mercredi 21 juillet 2021

Tout près du Paradis de mon amie, une exposition (du grand) Art Textile à l'Usine Bohin (2e épisode)


Il faut passer la rivière 

Il faisait gris ce jour-là, mais par chance il ne pleuvait pas. Pour arriver à l'usine Bohin, il fallait traverser la petite rivière, regarder (avec plaisir) les vaches qui nous fixaient derrière la clôture électrique, donc tout allait bien... Quand on arrive devant cette immense bâtiment du 19e siècle, on a le souffle coupé, l'usine est imposante avec son architecture simple comme bonjour et sa blancheur, presque 100 fenêtres nous regardent dans les yeux, la grande cheminée en brique se détache sur le ciel gris du jour ! La mise en scène est totale, nous irons de surprise en surprise...

L'air de rien... Passer les vaches...

L'usine est en activité, mais beaucoup plus réduite, il ne reste plus que 40 employés aujourd'hui, contre 600 en 1914... Les ateliers de fabrication sont ouverts au public, l'usine continue son travail de production et devient aussi un espace culturel : trois expositions temporaires par an, et la 11e édition du concours d'art contemporain textile "ARTEXTURES", qui a lieu devant nos yeux ! Magnifique, avec des pièces d'une grande beauté, des artistes du monde entier, reconnus et nouveaux, qui nous proposent des œuvres inimaginables...

La grande cheminée de l'usine


ARC'ANGES -  Isabelle de Maisonneuve  (Organza de soie)

Le shibori est une méthode ancestrale japonaise qui consiste à plier, enrouler, et tordre le tissu avant de le teindre, le cœur du plissage peut rester en réserve et donc de la couleur d'origine, ce procédé permet de créer des dégradés de couleurs. Quand on défait les liens qui maintiennent le tissu, celui-ci a gardé en mémoire les gestes de l'artiste, le plissé est conservé par le tissu lui-même... Cette œuvre est remarquable, sculpturale, et d'une infinie délicatesse... Notre simple passage fait bouger les Anges suspendus... Imperceptiblement !

COCOON 3 -  Shiaki Dosho - (Soie d'un Kimono ancien, laine, fibres synthétiques, chanvre, feuilles rétractables)  

Malheureusement, ma photo ne met pas du tout en valeur l'œuvre que j'aime beaucoup, l'artiste nous dit : ces objets figés dans le temps lui rappellent les personnes qui les ont utilisés, les couleurs ont changé au cours du temps, pour devenir autre chose, un vieux cocon !


POP SUPPER   SÉRIE 101 - DAMSS - Daniella Arnoldi  et Marco Sanzi-Sartori  

Les deux artistes ont revisité Le dernier repas de Léonard de Vinci, le cartel qui explique le travail me paraît tellement obscur que je n'ai pas envie de le citer, les mots mis les uns à côté des autres m'apparaissent beaucoup plus compliqués que ce que je vois ! J'ai aimé l'ensemble, iconoclaste, rieur, vif, les tissus, les fils, cousus, collés, froissés, hyper colorés, une joie pour l'oeil et pour l'esprit, j'ai jeté l'explication, un vrai sac de nœuds, l'œuvre est assez belle pour la regarder silencieusement !


La chaussée des rois - Marie Noëlle Revol (filet en ficelle de chanvre brut tissé, coton, ruban, perles)

 La grande chaussée des rois (détail)

Quelle belle œuvre, toute simple, royale, la grande chaussée des rois, oui ! Vous ne savez pas toujours d'où vous vient le coup de cœur que vous avez pour une œuvre, un paysage, une personne, il vient, c'est tout ! La chaussée des rois avec son petit passage clouté m'a emballée...

One reflexion - Cape Towm Harbour Fenders - Sue de Vanny (tissus de coton imprimé, batik, tissus teints, molleton, fils)

Inspiré d'une photo prise du port depuis l'hôtel où se trouvait l'auteure, la grande richesse chromatique m'a attirée, la poésie insolite de ces deux roues pare-choc... Et puis, à y regarder de plus près encore, le talent inépuisable...

Inépuisable talent... (détail)





Voilà une œuvre (broderie, ajustages, collages, perles, tissus...), dont je n'ai pas (par mégarde) pris le nom de l'auteure pourvus qu'elle ne passe pas sur mon blog, pardon !! Mille pardons !! Totalement impardonnable !  De la belle ouvrage et de la bonne humeur qui dénoncent : "Nous sommes les petites filles des sorcières qu'ils n'ont pas réussi à brûler". Mais dans les crimes conjugaux, combien de femmes sont encore tuées aujourd'hui ? 149 en 2019, et 90 en 2020...

