vendredi 25 février 2022

Émailler le verre à la Renaissance, 90 pièces de verreries émaillées au château d'Écouen...

 


Plat - France, Émile Braccard - fin du XIXe siècle - Verre violet, émaux polychromes, dorure

Le verre, pour moi, a toujours été une passion. Depuis des décennies, je cours après, surtout la verrerie émaillée, dorée, gravée, majoritairement fabriquée au début du 20e siècle. Mes furetages successifs dans les brocantes et les vide-greniers ont fini par remplir une grande bibliothèque (fermée) : j'en avais vidé tous les livres et enfermé ma verrerie à la place, pas un brin de poussière n'y pénètre grâce à des bourrelets en caoutchouc que j'ai collés judicieusement à l'intérieur, autour des portes. J'ai remplacé les étagères en bois par des étagères en verre, mis des miroirs dans le fond du meuble pour restituer une belle clarté. Et pour finir, mon fils (qui a entièrement procédé à toute la transformation de la bibliothèque en vitrine), a installé des petits spots électriques dans la partie haute, pour éclairer toutes les verreries. Quand la lumière descend et brille de tout son éclat, les couleurs des verres se mettent à chanter. Le tour est joué, c'est très beau ! Merci mon fils !


Mes petites verreries


Ma coupe vénitienne, qui vient tout droit de Murano (copie d'une pièce de musée)

Et puis est venue la proposition de mon autre fils : maman, je pense qu'il y a une exposition pour toi au château d'Écouen, ça te dirait ? Vous imaginez bien que ce fut un grand OUI, immédiatement, carrément, l'expédition (petite) est pour demain, une heure de voiture environ, à 20 km de Paris... Ce n'est pas la mer à boire, et puis le paysage à contempler de partout, un temps un peu gris, aucune importance, c'est le bonheur total !

Nous y étions ! Voilà plus de vingt ans que je n'y étais pas retournée, j'avais peine à croire que j'y étais déjà venue, je ne reconnaissais rien du tout, une première fois !




Voilà le château et ses alentours

Le château ferme à 17h, horaire petit bras pour les visiteurs, terminer les visites si tôt !! Nous avions mal calculé notre coup en fonction de cette fermeture ! "Il faut se grouiller d'aller directement à la verrerie", et revenir un autre jour pour les collections permanentes, les tentations nous guettent, il faut se bander les yeux, fermer nos oreilles, ne pas sortir l'appareil photo, allez tant pis, quelques petits clics quand même... Les salles du château sont toutes pleines de pièges à merveilles...


Collection permanente du château


Des visiteurs masqués devant les divines cheminées entièrement peintes


Un dernier coup d'œil, et hop !

L'exposition se propose d'expliquer le travail de recherche mené par des historiens de l'art et des scientifiques sur l'authenticité et la provenance des 90 pièces de verreries émaillées anciennes, exposées  : "Cette exposition concrétise plus de dix années de recherches interdisciplinaires (historiens de l'art) sur les verres émaillés et dorés traditionnellement attribués aux ateliers vénitiens de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle, élargies aux productions françaises du XVIe siècle..."

Le savoir-faire des verriers de Venise est resté longtemps imbattable, Venise a su émailler le verre (verre d'une grande pureté mis au point au milieu du XVe siècle) avant tout le monde, avec des innovations techniques, des matériaux exceptionnels, des tours de main savants et très expérimentés (les verriers travaillaient 24h sur 24 dans les fournaises). À Murano, les secrets de fabrication ont été bien gardés (!) sous peine de sanctions. Malgré toutes ces précautions, après le XVIe siècle, des verriers italiens se sont exportés avec leur art dans toute l'Europe, les secrets de l'émaillage et de la dorure se sont éventés... La production de verres émaillés et dorés à Venise au XVe et XVIe siècles a été extraordinaire, de tous temps ces verres ont été des objets de luxe, précieux (fragiles) et coûteux, aussi bien en Italie qu'en Europe... Aujourd'hui encore, la verrerie de grande qualité, émaillée ou non, reste très coûteuse.

À partir du XIXe siècle, dans toute l'Europe, le goût pour les objets du Moyen-Âge et de la Renaissance connait un essor spectaculaire, les verres vénitiens émaillés et dorés de la Renaissance sont très recherchés. Les copies de pièces anciennes (non encore authentifiées) sont légion (véritable planche à billets), et rentrent dans les collections particulières et les musées, l'exposition nous propose donc d'essayer de distinguer le vrai du faux.

Sur les 90 pièces exposées (provenant de collections publiques et privées), 46 se sont révélées "compatibles avec les recettes vénitiennes de la Renaissance", les autres posent toujours question, le travail de datation sur la verrerie émaillée reste encore très difficile. L'autre moitié des pièces (44) a donc été étiquetée "À la façon de Venise vers 1500".

