vendredi 28 février 2025

Un certain regard : celui du photographe, Philippe Verdrager... La beauté, la solitude, l'humanité


Le couple de la Samaritaine (2014)

Ce couple est-il en pose pour une photographie ? Un jour de beau soleil, en promenade sur le Pont-Neuf, le décor est idéal, la Seine coule tranquillement, le grand magasin de la Samaritaine, pas encore débaptisé, trône à l'arrière plan, dans les nuages, tout paraît être bien en place... Non ! Il n'y a aucune mise en scène, à la Doisneau, le photographe était là, il passait et hop ! Il a encadré le couple avec tout l'arrière-plan, un rapt de couple, presque une photo de mariage sur un des plus beaux ponts de Paris ! Comment c'est possible, un tempo pareil ? Le photographe est à l'affût de l'instant rare, qui ne se reproduira plus, un arrêt sur une image, inimaginable, presque d'un autre temps, sorti tout droit d'un livre d'images, un instantané du temps présent, pourtant. Cette photo est étonnamment bien arrangée, construite dans un déclic !

Il y a quelques jours, ça m'a pris au saut du lit, je voulais vérifier si l'enseigne de la Samaritaine existait toujours, il pleuvait des cordes... N'écoutant que ma nécessité du jour, j'ai pris l'autobus et en voiture, Simone !


Plus d'enseigne, je ne l'avais pas remarqué depuis la photo des amoureux... Magasin n°1 racheté par le groupe LVMH en 2001 (ma photo vite faite, mal faite, sous la pluie)

Quelques dates : en 1910, le propriétaire, Monsieur Cognacq Ernest, fait construire le magasin n°1, en 1928 il inaugure le magasin n° 2, en 1933 les successeurs de Cognacq Ernest (décédé en 1928), poursuivent l'extension du magasin pour un bâtiment n° 3. L'agrandissement de la Samaritaine continue en 1932 avec l'achat des ateliers de fourrure Révillon Frères occupant presque l'ensemble de l'îlot situé au nord du magasin 2, de l'autre côté de la rue Baillet. Ces immeubles vont constituer le magasin 4.


Au café avec la pluie (2024)

Encore une histoire de pluie, mais vue par Philippe Verdrager, ça ne fait aucun doute, les histoire se racontent en fond de scène, bien à l'abri. J'ai adoré les couleurs de l'ensemble, l'écran que formait les petits ruissellements d'eau sur la vitre, discrétion obligée du photographe, pas d'intrusion forcée, c'est son ADN... On entend des chuchotements, il faut traverser les couleurs de l'espace profond sur la pointe des pieds... Passer au travers des gouttes !


Le petit noir (2024)

D'un rien, il fait un tout ! Uniquement, la simple beauté des choses !


La dame en rose (2025)


Cima de Conegliano (détail) : Nativité (
16e siècle) - Venise

Une dame seule, de dos, pas connue mais vue, immobile, sans doute depuis un petit moment puisque sa cendre de cigarette est un peu longue. Elle regarde au loin le travail se faire dans la rue. Quand peut-on voir une dame en rose fumer une petite cigarette, tranquille, sur le pas de la porte ? Voilà une cible parfaite pour le photographe, qui organise en une fraction de seconde une mise en scène exceptionnelle : couleur, plan, séquence, atmosphère... Laissant forcément, suffisamment de vide et d'interrogations pour le spectateur. À la fin, lors de l'exposition d'une œuvre d'art, chacun a son mot à dire, du plus simple au plus complexe, l'œuvre créée par le talent de l'artiste provoque la rencontre, l'émotion, le discours du regardeur, connaisseur ou amateur... Moi, j'adore ce rose, qui me rappelle tous les roses, rouges, bleus et jaunes des tableaux de la Renaissance, un vrai morceau choisi, une énigme, une composition savante, un bonheur !


