lundi 23 novembre 2020
Porte 19 et porte 20 !
lundi 16 novembre 2020
Alice est décédée...
Alice est décédée en novembre 2020, avant de fêter ses 105 ans
J'ai eu de ses dernières nouvelles par son fils. Elle est morte la nuit, dans son lit, sans souffrance, sans crier gare. Elle aurait eu 105 ans aujourd'hui !
Depuis longtemps déjà, elle ne les voulait plus, ses années de grande vieillesse, il fallait l'encourager, la persuader, presque la supplier pour qu'elle garde son optimisme, son agilité : mais Alice, voyez comme vous êtes vive, voyez comme vous faites encore beaucoup de choses que vous aimez, le tricot, la lecture, vos courses, vos repas, le téléphone, la tablette avec des grosses lettres, les jeux à la télé, regardez combien les gens qui vous entourent vous aiment, ils ne vous oublient pas, prennent de vos nouvelles, votre famille est proche, vos enfants qui habitent près de chez vous viennent vous voir souvent... Mais ça ne suffisait pas, elle ne voulait pas être une charge pour ses enfants, petits-enfants, elle ne voulait plus aller plus loin, voilà tout, quand elle m'affirmait cela, elle était très sérieuse, très consciente, c'était sa vérité, je le sentais bien. Déjà, pour ses 100 ans, elle n'avait pas aimé qu'on les lui fête : mais Danielle, ça me fatigue plus qu'autre chose, je n'ai pas demandé ça ! J'ai oublié, pas osé lui demander : mais vraiment, Alice, pourquoi ne voulez-vous plus vivre à ce point ? Souvent, elle m'avait dit : je ne sers à rien... Maintenant je me demande, avait-elle la certitude d'être encore assez aimée pour continuer, continuer, continuer ?... Je ne sais pas ! Je ne peux pas lui demander, jamais plus...
En fait, Alice n'était une charge pour personne elle avait tout juste accepté d'avoir une aide ménagère pour aller à fond pour la poussière et l'aspirateur... Mais pour le reste... Elle cuisinait sans trop de goût, mangeait des petits gâteaux toute la journée, elle les adorait, elle m'avait montré les paquets de biscuits qui prenaient de la place dans son placard de cuisine, et à portée de main sur son divan quand elle tricotait... Au supermarché, elle poussait son caddie à plus de 100 ans...
Pour Alice !
Les fleurs qu'on lui apportait, surtout des orchidées qu'elle aimait, sa maison en était remplie. Je ne sais pas si c'était elle qui procédait à leur arrosage, ou sa femme de ménage, ou une de ses filles, mais comme les orchidées ont la peau dure, elles étaient en fleurs tout au long de l'année, grâce aux remplacements successifs pour n'importe quelle fête. Les quelques fleurs qui ornaient son petit balcon, elle s'en fichait, et souvent pendant ou après l'été, elle les laissaient crever l'air de rien... Les orchidées ne lui donnaient aucun mal, les plantes vertes faisaient partie de la déco, mi fanées, mi vivaces... Quand elle partait en vacances, avec bonheur pour elle, ça, j'en suis certaine, elle me l'avait dit (combien de fois j'avais vu sa valise prête une semaine à l'avance, heureuse), les voisines (dont j'étais) se chargeaient des plantes fanées pleines de bestioles : poubelle, et quand elle revenait, elle s'en apercevait à peine, on lui avait racheté une orchidée...
Pour Alice !
Un jour, en écoutant Alice, j'ai été déçue, c'est la vie, on n'y peut rien, tout n'est pas rose dans l'existence ! Je ne voulais pas entendre ce qu'elle me disait, je voulais me boucher les oreilles : non, non Danielle, le ménage ne pourra pas durer, mais pourquoi donc Alice, dites-moi ? Elle me parlait du mariage d'un de ses petit-fils, qui venait de se faire : ben, je suis sûre qu'il ne va pas durer, voilà tout. Comment ça, pas durer ? Expliquez-moi, Alice, vous avez des doutes, vous pensez à quelques chose qui peut faire casser le mariage ? Mais pourquoi donc, vous m'intriguez, dites-moi ! Je la voyais hésiter, tergiverser, du bout des lèvres elle me dit : je n'aime pas trop sa femme. Ah bon ! Mais pourquoi ? Ben, elle est juive ! Mais voyons, Alice, vous racontez quoi là ? Je tombais des nues, je voulais qu'elle aille au bout de sa pensée : on dit qu'épouser une femme juive n'est pas bien, le ménage ne dure pas ! Mais d'où vous tenez cela, c'est des histoires tout ça, votre petit-fils aime cette femme, ça ne vous suffit pas ? De ce jour je l'ai moins aimée, je l'ai méprisée pour tout ce qu'elle venait de me dire, elle savait pourtant que ces sortes de pensées n'étaient pas très catholiques ! J'ai essayé de lui tricoter l'histoire à l'envers, elle croyait donc à tout un tas de stéréotypes, comment la faire changer, à plus de 100 ans ? De ce jour je l'ai moins aimée... Après, j'ai toujours fait celle qui n'avais rien entendu, je me disais : je vais y revenir, mais quand ?
