de l'hôpital Tenon

Au début, au premier rendez-vous, quand il faut repérer rapidement les couleurs et les gros chiffres des couloirs pour ne pas arriver en retard, il suffit de se laisser guider par les numéros de portes,  mais après quelques petits séjours, vous êtes comme chez vous... Seule la lumière vous surprend : en début d'après-midi, quand le rendez-vous était terminé, je retrouvais le soleil sur toute chose ! Ah, il fait beau ! Je commençais à sortir à l'avance mon appareil photo...

La météo avait autant d'importance que le rendez-vous : s'il fait soleil, je vais aller prendre une photo d'un mur peint dans le 20e arrondissement, à une encablure de l'hôpital...

Je savais qu'il y en avait un qui venait de naître à Belleville, peinture fraîche, idées claires ! Après avoir évalué les possibilité de faire à pied le chemin du retour, je décidais pour m'y rendre, de prendre le métro. En ces temps de contamination, et compte-tenu de ma vulnérabilité, il faut choisir son mode de transport le moins périlleux... En sortant du métro, une grosse giboulée de mars, pas de parapluie, pas de capuche, et des baskets en toile, totalement adaptée au temps, adieu veau vache cochon, que fais-je ?

Le soleil qui revient brusquement décida de mes actions, j'allais droit dans le mur...


Le mur fraîchement peint (Jeanne Varaldi)

Ce mur anti-grisaille doit contribuer à réenchanter la ville. Ce lieu abrite l'Association "Les Ateliers d'artistes de Paris", née en 1989, qui rassemble 250 artistes et 23 collectifs, donc, si je compte bien, voilà trente ans que ce lieu existe sans que j'en sache quoi que ce soit ! Mais revenons au mur enchanteur, j'ai besoin de votre aide, les amis, pour le comprendre, moi qui cherche toujours la petite bête, je n'y ai pas (à première vue) trouvé de réenchantement, promis par Télérama, belles couleurs certes, mais sinistre... !

J'ai fait le tour de la chose, et trouvé que cette grande veine sanguinolente qui traverse la fresque me faisait froid dans le dos. En y allant y voir de près  (pas assez près), je me suis dit : voyons voir, que se passe-t-il ici ? Une grande veine sanguinolente traverse les couleurs, une personnage, triste, un pied dans une petit bateau, une tortue à la main, dans une position très déséquilibrée. Aidez-moi, les amis, que voyez-vous ? À l'extrême bout de la fresque (droite), un personnage étrange, un inventaire enfantin, rajoutés par d'autres auteurs, le sang qui dégouline de la veine qui traverse la fresque n'est sûrement pas non plus de Viraldi, ? À la loupe, c'est mieux de voir à plusieurs !




Détails... Explicites ou pas assez, voyons ensemble !

J'ai cherché sur internet les autres œuvres de cette jeune artiste, pour avoir une idée plus précise, j'ai retrouvé partout cette grande veine rouge vif, sans gouttes de sang, vivante, pimpante qui traverse les couleurs sans tristesse...


La grande veine est présente... Sans les personnages, rajoutés rue Picabia... Ni les goutes de sang...


Jeanne Viraldi

 Je ne sais plus où je suis, il faudrait vraiment que j'aille revoir le mur peint, j'attends le soleil pour m'y risquer avec plus de discernement... Je pense que j'ai mal vu ce qu'il fallait voir, l'œuvre authentique, et les rajouts annexes...

En attendant, je continue ma broderie journalière, et les torchons s'accumulent sagement, à chaque torchon, j'avance d'un pas dans la réflexion, je comprends que le travail de répétition engendre les idées nouvelles... Je vais restreindre les couleurs pour ne pas favoriser les arrêts de fils avec nœuds, qui risquent de fragiliser les tissus après de nombreux passages en machine à laver... Je vais conserver deux couleurs par torchon, une pour la lettre, et une autre pour le motif !


Travail de broderie

J'ai vu un documentaire (sur une plateforme) : "Le divan du Monde", un psychiatre plein d'expérience reçoit ses patients, je vous en parle la prochaine fois... S'il fait beau, je retourne droit dans le mur ! Il y a urgence !