Dans le métro (2025)

Ce monsieur qui tient solidement son violoncelle fixe avec attention, sans nul doute, son téléphone, comme la dame d'à côté, c'est la petite musique des temps modernes, on baisse la tête, on regarde, on pense, on passe le temps... Incroyable situation, pourtant quotidienne, sans surprise... Ça reste à "voir" ! Ces personnes plongées dans l'intimité (raptée) de l'instant gardent leur mystère, elles tiennent d'une main sacs et violoncelle, et de l'autre le précieux téléphone, plongées dans des couleurs et des lumières époustouflantes. Encore une fois, le photographe voit pour nous un bel instant unique et fascinant, plein de questions. Les attitudes, l'effet chromatique rassemblés dans un clin d'œil artistique, sont magnifiques !


Autoportrait discret (2023)

Il n'y qu'a lire dans les yeux du photographe, posé discrètement sur son vélo au fond du tableau, quoi de plus beau ! C'est même un peu inimaginable de voir ça. Le monde entier est sur son téléphone, pas un instant à perdre : qui m'appelle, qui pense à moi ? Sans se douter de la beauté environnante, ils gardent tous les yeux baissés... Le cœur battant, peut-être ? 


Au Musée de l'Immigration (2025)

Là, j'ai trouvé le cadrage tellement complexe que j'ai fait : oh ! Les perspectives sont faramineuses. Des courbes, des perpendiculaires, des horizontales, des ombres et des lumières, un graphisme tellement emmêlé qu'il faut regarder attentivement pour tout saisir, entre le dehors et le dedans, où sommes-nous ? À vous de voir, je vous laisse, ne vous perdez pas ! Encore un bonheur du jour !


Quelle photo préfères-tu en ce moment ? (2025)

La voici, choisie par l'artiste, il faudrait le faire parler pour en savoir plus long, mais je vous laisse chercher... Cette photo noir et blanc est à l'image de ces deux jeunes femmes qui partagent les mêmes documents !

Rien, rien ne pourra remplacer les talents d'artistes, même avec des supports d'expressions variés, depuis l'homme des cavernes, et les inventions de maintenant, de toujours... 

Du temps où la photographie s'est mise à représenter le monde, on s'était dit : que va devenir la peinture, va-t-elle disparaître, c'est foutu ? Non, on le sait, et la peinture à l'huile qui naquit à la Renaissance pourra-t-elle remplacer les mosaïques, les fresques ? Non, un peu tout de même, car elle coûtait surtout beaucoup moins cher ! Que deviendront les tableaux avec les installations qui ne s'accrochent pas au mur, vont-ils disparaitre ? Non, bien sûr, les deux voisinent très bien, rien ne se retranche avec les artiste, tout s'ajoute... Et avec le cinéma, la vidéo, l'IA ? Les artistes trouveront, faisons-leur confiance ! Les supports de toutes natures, les inventions nouvelles n'y changeront rien, les artistes s'adapteront, ils les intégreront dans leurs moulinettes créatives, le cœur de leurs métiers restera toujours la fabrication de la beauté, donner à voir, comprendre, aimer, émouvoir, échanger... S'étriper... Etc... Une source intarissable, dans tous les sens... À nous de voir !

Mes amis à tout bientôt, d'ici là portez-vous le mieux possible, le soleil revient, profitons-en ! Je vous embrasse fort...

samedi 22 février 2025

Changement de décor, la vie parisienne, les artistes, sans hiérarchie : Chiharu Shiota... La Cathédrale de Saint-Denis...


 Dès l'entrée, en haut des marches : le grand boum ! Chiharu Shiota, artiste plasticienne japonaise, 52 ans (Grand Palais - 2025)

Depuis mon Indre presque natale, je savais que ma première exposition parisienne serait pour elle ! Maintenant que les places se prennent d'avance et se payent sur internet, j'avais fait le nécessaire dès ma rentrée... Ma place était prise pour le 16 janvier, à moi la belle Shiota ! Direction le Grand Palais !

Au grand Palais il y avaient deux expos : à droite, Dolce Galbana avec une file d'attente du tonnerre de Dieu, à gauche, personne ou presque pour Shiota, la chance j'ai filé comme une flèche...

Je me suis laissée attraper par l'envoûtement de ses œuvres, son tissage monu"mental"  annonce la couleur noir et blanc en haut des grands escaliers du Grand Palais.