Je n'en ai jamais parlé à personne dans la tour, à plus de 100 ans elle en était restée là, rien ne pouvait la convaincre, j'ai bien essayé... Un jour pourtant, elle m'annonça avec grand plaisir la naissance de son arrière petite-fille, je m'en suis réjouie avec elle, je lui ai dit, pour l'embêter : voyez, Alice, vos présages ne marchent pas, avec une juive, le ménage résiste très bien, votre petit-fils est très heureux, ça devrait vous donner du bonheur... Alice savait confusément que je n'avais pas approuvé ses paroles antisémites, mais je ne l'ai pas fait changer d'idée pour autant... Nous n'en avons plus jamais reparlé, j'ai toujours soigneusement évité de me faire du mal à l'entendre, je n'ai pas voulu creuser sur ce versant-là. Elle m'avait tellement déçue... Quand elle est partie dans le sud, près de son fils, je l'ai regrettée, embrassée chaleureusement, mais je n'ai jamais oublié ses paroles terriblement banales...
Chère Alice, souvent j'y pense, elle a eu une belle mort, partie dans son sommeil, on ne peut rêver mieux...
Chers amis, prenez soin de vous, sortez peu, le méchant virus finira bien par nous lâcher, vivement le nouveau vaccin ! Je vous embrasse tous !
mardi 10 novembre 2020
Mon primeur 4M ? Le petit tour dans la citée pavillonnaire...
Mon primeur plein de couleurs
4M :
Sous ses yeux, j'ai pris les couleurs de son magasin : allez ami, je fais une belle photo, c'est si beau ! Allez-y si ça vous fait plaisir... Il est comme ça, mon primeur. Bien que sa marchandise soit comme chez les autres, pas encore assez locale pour moi, je ne manque pas de lui dire pourtant... Il me dit : oui, oui, oui, et continue à ranger ses tomates qui viennent d'ailleurs, et pas du tout de saison !!! Mais je ne vais pas refaire le monde tous les matins...
En ce moment, après les attentats islamistes radicaux, je fais attention où je mets les pieds, ou plutôt à ce que je dis avec les amis musulmans que je connais bien autour de moi, mon crédo reste : pas d'amalgame... Restons attentifs, les attentats criminels atroces que nous vivons, et qui nous épouvantent, peuvent nous diviser ! Sans paroles particulières, je continue à dire tout simplement, avec une voix normale : comment allez-vous, prenez soin de vous, bonne journée !! Tous font écho à mes paroles, et souvent même, ils me précèdent. L'islamophobie ne passera pas par moi !
Bon, Danielle, oui, là on a bien compris le concept, passons aux couleurs, oui, les couleurs de l'automne...
Mon primeur me fait remarquer le tout nouveau store, couleur de soleil, d'un jaune éclatant, qu'il vient de faire poser au dessus de ses étals, parfaitement tendu pour protéger sa marchandise. La couleur dorée de la toile maintient un ensoleillement artificiel et permanent dans toute la boutique. Mais dites-moi ami, pourquoi votre magasin s'appelle-t-il mystérieusement "4M Primeurs" ? Ah ! Le voilà tout prêt et fier de dégainer sa réponse : personne ne peut le deviner, voilà, je vous explique, les prénoms de tous les membres de ma famille commencent par M, ma femme, mes deux garçons et moi, ma dernière fille est née après la commande du store, son prénom commence aussi par M, la prochaine fois, si je rajoute quelque chose, je mettrais "5 M"... D'accord ! Très sympa, votre histoire. Mais dépêchez-vous, car votre fille va vite grandir, et risque d'en être jalouse... Nous avons ri !
Le petit tour :
Maintenant que nous sommes presque tous confinés, l'heure de la sortie est précieuse, je tire mes attestations recto/verso pour ne rien gaspiller... Je triche souvent d'un petit, très petit quart d'heure, après avoir arpenté quelques rues tranquilles, sans bruit, presque sans bruit, admiré des paysages archi-connus. Maintenant que c'est déjà l'automne/ hiver, il faut que je regarde autrement que je redécouvre...