FILLIATION-IATION - Claire Gravand (Prix Bohin France 2021) - (Teinture au crochet réalisée par un inconnu, photos de portraits de famille imprimées sur soie, retravaillées à la peinture acrylique, tissus, broderies, fils et dentelles)

Un prix amplement justifié (le prix Bohin), voilà mon grand, très grand coup de cœur, une œuvre originale pleine de finesse, des histoires partagées avec le spectateur, il faut s'approcher de près pour en voir la grandeur, la saveur, la délicatesse, l'expression, la grande poésie, la beauté et l'amour... Approchons-nous...


FIL-IATION (détails)





Des paroles d'artiste : "Cette oeuvre s'inscrit dans la continuité de mon travail d'art textile, qui part de la collecte de textiles d'autrefois porteurs d'une mémoire enfouie que je réhabilite par des gestes de peinture et de broderie. J'ai voulu avec l'espace des carrés roses créer un arbre généalogique qui montre chacun dans son individualité, ainsi que sa place dans le groupe. Support d'accompagnement auprès de mes parents âgés, à l'hiver de leur vie. Ce travail a suscité des récits familiaux et des souvenirs."




L'art textile, le plus souvent représenté par les femmes, compte des artistes reconnues dans le monde entier, Louise Bourgeois, Annette Messager, Niki de Saint Phalle, Marinette Cueco, Sheila Hicks, Chiharu Shiota, Joana Vasconcelos, la liste est ahurissante, elle se termine par Christian Boltanski avec ses piles de vêtements... Bien heureusement, cet art a le vent en poupe, la création artistique n'a pas de limites... Bonheur !

Avec mon amie, en rentrant dans son Paradis (partagé), nous avons traversé les beautés normandes et avons été intriguées par les "Mariettes" (ces petites constructions, doivent leurs noms à ce qu'elles se trouvent le plus souvent près des mares), petits oratoires de campagne qui font partie des cultes populaires du passé, qui honorent un-e saint-e, on peut les admirer au détour des petites routes... Il y a tout un parcours possible en partant de Verneuil-sur-Avre, qui nous en fera découvrir bien d'autres... Peut-être à mon prochain séjour au Paradis de mon amie... Merci mon amie !


Mariette à Sainte-Barbe


Sculpture en pierre du XVIe siècle, qui se trouve à l'intérieur de la Mariette

En passant sur les routes de campagne, il y a des milliards de choses à découvrir, la nature est resplendissante cette année, mais pourquoi cette année ? Sans doute pareille aux autres années, mais c'est moi, seulement moi, qui n'avais pas le regard qu'il fallait, il faut être bien disposé à voir, et puis un jour,  l'invisible, l'immuable font place à l'étonnement, mais d'où ça sort, ce truc, je suis passée tant de fois par ici, les yeux fermés ?  


L'étang, admirable !


La mare !


Les fleurs de toutes les couleurs


Le rosier ancien délicatement adossé au mur


Par la fenêtre


Il y a toujours de la place sous l'auvent

La prochaine fois, même pas besoin d'aller si loin, sous nos yeux il y a à faire, pas besoin d'inventer des histoires, depuis si longtemps elles sont en nous... Il suffit d'un verre de thé, un petit café, c'est pas la mer à boire, les bavardages peuvent aller bon train, on se sent bien !

À très vite les amis de toujours, les passagers qui lisent entre les lignes, soyez les bienvenus ! Je taille mon crayon pour les prochaines histoires... Pour le partage, je vous embrasse.

dimanche 18 juillet 2021

Le Paradis normand... (1) Et le dernier au revoir à Christian Boltanski !

 

L'étang. magnifique !