L'araignée avait tissé ses fils rouges... (Grand Palais - 2025)


Et ses fils noirs, d'après des souvenirs vécus d'incendie... 
(Grand Palais - 2025)

Il y avait du monde dans ses couloirs de sang ! Le gardien, que j'avais interrogé, m'avait dit qu'il avait fallu trois semaines de montage, et une équipe de 10 personnes pour installer toute l'expo ! C'est une femme adorable, la plus gentille que je connaisse, il joignait les mains en m'en parlant, comme s'il disait des paroles sacrées.

Au milieu de ses fils, je n'étais pas en pays inconnu, je connaissais son travail depuis de nombreuses années, partout où j'ai pu je l'ai suivie, jusqu'à Venise (2015). Le grand magasin du Bon Marché l'avait commanditée pour la "Saison du blanc" en 2017, j'avais trouvé anachronique la publicité pour le blanc et Shiota pour son art, mais il faut bien vivre de ses œuvres, somptueusement présentes entre les escalators du Bon Marché... Une merveille ! Entre le graphisme et les ailes d'anges au dessus des barques pour un autre embarquement  pour Cythère ?


Fils d'art en blancChiharu Shiota (Grand Palais - 2025)


Fils d'art -
 Chiharu Shiota (Grand Palais - 2025)

Aujourd'hui, au Grand Palais, elle parlait de sa maladie, un cancer de l'ovaire qui avait récidivé, et tout le mal-être qu'elle ressentait dans son corps, elle l'exprimait en "dehors", elle en parlait mieux... Elle créait des liens avec sa maladie... En 2011 je l'avais vue chez Templon, le grand galeriste du Marais, elle avait déjà des idées noires... Et rouges !


 Galerie Templon (qui représente l'artiste) -  Chiharu Shiota - 2017

Les mêmes ponts, les mêmes barques, les mêmes trajectoires, j'entrais dans les mailles de ses filets avec admiration, curiosité, envoûtement ! Ses cris, ses plaintes, ses peurs silencieuses, forment ces enchevêtrements qui me chavirent... À chaque fois...

Ses valises suspendues méritent nos larmes, elles nous mènent loin...


Les valises suspendues (Grand Palais - 2025)



Personne ne joue à pigeon vole ! Le désespoir est au dessus de nos têtes... C'est comme ça que je le voyais...

J'imagine des voyages pas si extraordinaires que ça. Des valises qui ne ne tiennent qu'à un fil ! Des vies suspendues, pour des voyages d'illusions, d'espérances, nous savons bien que personnes ne sera là pour les accueillir ! L'immigration, "les indésirables d'aujourd'hui", fait grand bruit de nos jours, du côté des méchants, hélas !! C'est comme ça que je le ressentais...


Valise souvenirs... Chiharu Shiota (Grand Palais - 2025)

"L'âme tremble", c'est le titre qu'elle a donné à cette nouvelle exposition, chacun peut tisser ses propres histoires... Je me souviens qu'au Bon Marché en 2017, dans un de ses cartels, elle avait mis le mot immigration, je n'invente rien ! Je me disais déjà, tiens, l'œuvre en blanc, le thème et le lieu ne se marient pas bien ensemble... Déconnectés...


Elle avait "débarqué" au Bon Marché avec son grand art de tirer ses ficelles... En blanc (Bon Marché - 2017)


La Basilique Saint-Denis, élevée au rang de Cathédrale en 1966 : 

Sans transition, un jour qu'il faisait froid, je suis allée jusque là-bas : à Saint-Denis, où (presque) tous les rois à partir de Saint Louis sont enterrés somptueusement. Chaque petit centime carré est à inspecter, ici tout est beau, depuis toujours mes goûts pour les lieux saints sont restés les mêmes : admiration sans bornes pour toutes les œuvres, bâtiments compris... Bien sûr, je vais au delà des représentations qui n'évoquent rien de spirituel pour moi, athée de toujours devant l'Éternel ! Les Cathédrales, les Basiliques, les édifices religieux de la chrétienté, sont des travaux d'hommes et d'artistes qui ont contribué à magnifier, pendant des siècles, avec des talents incroyables, sans cesse renouvelés, les images, les formes d'une  seule histoire, toujours la même, deux fois millénaire, et pourtant toujours d'actualité aujourd'hui ! Je dois avouer que je ne suis pas au début du commencement d'en connaître le mystère !