À très vite mes amis fidèles, passagers, curieux, hasardeux... Prenez soin de vous, même vaccinés à 50 ou 100 %, je vous embrasse...

jeudi 11 mars 2021

Vaccinée à 50 %, presque bonne pour le service

 

Le jour du shoot

Dès mon réveil, j'ai tout de suite vu le message des rendez-vous pris pour les "deux doses" de vaccin sur Doctolib... Par mon fils !

Il s'était levé aux aurores pour me les prendre, jamais je n'aurais réussi aussi bien, ni surtout aussi vite... Le stress m'aurait prise par surprise, pas si surprise que ça ! Puis au téléphone, avec un horaire hyper convenable dans l'après midi ! Mon fils, tu es trop fort, tu veilles à tout, merci !

Le rendez-vous du dimanche, dans ce quartier de Paris, tombe à pic pour sortir un peu de la spirale "contamination", et mes souvenirs reviennent en rafales, ils ne pourraient pas rentrer dans une seringue, il y en a trop : mes écoles maternelle et primaire, la grande bibliothèque municipale où j'aimais tant aller lire, calme, belle, silencieuse, claire. Le parquet laissait à peine entendre le bruit des chaussures, quand j'étais assise à la bibli je n'entendais plus rien, pas même les petits chuchotis des lecteurs, j'y passais des heures, de l'ouverture à la fermeture, plongée dans les livres... Plus jeune encore, les courses de patins à roulettes autour du square du Temple avec mes frère et sœur, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, il fallait rouler ! Roulez jeunesse !

Dans la rue de Bretagne, le marché des Enfants Rouges, plein de bonnes choses à manger, les petites voitures des quatre-saisons, je me souviens très bien des légumes et des fruits achetés par tonnes pendant tant d'années, par ma mère... Et les séances de cinéma, dans cette petite salle de quartier, devenue l'actuel Franprix... On achetait son ticket à l'avance le matin pour le soir, la caissière nous faisait choisir les places que nous voulions sur un petit plan de salle, et avec un gros crayon rouge, et  faisait une croix sur celles du plan. Nous étions sûrs et certains d'y aller quand les billets étaient achetés.

Ce qui fait que je vais avec plaisir à la salle de shoot installée à la mairie... Et si je pouvais revoir la bibli ?

Je vais profiter de la visite pour revoir les arbres du jardin, ils m'intéressaient moins hier, avant-hier,  qu'aujourd'hui, pas en danger comme maintenant, pas vus pas pris, je regardais ailleurs, cécité totale, insouciance, j'avais d'autres chats à fouetter... Je ne me doutais pas du tout en ce temps-là, qu'on coupait les arbres sous toutes les latitudes !

Les rendez-vous sont chers, on m'avait téléphoné deux fois pour s'assurer de ma présence : madame, vous pouvez confirmer votre venue pour la vaccination ? Mais bien sûr, vous pouvez compter sur moi, les doses se comptent sur les doigts de la main, il ne faut pas en perdre une miette ! Attention, j'arrive, gardez-moi ma dose ! 


La petite mare du Square du Temple (novembre 2012)

Dimanche, je m'en réjouissais, il n'y aura personne, les magasins sont fermés, les cafés aussi, me voici, me voilà. Une bonne heure avant l'heure, j'étais dans les lieux, ma petite école, ma mairie, mon Carreau du Temple refait à neuf, station de métro sans changement, manifestation en cours à la République, pour vous dire je n'étais pas toute seule dans le coin.

Place de la Mairie du 3e, il y avait foule, des jeunes, beaucoup de jeunes, chassés du canal St-Martin par le Préfet, because, il ne faut ni boire ni fumer avec ses copains venus en grand nombre au bord de l'eau du canal. Circulez, le virus est partout, les jeunes avaient sans doute pensé qu'ils seraient tranquilles près du square du Temple, un beau plan B, ils avaient envahi le trottoir, assis en tailleur, sans nappe blanche, des frites en pagaille, des sandwichs, des bières, et surtout de la bonne humeur, nous étions dimanche, il faisait beau, pas de Covid à l'horizon ? 

Moi qui me réjouissais de flâner, m'asseoir sur un banc du jardin, bronzer, prendre des photos, avec ce monde, pas question ! Ça serait dommage d'attraper le virus avant la vaccination !

