mardi 25 juin 2019

En exclusivité, jour après jour : le printemps et la récolte des l'abricots de juin 2019 !




L'abricotier en bas de chez moi, le 9 mars 2019

Il a été largement élagué par un locataire qui s'y connait en abricotier, au printemps la floraison ne s'est faite que d'un côté. Chaque fois que je le regardais, je me disais : que va-t-il donner cette année ? Tous les connaisseurs se la posaient, la question : mais qu'est-ce qu'il va nous faire avec si peu de fleurs,  attendons...

Partout dans les jardins de mes amis, les abricotiers ne donnaient pas grand chose. Forcément, me disais-je, avec l'élagage de traviole qu'il a subi, il va falloir qu'il se donne beaucoup de mal pour porter ses fruits.

J'ai suivi patiemment la floraison, il a plu, gelé, venté, peu de chance de goûter ses fruits...

Juste avant de partir en Avignon, j'en avais aperçu un très haut perché, près du ciel, je m'étais dit : je vais le guetter et le cueillir en catimini avant tout le monde, je craignais les prédateurs plus que le gel...

Au retour d'Avignon, je me suis dit : le moment est venu de récolter, mais je ne voyais que des feuilles, deux, trois abricots... Les trois abricots, je les ai eus, à deux jours d'intervalle, mollement tombés dans le petit bout de pelouse qui forme un petit tapis au pied de l'arbre, j'ai dû ruser, les fourmis avaient déjà commencé leur oeuvre, mais c'est moi qui ait gagné ! La dégustation fut un vrai régal, digne des meilleurs abricots du sud de la France, pourquoi aller chercher en Espagne ce qui pousse si près, entre les tours de béton ?  Et puis, j'ai réfléchi au printemps de cette année dans mon quartier :


L'abricotier, les iris, le rosier, 6 mai 2019

Près de chez moi, j'avais de quoi être contente du printemps. En montant les quatre marches du perron de ma tour, j'ai souvent posé mes paquets et sorti mon téléphone pour faire quelques photos, le tour était joué, les gens qui me voyaient faire des photos en profitaient pour jeter un coup d’œil plus appuyé sur le joli tableau. Jamais je n'avais vu les iris aussi beaux, le rosier éclatait de couleur, l'abricotier se préparait, l'herbe était bien verte...

Tous les jours, j'ai suivi le travail du printemps, les mauvaises herbes, pas si mauvaises que ça, poussaient à tour de bras sur les trottoirs derrière les gouttières, la commune ne désherbe plus, c'est tant mieux, la campagne fait un grand pas sur le trottoir,  la vraie nature reprend du poil de la bête, il ne manque plus que quelques vaches, les moutons existent déjà dans une bergerie de ma ville... Dans la rue d'à côté, il y avait une glycine incroyable qui a poussé sur toute la hauteur d'un grand mur, presque à l'abri des regards, au milieu des voitures... Comme des grappes de raisins mauves, elle caracolait de tout son long, elle avait atteint les fils électriques, royale ! Quand je suis passé sous ses fleurs, j'ai bien senti son parfum entre le tilleul et le jasmin, une odeur bien à elle, suave et  magnifique !


La glycine miraculeuse et odorante de la rue d'à côté, le 19 avril 2019

Plus loin sur une dalle, au milieu de nulle part,  comme on dit par ici, j'ai vu ça : le printemps est bizarre cette année, il fait des merveilles comme jamais.


Les coquelicots du 30 mai 2019

D'un fleurissement luxuriant,  d'une beauté extraordinaire, je me suis dit : mais que se passe-t-il cette année ? C'est le début d'un nouveau monde ? Les fleur ont été jetées à la volée par le vent, par les oiseaux, par... Allez savoir !

Je n'avais jamais vu tant de fleurs pousser sauvagement devant mes yeux ! Le moindre rosier donnait à plein, c'est peut-être le Paradis qui prend de l'avance dans la vraie vie ?

Jour après jour, la récolte de juin 2019

Le matin du 23, en marchant au pas des tortues, j'ai aperçu un abricot chu dans l'herbe, derrière le grillage qui sépare le monde des humains et des fleurs et de l'abricotier, vous pensez bien que je n'ai pas fait ma difficile, j'ai fait le tour par la petite porte de derrière, et hop ! J'ai saisi l'animal, un peu amoché, deux, trois fourmis lui couraient déjà sur le dos, il était bon à croquer, j'avais justement un petit mouchoir en papier pour le fourrer dans mon sac, on verra ça ce soir...

