lundi 22 mai 2023

Les éboueurs de mon quartier m'ont consolée ! La tante Zelda si gentille ! Le cinéma ! L'éléphant qui trompe énormément...


 Les roses des jardins ce printemps, dans mon quartier...

Les éboueurs m'ont consolée :

Ras le bol ! Je m'impatiente ! Dans ma tour, depuis que notre chère gardienne est absente (quelques semaines, à rallonge...), c'est la débandade, sauve qui peut ! Chacun pour soi !

J'avais très vite remarqué que personne ne faisait plus attention au jour précis du ramassage des encombrants dans ma rue, les vieux meubles et les matelas défoncés attendent tous les jours le ramassage qui ne passe qu'une fois par semaine. Les papiers, les plastiques traînent un peu partout, les anciens de l'immeuble veillent encore un peu à la propreté, mais qui a envie de faire le gardien de la paix, l'emmerdeur du trottoir,  le rouspéteur(euse) par intérim, le redresseur de torts ? Personne ne veut mériter le titre de casse-pieds ! Notre chère gardienne portait, en grande professionnelle, toutes les casquettes des discordes pour faire régner la paix. Quand elle est présente, elle veille au grain, pour le bien de tous... 

Mais voilà, sans elle, livrés à nous-mêmes, c'est une autre paire de manche !! La catastrophe annoncée : cause toujours, je m'en moque, je mets mes affaires où je veux, mêle-toi de tes oignons, la paix des ménages est en danger, la paix tout court ne va pas être d'actualité, les gens se moquent des voisins ! Comme je disais tout ça aux éboueurs qui passaient dans ma rue avec leur gros camion : les gens ne sont pas responsables, c'est terrible, rien à faire... Madame, ne vous faites pas de bille, ne vous bouffez pas la santé pour ça, vous n'allez pas y arriver, voyez, moi, ça fait depuis 1988 que je fais ça, rien n'a changé, rien du tout, c'est toujours le gros bordel, les gens ne changent pas ! Abandonnez madame, abandonnez, bonsoir ! Et ils sont repartis doucement, sur les chapeaux de roues de la benne à ordures...

Ainsi donc, si même les éboueurs ne rouspètent plus, je vais arrêter aussi, je vais continuer à faire mon petit ménage anonymement, ramasser les papiers en bas des marches, près des boîtes aux lettres. La tour sera bien gardée .. Bonjour, madame, bonjour monsieur, ça va ? Il fait beau, il faut bien que ça pleuve, nous en avons bien besoin... Et puis voilà !! Roulez jeunesse, la citoyenneté, le respect, c'est pas encore pour demain, ni même pour après-demain, il faudra attendre, malheureusement, longtemps, peut-être tout le temps...

Comme je me rendais à la répétition de chorale hebdomadaire, j'ai raconté l'anecdote à mes amis de chœur, tout le monde riait, mais pensait comme moi : Danielle, arrête de te mettre la rate au court-bouillon, chantons !


Roses blanches dans le lampadaire

La tante Zelda :

Puis, un autre jour, la rencontre réjouissante dans le bus, avec une petite dame à chapeau, toute simple, assise souriante, en face de moi, elle me regarde et s'écrie : vous me faites penser à ma tante Zelda, vraiment, vous lui ressemblez comme deux gouttes d'eau, incroyablement, mêmes yeux, le petit sourire en coin, c'est elle ! Ah, me dis-je, voilà une bonne cliente pour moi, voyons voir... C'est très amusant cette ressemblance avec votre tante Zelda, vous l'aimiez bien ? Oui beaucoup, j'ai que de très bons souvenirs d'elle. Racontez-moi votre tante Zelda, ça me ferait plaisir... Oui, c'était la sœur à ma mère, elle a eu une vie de rêve. Ah bon ? Oui, figurez-vous qu'elle a épousé son cousin. Germain ? Oui, tout ce qu'il y a de plus germain, il était très riche, gentil, beau, le truc de dingue. Ils ont donc fait un mariage d'amour ? Oui, dans la famille tout le monde disait que ça ne se faisait pas d'épouser son cousin. Aïe, et ils l'ont donc fait quand même, du coup ? Oui, et ils ont été heureux toute leur vie. Comme dans les contes de fées, non ? Si, vous imaginez, un truc de dingue, tout le monde les jalousait : beaux, jeunes, riches, mais cousins ! Elle faisait quoi, votre tante Zelda ? Ils habitaient dans le nord, ils faisaient du tissage de dentelle sur leurs métiers très modernes pour l'époque, ils ont gagné beaucoup d'argent. Super ! Elle, elle faisait les comptes et lui s'occupait des métiers, ça faisait un boucan, quand tous les métiers travaillaient ensemble... Ce bruit, ne vous gênait pas ? Pas du tout, c'était comme le bruit de la mer, le galop du cheval, un bruit naturel...