Depuis des mois nous avions fixé notre date de retrouvailles en Normandie... Et ce jour est arrivé, avec le soleil, la gare Montparnasse bondée, je ne savais même plus où était le début de la fin des halls de départs et d'arrivées, le bout du bout du quai, de quel quai ? Je ne voyais rien tellement il y avait de monde, un immense chaos de départ en vacances, les voyageurs debouts, assis sur leur valise, sur un coin de banc, comme moi, et puis tout s'est arrangé, je me suis retrouvée assise bien confortablement dans le wagon, deux places pour une, la chance, dans le sens des paysages, l'idéal ! Le Paradis commençait très fort ! Une petite heure, et l'affaire du voyage fut réglée, sans que je sois pressée... Mon amie était là, le bras en l'air, sur le quai, comme un oiseau, elle battait de l'aile. Elle m'offrait de partager pour quelques jours son Paradis normand... J'allais vivre de beaux jours à tout revoir, écouter, parler, tout visiter ? Non mon amie, n'allons pas si loin, inutile, regardons autour de nous, si je n'ai pas vu une église au moins deux fois, je ne m'en souviens pas assez nettement...


Le Paradis de mon amie...

AU REVOIR ! Encore et encore !

En fait, hier soir, avec la mort de Christian Boltanski (cliquer sur le nom pour revoir le post), l'art contemporain a perdu un maître. Le 25 janvier 2020, j'avais fait un post spécial sur sa dernière exposition, magnifique, au Centre Pompidou, qu'il avait appelée "Faire son temps". Monsieur Boltanski, sans vous, l'art contemporain est devenu un désert... Pour moi !



Crépuscule (2015) - Christian Boltanski (1944-14 juillet 2021)


Hommage ! La lampe éteinte pour Monsieur Christian Boltanski 


Au début de l'expo, une sublime installation : toutes les lampes/âmes scintillaient, chaque jour une lumière s'éteignait, ainsi, une par une, jusqu'au dernier jour de l'exposition, ... Une œuvre très émouvante... Monsieur Christian Boltanski, je vous dédie cette belle ampoule éteinte.... Par vos soins !

Revenons au Paradis normand d'Alice (au Pays des Merveilles) :

Dès le début, nous nous sommes assises dans ses deux grands fauteuils blancs (voyez sur la photo, plus haut), sous l'auvent, c'est toujours bien quand il fait beau, et quand il pleut... Partout les fleurs, les arbres s'en donnaient à cœur joie, par ici la visite,  recommençons notre tour de piste... Nous avons tout de suite opté pour la maison, ses nouveautés, ses enjolivements, bravo, c'est superbe... Puis le jardin hallucinant de couleurs et d'odeurs...



Les roses plein les murs


La brouette, la ligne de linge


Leçons de choses bleues et vertes


 Bien entendu, vers le soir, le soleil met encore quelques beaux coups de pinceaux


Dans le Paradis d'Alice au Pays des Merveilles, il faut voir et revoir les lieux pour espérer en graver l'intégralité dans mon disque dur, et encore, à cause du printemps, et des saisons suivantes, rien ne reste exactement à la même place, hormis ce qui résiste à tous les temps, bien plantés dans le sol : la maison, les arbres, les artefacts... Il faut pouvoir  vivre les quatre saisons pour avoir une idée du paysage... Chaque matin est un beau jour à vivre... Nouveau !


À la fenêtre de ma chambre


Tous les matins, ça commençait bien : parfait, si on ne se déplaçait pas en touristes, il n'y avait qu'à regarder autour de soi, la beauté se prélassait dans tous les coins. Chaque visite était un prétexte à élargir l'horizon : un village, une église, un étang, une usine : Bohin (la petite vidéo vous en dira plus que moi, je me contente donc de mes photos, et aussi de mon fond personnel). L'usine Bohin est magnifique, dans un espace naturel sublime, la visite est passionnante, non seulement j'y ai vu les machines et les personnes (6) qui fabriquent les aiguilles, mais aussi une très belle exposition d'art textile... La mise en scène du Musée / Usine (qui appartient à la Communauté de Communes) est subtile bien orchestrée, très pédagogique et historique, le visiteur est gâté, ici tout est exceptionnel ! J'ai été particulièrement sensible à la fabrication des petites aiguilles avec une tête en verre de couleur (verre de Murano), le besoin de continuer à fabriquer un petit objet utilitaire, si beau, réconforte.


Derrière, les cannes multicolores de Murano


La petite tête d'épingle en verre est créée


Le beau matériel qui recueille les aiguilles selon leur format


Mon fond personnel


L'usine


Au loin les vaches brouteuses

L'exposition d'art textile était tellement belle que j'ai bien envie de vous en parler dans un deuxième épisode... Dans tous les beaux paysages que j'ai vus, il faut que je fasse le tri, j'ai pris tellement de photos, trop ? Les petits bavardages du soir,  avec mon amie, devant la belle flambée de la cheminée, restent entre nous... L'affection circule partout, les émotions sont vives, passé-présent-futur sont tout amalgamés, si parfois, dans tout ça, quelques fils se démêlent, et rassurent, on reprend confiance, les mots peuvent être puissants pour le réconfort... C'est le lot de l'amitié sincère et bienfaisante...