Je l'ai passé sous le robinet, mis sur la petite assiette, bien en place sur la table, tu seras mon dessert mon gars, je n'ai pas pressé le train pour le déguster, je le regardait du coin de l’œil, pas en traître, à la toute fin du repas, je l'ai respiré, il sentait toujours la rose, comme ceux de l'année dernière, au goût il était, il était, il était... un sucre, un miel qui avait des ailes. Le 24 juin, j'en ai ramassé trois, tout mous, pas besoin d'un panier, juste le creux de ma main pour les ramasser, encore deux, trois fourmis que j'ai chassées du bout des doigts, j'ai ramené mon butin à la maison, et au dessert je les ai mangés... Un sucre, un miel qui avait des ailes...


Récolte du 23 juin 2019


Récolte du 24 juin 2019


Dégustation : un sucre, un miel qui avait des ailes

C'est l'année des douceurs je vous le dis, sur mon balcon aussi j'ai mis des touches de couleurs, l'arrosoir, le balai, la pelle, tous ces instruments de la  musique de l'été, je les manie avec maestria ! Pourvu que tout se passe bien jusqu'à mon retour d'Avignon, c'était sans compter sur mon ange gardien qui habite en dessous de chez moi, l'amie de la tour que tout le monde aime, elle m'avait dit, : t'inquiète, Danielle, je vais te les arroser, tes chéries, j'adore ça, vous voyez, comment résister à tant d'amour ? À mon retour, je peux vous dire que l'amour avait agi (avec un peu d'eau...) sur mon balcon, qui explosait de rouge et rose...


Gros plan sur mes petits œillets toujours aussi poétiques



Gros plan sur mes fuchsias avec leurs clochettes bicolores

Voilà tout ce qui s'est passé sur le printemps par chez moi, la première récolte d'abricots, mon voyage en Avignon, je vous en parle aussi prochainement...

Mes amis et passagers ne manquez pas le prochain épisode... Avignon, le départ/retour en train et le petit séjour familial tout doux...

mardi 11 juin 2019

Avignon, Venise, S. Zweig, El Anatsui, et mon genou gauche...


Un air d'Avignon

Je file dans le sud, à petit pas, je rage, j'y vais avec précaution, je peste, je ne digère pas le fait que mon genou gauche m'a rappelée à l'ordre ! Je ne supporte pas bien de devoir faire attention, avaler des pilules, glacer l'articulation, et même mettre une genouillère pour marcher droit...

Ce n'est pas trop grave, m'a dit le médecin, nous n'aurons pas à vous couper la jambe ! Vous pouvez partir en Avignon...

Me voilà prévenue, pas la peine de courir partout, ça ne va pas marcher... Quelle chance ! Ma (grande) petite-fille m'a dit : mamie, je t'accompagne à la gare, si nous arrivons bien en avance, nous prendrons un café. Ça commence très bien, ma voisine m'a dit : à l'heure où tu vas partir, tu auras le temps de prendre deux cafés, nous avons toujours tellement de choses à nous dire avec ma petite-fille... Il vaut mieux en rire qu'en pleurer...

Je ne fais donc pas de planS sur la comète, va comme je te pousse, le soleil et l'affection environnants suffiront largement...

Le printemps aura fait son affaire de tout ce qui pousse dans la ville et aux alentours, j'ai hâte de voir les feuilles au bout des platanes... Le ciel bleu, la douceur ambiante, les terrasses bourrées à craquer, les marchands de glaces en poste, les restaurants au garde à vous, les bistrots toutes portes ouvertes, et vive les apéros ! Dans quelques jours s'ouvre le Festival, avec sa grande parade des mots et merveilles !

Ma famille m'a dit : pas question de ne pas venir, tu as dit que tu venais, tu viens, on t'attend !

À pied, à cheval, en voiture, voire en train : me voilà !


Le livre !

J'avais été le raconter à ma voisine, celle que tout le monde aime dans ma tour, sa porte est ouverte à tous, un vrai tourniquet... Entre, assieds-toi, raconte ! Je viens de finir un livre de S. Zweig : La pitié dangereuse. Ah oui, raconte ! Et voilà que je lui résume les 348 pages de cet auteur magnifique, au moment fatidique de la résolution de l'énigme, je la fais languir : va faire bouillir l'eau du thé, je t'attends ! Nous rions...