Vous avez connu les métiers bruyants et la belle dentelle alors ? Oui, j'ai des beaux souvenirs. Ils ont eu des enfants ? Oui, deux, tout ce qu'il y a de plus normaux... Chouette pour votre tante ! Quand on devait aller chez eux pour une fête, Noël, anniversaire, elle réservait toujours une pièce d'or pour chacun des cousins. Pas possible ! Oui, ils avaient les moyens. Bravo, vous avez été gâtée, alors ? Ah ça, vous pouvez le dire, pourris, gâtés, elle n'oubliait aucune fête du calendrier, même si on ne venait pas, elle mettait la pièce de côté... Elle était très généreuse. Bravo pour madame votre tante !

Plus l'histoire avançait, et plus j'étais ravie de ressembler à la tante Zelda...

Mais quand notre station est arrivée (la même), elle me dit : c'est quoi votre vrai prénom ? Danielle, je n'ai pas de faux prénom, pourquoi ? Ma tante Zelda avait un surnom, je ne me souviens plus du tout du vrai, tante Zelda, c'était tante Zelda... Merci madame de m'avoir raconté cette très belle histoire. Merci à vous de m'avoir écoutée... Bonne journée !!

Nous nous étions comprises immédiatement, le cadeau de la tante Zelda, notre brève rencontre, notre communication avait été parfaite !

Il y a des jours où tout se met en place pour faire un bel instant, un beau jour, des petits bonheurs... Il y a peu de risques à prendre, seulement un petit sourire, un bonjour, dites-moi... Et l'histoire commence...


Les iris au coin de ma rue

Après la descente d'autobus, j'ai encore fait deux haltes, avec deux personnes différentes, un : bonjour, ça va ? Ben... Le ça va qui n'allait pas... Ah zut ! Courage, tiens bon, il était de la génération de mes fils, habituellement, toujours souriant, joyeux, mais nous n'avons pas pu aller bien loin, il buvait un verre avec des amis, j'ai bien vu la tristesse dans son regard... Ensuite, furtivement, à cet homme qui criait tout le temps "amen" en arpentant les rues (quand il lâchait ses médicaments), quelques secondes avant qu'il ne monte dans le bus : ça va ? Non, ça ne va pas, c'est des jours où ça ne va pas. Oh quel dommage, prenez courage... À bientôt, mais quand ?

Au cinéma :

"Showing up" de Kelly Reichart, un très beau film américain (présenté au festival de Cannes en 2022). Le pitch est simple : le quotidien d'une artiste sculptrice, quelques jours avant le vernissage de son exposition. Quelques œuvres se font sous nos yeux, sculpture, cassures, un ratage de cuisson... La vie de famille tendue (frère à l'ouest, père trop naïf qui reçoit des squatters chez lui, mère très inquiète pour la santé mentale du fils), tendue aussi les relations avec sa logeuse qui ne répare pas la chaudière, pas de possibilité de prendre une douche, et le chat qui chasse l'oiseau qu'il faut ensuite emmener chez le vétérinaire... Ainsi de suite, les jours se précipitent avec lenteur.... Sur les épaules de notre artiste... Superbe ! J'ai toujours attendu la catastrophe, mais non, tout se passe bien, les œuvres arrivent à bon port à la galerie, les visiteurs aussi, admiratifs...  Bravo !