Le beau paysage d'automne (avec stationnement de voitures, hélas !)
J'ai levé la tête, cherché dans l'acacia de plus de 100 ans les corneilles que j'avais vues au printemps/été, il y en avait deux, peut-être les mêmes (la corneille est socialement monogame et forme des couples de long terme, même si sa réputation de former un couple à vie reste à confirmer scientifiquement). Le mâle ne se distingue pas de la femelle...
mercredi 4 novembre 2020
Le microscope de mon confinement ! Les rapprochements...
Il s'élève magnifiquement au dessus du kiosque à musique, occupé depuis peu par des entrainements de boxe... Tout le monde peut admirer le jeu de jambes, la souplesse et la précision des coups de poings...
dimanche 1 novembre 2020
Avant le reconfinement de novembre, promenade de septembre...
Mes derniers artichauts :
Les voici, les voilà, mes deux derniers artichauts, mes deux derniers cobayes bretons, au bout de 15 jours d'attente, le gauche avait un peu d'eau, très peu, à la tige, et le droit était au sec depuis le début. Ils ont terminé leur course au ras des feuilles. Mais tout le monde disait autour de moi : c'est déjà pas mal de voir cette belle couleur violette apparaître... Il faudra que je recommence... Mais la pleine saison est terminée... À l'année prochaine !
Chouette, j'ai pris des photos :
Maintenant, plus d'artichauts mais un château, des arbres, un vaste espace boisé et pelousé de 50 hectares. Le domaine de Rentilly n'est pas loin de Paris, en Seine et Marne. Le parc surprend par sa grandeur, son calme (en semaine), certains des grands arbres sont très anciens, si on veut les serrer dans nos bras, il faut être à plusieurs... Cèdres, platanes, séquoias magnifiques, de quoi occuper tout un après-midi, et les garder en tête longtemps après, ils donnent tant l'envie d'y retourner. Aujourd'hui, je me dis aussi que si ma vie était à refaire, j'apprendrais le métier de garde-forestière, j'arrive pourtant à un âge où les regrets ne servent à rien qu'à embêter le cerveau qui a déjà fort à faire avec le temps présent... Il faut garder une très grande place pour le moment présent, même si en ce moment il est très compliqué, cruel, mortifère et anxiogène...
Le château :
Mon fils m'avait dit : maman je t'emmène dans un endroit inconnu... Pour une fin de confinement, ce fut une belle fin de confinement (14 septembre 2020). Voilà des mois que je n'avais mis les pieds en campagne ! L'arrivée à Rentilly fut grandiose pour moi : promenade avec mon fils, ciel bleu, beautés de toutes sortes…
Au début du 16ème siècle, un premier château est construit sur les terres de Rentilly. Il subira destruction et reconstruction pour prendre l'allure d'un château à l'italienne en 1780. Le château, qui jusqu'alors était de style italien, prend l'allure d'un château de style Louis XIII. Dans les années 1950, après un incendie, il est reconstruit avec une architecture sans grande qualité. Comment le faire disparaître avec panache ? En 2011, un concours d'architecture est lancé pour sa réhabilitation. Le gagnant propose son escamotage en l'enveloppant d'une peau en inox poli miroir, et c'est très joli !
Voilà un nouveau château contemporain, qui accueille un FRAC Ile-de-France (Fond Régionaux d'Art Contemporain) et des expos contemporaines diverse et variées. Comme il se trouve au fond du parc, sa peau miroir reflète tous les arbres alentours, c'est très beau.
Un tronc géant, deux fois mon âge sans doute, je le salue bien bas ! Cet arbre peut vivre entre 200 et 300 ans, et peut atteindre 40 mètres de hauteur
mardi 20 octobre 2020
Retour arrière et zoom avant ! Allez, zou !
Les citrouilles ne sont plus ramassées
Me voici un peu de retour, pas facile quand il faut tout traverser en zigzags ! Je vais essayer de reprendre aux artichauts, car mes fidèles connaissent bien ma petite marotte du moment : faire fleurir avec succès, un artichaut sans eau... Après plusieurs essais pas vraiment concluants, j'ai remis ça sur le tapis, j'ai même fait des émules autour de moi : ma voisine du dessous, mon petit épicier s'y sont mis. J'ai la photo de ma voisine :
L'artichaut de ma voisine du dessous
Pour mon épicier, les travaux sont en cours de réalisation, il s'impatiente, j'attends sa photo !