Les couleurs du Monde, du soleil, le travail du verre ! La Rose du Transept sud, les signes du zodiaque (la plupart des vitraux actuels datent du XIXe siècle)

Alors périodiquement je cours à Saint-Denis voir les rois, pour m'émerveiller de tout, les vitraux qui s'allument au soleil, éparpillant les couleurs sur les pierres, les sarcophages des Mérovingiens de la crypte si sombre, perdus dans la nuit des temps, qui me font toujours aussi peur... J'y cours avec joie, je n'ai encore rien vu... Comment voir ?


Dans la crypte, les sarcophages, fantômes des temps si anciens, qui m'inquiètent


Le magnifique lustre à roue !... Me rappelle celui que j'avais vu dans la Cathédrale d'Aix-La-Chapelle

À bien chercher, il semble que ce lustre ait une histoire bien compliquée : œuvre de Placide Poussielgue-Rusand (1824-1889), réalisé d’après des dessins d'Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), ce lustre était accroché à Notre-Dame de Paris. Après sa restauration, il s'est trouvé en dépôt à Saint-Denis, et il y est resté ! Affaire à suivre... J'ai découvert cette partie de cache cache entre les cathédrales en faisant ce post !


"La couronne de lumière", lustre à roue, totalement extraordinaire, du 12e siècle, Cathédrale d'Aix-La-Chapelle

C'était notre énième visite à mon amie et moi, même ce froid de gueux ne nous avait pas arrêtées, nos yeux n'y croyaient toujours pas, nous poussions des petits cris de ravissement, très doucement, pour ne réveiller personne. Les gisants de marbres, les verrières éblouissantes, les pavements, les sculptures en pierre, les lustres, continuaient de nous fasciner, rien à faire ! Nous y reviendrons... L'entrée était déjà payante en 2018, nous n'en avions aucun souvenir ! Notre-Dame de Paris s'y mettra-t-elle ? Attendons...


Cimetière royal !

Avec le froid, nous ne sommes pas allées dans tous les coins, les gardiens/animateurs, disséminés dans l'édifice, tous jeunes, étaient assis dans des petits abris avec un petit chauffage discret... Ils prenaient donc tout le temps qu'il était nécessaire pour répondre aux questions, avec gentillesse...


Le beau porche central, le magnifique Jugement Dernier fait froid dans le dos...

On voit bien que l'histoire débute mal, qui ira en enfer, ou au Paradis ? Les mêmes questions depuis 2000 ans !

Mes amis, portez-vous bien, malgré la pluie et pas de beau temps, le printemps arrive bientôt, espérons qu'il nous apportera un peu de paix et d'espoir, pour vivre des jours heureux !! Bonne semaine à tous, je vous embrasse

dimanche 26 janvier 2025

En finir avec l'Indre, on ferme !... Entre deux averses du mois d'octobre, tout a de l'importance... (Série unique, dernier épisode - 7 )


Tout a de l'importance, l'étendage des couleurs... Entre les arbres !


Cette année, septembre et octobre ont connu de belles pluies ! J’avais l’œil rivé sur la météo, je suis devenue très forte en météo, heure par heure, je savais s’il fallait que j’emporte ma cape de cycliste pour me protéger de la pluie, ou mon petit siège tripode pour jouir du soleil... Les  grands jours, je filais sans me soucier de rien, j’allais comme j’étais, et en route j’enlevais les couches de pulls !!!



Les jaillissement des lumières d'automne...


Entrée interdite, mais pas interdit d'admirer les couleurs...