Moi qui ne suis pas une puriste, mais une curieuse émerveillée, une fois que j'ai eu compris le but de l'exposition, je ne me suis plus souciée de reconnaître le vrai du faux, tellement je trouvais que toutes les pièces étaient belles ! Je n'ai pas cherché à jouer au détective, je me suis contentée d'admirer les originaux et les copies de la même façon. Toutes compatibles à mes yeux !


Juste pour le plaisir


Mon critère : pièce préférée de mon fils (Musée du Louvre, Pot cylindrique sur pied couvert,  façon de Venise, seconde moitié du XVIe siècle)






Gourdes de pèlerin - Musée du Louvre - Recettes vénitiennes de la Renaissance, XV/XIVe siècles


Gourde de pèlerin - Musée du Louvre - Production française non datée


Coupe sur pied aux armes d'un pape Médicis - Musée du Louvre - Recettes vénitiennes de la Renaissance pour le verre-support, mais non certifié pour certaines couleurs des émaux (blanc et bleu)

Vous voyez, le château d'Écouen nous livre des analyses pointues et passionnantes, mais les verreries de ma bibliothèque/vitrine, plus petits, beaucoup moins beaux, et sauvés des Puces pour quelques euros, me vont très bien... Je remarque tout de même que moi aussi, dans mes accumulations, je n'ose pas dire collection, j'ai toujours préféré les verreries émaillées et dorées comme au Moyen-Âge !


Mes verreries émaillées et dorées (pas du tout analysées)

Mes amis, quel bonheur pour moi de repartir aux aventures, rendez-vous ici comme d'habitude. Portez-vous bien, masqués ou non. L'état du monde me plonge dans l'angoisse, mes petites histoires me semble dérisoires, à côté de la guerre déclarée par Poutine !! Impossible de ne pas y penser ! Je vous embrasse... À bientôt ! 

vendredi 18 février 2022

La sortie retrouvée...Du Père-Lachaise... La belle promenade !

 

 Fleurs (artificielles) du Père-Lachaise

Dans la lignée des sorties retrouvées, celle du Père-Lachaise fut un paradis ! Mon amie avait des fourmis dans les jambes, besoin de respirer, de traîner, le jardin des morts est très revivifiant. Avec plaisir, retrouvons-nous au métro, pas trop tard, prenons plus de temps pour marcher, le soir descend moins vite, profitons-en pour admirer et papoter tout à loisir ! Banco, ce qui fut dit fut fait...

Un énorme bienfait, l'amitié, l'affection qui nous lient nous guérit mutuellement de nos soucis, laissons tout derrière nous et prenons la première à gauche, laissons faire nos instincts, tu veux aller par là, allons par là...  Au Père-Lachaise, une chose est sûre et certaine, il y a du silence, rien ne circule, seulement quelques voitures que suivent en cortèges les vivants. Nous avons fait des pieds et des mains, en vain, pour trouver le plan du cimetière, il faut se laisser porter par nos boussoles intérieures...

Finalement, remontons le cours du temps

Le soleil est de la partie, nous ne sentons pas nos pas, nous en faisons trop, comme à chaque fois, rien ne compte plus que le plaisir de circuler entre les arbres, les grands monuments. As-tu vu Musset ? Ah oui, le défilé des gens célèbres ! Les arbres dessinent sur le ciel bleu/gris de belles lignes de fuites. Sur une haute branche une perruche verte s'est posée, nous formons un petit groupe pour l'admirer... Et la critiquer...

La perruche verte du Père-Lachaise

Mais oui, les perruches deviennent un problème de biodiversité dans la ville, trop c'est trop, comment s'en sortir ? Aucune idée !

À chaque coin de tombes, d'allées, le point de vue change, le théâtre apparaît sous nos yeux, les personnages sont en place, nous attendons les trois coups, mais personne de parle, personne ne questionne, personne de répond aux questions que nous nous posons, le cimetière est le lieu idéal pour réfléchir de l'intérieur... Notre avenir est partout devant nous, entre les arbres, les tombes de guingois, la pensée se déroule comme un bolduc de Noël, tout entortillé... Nous allons de surprise en surprise, au Père-Lachaise il se passe toujours quelque chose. Certaines tombes jaillissent de terre poussées par les racines des arbres, tout devient incertain... Mais tellement beau... Chaque visite est une découverte, un plaisir... Le Père-Lachaise se visite en toutes saisons... J'y vais, je fonce sans me poser de questions, le Père-Lachaise est une belle table des matières, il y en a pour tous les goûts...