Je ne sais plus pas quel bout commencer... J'ai continué à marcher dans les environs, avec patience, tous les jours, un peu de parc, un peu de courses, un peu de rencontres, et beaucoup d'informations, et pas des meilleures... Le meilleur, c'est le parc, la mare, les canards, les promeneurs, et surtout le calme, car de là on n'entend plus la circulation. Une amie, qui est une dingo de Paris, me disait : c'est plus possible à Paris, il y a trop de bruit, quand je suis seule ça va encore, mais quand on est deux, on ne s'entend plus, même avec un sonotone, il faudrait encore dresser l'oreille. Mon amie aime beaucoup aller dans "les "bistrots", c'est son mot, elle prend un petit café et regarde passer le monde... Elle fait sa Simone de Beauvoir, paresse, réfléchit, ratiocine, passe des coups de fil, en reçoit, elle est comme dans sa salle de séjour mais avec du monde autour, elle adore ça ! Donc dans le parc, pas de bruit, juste le bruit des sabots de la police montée, c'est une merveille quand on les voit, ils nous saluent bien bas...
La police (bien) montée dans le parc, toujours en duo homme/femme
Le petit canard dans la mare
Mais quand on y regarde de près, entre les gros cailloux du premier plan, on voit des gros rats qui se baladent, ça ne donne pas du tout envie de s'asseoir pour regarder le paysage, tout est faux dans le tableau paisible de la copie campagnarde... Le canard n'a peur de rien... Avec mon amie (une autre, qui aime aussi Paris), la dernière fois que nous sommes allées au parc, nous avons fait plein de rencontres : un jeune homme charmant, dans une petite rue de Montreuil extrêmement calme, on pouvait chuchoter et s'entendre parfaitement. Quand il a entendu le mot cannabis, il nous a fait un grand sourire, pourtant, le cannabis nous ne le voyons que de loin, nous en parlions à propos de quelqu'un qui en cultive dans son jardin, la belle plante verte fait partie du paysage de notre banlieue : Ah ! Je vois que notre conversation vous intéresse ! Oui, j'en cultive aussi dans des pots chez moi... Dites-moi, mon ami, vous fumez combien de joints par jour ? Il me répondit du tac au tac : voyons, dix par jour. Mais c'est beaucoup trop, l'ami, il faut baisser votre consommation, comment pouvez-vous vivre normalement avec ça ? Il avait les traits un peu tirés... Quel âge me donnez-vous ? Un petit coup d'œil à mon amie : trente ans... J'en ai quarante! Coiffées au poteau, estomaquées : c'est vrai, mon ami, que vous ne faites pas votre âge... Et en guise d'au revoir, j'ai fait ma druidesse, pointant le doigt sur lui, je lui ai répété : écoutez-moi, il faut diminuer votre consommation, pour votre santé, c'est beaucoup mieux ! Et nous nous sommes quittés bons amis, avec le sourire... Je me suis demandée si mes paroles feront effet... L'âge profite quelque fois aux donneuses de conseils, l'inconnue providentielle... On ne sait jamais...
Mon amie adore nos rencontres, tout en est prétexte... Bonjour madame, le pied de votre glycine est admirable, on se demandait justement quel âge il pouvait avoir ? Attendez, je vais prendre mon masque, car je suis malade, voilà, restons éloignées... Et elle nous expliqua que la glycine n'avait pas plus de quinze/vingt ans bien comptés : je la recoupe chaque année, elle prend de l'ampleur, ses fleurs sentent si bon. Et le figuier au pied de votre gouttière ? Il pousse sans moi, j'attends ses premières figues... Portez-vous mieux, restons prudentes, et la promenade allait bon train... Bonjour monsieur, nous admirons votre arbre fleuri en rose, il est magnifique, c'est un lilas des Indes, superbe, vraiment, quel âge a-t-il ? Attendez voir, je suis ici depuis quarante ans... Il avait un accent ensoleillé, j'habitais dans les Pyrénées, je l'ai planté quand je suis arrivé... Il avait abandonné ses Pyrénées pour venir jusqu'ici. Bravo, votre lilas est splendide ! L'âge des gens, de la glycine, du lilas... Curieuses insatiables, les entrées en matière sont bien mystérieuses... Mais c'est surtout le sourire qui reste engageant...
Depuis la fin de l'été, difficile de se la couler douce !
