Le couple de la Samaritaine (2014)
Ce couple est-il en pose pour une photographie ? Un jour de beau soleil, en promenade sur le Pont-Neuf, le décor est idéal, la Seine coule tranquillement, le grand magasin de la Samaritaine, pas encore débaptisé, trône à l'arrière plan, dans les nuages, tout paraît être bien en place... Non ! Il n'y a aucune mise en scène, à la Doisneau, le photographe était là, il passait et hop ! Il a encadré le couple avec tout l'arrière-plan, un rapt de couple, presque une photo de mariage sur un des plus beaux ponts de Paris ! Comment c'est possible, un tempo pareil ? Le photographe est à l'affût de l'instant rare, qui ne se reproduira plus, un arrêt sur une image, inimaginable, presque d'un autre temps, sorti tout droit d'un livre d'images, un instantané du temps présent, pourtant. Cette photo est étonnamment bien arrangée, construite dans un déclic !
Il y a quelques jours, ça m'a pris au saut du lit, je voulais vérifier si l'enseigne de la Samaritaine existait toujours, il pleuvait des cordes... N'écoutant que ma nécessité du jour, j'ai pris l'autobus et en voiture, Simone !
Plus d'enseigne, je ne l'avais pas remarqué depuis la photo des amoureux... Magasin n°1 racheté par le groupe LVMH en 2001 (ma photo vite faite, mal faite, sous la pluie)
Quelques dates : en 1910, le propriétaire, Monsieur Cognacq Ernest, fait construire le magasin n°1, en 1928 il inaugure le magasin n° 2, en 1933 les successeurs de Cognacq Ernest (décédé en 1928), poursuivent l'extension du magasin pour un bâtiment n° 3. L'agrandissement de la Samaritaine continue en 1932 avec l'achat des ateliers de fourrure Révillon Frères occupant presque l'ensemble de l'îlot situé au nord du magasin 2, de l'autre côté de la rue Baillet. Ces immeubles vont constituer le magasin 4.
Au café avec la pluie (2024)
Encore une histoire de pluie, mais vue par Philippe Verdrager, ça ne fait aucun doute, les histoire se racontent en fond de scène, bien à l'abri. J'ai adoré les couleurs de l'ensemble, l'écran que formait les petits ruissellements d'eau sur la vitre, discrétion obligée du photographe, pas d'intrusion forcée, c'est son ADN... On entend des chuchotements, il faut traverser les couleurs de l'espace profond sur la pointe des pieds... Passer au travers des gouttes !
Le petit noir (2024)
D'un rien, il fait un tout ! Uniquement, la simple beauté des choses !
La dame en rose (2025)
Une dame seule, de dos, pas connue mais vue, immobile, sans doute depuis un petit moment puisque sa cendre de cigarette est un peu longue. Elle regarde au loin le travail se faire dans la rue. Quand peut-on voir une dame en rose fumer une petite cigarette, tranquille, sur le pas de la porte ? Voilà une cible parfaite pour le photographe, qui organise en une fraction de seconde une mise en scène exceptionnelle : couleur, plan, séquence, atmosphère... Laissant forcément, suffisamment de vide et d'interrogations pour le spectateur. À la fin, lors de l'exposition d'une œuvre d'art, chacun a son mot à dire, du plus simple au plus complexe, l'œuvre créée par le talent de l'artiste provoque la rencontre, l'émotion, le discours du regardeur, connaisseur ou amateur... Moi, j'adore ce rose, qui me rappelle tous les roses, rouges, bleus et jaunes des tableaux de la Renaissance, un vrai morceau choisi, une énigme, une composition savante, un bonheur !
Dans le métro (2025)
Ce monsieur qui tient solidement son violoncelle fixe avec attention, sans nul doute, son téléphone, comme la dame d'à côté, c'est la petite musique des temps modernes, on baisse la tête, on regarde, on pense, on passe le temps... Incroyable situation, pourtant quotidienne, sans surprise... Ça reste à "voir" ! Ces personnes plongées dans l'intimité (raptée) de l'instant gardent leur mystère, elles tiennent d'une main sacs et violoncelle, et de l'autre le précieux téléphone, plongées dans des couleurs et des lumières époustouflantes. Encore une fois, le photographe voit pour nous un bel instant unique et fascinant, plein de questions. Les attitudes, l'effet chromatique rassemblés dans un clin d'œil artistique, sont magnifiques !
Autoportrait discret (2023)
Il n'y qu'a lire dans les yeux du photographe, posé discrètement sur son vélo au fond du tableau, quoi de plus beau ! C'est même un peu inimaginable de voir ça. Le monde entier est sur son téléphone, pas un instant à perdre : qui m'appelle, qui pense à moi ? Sans se douter de la beauté environnante, ils gardent tous les yeux baissés... Le cœur battant, peut-être ?
Au Musée de l'Immigration (2025)
Là, j'ai trouvé le cadrage tellement complexe que j'ai fait : oh ! Les perspectives sont faramineuses. Des courbes, des perpendiculaires, des horizontales, des ombres et des lumières, un graphisme tellement emmêlé qu'il faut regarder attentivement pour tout saisir, entre le dehors et le dedans, où sommes-nous ? À vous de voir, je vous laisse, ne vous perdez pas ! Encore un bonheur du jour !
La voici, choisie par l'artiste, il faudrait le faire parler pour en savoir plus long, mais je vous laisse chercher... Cette photo noir et blanc est à l'image de ces deux jeunes femmes qui partagent les mêmes documents !
Rien, rien ne pourra remplacer les talents d'artistes, même avec des supports d'expressions variés, depuis l'homme des cavernes, et les inventions de maintenant, de toujours...
Du temps où la photographie s'est mise à représenter le monde, on s'était dit : que va devenir la peinture, va-t-elle disparaître, c'est foutu ? Non, on le sait, et la peinture à l'huile qui naquit à la Renaissance pourra-t-elle remplacer les mosaïques, les fresques ? Non, un peu tout de même, car elle coûtait surtout beaucoup moins cher ! Que deviendront les tableaux avec les installations qui ne s'accrochent pas au mur, vont-ils disparaitre ? Non, bien sûr, les deux voisinent très bien, rien ne se retranche avec les artiste, tout s'ajoute... Et avec le cinéma, la vidéo, l'IA ? Les artistes trouveront, faisons-leur confiance ! Les supports de toutes natures, les inventions nouvelles n'y changeront rien, les artistes s'adapteront, ils les intégreront dans leurs moulinettes créatives, le cœur de leurs métiers restera toujours la fabrication de la beauté, donner à voir, comprendre, aimer, émouvoir, échanger... S'étriper... Etc... Une source intarissable, dans tous les sens... À nous de voir !
Mes amis à tout bientôt, d'ici là portez-vous le mieux possible, le soleil revient, profitons-en ! Je vous embrasse fort...
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