D'ici là, les amis, prenez soin de vous et des autres, nous vivons des moments très difficiles, je pense tout spécialement à tous les gens qui travaillent... Qui doivent tout faire pour ne pas tomber malade, bien se protéger, et protéger les autres, se protéger, protéger les autres... À très vite pour le 2e numéro, je vous embrasse...

mercredi 14 juillet 2021

Hommage à Monsieur Christian Boltanski !

 

18 novembre 2019 - Monsieur Christian Boltanski

Il avait accepté avec toute sa gentillesse que je le photographie, sur le lieu de son exposition au Centre Beaubourg en 2019.

Monsieur Boltanski,  vous allez me manquer ! Vous allez manquer à l'art du monde entier...

Je n'arrive même pas à croire cette très mauvaise nouvelle... Quelle chance j'ai eu de vous croiser dans vos expos, personnellement, fugitivement, comme admiratrice de votre œuvre, votre belle œuvre qui m'a si souvent fait pleurer, réfléchir, et aussi tellement émue par sa beauté...

Monsieur Boltanski, quel mauvais coup vous frappez aujourd'hui, on ne vous verra plus inventer la moindre exposition, disposer vos portraits, vos lumières, vos boîtes à souvenirs, vos autels éternels au genre humain ! Comment est-ce possible de ne plus guetter votre prochaine exposition ? Vous faites maintenant partie des traces humaines que vous avez si souvent célébrées, Monsieur Boltanski, vous avez été un immense artiste, et je pleure de vous avoir perdu ! 


mercredi 7 juillet 2021

Mon primeur refume ! Le parc des Beaumonts de Montreuil...

 

Chez mon primeur, il y a de la couleur 

Pourquoi ?

Depuis que mon primeur s'est remis à la cigarette, je m'interroge : pourquoi se remet-on à fumer quand on a cessé depuis des années ? Sa boutique a explosé depuis le début du confinement (il y a déjà un an), il est présent quasi du soir au matin derrière sa balance, beaucoup de travail, peu de repos, son employé aussi travaille beaucoup plus, les clients sont bien plus nombreux, et quelques fois même, il y a la queue... Le commerce va bien, mon primeur renouvelle ses stocks avec précision, tout est frais (en général), le roulement se poursuit, 10/10 pour les affaires ! Alors ? Pourquoi s'est-il remis à fumer ? Soucis ? Énervement et précipitation ? Mon primeur a craqué, et je ne sais pas pourquoi ! 

L'autre jour, je l'ai entendu qui rouspétait un de ses fils au téléphone... Ça va Messi ? Pas de bobos ? Non, ça va, mais il m'énerve... Je me souviens avoir cessé de fumer du jour au lendemain, voilà des dizaines d'années, la cigarette ne fait plus partie de ma vie... J'ai eu l'impression très tôt dans cette abstinence que je retrouvais de la liberté, la sevrée parfaite ! Longtemps après, je ne me souvenais même plus pourquoi j'avais arrêté de fumer, comme Messi qui ne savait pas aujourd'hui pourquoi il avait recommencé... Mais il m'encourage toujours à choisir les meilleures cerises...

Le beau parc des Beaumonts :

Nous y allons, à petits pas, tranquilles, la vraie promenade d'été, en ville. J'avais dit à mon amie : allez, viens, le parc des Beaumonts nous attend, explorons, faisons un grand voyage à pied ! Vous le savez, mon amie est toujours enthousiaste, toujours prête à découvrir, à vivre des moments forts... Pas forcément à l'autre bout de la planète... Pas besoin d'avion, ni voiture, un coup de métro et nous y sommes !

Nous voilà bel et bien en route. Dans la rue piétonnière qui fait partie de notre itinéraire, nous croisons des artistes, jeunes, au travail, assis à boire un coup dans le café juste à côté de leur œuvre, en attendant de reprendre, et terminer un graff sur le rideau de fer de la boutique de l'opticien qui a commandé cette beauté ! 

Chez l'opticien, work in progress !