Ainsi je me suis retrouvée sur le petit chemin blanc, le seul endroit où je pouvais glaner les plus belles noix. J’avais emporté le petit sac plastique rituel des cueillettes, il fallait faire vite car les noix se gâtaient. Sur n’importe quel chemin, je savourais la joie de pouvoir faire (encore) du vélo, je me sentais pleine d’équilibre, pas d’hésitation, mieux que l’année dernière, allez savoir pourquoi... Tous les prétextes étaient bons pour aller faire un tour : les courses chez l’épicier, un délice, les visites aux arbres, une bénédiction, les visites chez quelques voisins, bravo, rouler au doigt mouillé, le bonheur, même le tour du pâté de maisons me donnait de la joie... Je vivais chaque jour comme le dernier... Et l'instant présent comme une nécessité, pour croquer la vie à belles dents, regarder, entendre, parler, cueillir tout se qui se ramasse à la pelle : les fleurs, les paroles et les nuages ! 



Les nuages...

Donc, entre deux averses, je n’hésitais pas, sur le petit chemin blanc, je ramassais, je ramassais, le plus que je pouvais, de ces petits desserts du soir. Et de loin, sur son vélo, je vois venir Marie... La Marie du post n° 3 dont je vous avais juste dit qu'elle sortait du cimetière avec un pneu à plat... Ah ! Marie, te voilà, comment vas-tu ? Ce petit "comment vas-tu" qui ne ressemble à rien quand vous ne regardez pas votre interlocuteur dans les yeux, sans marquer un temps d'arrêt prêt à recevoir la réponse... Ben, j'ai fait un rêve incroyable. Non, raconte ! Et ben, j'ai révisé tous mes chants dans ma tête. Oh punaise, c'est dingue ça, bravo Marie, tu vas en faire quoi, de ta révision ? J'ai revu mes copines (il n'y a que très rarement des hommes dans les chorales, hélas !), on va chanter dans la maison de retraite du village. Non ! si ! Sans chef de chœur ? Oui, on va se débrouiller. Elle me faisait un bien fou, et de fil en aiguille, je voyais bien qu'elle avait repris le cours du temps, elle était contente de ressortir, de revoir du monde, de retrouver des activités au petit centre culturel, tout était à sa portée, elle en avait un peu envie : l'arrangement des fleurs, chanter pour quelqu'un... Un beau début, elle avait le sourire et moi aussi, je l'ai chaudement félicitée, dommage que je doive repartir avant votre concert ! Elle allait de droite, j'allais de gauche, au bout du chemin, le ciel était tout gris de pluie, c'est aussi elle qui m'avait permis de finir en apothéose mon séjour en Indre...



On range...


On met à l'abri...


On  s'active avant l'hiver...

J'ai gardé, je garde au cœur, les merveilleuses beautés de la nature, le silence assourdissant, avec ou sans beau temps, et les rencontres qui donnent de l'espoir. Si la situation du monde me plonge sans cesse dans de la douleur, le besoin de douceur m'envahit...


Il y aurait encore mille choses à raconter, ça a déjà été fait dans Les Mille et une Nuits !


Portez-vous bien chers lecteurs, retrouvons-nous à Paris, dans mes balades, mes découvertes... Je vous embrasse...

mercredi 1 janvier 2025

Les meilleurs vœux pour 2025 !!!

Le solitaire, en prise avec les voix de son téléphone - Photo : Philippe Verdrager - Décembre 2024


Avant le dernier épisode de mon périple en Indre, je n'ai pas du tout résisté à poster cette magnifique photo de mon fils, qui porte bien sa signature : La solitude...  Captée, enlevée, dérobée aux plaisirs du jour, dans la foule, le monde, l'environnement, la pluie et le beau temps...

Je vous souhaite à tous, mes fidèles et mes passagers des "petits bonheurs du jour", de puiser, construire, consolider, chaque jour : la beauté, la santé, l'amour, l'amitié, la fraternité et la solidarité... En attendant la paix dans le monde, et des jours bien meilleurs !