Je me suis installée dans la cour de la mairie, enceinte réservée aux vieux de la vieille, je regardais les gens qui venaient aux rendez-vous, à pied, accompagnés, en voiture à deux roues, avec cannes, au bras d'un parent, d'un ami, d'une aide de vie. Un vigile appelait les rendez-vous, très rapprochés : 15h, par ici madame, monsieur, prenez votre temps, pas trop lentement quand même, et puis 15h10... Tout ça allait très gentiment, et sûrement... Certains venaient avec leurs habits du dimanche, d'autres n'avaient pas fait de frais de toilette, ils étaient nature, un monsieur est même arrivé en chaussons, et j'ai vu un homme tout  cracra, sorti de je ne sais où, pas un pouce de son manteau ne sentait le propre...


Le kiosque à musique du Square du Temple (novembre 2012)

Rien ne se déroulait comme je l'avais prévu, c'est la marque de fabrique de la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut... Heureusement il y avait du soleil, le même que celui de mon enfance, quand il faisait beau, on faisait du patin à roulettes...

Voilà c'est fait, la prochaine dose dans un mois. Depuis plusieurs jours, les vaccinés de mon entourage recommencent à prendre plus de goût à la vie, il y en a qui font des projets (avec masques et gel, bien sûr). Si on allait chanter ? Chanter ? Oui, dans la rue, en plein air, les chansons de la Commune de Paris, une sorte de Flash Mob, si tu ne connais pas la chanson, tu chanteras le refrain... Pourquoi pas ! Les 150 ans de la Commune, ça se fête, avec distance, forcément...

Mes amis, prenons patience, bientôt nous sortirons du tunnel, en attendant, mettons nos masques, frottons nos mains... À très vite, je vous embrasse.

vendredi 5 mars 2021

Tu es vaccinée ?

 

L'objet de tous les désirs

Voilà bien deux mois que les conversations débutent par une question : tu as réussi à te faire vacciner, t'as des tuyaux ? Si tu es au courant de la moindre dose, tu ne m'oublies pas, t'as appelé l'Assurance Maladie ? Elle a fait des appels du pied pour la vaccination à toute la population approchant les 75 ans et plus... Il y a plus d'un mois, j'ai reçu un courrier de l'Assurance Maladie qui me disait cordialement : vous êtes invités à vous faire vacciner (on se dépêche), consultez le site, appelez le 0 800... Contactez votre médecin traitant. Avec toute notre attention, signé : le médecin conseil national. Du sérieux !

Formidable, quelle organisation, impeccable, je vais tout faire pour agir et me protéger, et avec moi protéger toute la population française... La campagne de vaccination a commencé ! Oyez, oyez, tous les pistonnés sont priés de se faire connaître, demain on rase gratis. La vaccination se conjugue à tous les temps, il a été vacciné, nous avons été vaccinés, mais moi, toujours pas !

Au standard de l'Assurance Maladie, ça commence à l'aube : 6h le matin ! Pas possible, ils font fort, et le soir, 22h, incroyable ! Tu es sûre ? Absolument, j'ai tout essayé...

Je prends des nouvelles des quelques vaccinés qui vivent plus tranquilles (avec tous les autres) autour de moi, je suis contente pour eux... Moi, j'attends avec patience, l'hôpital n'a pas de doses, j'ai essayé aussi sur ma commune, malgré mes infos (de première main, de milieux autorisés), c'est pas pour demain non plus, autour de mon périmètre à vol d'oiseau (même très gros oiseau), rien à voir, revenez plus tard, il n'y a plus de doses !

Enfin bref, il n'y a pas de doses...

Bon, je vais continuer à regarder les corneilles et les pies construire leurs nids, j'ai un mois pour admirer le passage de témoin entre les générations...



L'objet de toutes les convoitises

Protégez-vous, madame, vous êtes vaccinée, je suppose ? Le voisin de l'ascenseur, suivant les informations à la télévision, pense que l'affaire est dans le sac, le vaccin marche bien, on protège les vieux... Ce qui n'est pas vrai du tout... Nous, les vulnérables, on ne croit plus au Père Noël depuis très longtemps... Bonne nouvelle, hier une amie m'a dit : il y a frémissement au CMS (traduction : au Centre Municipal de Santé, il y a du nouveau au sujet du centre de vaccination qui devait ouvrir il y a plus d'un mois, les listes des inscriptions s'allongent, les gens attentent avec patience et espoir...). Donc je vais aller vérifier le frémissement en faisant mes courses, aujourd'hui !