Des catastrophes, il y en a à la pelle, l'épidémie est repartie, y'en a qui disent qu'elle a disparu, les rassureurs jouent les mauvais prophètes, d'autres votent pour un deuxième petit confinement du soir, attendons de voir. La seule qui parle autrement, c'est une épidémiologiste / bio-statisticienne française de 74 ans, Catherine Hill. Le , elle se prononce pour le port du masque dans tous les lieux publics, depuis le début de l'épidémie, elle dit la même chose : il faut tester, tester, tracer et isoler, elle n'est pas du tout pour le confinement, elle a toujours parlé en avance, et souvent dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, et aujourd'hui, tout lui donne raison, mais personne ne l'écoute…
Après, nous avons eu la décapitation de ce Professeur d'histoire-géo... Le comble de l'horreur qui fait pleurer beaucoup, beaucoup de monde ! Monsieur Samuel Paty, je pense tellement à vous, à votre famille, à votre sacrifice monstrueux !
On va très mal, ça fait très mal… On ne peut pas se quitter sur ces grands malheurs, je vais trouver des histoires simples, plus douces plus apaisantes, avec des images, si possible…
À très vite mes amis fidèles et de passage, je vous embrasse, mettez votre masque et ne donnez pas la main à vos voisins et amis, hissez votre sourire dans vos yeux… Hissez-haut !
samedi 10 octobre 2020
Comme quoi, le trottoir est un vrai lieu de rencontres !
Poires et pommes du jardin d'une amie
Quelques jours après, rangement et grignotages
Mon stock de serine
Pendant ce temps-là, je n'achetais plus de fruits chez mon primeurs, trop calibrés, trop brillants, trop, trop, trop... Un jour que j'achetais des légumes et des fruits secs : amandes, noisettes, noix, il me dit : c'est bon, tout ça, pour le cerveau ? Il s'était sûrement dit : cette dame doit avoir l'âge de ma mère, elle doit savoir ! Bien sûr que c'est bon, surtout les noix, on dirait des petits cerveaux? Ah ben justement, je trouve que ma mère, elle oublie tout... La rigolade ne manque pas dans sa boutique, tout est parfaitement rangé, je dirais même bien astiqué, ce matin il passait le jet d'eau devant son magasin ouvert à tous vents, il avait sans doute son petit coup de folie, son petit coup de sirocco !
En traversant la rue, au feu vert, j'aperçois une copine qui avait chanté avec moi dans la chorale : tu vas bien ? Oui, et toi, pas de malade chez toi ? Non, trop bien, figure-toi que notre chef de chœur qui vient d'avoir 70 ans a piqué le Covid, zut ! Il est resté longtemps à l'hôpital, entre la vie et la mort, pour finir ils l'ont mis en soins palliatifs, toutes la chorale a pleuré pour lui, fait des prières à tous les Dieux, tout le monde se lamentait, moi j'ai prié, prié, tu ne peux pas savoir... Ah ! Quelle tristesse... Mais figure-toi qu'il s'en est sorti, nos prières ont dû agir, voilà qu'en soins palliatifs, un beau matin, il s'est réveillé tout guilleret, il était sauvé ! Il est en convalescence, toujours un peu braquezingue, mais bien vivant et souriant ! L'histoire de son chef de chœur, elle m'en raconte un bout presque à chacune de nos rencontres, c'est un homme singulier, fantasque, sévère, ironique, il a ses têtes, il ne faut pas être en retard, exigeant, sûrement bipolaire... Mais on l'adore !
Maintenant, quand on rencontre sur le trottoir : un ami, un voisin, une connaissance... On rajoute toujours : t'as personne de malade chez toi ? Sois prudent, mets bien son masque, tu prends le bus, le métro, tu fais du vélo ? Non, je fais tout à pied... Tous les plus vieux disent ça !
Moi aussi je marche à pied, si mon genou me le permettait j'irais toujours plus loin, des découvertes, j'en fais à tous les coins de rue, par le parc départemental j'ai vu un petit troupeau de chèvres qui broutaient comme dans les vraies campagnes... C'était à s'y méprendre, où suis-je ? Si on laissait faire la nature, toute la ville deviendrait verte, il faudrait faucher par hélicoptère...
Comme dans la vraie vie de campagne, à une station de métro de Paris
Mes amis, les temps sont déraisonnables et meurtriers, ma boussole fait n'importe quoi, la prochaine fois je vous parle de mes deux nouveaux artichauts qui ont fleuri mais pas très haut… Gardez-vous en santé, prudence... Je vous embrasse tous...