À bientôt sur mes lignes et mes images, je vous embrasse...

vendredi 20 décembre 2024

Dans l'Indre... Une journée bleue de septembre... ( Série unique à plusieurs épisodes - 6)

La journée plus bleue que les autres ! (14 septembre 2024)

Une journée bleue parmi les bleues ? Oui, un jour de fin septembre, en ouvrant mes volets, des vieux volets en bois qui avaient l’âge de la petite ferme de 1900 où je vis, un mois ou deux, depuis des années, pour me mettre au vert... Depuis le temps, mes logeurs/amis font partie entière de mon paysage amical, nous nous retrouvons avec bonheur les bras grands ouverts, les sourires aux lèvres, alors, quoi de neuf mes chers amis ? Les nouvelles premières, vous le savez,  parlent de nos santés respectives, les vieux de la vieille déballent leurs baluchons avec tendresse... Et le dos, alouette, et les genoux, alouette, et ceci, alouette, et cela, alouette, "alouette, gentille alouette, alouette, je te plumerai le dos"... Nos enfants y passent aussi, et comme nous avons largement l’âge d’être des grands-parents, et même arrière-grands-parents, il nous faut du temps !! Ma famille étant largement plus petite que la leur... J’adore les écouter. Belle cerise sur le gâteau, il y a aussi le beau jardin de fleurs et d’arbres, le potager, le petit  verger, les champs et les haies qui nous entourent, les voisins, les changements à la petite ville, les enterrements, les mariages, et très peu de naissances, etc... Ça fait beaucoup de parlottes... Nous avons le temps.  Mais le temps passe vite...


Une journée beaucoup plus bleue que les autres  ! (14 septembre 2024)

Alors, la journée bleue ? Oui, j’y reviens, quand je repense à tout ce temps passé ensemble, toutes les couleurs des mots échangés se mélangent harmonieusement... Derrière les jours de pluie, il ne fallait pas louper les jours bleus, entièrement bleus, le ciel, l’eau de l’étang, les ombres et les lumières à travers les roseaux, les arbres, l’horizon, le bleu, le bleu, le bleu...


Les petites poules sous le ciel bleu du 14 septembre 2024

J’ai donc pris mon vélo, pour aller loin... Aussi loin que je pouvais, c’est à dire, pas trop loin quand même ! Le bleu du ciel me fit des cadeaux inouïs, je sortais mon téléphone (puisque je ne prends plus mon appareil photo), un coup à gauche, à droite. À l’étang, toujours le même coup de cœur, l’allée bordée de chênes, tout me faisait de l’œil, je comprenais les peintres qui revenaient souvent aux mêmes motifs, voir autrement... Le regard émerveillé par les si grands changements de chaque jour... Ces jours bleus où tout vous met les larmes aux yeux : retiens tout ça, Danielle !


Le bleu du ciel, grandiose ! (14 septembre 2024)

Sur le chemin du retour, si j’étais assez en avance sur la tombée de la nuit, je passais prendre le thé chez les amis d'à coté, ils m’accueillaient toujours les bras ouverts.


 Sur l'étang, le bleu marchait très bien (14 Septembre 2024)

Sur la route du thé, voilà que j’entends un petit bruit sur mon vélo, zut, c’est quoi encore ? J’avais souvent peur que ma chaîne me lâche, pourtant je ne touchais jamais au dérailleur, comme me l'avait recommandé mon ami dès l'arrivée. Le petit bruit persistait, j’ai mis pied à terre, comme une pro, je visualisais l’ensemble, bon, c’est quoi ? Réfléchissons... Même pas eu le temps de réfléchir, une automobiliste qui roulait devant moi fait marche arrière toute, pile à côté de moi, vous avez un problème, madame ? Une sauveuse, jeune, mignonne comme tout, sa petite fille sur le siège arrière. Ah, c’est trop gentil, oui, je crois que j’ai un problème entre la chaîne et le dérailleur, ça coince ! Voyons voir... La voilà accroupie devant ma monture, les mains dans le cambouis : ah oui, la chaîne est molle ! Elle appuya un grand coup sur le dérailleur pour le coincer et voilà, roulez un peu devant pour voir, je vous regarde. Je pédalais, tout marchait bien, plus de petit bruit, une vraie petite horloge, elle roulait doucement à côté de moi, je levais le pouce victorieux à la César et criais de toutes mes forces :  MERCIIIIIII POUR TOUT !!!! Et elle remis les gaz vers la ville, je ne l'ai plus jamais revue...