Il faudra y revenir pour voir la finalité  des lunettes qui ont de drôles de z'yeux,  notre balade commence bien...

Le parc des Beaumonts :

Toujours pareil, les découvertes au bout des souliers nous donnent tout le temps la nécessité, le besoin, de nous extasier : regarde cet arbre, incroyable de beauté, un catalpa entièrement en fleurs blanches, voilà une belle entrée en matière... Il faisait très doux, un ciel de tableau, un temps d'été...


Les deux catalpas en fleurs (c’est un des rares arbres qui a conservé son nom d’origine, donné par les Indiens Cherokee qui occupaient ce territoire Amérique du Nord, et qui en consommaient les graines)

Nous sommes arrivées par de petites rues très calmes, un peu éloignées du centre ville, l'entrée du parc se faisait par un grand escalier, nous devions prendre de la hauteur...


La dame avec le petit sac à dos est mon amie, les chiens doivent être tenus en laisse ! En réalité, ils sont laissés libres comme l'air...

Le spectacle de la nature donne du bonheur dès l'arrivée, sans discontinuer... Ce parc est très ancien (acquisition par la municipalité de Montreuil en 1923, de la propriété de Madame Veuve Mabille et depuis, cet espace vert n'a cessé d'être aménagé en espace naturel visant à préserver la richesse de la faune et la flore). Le parc actuel fait 11 hectares. Il est magnifique !


Le parc est beau sur toutes ses latitudes !


Un très vieil arbre coupé ne lâche pas prise sur la vie

Notre cheminement lent nous permettait de bavarder avec les promeneurs, qui tous se prêtaient à notre jeu avec gentillesse... À la croisée d'un chemin avec un autre, une dame nous expliqua que celui de gauche, plus large, bien plat, était pour les gens plus âgés (comme nous) et l'autre, plus étroit, pour les jeunes bien plus habiles...


La trouée verte partait de gauche et de droite


Auprès du grand saule argenté, nous avons poussé un grand cri d'admiration


Derrière cette petite barrière, il y avait une prairie, haute, très haute, pas tondue depuis longtemps...

Des bancs étaient installés, en rond, comme dans une arène, et un groupe de jeunes filles s'y était assis, pour jouir du spectacle de la nature sans doute : normalement, il y a deux vaches et deux boucs qui broutent l'herbe, mais là, comme il fait très chaud, les vaches sont sous les arbres, on ne les voit pas ! Nous n'avons vu ni les vaches, ni les boucs... Les jeunes filles riaient tout le temps, au revoir madame... Essoufflées, à quatre pattes, nous aurions continué quand même tellement la tentation était grande d'aller plus loin... Je n'avais pas fini de faire des photos, petit à petit nous avions retiré nos vestes, nous sortions de temps en temps la bouteille d'eau... L'espace, le temps, nous n'y étions plus avec précision...

Voilà un beau banc à l'ombre, prenons le temps de nous reposer !


Le banc

Là, nous fûmes bien récompensées de nos efforts, par la rencontre d'une dame qui marchait seule, une petite baguette de bois à la main : oui, j'aime bien marcher. Chacune y allait de ses questions / réponses : vous ne faites pas du tout votre âge, madame. Elle était contente : ben oui, je suis mince, ça rajeunit, je ne suis pas en mauvaise santé... Dès le début, pour qu'on comprenne bien, elle a commencé à raconter sa vie, de l'enfance en Allemagne, son pays d'origine, puis la guerre... Et l'ancrage de sa famille en France, son mariage, la vie continua pour elle, pas trop mal, il ne lui restait guère qu'un filet d'accent, imperceptible, aujourd'hui, son mari malade, elle se permettait encore quelques voyages, seule, de temps à autre avec un groupe de gens... La sortie que vous cherchez, c'est par là... Elle nous indiqua le plus court chemin pour ne pas nous perdre... Merci madame de votre compagnie...

Nous avons repris notre chemin, car tout à une fin !




Ça monte et ça descend, beau de partout !

Aucune peur à avoir,  ce magnifique parc ne pourra pas être attaqué par des "ravageurs fonciers", il est classé Natura depuis 2000 (lréseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union Européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent.) Nous avons entendu des oiseaux, il nous reste quantité de choses à voir : les parties humides avec les mares... Et tous les autres chemins, les petites barrières en bois isolent les parcelles naturelles, pas d'engins mécaniques ici, ni de piétons, que des admirateurs, on peut applaudir si on veut ! Vingt-deux hectares de verdure dans un tissu urbain, c'est notre aubaine !