Des scènes de théâtre s'improvisent et bougent au cours du temps

Avant d'entrer tout à fait dans le cimetière, avant les arbres, les tombes, les personnages historiques, les pensées, il y avait une vieille personne qui marchait avec une canne qu'elle envoyait en avant pour se faire de la place, hargneuse, l'œil mauvais, coléreuse. Rien ne la calmait, elle avançait en vociférant, elle en voulait au monde entier, elle moulinait de sa canne, et comme elle voulait aller au plus vite sur le trottoir d'en face, elle me donna le bras, car je n'étais pas loin d'elle et le personnage m'intriguait un peu. Je l'ai regardée dans les yeux : calmez-vous madame, pourquoi êtes-vous à ce point en colère ? Je veux aller nourrir mes chats ! Elle ne se calma pas pour autant, bien d'aplomb sur le trottoir, je l'ai abandonnée à ses chats... Rien n'avait eu lieu d'aimable, de joyeux, d'engageant entre nous, elle était en colère des pieds à la tête, une sorcière d'antan, à faire peur !


L'énigme du Père-Lachaise

Emportées par notre enthousiasme, mon amie et moi n'avions pas senti que les heures passaient, la cloche qui signalait la fermeture du cimetière sonnait à plein, balancée par le bras énergique d'une employée. Près de la grande porte en bois, la cloche sonnait un quart d'heure avant l'heure de la sortie définitive. Déjà ! À bientôt mon amie, avec quelques stations de métro, nous avions retrouvé nos pénates, deux jours après, l'une se plaignait de sa hanche, l'autre de son genou... Mais quelle belle promenade !

Mes amis, à bientôt, avec masque, sans masque, nous verrons bien, restons raisonnables, prudents, on ne sait jamais ! Je vous embrasse !

jeudi 10 février 2022

Le dépôt sauvage, crevure, j'vais t'casser la gueule ! Les voix humaines...

 

Le dépôt sauvage ! Deuxième, troisième ou quatrième épisode, voire plus !


Le dépôt sauvage :

Dans mon quartier, pas très loin de chez moi, est né en quelques mois un dépôt sauvage qui ne demande qu'à grandir et s'épanouir... En le voyant pour la première fois, mon sang n'a fait qu'un tour, comment s'en débarrasser ? 

Le chemin que je prends chaque fois que je dois me rendre au laboratoire médical est ce petit raccourci, qui passe maintenant devant le dépôt sauvage. Derrière, il y a un joli jardin tout en montée que je grimpe avec plaisir (on aperçoit l'entrée sur la photo), comme on dirait communément : un havre de paix. Je prends des photos, je fais le point de la végétation, je regarde les arbres, je suis les saisons et je dis bonjour aux passants... Le jardin vaut le détour, il est très calme, peu fréquenté aux heures où je le traverse... Il commence donc juste où le dépôt sauvage s'arrête !

Il se transforme tous les jours

J'ai prévenu tout le monde : les employés de la voirie, les gens des espaces verts qui passaient par là, un gardien de la grande tour juste en face des déchets, que je connais très bien : ben oui, vraiment on n'y arrive pas ! Et par mail à l'adjoint au maire responsable des questions de propreté et du vivre ensemble... J'ai téléphoné au numéro vert pour l'enlèvement des "encombrants"... Tout le monde tombe d'accord, avec des mots différents : c'est moche, incivique, irresponsable, dégoûtant, ça ne devrait vraiment pas exister, les gens sont des porcs, inadmissible... Une fois, deux fois, plusieurs fois, le service des "encombrants" (mutualisé sur plusieurs communes) fait pourtant ramasser hebdomadairement le tas d'ordures... Mais le dépôt se reforme à chaque fois, il pousse insensiblement tous les jours, comme les marées des océans, il monte et il descend...

Marée basse

Il y a même des riverains de la rue d'en face qui ont demandé audience aux élus, le rendez-vous est pour bientôt, attendons les initiatives efficaces... Je reviens vous raconter la suite de l'histoire !

J'vais te casser la gueule :

Puis un jour, de loin, je vois, un homme, plutôt jeune (masqué), bien propre sur soi, qui trottinait avec deux sacs d'ordures (transparents) au bout de son bras, il les dépose gentiment sur le tas (déjà) à marée haute, je m'approche tranquillement et je m'adresse à lui : monsieur, vous ne devriez pas déposer vos ordures dans la rue...

Qu'est-ce que tu m'veux, la vieille, je fais ce qui me plait, t'as rien à me dire : telle une mitraillette il me tirait des mots coupants, d'une violence incroyable. J'peux aller voir les flic avec toi si tu veux, crevure, il criait, il m'avait cloué le bec, je réussis à lui dire : pas du tout monsieur, je ne tiens pas à aller voir la police, c'est à vous que je veux parler, c'est pas bien de jeter... Cause toujours, va crever, le ton montait, j'vais te casser la gueule connasse, je voyais bien que rien ne passait et qu'il allait peut-être passer aux actes, me casser la figure... Je n'ai pas demandé mon reste... Il est parti en vociférant... Je ne l'ai plus jamais revu... J'en ai eu pour mon argent, je n'ai pas demandé ma monnaie...