Voilà, notre héros constate que sa faute personnelle : la "pitié dangereuse", a été dissoute dans le marécage sanglant de la "faute générale" (première guerre mondiale). "J'étais comme un assassin qui a enterré le cadavre de sa victime dans un bois."

Mais rien peut remplacer la lecture de ce livre exceptionnel, pour pénétrer les arcanes d'une pitié dangereuse que développe un jeune homme pour réparer la gaffe faite à une jeune fille, qu'il invite à danser au cours d'une soirée, ignorant que celle-ci est infirme, paralytique... Bien sûr, l'histoire se termine mal ! La dernière phrase du livre est celle-ci : "Mais depuis ce moment, je sais qu'aucune faute n'est oubliée tant que la conscience s'en souvient."

Ma voisine me dit : voilà, c'est formidable, j'ai lu un livre, avec son sourire resplendissant... Comment nous sommes passées de là à Venise, je n'en sais rien, mais vous les connaissez, les méandres de la conversation, un mot en entraîne un autre, et on tourne les pages avec entrain...

Tu sais, j'ai beaucoup appris à Venise ! Et bras dessus, bras dessous, nous nous sommes promenées dans les petites rues inconnues du grand tourisme, ma chère voisine avait les yeux couleur de l'eau qui coulait dans le Grand Canal, nous étions à l'unisson. Elle connaissait Venise depuis longtemps, nous n'avons pas eu de mal à tenir les amarres... Les églises, les tableaux, les histoires, m'ont élevée pendant vingt ans, je suis intarissable sur Venise... Nous sirotions notre thé les oreilles grandes ouvertes, les yeux qui ne demandaient qu'à voir et revoir...


Vista di Venezia  (2016)

Pourquoi, comment sommes-nous arrivées à l'artiste ghanéen El Anatsui, je n'en sais toujours rien, mais l'essentiel est d'y arriver. Je disais à mon amie : tu sais, cet artiste ressemble à Mandela, Obama, même classe ! Un artiste de très, très grand talent, nous avons regardé des photos de ses œuvres sur son téléphone... C'est sans doute en évoquant le Palais Fortuny à Venise, où j'ai eu la chance de voir une de ses œuvres, un énorme rideau paradisiaque fait avec des petites capsules de bouteilles, une merveille !


Au palais Fortuny en 2016 (ma dernière visite)


Oeuvre visible au Centre Pompidou




Quelques sublimes œuvres empruntées sur Internet...

Je me souviens de la toute première fois où j'ai vu les brocards de El Anatsui, j'ai eu les larmes aux yeux. Ce grand artiste était déjà visible à la Biennale de Venise en 1990, ma rencontre s'est donc faite 25 ans plus tard ! Il faut aux artistes beaucoup de patience pour être connus du monde entier, mais surtout de moi... Hélas !

L'amie de ma tour s'y connait en brocards de toutes sortes, elle a travaillé 30 ans dans les ateliers de chez Dior, elle a des doigts de fée et une âme d'artiste... Quand nous avons eu bu le thé, ri, plaisanté, même à propos de mon genou, elle me dit sur le pas de la porte : je suis fatiguée, j'ai tant lu, tant marché dans Venise avec toi, et puis ces brocards, quelles merveilles... Fais attention à toi, ne t'inquiète pas, j'arrose tes fleurs, j'adore ça !

Comme j'ai commencé par mon genou, je termine par un petit au revoir...

Avignon m'attend, pressé de me présenter sa saison d'été, ses touristes, son petit train, ses marchands de glaces à tous les parfums, sa préparation du Festival, je suis tranquille, dans ses belles églises et ses musées, il n'y a pas foule...

Mes amis, à très bientôt ! Portez-vous le mieux possible...



vendredi 7 juin 2019

Juste à droite en sortant de l'expo... Tu verras... L'église Saint Bosco (2)


Eglise Saint Bosco (20e siècle et 20e arrondissement)

Ce conseil de mon fils, je l'ai suivi à la lettre, en sortant de la Villa Datris, sous le soleil : j'ai mis le cap sur l'église de style moderne que j'apercevais au bout de la rue...