Entre deux frémissements, je continue mon ouvrage de dame, mes torchons s'empilent, je refais le chemin de l'apprentissage au fur et à mesure, je retrouve les astuces, je réalise les perfectionnements à apporter, j'ai réinventé mon outil de travail... Comme Monsieur Soulages, le peintre, qui a mis au point ses pinceaux spéciaux qui rayent ses toiles noires dans tous les sens... Chaque griffure prend la lumière de façon différente, et répète à l'infini les nuances...


Le tambour qui m'écorche les doigts au serrage, je dois prendre le tournevis pour bloquer la petite molette...


Une pince à dessin pour faire bon poids, et un petit post-it comme niveau d'eau, compte-lignes... Indispensable contre les embrouilles

J'ai bien essayé de me passer de mon niveau d'eau, mais ça marche moins bien, point par point, je me remets dans le bain de ce que je faisais aisément il y a bien 20 ans, je traque l'imprécision, je renoue avec la liberté, la satisfaction, je laisse aller ma créativité très relative, chaque jour, je me remets sur le métier, et cette répétition est totalement nécessaire pour vaincre mes maladresses du moment. Je me permets des audaces : il faut que je trouve des motifs différents pour chaque torchon, le choix de mes "clients" va provoquer des bagarres, comme je suis pour la paix des ménages, je vais faire les motifs à succès ! Je vais refaire des lapins, j'ai beaucoup de demandes...

J'ai renoué avec la radio, France Culture, à fond, le temps suspend son vol, je ne songe même plus à sortir, je visite mon primeur à la dernière minute, pour ne pas laisser mon frigo vide... Un point devant l'autre, attention aux embûches, un point n'en vaut pas un autre, faire et défaire, c'est toujours travailler.


Inventaire...

Par une froidure imprévue, mon primeur arrosait quand même son jardin, brumisation, arrangement des fruits et légumes, il mettait sur le devant de la scène les oranges ensoleillées venues de tous les coins du monde (ce qui n'arrange pas la couche d'ozone). Encore personne dans son magasin, on a pu reprendre nos parlottes qui nous manquaient tant... Petit conciliabule bien commencé avec la météo, brrr !!  Il fait rudement frisquet dans votre très petite surface... C'était reparti... Bonne journée mon ami, à bientôt...

Mes amis, je persévère pour mon blog, j'aurais du l'appeler "Documentaires", car c'est un peu à ça qu'il ressemble, ni journal de bord, ni confidences sur l'oreiller, mon "Documentaire" n'a plutôt ni queue ni tête... Prenez soin de vous, masque, gel, vaccin pour les veinards... À très vite, je vous embrasse...

mercredi 3 mars 2021

J'ai dit une grosse bêtise !

 


 Le soi-disant nid de corneilles (février 2021)

Voilà le printemps, je reprends du service pour la broderie et la photographie. Justement, par beau temps, au cours de ma promenade, j'ai levé les yeux très haut dans le vieil acacia centenaire, et j'ai tout de suite vu que le nid supposé (par moi) de corneilles était tout vert... L'année dernière, déjà confinée, je m'étais  largement laissée influencer par une payse de la rue qui m'avait dit : c'est un nid de corneilles. Moi, je n'en ai pas demandé plus à la vie, va pour le nid de corneilles... La semaine dernière, en regardant de près le supposé nid de corneilles, allongeant le cou le plus possible, plus le zoom de mon appareil, j'ai réglé le compte à la fausse information : le gros nid de corneille est en fait une boule de gui !!! Bien verte, bien pimpante, pour tromper le touriste... Voyez la chose !

Ce n'est pas demain que je vais prétendre à un diplôme de spécialiste en nids de corneilles...

En fait, en levant les yeux encore plus haut que la boule de Noël, j'ai vu une corneille assise juste à côté d'un vrai nid de corneille, nid fait de petits brindilles qui me tombaient sur la tête ! Pas bête la bête, elle reconnait bien la maison construite par les collègues de l'an dernier. Le nid de corneille est construit très haut, au moins à 6 mètres, mon nid à moi est bien juché très haut, je ne vais le quitter des yeux !