La rencontre m'avait vraiment impressionnée, pas jusqu'à avoir peur, mais pas loin, mon fils m'a dit : maman, ne fais pas ça, ne t'en mêle pas, ça pourrait très mal se terminer... Mes amis aussi ne m'ont pas conseillé ces petits conciliabules pour rentrer en contact sur ce sujet  avec son prochain, réfléchissons !

Marée haute

Réfléchissons, réfléchissons, réfléchissons...

Les voix humaines :


Image empruntée sur internet (Hortus Focus)

Nous nous sommes rencontrés devant le dépôt sauvage, il habite la rue et depuis longtemps peste sur la saleté de l'endroit, il passe devant tous les jours, il papotait avec une jeune femme de sa connaissance et je suis rentrée dans la conversation, après un petit signe de connivence de sa part (nous sommes presque "parents", depuis des temps et des temps, depuis ses vingt ans à peine, il pourrait largement être mon fils), nous ne manquons jamais de prendre de nos nouvelles. Après le papotage autour du dépôt : inadmissible, insupportable, nous avons, de fil en aiguille, "aiguillée de paresseuse", atterri sur le retour des perruches vertes dans les arbres de la rue, mon ami nous déclare : moi, je leur donne à manger, la jeune femme répond : il ne faut pas, ça fait perdre le nord aux oiseaux... Ils sont tout déboussolés pour trouver leur nourriture, c'est contreproductif... Ah bon ! Le coq et l'âne y sont passés et nous nous sommes quittés... Pas tout à fait, puisque nous avons continué lui et moi à "causer" en cheminant vers mon primeur, de covid en covid, de vaccination en vaccination, il me raconta ses histoires hospitalières, sa hanche, ses jambes, la chronicité de ses maux, et puis la mort est arrivée sur nos rivages, sans crier gare !

Tu sais Danielle, quand ma mère est morte, heureusement elle est morte dans mes bras, elle ne voulait pas rester à l'hôpital, elle ne voulait pas qu'on prévienne son ex-mari, notre père, et tout en racontant la mort de sa maman puis celle de son frère, il pleurait... Les souvenirs arrivaient par vagues, tous les séjours de ses proches à l'hôpital étaient mauvais, il n'y avait rien à sauver. Mais tu sais Danielle, combien de fois ils leur ont sauvé la vie... Je savais, je lui pressais le bras comme une caresse, pour le consoler, je connaissais bien ses emportements, ses ressentiments, sa culpabilité qui remontait...  Il déléguait beaucoup à Dieu pour prendre les décisions à sa place...  Mon ami, écoute moi, garde ton humanité, reste bon, solidaire, ne te mets pas tout le temps en colère, écoute moi, au moment de la mort des gens, surtout de ceux que tu as beaucoup aimés, tout remonte à la surface : les ressentiments, les regrets, les jalousies, les "si j'avais su," les "si je pouvais recommencer", pour beaucoup de monde c'est pareil... Ne pleure plus, il faut se débrouiller avec tout ça... Écoute moi, reste bon, généreux et responsable... Il m'a fait un signe de la main, avec un sourire en poursuivant son chemin, avant, nous nous étions serrés dans les bras...

Mes amis, il y aura des jours meilleurs, avec le printemps, ça va s'arranger... Regardons par la fenêtre, parlons à nos voisins, n'oublions pas nos masques, le gel et retournons dans les musées... Je vous embrasse !

samedi 5 février 2022

Petites suites (timides) des brèves de mon comptoir (2)...

 

Nouvelle déco de la petite rue pour le Nouvel An chinois (métro Arts et Métiers)

L'excursion parisienne :

Bon, maintenant ça suffit, je vais mettre le nez dehors, juste une "très petite excursion" pour un motif léger, mais absolument indispensable : des thés verts ! Cela nécessitait que je prenne le métro jusqu'à la station "Arts et Métiers", imaginez l'envergure de la course : quelques stations de métro, et au bout, deux rues à traverser. J'avais décidé, malgré la fatigue constante laissée par le virus, de faire un merveilleux effort pour aller acheter des thés verts pour ma petite-fille : mamie, si tu trouves du thé vert Sencha, pense à moi ! 

Bien sûr ma chérie, ça me fera un bien fou de courir après les thé verts, j'emporte mon appareil photo, on ne sait jamais, une petite photo est si vite arrivée...

Déjà, descendre à ma station de métro préférée était une récompense, je tombe pile sur le Nouvel An chinois, les lanternes rouges et or pendaient en nombre dans toute la petite rue au Maire, formant un beau ciel rouge !! La rue prenait une allure folle, il ne manquait plus que les tambours et les trompettes...

Du thé vert, voyons, ici du thé Sencha comme voulait ma petite-fille... Ouf !