Avec mon amie, nous avions "liquidé" nos affaires personnelles avant d'arriver au parc, on ne pouvait pas continuer sur les ennuis, les craintes, les perspectives, les espoirs... Nous étions prises naturellement par le parc, il avait tant à nous montrer, et par ici, tu as vu, et par là, on y va ?

Souvent, après nos balades, avant de nous quitter, d'aller dans nos quartiers respectifs, nous nous félicitions de notre périple, des beaux moments passés ensemble, on s'appelle, on ne se quitte pas d'une semelle... Bien sûr, et derrière nos masques, on voyait bien nos yeux rieurs... De loin en loin, nous nous faisions de grands signes de la main, jusqu'à nous perdre complètement derrière les voitures !

C'est bientôt que j'arrive ! À moi la Normandie pour quelques jours, j'ai pas trop  regardé la météo, un jour sur deux il va pleuvoir, mais pas toute la journée, donc ça me va très bien... Mon amie m'a dit : il y a des fleurs partout, des radis roses, les courgettes seront pour plus tard, mais la salade verte est prête, juste la vinaigrette à faire. Ah ça oui ! Avec une omelette, c'est le Paradis...

Mes amis, profitez de la pluie et du beau temps... Mettez encore les masques, faites-vous vacciner, on ira loin... À très bientôt sur mes rives... Je vous embrasse.

vendredi 2 juillet 2021

Les murs de Montreuil, hauts en couleurs... Et Bibi-Lolo !

 


Une belle dame du sud (?) - Espion - 2021


Détail

J'y vais ! Je voulais absolument voir à Montreuil la grande fresque murale : "Sauvons l'hôpital public". Munie de mon appareil photo, et de la photocopie de la carte de Montreuil sur laquelle j'avais fait le repérage de la place, j'avais juste à me laisser porter par l'aventure (au coin de la rue). J'avais pris le plan à l'envers, donc je suis allée du mauvais côté... Je ne suis pas une boussole née ! Ne pas aller dans le bon sens a beaucoup d'avantages, ça me permets de discuter avec les gens du quartier, qui en général n'en savent pas plus que moi ! C'est remarquable... Mais quelquefois, ils savent.

ESPION :

Chemin faisant, j'ai fait des découvertes... Je me suis rendue compte que l'artiste graffeur, Espion, fait fureur à Montreuil. Il habite Montreuil et donc, comme à Venise, les plus rapides, les plus doués, les moins chers, peut-être ? Raflent la mise murale, mais la concurrence est rude...

Le mur est tout frais, d'hier peut-être ? Car je suis passée par-là il n'y a pas longtemps, et il n'y était pas ! Je prends autant de petites rues que je peux, je jette de temps en temps un coup d'œil furtif à mon plan, mais en fait je devrais plutôt jeter mon plan, car il m'oblige à toutes sortes de gymnastiques : sortir mes lunettes, puis les remettre dans l'étui, mettre mon sac à l'épaule, enlever mon masque... Ah ! Voilà un autre décor de l'Espion, tout frais par ici, rutilant, joyeux, aguicheur... Bigre, la commande est importante ici :


Espion  - Fruits et légumes des saisons, et le pain

Espion - Les fruits plutôt exotiques, et un poireau

À partir de ce coin, j'ai commencé à demander mon chemin, libre comme l'air, j'avais le plan, il suffisait de ne le montrer à la personne,  plus jamais besoin de sortir mes lunettes, mais j'ai parlé...

Les petites rues m'intéressent beaucoup : tiens, justement celle-là, presque effacée, la girafe avait de beaux restes, derrière un petit camion... Dans le street-art, il faut beaucoup bouger pour prendre la photo, il y a toujours des voitures, des poubelles, des vélos qui traînent... C'est l'art de la rue !