Je ne sais pas d'où me vient ce goût pour les lieux de prière : églises, synagogues, mosquées, temples... Tous y passent, tous m'intéressent, je les aime tous. Du plus loin que je me souvienne, je crois que j'ai toujours su que je trouverais là des merveilles artistiques, et le recueillement, la ferveur, le silence, le respect des croyants et visiteurs m'ont toujours émue !

Je peux aller d'un lieu à l'autre avec une curiosité sans cesse renouvelée, un intérêt sans limite... Bien sûr, des déceptions, j'en ai eues, mais des admirations plus encore, chaque lieu de prière est différent, et chaque lieu vaut la visite...

Les lieux de prière restent des petits musées à regarder à chaque fois, avec des yeux neufs.

Venise a fait mon éducation "religieuse", si je puis dire. D'année en année, je découvrais des trésors dans chaque église, je suis revenue sans cesse dans chacune d'elles pendant 20 ans avec le même plaisir, le même enthousiasme. La curiosité croissant, j'ai acheté des ouvrages sur les églises de Venise, sur les saints et leurs représentations, sur les artistes de Venise, je me suis mise à scruter chaque tableau, chaque pavement, chandelier, sculpture, mosaïque... Si les artistes étaient tenus de respecter scrupuleusement la " commande" des acheteurs (commanditaires), ils réussissaient, avec des talents divers, à développer, inventer, proposer des interprétations personnelles qui nous enchantent encore aujourd'hui... La lecture des œuvres garde toujours une part de mystère, même si elle est archi connue, archi commentée par l'histoire, si aucune parole n'est plus nécessaire pour la comprendre. Le regard du spectateur, sans le savoir, redonne à l'oeuvre une nouvelle vie, les émotions liées aux réceptions des œuvres d'art sont ainsi multipliées à l'infini, de quoi bien sûr entretenir des conversations intérieures qui varient autant de fois que nous sommes nous-mêmes différents au moment où nous les regardons, les œuvres nous parlent, il faut laisser agir...


Sur le pas de la porte, l'accueil est engageant

Ah ! Comme c'est agréable de découvrir ! Elle a été construite de 1933 à 1938. Sa construction dura quatre ans, le matériau est le béton armé, recouvert de briques, elle fut terminée sous l'Occupation. Elle est placée sous le vocable de Saint Jean Bosco (1815-1880), fondateur des Salésiens (de Saint François de Sales), une congrégation fondée et animé par Don Bosco au 19e siècle à Turin (Italie). La vocation de la congrégation des Salésiens est de donner une éducation à la jeunesse. Ils ont pour cela la gestion d'écoles, principalement professionnelles, de maisons à caractère social, et de paroisses. Ils sont présents sur les cinq continents. 


L'intérieur rose

L’intérieur de l'église, quand le soleil traverse les vitraux, est lumineux et coloré, la couleur qui domine est le rose !


Le choeur en rose


Le rose est mis

Toutes les surfaces sont en marbre tirant vers le rose, les mosaïques et les peintures murales sont partout, il n'y a aucun tableau. Mais c'est très beau, très original, très doux...


Il y a un peu d'or et beaucoup de délicatesse, la facture est empreinte de son époque, un peu raide


Don Bosco


L'or fait vaciller les raideurs, donne la lumière qu'il faut

Tous les confessionnaux dans les allées latérales ont été transformés en vitrine, le musée continue, remplis d'objets du culte.


Alors, il faut s'arrêter devant chaque petite vitrine et contempler

La chaire est discrète et en marbre également, à hauteur des fidèles. En 1930, les bonnes paroles se répandaient à hauteur d'hommes et de femmes...



La chaire de marbre, mais vibrante

J'y suis retournée pour la regarder de haut en bas... Le rose dominait toujours ! Peu de monde, un calme absolu. Mais il faudra y revenir pour débusquer les détails, les enjolivements, les intentions, c'est pas loin de chez moi, l'église vaut le détour. Sur ce site, les photos sont très belles, et vous en saurez plus sur cette belle église.