Et là, j'avais idée de lui acheter du thé vert au jasmin, que je trouve excellent, parfumé naturellement avec les fleurs de jasmin, dans une petite boutique que j'avais dénichée pas loin (dans la deuxième rue qu'il fallait traverser). J'aperçois les jolies boites vertes, je fonce, pas besoin de sortir mes lunettes, en rentrant chez moi, en y regardant de plus près, je me dis : tiens, pourquoi les dessins ne sont pas pareils sur les deux boîtes ? L'une au jasmin (avec les petites fleurs) et l'autre nature (sans petites fleurs), quelle bécasse je fais, le cadeau sera double et diversifié !! Restons positive !


Thé au jasmin à gauche, thé nature à droite

Comme si je ne savais pas qu'il fallait prendre son temps pour acheter une boîte de thé par ici, il n'y avait aucune indication en français qui pouvait me mettre sur la voie, sauf les petites fleurs ! Il fallait voir les petites fleurs et avec un peu plus d'application, en mettant mes lunettes, j'aurais vu qu'il y avait une traduction exacte des ingrédients, en italien... Il faut que je me mette dare-dare à l'italien !

Le grand lustre de l'hôtel

Puisque j'y étais, j'ai repris une petite rue pour poursuivre mon escapade, je me suis arrêtée comme d'habitude devant un petit hôtel éclairé par un énorme lustre en cristal. Jamais ne n'avais pu rentrer faire la causette à la réception, et là, je vois une dame ! Ni une, ni deux, je rentre : bonjour madame, je suis contente de vous trouver là pour vous parler de votre beau lustre. Mais bien sûr, il est en cristal et pèse très, très lourd, des centaines de kilos, ils sont venus à quatre pour le passer par la porte et le fixer au plafond. Il vient d'Espagne ? Non, de Bohême ? Non, de France ? Non, il ne vient pas d'Italie ? Non, il vient d'Egypte, quand il y a eu des transformations pour moderniser l'hôtel, les propriétaires voulaient le retirer, et nous les employés ,on a dit : Non ! Et il est resté ! Vous avez bien fait de tenir bon, il est magnifique !

Le beau lustre en cristal d'Égypte, le joyau de la maison

La réceptionniste était causante et j'en profitais pour poser des questions sur l'artiste d'art urbain (street art) qui avait laissé deux belles marques de son art : Jérôme Mesnager. Oui, nous lui avions préparé une réception et ça été une façon pour nous de le remercier ! Formidable, j'aime beaucoup, votre hôtel devient de plus en plus beau, merci pour votre accueil, au revoir madame !


L'Homme en blanc - 2020 - Jérôme Mesnager (1961, Colmar)


L'Homme en blanc - 2020 - Jérôme Mesnager (1961, Colmar)

Jérôme Mesnager est partout sur les murs de Paris...


À Belleville (2013)

Décor du foyer de travailleurs immigrés, rue du Retrait, Paris 20e (06/2021)  - Jérôme Mesnager (1961, Colmar)

Vous imaginez le spectacle que m'offraient les quelques rues animées des Arts et Métiers, il y a toujours des petits quelques choses à voir quand on sort de chez soi, avec ou sans lunettes : thé, lanternes de l'année du tigre, odeurs des petits plats asiatiques, street art dans un hôtel, lustre à pampilles de cristal étincelant, une escapade masquée haute en couleurs à quelques encablures de chez moi... Bientôt, j'espère que je vais pouvoir élargir mon compas à deux, trois rues de plus !

Mes amis, j'ai repris mon microscope d'observation, à petits pas, pour guérir mes poumons, j'ouvre les yeux, je discute et je prends le métro, masquée, mains gelées, jusqu'à la prochaine excursion, je ne sais où ?

Portez-vous bien, passez entre les gouttes, entre mes lignes, à bientôt, je vous embrasse... 

vendredi 28 janvier 2022

Les brèves de (mon) comptoir... Mon Covid et moi...

 


La fée électricité - 1937  - Raoul Dufy (1877-1953)

Comme je n'ai pas encore pu aller voir la Fée électricité, je vais commencer par les brèves de mon comptoir, petit comme un tiroir, mais profond comme un trou sans fond, brèves microscopiques, bien humaines, bien réelles, des rencontres de rues, de hasard, être là au bon moment... Des histoires grandes comme des papiers de bonbons, de toutes les couleurs... 

Brèves de mon comptoir : Le chat de mon amie


Le chat allait d'une maison à l'autre, tout l'espace était à lui

Allo ! Ma petite Danielle, j'ai une bien triste nouvelle à t'apprendre, Cannelle est morte ! Oh ! Elle était vieille, très vieille, elle allait avoir 20 ans, je vais beaucoup la regretter, tu sais, je ne m'y attendais pas, je la vois partout dans la maison ! Mon amie du Berry avait "hérité" de ce chat d'une parente décédée, il y juste quelques années : se sentant très mal, elle lui avait demandé de prendre soin de son chat. Ne t'inquiète pas, elle sera bien soignée, je te le promets. Elle avait tenu parole, le chat allait et venait, partout il était chez lui, même chez moi, à l'automne, quand j'habitais la location du Berry, presque mitoyenne avec les propriétaires. Le chat était roux, le poil doux, magnifique et câlin... Mais vieux, ce qui fait qu'il geignait dès que ma porte était ouverte, pour que je lui donne un petit quelque chose à manger...