La girafe - Nicolas Perruche (2018) qui regarde dans les coins... Très belle

Pourriez-vous me dire, madame, où se trouve la place du 14 juillet s'il vous plait ? Et je lui mets gentiment le plan sous le nez... Attendez, attendez, je devrais savoir, je connais bien le quartier, un mur peint, non ? Mais je pense que la place que vous cherchez est de ce côté... Merci beaucoup... Une autre dame : un mur peint, une infirmière ? Non, je ne vois pas... Une autre encore, une infirmière : oui, il me semble qu'il y a un panneau, mais je ne sais pas où. Finalement, je vois deux gamins qui jouaient dans la Cité de l'Espoir : oui madame, moi je sais, dit le plus petit, 6/7 ans, c'est par-là. Il me montre du doigt : vous voyez le feu rouge là-bas, ben, vous vous mettez devant et vous tournez la tête, vous le verrez. Merci mes amis, trop gentils... J'y suis arrivée sans encombre, même pas besoin d'aller jusqu'au feu rouge, la fresque était énorme, 30m de hauteur ! Les enfants me regardaient de loin, j'ai levé le pouce vers eux, un grand signe de la main et ils ont disparu...

Dugudus - artiste parisien,  sa production est liée à son engagement politique, fresque géante (Cité de l'Espoir), place du 14 juillet, Montreuil - 20 mètres de haut, 8 de large, 100 litres de peinture acrylique, inaugurée en janvier par le Maire en présence de l'artiste, un bel hommage aux soignants 

Pourtant, la peinture de la fresque avait duré quelques semaines sans doute, les gens qui habitaient autour n'avaient pas l'air de la connaître, la diffusion de l'info reste difficile, d'une rue à l'autre, on ne sait pas ce qui s'y passe !

Sur le chemin du retour, j'en ai vu, des couleurs, le mur peint à la bombe et à la craie de l'artiste SeyB qui est complètement terminé, je l'avais vu à l'œuvre, mais il n'avait pas voulu que je fasse la photo tant qu'elle n'était pas achevée...

SeyB - En cours de route...

SayB (2021), Montreuil

SeyB, le grand décor de la rue, Montreuil



SeyB - Montreuil - Après la grande catastrophe naturelle, les papillons sont là pour donner de l'espoir... (c'est l'artiste qui me l'a dit)

Je n'en ai pas fini avec les couleurs de Montreuil, j'y reviendrai.

Bibi-lolo 

Ce matin, je rencontré ma gardienne, qui rit encore de l'expression que j'ai employée en parlant de ma personne, en me désignant du doigt : c'est Bibi-Lolo (Bibi Lolo, ou Bibi-Lolo de Saint-Malo, est un personnage apparu au xixe siècle, notamment dans le théâtre de marionnettes du nord de la France). Je me souviens depuis toujours de cette expression, qui avait cours sans doute dans mon enfance, et quelque fois elle me revient, j'ignorais depuis toujours, depuis avant Wikipédia, d'où elle pouvait venir... Ma gardienne s'amuse de tous les noms rigolos que je lui donne pour la saluer avec affection : coucou la belle andalouse, la belle blonde, notre ange-gardienne, et très souvent par son joli prénom, Djénéba ! Le bénéfice de l'âge me va comme un gant pour dire des tas de bêtises...

Puis je vais chez l'épicier, mon ami Messi, et je lui demande s'il connaît l'expression : Bibi-Lolo et j'ai vu tout de suite à ses yeux plissés qu'il pouffait de rire (avec tact), quoi ? C'est quoi, ça, Bibi-Lolo, je lui explique que c'était sûrement une formule langagière argotique, car je n'avais pas encore consulté Wiki. Mais depuis, j'ai encore cherché sur YouTube,  et je suis beaucoup plus savante, que crois que je connais cette expression d'une comptine enfantine qu'il est toujours recommandé de chanter dès la maternelle. Voici les paroles : 

Bibi Lolo
De Saint Malo
Qui tue sa femme
À coups de couteau
Qui la console
À coups de casserole
Qui la guérit
À coups de fusil


Aujourd'hui plus personne n'ose chanter ça à ses enfants, et ses petits-enfants !!! Jusqu'où sommes nous allés pour endormir les enfants, les faires danser, les élever dans la solidarité, quasi la sérénité ?

Hier soir, j'ai regardé à la télé (Culturbox) un chanteur Hip-Hop français Dadjou : paroles, musique, interprétation et voix exceptionnelles, un poète ! Belle émotion ! beaucoup de ses chansons finissent mal, avec talent, pas de couteau, pas de casserole, ni fusil... que des succès... Coup de chapeau !


Mes amis, patientons avec patience... La pandémie est derrière nous ? Portez-vous bien, j'ai des histoires dans mon panier, je vous en parle bientôt... Je vous embrasse...