Mes amis et passagers, à très vite entre mes lignes...


samedi 25 mai 2019

L'expo Tissage, Tressage... Les découvertes du jour... (1)



Hivernages : pelotes et fagots - 1990-2018 - (Ampelopsis, glycine, lierre et chanvre filé) -Marinette Cueco (1934), vit et travaille à Paris

Juste en sortant de la galerie, tu verras... Un de mes fils m'avait prévenue : c'est vraiment beau et surprenant, il faut voir  les deux, maman, l'expo de sculptures en tissage dans une petite Fondation Parisienne et l'église moderne des années 30 à deux pas, juste à gauche en sortant de l'expo... Impossible de la louper, tu devrais aller voir d'urgence tout ça, ça te plaira...

Bien sûr, mon fils ! J'y suis allée à grandes enjambées, avec l'autobus, deux découvertes dans la même rue, pas très loin de chez moi. Il faisait beau, tout invitait à prendre le bus, à descendre tranquillement le long de cette petite rue qui porte deux noms : rue de Bagnolet, à la porte de Bagnolet (20e) d'abord, puis rue de Charonne jusqu'au bout (11e), pour se jeter dans la rue du Faubourg Saint-Antoine... Et s'y dissoudre...

Pour la Fondation - Villa Datris, il m'avait suffit d'aller voir sur internet quels artistes exposaient :  des noms connus, certains depuis très longtemps, Marinette Cueco, Annette Messager, Joana Vasconcelos, Chiharu Shiota, Sheila Hicks, et d'autres que je ne connaissais pas du tout, une vraie mine d'or...

D'entrée de jeu, une animatrice accueillait le public avec un grand sourire : c'est gratuit aujourd'hui, nous vous invitons à suivre une petite visite guidée, passez du bon temps, bonne expo !

Les oeuvres de Marinette Cueco, fragiles et résistantes à la fois, enchantent par leur beauté, leur douceur et leur poésie, rien de plus poétique que la végétation organisée sous les doigts de Marinette ! L'Hivernage : une très belle installation formée d'un monceau de cocons, boules, fagots, pelotes, balles, nids, broussaille, cheveux tressées, de diverses tailles et nuances, entassés depuis des années, tissés, séchés, noués... L'ensemble s'écoule à nos pieds comme les pierres d'un ruisseau, dans le petit patio vitré, au pied du grand mur jaune de la galerie... L'harmonie et la délicatesse des œuvres de cette Pénélope submergent d'émotion, les entrelacs, filages et tissages, délicatement posés au sol, demandent énormément d'attention, il faut s'approcher de plus près pour distinguer les matières, contempler les formes plus précisément... Chacun à son histoire, sans doute... Elles nous rentrent par les yeux jusqu'au cœur, et vous restent longtemps en tête...

Marinette Cueco







Pierres qui roulent n’amassent pas mousse...



Tondos - 1992 (entrelacs, joncs, capitus) - Marinette Cueco (1934)


Détail



Détail


Marinette Cueco, faiseuse de dentelle, de plumes végétales, parle très bien de son travail :"J'appelle ces travaux entrelacs, je travaille en deux dimensions, j'utilise alors toutes les techniques qui consistent à maintenir ensemble les fibres textiles : tisser, nouer, tricoter, entrelacer, crocheter..." Paradoxalement son matériau d'herbes est extrêmement fragile et impossible à travailler selon ces techniques...

Une courte vidéo nous apprend quelques secrets de création, nous comprenons mieux la fabrication de ses entrelacs : le jonc passe dessus, dessous, se noue, se dénoue sans fin... L'artiste épelle sous nos yeux son alphabet d'herbes... Je voudrais bien moi aussi trouver les mots qui décrivent mieux les émotions que font en moi les œuvres d'art... Il faut sans cesse chercher, toujours recommencer, préciser, s'aventurer dans l'inconnu, laisser agir... Les artistes me donnent du fil à retorde, tant mieux !


 Pour finir, elle a enveloppé les pierres...


Rena Banerjee


Et puis voilà une oeuvre de Rena Banerjee, qui faisait partie de mes belles découvertes à la Biennale de Venise en 2017, la Biennale de mon cœur, l'année des grandes rencontres, tellement émouvantes, beaucoup d'artistes encore inconnus pour moi alors que leur rayonnement était mondial !



Rena Banerjee - (1963 - née en Inde, vit et travaille à New-York) - (Plume, acier, fil de laiton, coquillage cabri, fil tissu vintage, noix perles de verre, bâtons floraux en bois, glands en fil d'or, cordon en film plastique) 
Cette sculpture fait référence aux Amazones...