Mon amie, qui en avait vu de toutes les couleurs avec les animaux de la ferme familiale, s'était prise d'une tendresse pour ce chat, elle admirait ses poses, toujours changeantes, surprenantes, feutrées, gracieuses,  comme le racontent tous les amoureux des chats. Moi qui avait eu un chat pendant vingt ans, "suggéré" par mes enfants, je savais aussi de quoi elle parlait avec tant d'émotion... Mais tu sais, Danielle, malgré tout, je n'en veux plus ! C'est exactement ce que je m'étais dit à la mort du mien... Depuis que j'avais vécu avec un chat, je voyais "les deuils" d'animaux avec beaucoup plus de compréhension, remplaçant l'idée toute faite que j'avais, plus jeune  : il/elle ne va nous faire tout un fromage de la mort de son chat, ce que je considère aujourd'hui comme une attitude odieuse !

Le Mage :


En 2013, j'étais à Venise, mais je n'ai pas vu passer le Mage !

Quel plaisir de se rencontrer au détour d'une rue (nous habitons la même ville) ! Et s'il fallait traverser la rue, nous y allions d'un pas décidé, nous nous connaissons depuis des milliers d'années, nous avons travaillé ensemble au tout début de ma/sa carrière professionnelle. Le lien est toujours resté, car la boîte où nous travaillions était particulière, il y avait une culture d'entreprise unique, qui favorisait la bonne entente et la solidarité, rare, rare, rare... Donc, tout naturellement, nos rencontres ont toujours été chaleureuses, nous habitions la même ville, nous fonctionnions sur le mode : comme je suis content/e de te croiser, et c'était vrai ! On fonçait tout de suite dans le noyau dur ! Comment vas-tu ? Souvent, c'était moi qui lançait la balle, un coup chez lui, un coup chez moi, et nous remontions le cours du temps aussi loin qu'on pouvait. Lors de nos dernières rencontres, nous avions parlé santé, avenir et bonheur... Il m'avait assuré que depuis qu'il pratiquait la méditation, le yoga, sa vie avait changé de sens, en mieux bien sûr : je suis l'homme le plus heureux du monde, je ne me suis jamais senti aussi bien, tu devrais venir... Échanges de mails, pourquoi pas ! Mais rien n'y a fait pour moi. L'autre jour, nous sortions de la même boutique, souriant, épanoui, comment tu vas ? Ah, tout va bien, je suis Mage ! Comme je ne comprenais pas bien la signification du grade, je ne l'ai pas interrogé... De ce que je comprenais, il avait sans doute progressé dans la sagesse, la pratique des arts de la méditation, il était passé "d'adepte" à Mage, qui demeurait un mystère total pour moi, carrément, tu es Mage ? ! Oui, tu devrais venir, j'ouvre un centre... Je n'ai jamais été aussi heureux de ma vie ! Il avait découvert le bonheur complet tardivement, nous avions tous les deux atteint l'âge de la soi-disant sagesse, mais lui était Mage, et là, je ne pourrai jamais le suivre... Mais je voyais bien que tout sur son visage, ses paroles respiraient le bonheur retrouvé, bravo, continue, tu fais plaisir à voir... C'était encore vrai !

La copine de longue date : Mais c'est Danielle !




Le petit bruit des roulettes, en ville

Tu n'as pas changé (nous ne nous étions pas vues depuis au moins 20 ans) !! Bas les masques, tu ne me reconnais pas ? Ben non, ah mais oui, Sonia... Avec ton masque aussi... Dans mon jeu des sept familles, je demandais la sœur, la mère, le frère... Presque rien n'avais changé, la mère prenait de l'âge, la sœur "avec sa petite folie" vivait avec la mère, dans une ambiance souvent explosive, le frère était parti au soleil faire sa vie ailleurs. Sonia vivait heureuse, plutôt tranquille, loin de ce noyau familial sympathique, mais trop tourmenté... Je suis bien, tu ne peux pas savoir, un bel appart. le soleil, un bon boulot, et surtout : la paix ! Elle traînait sa petite valise à roulettes, je suis en visite, je suis contente de retrouver tout le monde, tu es la deuxième personne que je rencontre depuis le métro, ça fait du bien ! Le temps se dissolvait spontanément, je retrouvais les difficultés vécues par cette famille, presque intactes, le temps n'avait rien guéri, la nécessité de rester ensemble mère/fille s'était scellée pour toujours... La copine de longue date avait pris la tangente sous le ciel bleu... Et le frère aussi ! Il y avait toujours eu dans cet assemblage familial une grande affection/exaspération... Mon amie, prends soin de toi, le Covid est parmi nous, sourire, caresse sur le bras, nous avons remis nos masques... À dans longtemps sans doute !!!