Voilà comment l’aventure du jour bleu se terminait... En beauté, en totale beauté, avec de la solidarité, de quoi me plaire ! Ainsi vous tentez de survivre au bord de la route, vous avez l'air hébété, en difficulté moyenne, et quelqu'un vous vient en aide, c'est beau !

Mes amis, la prochaine publication sera la dernière (7) sur l'Indre, j'ai depuis vu tant de choses à Paris... Le bleu de la guirlande marche très bien aussi !

Mais pour l'heure, fêtons Noël, le Jour d'An, en lumières, même si dans le Monde les jours sont sombres, je vous souhaite des soirées de bonheur...  À très vite les amis, je vous embrasse...

dimanche 8 décembre 2024

Dans l'Indre...La journée « naturelle » extraordinaire, bouleversante… (Série unique à plusieurs épisodes - 5)

Un jour comme ça, magnifique, du début à la fin...

Du début à la fin... Le lendemain encore, je la gardais en tête, au cœur, j’avais même eu du mal à m’endormir ! Mais de quoi parles-tu, Danielle ? De ce que j’ai vu, vécu, pensé hier, quelle chance de me trouver là, seule, pas du tout perdue, devant tant de beauté : LA NATURE. Un soleil de saison, doux, câlin, un ciel menaçant, sans excès, « beau comme le jour » mouvant, vivant, éblouissant, avec tous ses nuages qui bougeaient et me chaviraient, ils enjolivaient à perte de vue tout l’horizon... C'était une journée où la beauté s'emparait de vous entièrement, impossible d'y échapper, même en fermant les yeux, impossible, elle vous rentrait dans la tête...



J'avais posé mon vélo... Bien sûr ! Il ne fallait surtout pas se presser...

Comment un tel éclat était-il possible ? La nature me faisait une démonstration : bouge pas la belle, tu vas voir ce que tu vas voir ! Toutes ses promesse ont été tenues... Jamais je n'ai revu ses ombres et ses lumières, aucun jour après... Les baroudeurs pourraient dire, avec raison, mais elle n'a jamais rien vu, celle-là ! Prends ça dans les mirettes, dans le cœur !




 Encore loin du bord de l'étang, tout restait à découvrir...


Avant d’arriver à l’étang, dix fois j’avais posé mon vélo au bord du chemin, je contemplais par tous mes sens, debout, la tête me tournait à 360°, le cœur battant, je savourais ce grand spectacle de verdure à ciel ouvert, je n’en revenais pas, il était sublime ! 



À perte de vue, la nature jouait à guichet ouvert


J’avais poussé loin ma monture, plus loin que d’habitude, emportée par la joie, les impressions inédites, les sensations neuves, les émerveillements, la force de pédaler m’était revenue subitement. Les arrêts sur paysages se faisaient naturellement, je pédalais sans forcer. Je faisais des photos à tire-larigot : ça, et ça, je ne peux pas laisser passer « ça » sans l’immortaliser !



Au bord de l'étang, les couleurs partageaient l'horizon en bandes de couleurs...


Arrivée au bel étang, les reflets du ciel étaient les rois. Dans les chemins, sur les petites collines, dans les arbres, partout, le ciel et la terre étaient les acteurs d’un spectacle permanent. LA NATURE qui m’entourait avait frappé ses trois coups, sur cette scène de théâtre improvisé, grandiose. Je regardais les yeux écarquillés, partout sa beauté me parlait à voix haute : voyez comme je sais faire des miracles ! J’ai tout inventé avec harmonie, la moindre fleur, herbe, arbre, animaux, rivière, océan... Prenez soin de moi, qu’avez-vous fait pour me négliger, me raser, me détruire à ce point ? Pourtant, personne ne pourra jamais rivaliser avec moi, j’inspire encore le monde, la Joconde ne m’arrive pas à la cheville ! L’œuvre d’art c’est moi, j’en suis le modèle unique ! Il a fallu attendre la peinture moderne pour que les artistes se détachent un peu du réel... Les artistes ne s'appellent pas des créateurs pour rien ! Ils nous enchantent toujours...