Détails foisonnants, exubérance des matières


Chiharu Shiota


Maintenant, Chiharu Shiota, avec une oeuvre beaucoup moins importante que toutes celles que j'ai eu la chance de voir de Paris à Venise... Il y a quelques années déjà, mais quel plaisir de la retrouver dans ce lieu... Ses toiles d'araignées recèlent toujours des trésors, et puis l'éternelle question, comment fait-elle pour tout envelopper avec tant d'art ?... Personne n'y résiste : comme c'est beau !


Chiharu Shiota - (1972, née au Japon, vit à Berlin et travaille dans le monde entier)

J'ai découvert pour la première fois en 2011 l'univers de Chiharu Shiota à La Maison Rouge de Paris, fondation fermée maintenant, je l'ai retrouvée à Venise puis à l'espace Vuitton de Paris, chez Templon, bien sûr, la célèbre galerie, et au Bon Marché à Paris, je l'ai suivie pas à pas... Comme je pouvais... Le même émerveillement m'anime chaque fois que je vois ses œuvres... Suivez la avec cette rétrospective minimaliste :


Chiharu Shiota - (1972, née au Japon, vit à Berlin et travaille dans le monde entier) 
Fondation Vuitton 2015



Chiharu Shiota - (1972) Templon - 2017



Chiharu Shiota - (1972) Templon 2017


Chiharu Shiota - (1972) au Bon Marché 


Annette Messager, que (presque) tout le monde connait, ses œuvres sont piquantes : ciseaux, aiguilles, armes blanche, piques... "Annette Messager, qui revendique la dimension féminine de son art, intègre l’univers domestique dans lequel le regard masculin a cantonné la femme : travaux à l’aiguille, carnets précieusement intimes, revues de beauté, pour en faire son langage plastique en même temps qu’une critique de la condition féminine". Merci Wikipedia. Elles travaille principalement le textile, elle y inclue des photos, des mots, des écritures, des dessins...

Annette Messager


Tentation (2017) - Annette Messager (1943) - Vit et travaille à Malakoff

Je me souviens d'une de ses œuvres plus guerrière, presque dangereuse, exposée à la Maison Rouge en janvier 2018, dont je vous ai déjà parlé dans mon blog (cliquer ici)


Les spectres de la couturière - (2014-2015) Annette Messager à la Maison Rouge en février 2018

Les guerriers de la couture, les outils vengeurs de la femme confinée, ombres portées flippantes, le changement d'échelle de simples outils de couturière, pendus, noirs (faits avec un textile rembourré et cousu), ne donnent pas envie de s'en servir, mais de les brandir comme des armes de guerre, outils revendicatifs ? M'avaient fait froid dans le dos, mais, quelle magnifique installation. J'avais adoré !!...

Confidence de dernière minute : une de mes amies a en ce moment des soucis d'amour  Elle se questionne sans cesse sur la durabilité de la chose, car elle n'a plus vingt ans depuis longtemps... Elle me disait il y a peu : tu sais, il faut que je me laisse gagner par la confiance, la sérénité. La liberté que je me donne doit me donner des ailes, du bonheur... Mais, je n'y arrive pas toute seule, je reste anxieuse, mes amis comptent beaucoup pour moi, ils sont très importants, ils me soutiennent, heureusement qu'ils sont là,  je les aime... Ils m'aident beaucoup, énormément !

Cette ode à l'amitié, chaleureuse et sincère, s'harmonise à merveille avec les œuvres d'art : souvent, elles nous rendent heureux, nous font réfléchir, les grandes libertés d'interprétations qu'elles nous offrent nous aident aussi à adoucir les duretés de nos vies... Ce sont mes amis !


Bon, le prochain post sera la visite de l'église des années 30, que j'ai trouvée tout de suite à gauche en sortant de la Fondation : tu verras, maman, tu ne dois pas rater ça... 

lundi 13 mai 2019

Au secours ! Nos amis les bêtes sont en voie d'extinction... !!!




 Les singes - (Yves Boussin)

Les singes pourraient disparaître d’ici vingt-cinq à cinquante ans.
Selon une étude, 60 % des espèces de primates sont en danger d’extinction en raison d’activités humaines. 75 % des populations accusent déjà un déclin (Le Monde, 18 janvier 2017 - Audrey Garric).