Les perruches vertes :


Elles sont revenues, bien visibles dans les arbres d'hiver, le nid de corneilles est aussi bien visible (en bas à droite)

Je peux les voir très nettement sur les érables en bas de chez moi, leurs cris sont reconnaissables entre tous... Les gens passent dessous sans lever la tête. Elles viennent toujours en petits groupes, jamais à la même heure, se reposent (!) et puis s'en vont... Depuis, je les guette volontiers, quand je suis là, mes jumelles à porté de main... Je me dis que le printemps va être bien intéressant : corneilles, merles, pies... Il va y avoir du monde sur la place !!

Mon covid et moi :

C'est un peu pour ça que j'avais disparu de la circulation, sans crier gare, il m'a attrapée sans que je m'en rende compte ou presque : fatigue, petites difficultés respiratoires à la marche, mais sur mes poumons il a fichu le bazar et pas qu'un peu, à droite comme à gauche, résultat : pneumonie caractéristique du Covid, avait dévoilé le scanner !

Heureusement que j'étais bien vaccinée, j'aurais pu me faire avoir plus méchamment, être en soins critiques, allez savoir... Moi, je dis merci au vaccin !

Justement, lors d'une consultation médicale avec mon médecin traitant, pour en savoir plus sur cette contamination, j'attendais bien tranquillement pour connaître la suite du programme et j'observais combien de "clients" il y avait avant moi, deux messieurs, trois dames... J'en avais pour une petite heure... Mais à un moment, j'ai compris que ça irait plus vite que je ne croyais, parmi les patients il y avait un couple, ils sont rentrés brusquement tous les deux dans le cabinet... Durant l'attente, impossible de m'en rendre compte; ils ne s'étaient pas dit un mot, ni jeté un regard, pas de petits signes "non verbaux", rien, ils ne se connaissaient pas, ils formaient un couple chacun de leur côté... D'une discrétion conjugale exemplaire, pas une plainte, une impatience, pas un fil ne dépassait entre eux, ils sont passés à pas feutrés, à la queue leu leu, à la caisse, ni bonjour ni bonsoir, à bientôt messieurs dames, qui avait besoin de l'autre ? L'histoire ne le dira pas...

Mais moi je vous le dis, mes amis, dès que je vais pouvoir galoper normalement, sans rechercher mon souffle, et moins fatiguée, je me fais les musées les uns derrière les autres... Portez-vous bien, ça n'arrive pas qu'aux autres, j'en suis la preuve vivante qui prenait pourtant tant de précautions... À bientôt, je vous embrasse comme d'habitude !

lundi 17 janvier 2022

Simone Pheulpin, "Plieuse de temps" aux Arts Décoratifs de Paris... Et les brèves de mon comptoir !


 Simone Pheulpin (1941)

Depuis longtemps, j'avais pris mon billet pour aller voir Simone Pheulpin au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Impossible de ne pas aller voir cette magicienne, malgré la pandémie, encore une petite gêne au genou, la fatigue, prendre le métro, un changement... J'avais calculé de partir bien en avance pour me sentir libre avec le temps, profiter de tout ce qui pourrait se passer. Finalement, j'avais opté pour le parcours sans changement qui me ferait descendre à Bourse, glisser à pied le long de la rue de Richelieu jusqu'au Palais Royal, traverser le grand jardin désert, un jeu d'enfant, et quel plaisir ! Tout marchait comme sur des roulettes, j'ai pris le temps de quelques photos...


Le graphisme des tilleuls


Le jardin du Palais Royal était tout à moi

Il faisait froid, sec, gris, tout me souriait, mal nulle part, par ici je connais tout par cœur, je continue cependant à chercher... Comme si c'était la première fois, je me laisse embarquer par la moindre nouveauté. Le chemin est tellement court du métro Bourse au Palais Royal, j'avais une heure d'avance avant mon tour de visite au musée ! J'avais prévu bien large, comme un grand cache-col que vous pouvez entortiller plusieurs fois autour de votre cou... Bien au chaud dans ma journée douillette...

La station de métro Palais Royal, créée par Jean-Michel Othoniel, est une commande de la RATP pour les 100 ans du métropolitain : encore quelques mètres à faire pour apercevoir les belles boules (en verre de Murano) colorées qui composent le décor de la station, sans éclat, grises, perdues sans soleil... Invisibles dans le bouillard d'aujourd'hui ! Pas de photo !