La voilà, dans l'acacia (février 2021)


Tout près du vrai nid, fait de branchages, rien à voir avec le gui l'an neuf ! (février 2021)

La prise de vue est difficile car je ne suis pas outillée pour, mais la preuve est évidente, on m'a fait prendre des vessies pour des lanternes ! Danielle, il ne faut pas tout prendre pour du pain béni, il faut vérifier ! OUI !

Donc, depuis, j'ai pris mes jumelles et je scrute. Juste en bas de chez moi, dans les érables, il y a des nids habités par des pies, mais comme les pies ne sont pas voleuses (vérifié, scientifiquement), elles font leur nid comme les autres avec des petites brindilles. En forme de dôme, l'entrée se fait par le bas, à ce que je vois avec mes grosses lunettes à molette, j'ai mis mon zoom en batterie pour vous présenter le tableau charmant qui s'agite sous mes fenêtres. Il y a aussi un vieux nid de frelons asiatiques, vide ! Il y a un monde fou dans cet arbre...


 Deux jolies pies, dans les couleurs irisées que leur donne le soleil (février 2021)


Le nid de frelons asiatique, vide ! (février 2021)

Avec le beau temps, mon énergie printanière retrouvée, j'ai recommencé à refaire mes petits tours, mon territoire reste exiguë puisque je ne prends pas les transports "en commun" (avec le virus, ce n'est pas encore recommandé). Je visite tout ce qui est à portée de mes baskets, je suis retournée bien des fois au Parc Départemental, bourré de promeneurs, les espaces verts publics sont toujours taillés aux ciseaux, impeccables, arrosage intégré, moderne. Il y a des petites collines installées de toutes pièces, inventées par des paysagistes, tout le monde peut les gravir grâce aux petits escaliers creusés dans la terre, ainsi elles s'escaladent aisément. Pour la descente, elles sont en pente toute douce, la mare aux canards fait son travail d'illusion, on se croirait à la campagne, on a tout de suite envie d'en faire le tour... Le miroir de son eau prend les couleurs du ciel, on est bien, c'est beau ! Partout, il y a des grands arbres, notre forêt équatoriale... La pépite du Département !



L'étang (février 2021)

Les beaux jours me rendent bête, je n'ai aucune nostalgie, aucune inquiétude, demain sera demain, comme il se présente... Les fleurs de mon balcon sont tristes, foutues, mortes, quelques feuilles vertes subsistent dans les géraniums, mais si c'est pour avoir les chenilles vertes et les papillons marrons et blancs (mignons, c'est vrai) de l'année dernière, je ne vais pas m'acharner à leur rendre un souffle de vie, allez hop ! Au printemps, je change, la terre, les fleurs, j'ai déjà étudié le problème, mon balcon est orienté au sud, alors je vais planter des fleurs du sud, pas d'histoires, pas d'essais, pas d'expériences... Le Paradis, je le veux tout de suite... Avec les temps que nous vivons, je ne vais pas retarder, voire gâcher, mon plaisir printanier !

L'autre jour, en revenant d'une promenade au parc, tout près de l'heure du confinement, j'ai bien cru que je resterais dormir à la belle étoile, j'ai couru dans tous les sens pour trouver une sortie ouverte, des passants complaisants à qui je demandais de l'aide, me disaient : allez par là, madame, il suffit d'escalader le petit muret, vous voyez ? Un autre : allez plutôt à gauche, madame, vous apercevez les barreaux des grilles, et bien à un moment, pas loin, ils ont été très écartés, exprès, en vous mettant de profil, vous passez à l'aise... Merci mes amis... Prudente, pas téméraire, consciente de mes possibilités, j'ai pris la sortie, la seule ouverte qui restait, en suivant les gens, en file indienne. À chaque passage, le tourniquet avançait comme les ailes d'un moulin, ouf ! Je me suis retrouvée à l'opposé de mon domicile, sans stress, il suffisait de marcher un peu rapidement pour ne pas ramasser d'amende, l'aventure ne restera pas dans le livre des reccords...

Inventaire :



Quand je fais le compte des torchons brodés, j'en suis à 6, chacun a son caractère, ils vont se disputer, le moment du choix venu, j'ai encore beaucoup de travail... Je vous laisse... À très vite les amis fidèles, et ceux de passage... Je vous embrasse...