Les crocodiles  - (Yves Boussin)


Les effectifs sont estimés de 200 000 à 300 000 individus. Leur conservation est rendue difficile par leur réputation de mangeurs d’hommes, qui n’est pas complètement injustifiée. Compte tenue de la valeur de leur peau, de leurs effectifs, et de l’étendue de leur répartition, leur chasse demeure encore une activité courante, braconnage qui semble difficile à maîtriser. Aujourd’hui, la menace principale est la destruction de leur habitat traditionnel.
Des fermes d’élevage ont été mises en place dans plusieurs pays afin de rendre le braconnage moins intéressant, par la baisse des prix de la peau qu’elles permettent (Wikipedia).


En cours de réalisation par l'artiste  - (Yves Boussin)


Les éléphants  - (Yves Boussin)

Les éléphants peuplent la surface de la Terre depuis 60 millions d’années : pas moins de 300 espèces ont ainsi existé. Il n’en reste aujourd’hui que deux : l’éléphant d’Afrique et l’éléphant d’Asie (WWF).



 Les girafes - (Yves Boussin)

La girafe est désormais menacée d’extinction, avec une baisse de 40 % de sa population totale en 30 ans, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (la Croix, 19 avril 2019).


Les Rhinocéros - (Yves Boussin)

Jusqu’au milieu du 19ème siècle, les rhinocéros étaient largement répandus dans les savanes d’Afrique et les forêts tropicales d’Asie. Aujourd’hui, presque toutes les espèces de rhinocéros sont menacées de disparition. Leurs cornes, désormais plus prisées que l’or ou la cocaïne, sont leur malédiction (WWF).


Les pandas - (Yves Boussin)

Près d'un tiers, soit 23 928 espèces, sont menacées d'extinction, 68 éteintes à l'état sauvages et 855 disparues... Le panda géant (Ailuropoda melanoleuca), a quitté la catégorie d'espèces "en danger" d'extinction grâce aux politique de protections mises en place par la Chine, qui ont permis une hausse de sa population(WWF, 7 septembre 2016)

Population estimée à 1 864 individus en 2013 (WWF).

 

Les tigres - (Yves Boussin)


La fascination qu’il exerce, par son charisme et sa place dans l’inconscient collectif, en fait aujourd’hui l’une des espèces les plus braconnées de la planète. Recherchés pour leurs peaux mais aussi pour diverses parties de leur corps, supposées soigner diverses pathologies dans la médecine traditionnelle chinoise, les félins sont victimes d’un trafic international, exercé par de puissantes mafias.
Aujourd’hui, personne ne peut dire s’il y aura encore des tigres sauvages dans 50 ans.
Il reste moins 400 tigres dans le monde (WWF).


Les zèbres - (Yves Boussin)

Les rayures uniques des zèbres en font l'un des animaux les plus familiers de l'homme. On les trouve dans une grande variété d'habitats, comme les prairies, les savanes, les forêts, les garrigues épineuses, les montagnes et les collines côtières. Cependant, divers facteurs ont eu de graves répercussions sur les populations de zèbres, en particulier la chasse à la peau et la destruction des habitats. Le zèbre de Grévy et le zèbre des montagnes sont en danger d'extinction. Bien que les zèbres des plaines soient beaucoup plus abondants, une sous-espèce, le quagga, a disparu à la fin du 19e siècle.


Les pélicans - (Yves Boussin)

Comme beaucoup de grands oiseaux, les pélicans sont en diminution dans le monde entier. Bien que seules deux espèces, le pélican frisé et celui à bec tacheté, soient considérées comme menacées, la population de la plupart des espèces a fortement diminué ces dernières années.
Les activités humaines, particulièrement les progrès de l’agriculture et son expansion, ont été la cause principale de la régression des espèces. Il est devenu de plus en plus difficile pour les pélicans de trouver un site de nidification non perturbé. Les stocks de poissons ont été pillés, et désormais, l’homme les garde jalousement et les gère à son bénéfice exclusif. Dans la majorité des cas, les problèmes des pêcheurs sont dûs non pas aux oiseaux piscivores, mais à une mauvaise gestion et à un excès de pêche, combinés aux effets des drainages à grande échelle, et à la détérioration de la qualité de l’eau. Un des problèmes principaux qui affectent les pélicans est la perturbation des colonies, très souvent par des touristes trop curieux. Citons en outre le piège mortel que représentent les lignes à haute tension, la contamination au DDT, la perte d’habitat (Wikipedia).
L'artiste qui a signé ces belles œuvres, en noir et blanc, s'appelle Yves Boussin, vous le savez, les amis qui me faites l'amitié de passer par mon blog, il se trouve que cet artiste est aussi mon frère ! 