Au musée tout est bien organisé : le pass vaccinal, attendez madame ce n'est pas encore l'heure, vous pouvez vous assoir en attendant, pas trop de monde, mon masque FFP2 sur le nez, en avant la musique. Au Musée des Arts Décoratifs, il faut se blinder pour ne pas se disperser : bijoux, mobiliers, mode, objets... Du Moyen-Âge à l'époque contemporaine, même en dormant sur place, il faudrait du temps pour en faire le tour... Simone Pheulpin était au quatrième étage, avec des objets du 18e siècle et l'Art Nouveau, ses œuvres étaient exposées avec goût, en fonction des couleurs et des formes qui entouraient ses pièces, avec l'art tout se marie bien ensemble. 



Tout est "presque" dit, reste à voir...

Simone Pheulpin crée avec des matière qui semblent difficiles à unir, des bande de tissu blanc et des épingles : coussins de pierres, de marbre, des fossiles, des formes uniques, qui évoquent les traces du temps. Simone donne à voir des sculptures belles et inconnues... Elle enroule, fronce, plie, serre, dompte, pique, entremêle, et les nuages se réalisent !

L'œuvre et sa radiographie, aussi belle dehors que dedans (bandes de tissu et épingles)


Devant le paravent chinois

Je passais d'un visiteur à l'autre comme la cheffe de rayon d'un grand magasin, très peu d'hommes : c'est extraordinaire, vous ne trouvez pas ? Certaines l'avaient rencontrée, elle vient souvent dans ses expos, elle aime bien parler avec son public, elle est extraordinaire, simple et accueillante... Je faisais l'animation, j'étais tellement heureuse de me trouver là, plusieurs dames avaient apporté un petit siège pliant, et tranquillement s'essayaient à reproduire sur un carnet de dessin avec feuilles noires les petites vagues de Simone qui faisaient grand bruit, c'était beau à voir ! Comme une volière, tout le monde s'extasiait... Comment fait-elle pour produire tant de beauté ?

Avec une employée de la maison qui passait par là, j'ai repris la conversation : voyez, c'est la seule pièce de madame Pheulpin qui laisse apparaitre les épingles...



Toutes les œuvres portent un nom, mais j'ai fait l'impasse sur la multitude de photos à prendre

Oui, vous avez raison, au moment de placer les pièces de l'artiste dans les collections anciennes, j'ai eu peur (je ne la connaissais pas), mais je trouve que tout va très bien, c'est très beau, vraiment bien choisi, merci pour cet échange et hop ! Chacune alla de son côté... Il y avait de la joie dans cette exposition, je n'ai rien regardé d'autre que les sculptures de Simone, tout avait disparu autour de moi, il faudra que je revienne bientôt...








Les vagues, les failles de madame Pheulpin me font penser quelques secondes aux toiles noires griffées,de monsieur Soulages, dans les œuvres des deux artistes la lumière fait le même travail d'animation, faisant bouger les perspectives et les points de vues...

En sortant de l'expo, j'ai fait exactement le chemin inverse avec la même joie, le même émerveillement, le trajet en métro ne m'a pas gênée, au contraire, je trouvais que tous les gens étaient bien disciplinés avec leur masque... Merci les gens !

Les brèves de mon comptoir : 

Les perruches vertes

Elles sont revenues ce matin (elles ne viennent que le matin), un essaim de plumes voletait de branche en branche dans les érables, sous mes fenêtres. Avec le scintillement du soleil, je voyais distinctement leurs belles couleurs, elle ne viennent jamais sans être au moins six ou sept... Et puis, elles disparaissent en criant... À bientôt ! (En 1974, une cinquantaine d’entre elles, qui devaient être vendues à des oiseleurs et des animaleries, s’échappent d’un conteneur à Orly. Vingt ans plus tard, le même phénomène se produit à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Depuis, les deux colonies se sont croisées, et ont donné naissance à une multitude d’autres). Voilà l'histoire !

Attention à vous, Danielle : Le virus

La gardienne de ma tour, qui relevait d'une méchante contamination du virus, m'a fait ses recommandations :  Danielle, n'attrapez jamais ça, j'ai encore mal aux articulations, là et là, et mes poumons ont bien pris... Je ne peux pas reprendre mon travail, heureusement que mon mari s'est occupé de tout à la maison, courses, enfants, ménage, écoles et... Encouragements, j'étais en miettes... J'ai pris tous ses conseils comme argent comptant et je n'ai pas quitté mon masque. Tout va bien !

Les bonnes résolutions : Aller au musée plus souvent

Le Musée d'Art Moderne m'attend, je meurs d'envie d'aller voir la restauration de la grande toile de Raoul Dufy : "La fée électricité" (600 m2). J'avais mon billet, mais mon genou avait flanché, maintenant que je suis bien portante, pas question de reculer... Pour les collections permanentes, l'accès est libre sans billet pris à l'avance... J'y vais le plus vite possible !

Chers amis, à bientôt pour les prochaines histoires, je vous embrasse fort, prenez soin de vous, patience...