Voilà comment l'étang se présentait : Inimitable !



La grande tendance de la beauté : Exceptionnelle !



À tomber à la renverse : Le bouleversement !

Du bruit, il n’y en avait pas, la petite ligne d’avions si peu perceptible et que je redoutais pourtant chaque année, aujourd’hui, je m’y étais totalement faite, rien ne me gênait, j’étais comme un poisson dans l’eau, libre comme l’air.  Au bord de l’étang, que je contemplais pour la première fois peut-être, rien n’était pareil, il y avait des nuages dedans, je voyais double, de haut en bas. J’avais installé mon petit siège tripode, acheté spécialement pour les poses in situ, tout au bord, au plus près, derrière les roseaux hauts, pas coupés depuis longtemps, à l’affût du merveilleux, que je voyais en lançant dans le miroir de l’eau ennuagée un tout petit caillou, choisi avec soin, ni trop gros, ni trop petit, ni trop pesant, ni trop léger, juste adapté pour créer deux-trois rides, pas plus, à la surface de l’eau, lisse comme du papier glacé, immobile. La pose acrobatique pour l’action simultanée s’imposait, pour jeter le caillou, et tenir mon téléphone prêt à l’attaque, vous jugerez du résultat :



J'ai juste jeté un caillou dans l'eau : ajoutant ma micro part de création !

Je voyais le ciel et les arbres dans toute leur majesté, le moindre roseau était gracieux, le soleil arrivait juste à point à travers les branches des grands chênes qui s'étiraient de part et d’autre de la grande allée et formaient un énorme dais, l’éclairage était parfait, comme par miracle ! Je vivais un grand moment, j’en étais consciente, jamais plus ce tableau ne pourrait se peindre de la même manière, dans le temps et la lumière, il faudra toujours et toujours y revenir pour admirer d’autres nuances... L’enthousiasme ne me quittait pas...



La beauté du monde était époustouflante ! 


Après une grande pause à l’étang, je me sentais assez vaillante pour appuyer plus fort sur les pédales, j’avais des roues de géante ! Piano, piano, ma fille, regarde où tu roules... J’allais bon train, sans me presser cependant, attentive, tout pouvait surgir, je pouvais mettre pied à terre sans cesse, au feeling... Suivant l’inspiration ! La météo disait : il ne pleuvra pas, profite de tout, c’est exactement ce que je faisais. J’en ai vues, des belles choses qui demandaient des haltes : le vieux four à pain bien restauré près de l’ancienne ferme, le petit pont de la rivière locale, la fromagerie avec les chèvres, le petit bois.



Le petit four avec l'appentis, bien en place devant la ferme




La petite rivière n'échappe pas à a beauté, bien avant d'y arriver,  j'avais posé mon vélo pour traverser le pont...




Tranquilles, faisant juste partie de la beauté du jour... Et des fromages...

Au retour, sur le bord de la route bitumée qui sort des sentiers battus, j’apercevais enfin le très vieux sapin planté par un permissionnaire de la guerre de 14, il était toujours là, vieillissant, sa cime très haute courbait fortement à droite, du côté des jardins. Je savais que j’étais presque rendue à la petite ville…



Presque arrivée  à la ville, le soleil jetait son or...

Je suis allée faire quelques courses chez l’épicier, acheté des provisions pour les jours prochains qui s’annonçaient pluvieux, en ce moment, il fallait bien calculer son coup pour faire ses menus.


La beauté des lieux, les surprises, les éblouissements, les grands spectacles de ce jour m’avaient tellement transportée que j’en ai encore les larmes aux yeux en en le revivant avec des mots et des images... Le 11 octobre 2024 !



Ce jour-là ! Je prenais les couleurs comme elles venaient !

Mes amis, je prends du temps... Pour quitter l'Indre, je peine, j'ai encore des choses à dire de là-bas ! En attendant (j'espère), portez-vous bien, le mieux possible, Noël est presque là avec ses scintillements...