Un jour, il y a une petite année, je l'ai vu dessiner à l'encre de Chine ces superbes animaux, et puis de fil en aiguille, nous avons pensé qu'il serait utile de rassembler plus spécialement ceux qui sont en voie de disparition... D'une pierre deux coup pour lui : le plaisir de dessiner, peindre avec l'encre de Chine, et d'alerter les gens...

Je lui ai proposé d'en exposer quelques-uns sur mon blog, et de conjuguer la beauté et l'urgence du sauvetage...

Depuis peu, mon frère est  en liaison avec une éditrice, il travaille à rendre possible la sortie d'un livre sur les espèces animales qui se raréfient dans le monde. Les cris d'alarmes viennent de tous les coins du monde... Mais les espèces en danger continuent de l'être... Qu'allons-nous devenir, s'ils disparaissent ? 

Avec les arbres partis en fumée, pour faire place aux monocultures plus rentables (soja, huile de palme, chocolat, avocats...), l'habitat naturel du règne animal partout est mis à mal, et je n'oublie pas certaines populations qui y vivent encore... Et puis les braconniers, le changement climatique... Il faudrait se réveiller avant qu'il ne soit (déjà) trop tard ! Est-ce bien raisonnable de faire venir du monde entier les denrées qui nous nourrissent, au lieu de se contenter d'une alimentation plus re-localisée ? 

Depuis quelques années, je n'entends plus chanter les oiseaux en ouvrant les fenêtres, je ne vois plus les moineaux de Paris... Le ciel est vide !

Au musée de la chasse à Paris, en février 2019, j'ai vu que d'autres artistes prenaient soin des animaux en voie de disparition... Notamment : la Mise en boîte de Christophe Jacquel, qui m'a désespérée, elle aussi en dit long sur le drame qui se joue dans la nature.




Standard Conserves - 2012 - Christophe Jacquel


Très beau graff que j'ai photographié récemment sur un mur de Montreuil (Mosko - 2019)

Il y a beaucoup d'autres animaux en voie de disparition, la grenouille par exemple, l'abeille.... La mer est pleine encore de futurs disparus dont les coraux : le biologiste marin Daniel Pauly, le plus cité dans le monde (sauf en France), annonce déjà la couleur : "Un jour, il ne restera que du poisson d'élevage et ou du surimi, et les jeunes générations n'auront plus les références de ce qu'était le poisson. La science à fait son travail, maintenant le problème est politique"... (Télérama, mai 2019).

Et nous, les humains, que deviendrons-nous sans eux ?

Il y a de quoi être très inquiets...

Pile dans l'actualité... "Un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction dans le monde : c'est l'alerte lancée, lundi 6 mai, à Paris, par la septième plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Fruit de trois ans de travail, son rapport constitue la première évaluation mondiale de l'état de la biodiversité depuis 2005, et la plus complète (1).

Le rythme actuel de disparition des espèces sauvages est sans précédent dans l'histoire de l'humanité, et il s'accélère, avertissent les experts.

Selon les chercheurs, il est encore possible d'enrayer la perte de la biodiversité, à condition de changements rapides et profonds dans notre consommation de ressources tirées de la nature. Il en va, soulignent-ils, de l'avenir de l'humanité (synthèse en français : Le Monde 4 mai 2019).



(1) Depuis 2016, cette évaluation mondiale sur l'état de la nature a mobilisé 150 experts internationaux, issus de 50 pays, représentant à la fois les sciences naturelles et sociales, soutenus par les contributions additionnelles de 250 experts supplémentaires. Basée sur près de 15 000 références, c’est également la première fois qu’une telle évaluation intègre de façon systématique les problématiques, les priorités et les savoirs autochtones et locaux.

Notre planète est en grand danger, alors qu'elle a besoin des tous nos soins... Il faut faire vite !

Je ne sais pas du tout de quoi sera fait mon prochain post, promenades, visites dans Paris ?... J'ai déjà des idées... Je vous y attends...