L'éléphant qui trompe énormément et la cigogne :

En prenant une petite rue que je connais par cœur, j'ai vu, caché au fond d'une une petite cour qui sert de débarras à une petite entreprise de spectacles, un gros éléphant en carton pâte bien malade... Il était couvert de végétation, un dissimulé du printemps, une beauté à peine voilée. Avec précaution j'ai pris ces photos insolites et je les ai envoyées à quelques amis, heureux, étonnés de mes trouvailles dans les petits recoins de notre ville, mais où c'est ? Incroyable ! J'ai jamais vu ça. Ah bon ! Bravo ! J'ai vu aussi dans le même mouchoir de poche urbain une cigogne en plâtre sur la cheminée d'une maison, sans doute arrivée jusqu'ici à cause du réchauffement climatique. Les voilà :


L'éléphant sur roulettes


L'éléphant avec sa belle chevelure végétale


La cigogne...

Mes amis, à très bientôt, le temps s'écoule à une vitesse, mais toujours avec lenteur... Je vous embrasse. 

PS : J'ai appris récemment que les insectes disparaissaient de notre planète de façon alarmante... Je vais donc arrêter de fusiller les mouches avec ma bombe asphyxiante !

jeudi 11 mai 2023

Deux documentaires : "Sur l'Adamant", de Nicolas Philibert - "L 'Amitié" d'Alain Cavalier, mes deux immenses cinéastes préférés de tous les temps !!! D'autres vues dans les balades parisiennes...



T'as vu le dernier docu de Philibert ? Tu peux courir, pourvu que tu trouves une place... Je disais ça à une amie, bien sûr il restait des places, c'est moi qui cours plus vite que la musique...

Nicolas Philibert, je le connais depuis très longtemps... Avec son documentaire "La Ville Louvre (1990)", il fait le tour du Musée du Louvre, repérage des belles choses, dont il s'approche avec délicatesse. Dans tous ses films, l'émotion vous attend au tournant : il nous donne à voir, à entendre, la vie ordinaire des gens, des animaux, des choses, aves sa sensibilité, impossible de ne pas être touché très vite, embarqué, pas d'explication de textes, d'images superflues, il suffit de le suivre, de regarder les visages, les gestes, écouter, prendre ce temps indispensable à l'observation. Dans chacun de ses films l'humanité est extrême, je pleure, c'est normal, je participe à sa façon de vous montrer l'existence du particulier, du banal, tout sous son œil devient extraordinaire, la beauté est là... Il touche profondément ceux qu'il captive... 

Une fois, dès le début de son merveilleux docu "La moindre des choses (1996)" : tous les ans, résidents et soignants de la clinique psychiatrique de La Borde se rassemblent pour préparer une pièce de théâtre qu'ils joueront le 15 aout. En 1995, ils ont choisi d'interpréter "Opérette", de Gombrowicz. Au fil des répétitions avec, les pensionnaires et une vraie troupe de théâtre, le réalisateur capte avec tendresse les hauts et les bas de l'aventure, les difficultés des apprentissages, les joies de la réussite finale, rencontre avec des amateurs et des professionnels. Mais au-delà du théâtre, il raconte la vie à La Borde, celle de tous les jours. J'ai pleuré dès le premier plan, on y voyait une pensionnaire chanter dans le parc de la Borde, entre les arbres d'une allée, le célèbre air de l'Opéra de Gluck Orphée et Eurydice "J'ai perdu mon Eurydice". Cette aria est tellement poignante, je l'aime depuis toujours, depuis que je suis petite, plus j'ai grandi, plus j'ai avancé dans ma vie, plus j'ai compris les douleurs et les tristesses qu'il exprimait pour moi... Chaque note me correspond, aujourd'hui encore !


 J'ai perdu mon Eurydice (Gluck) - Roberto Alagna 

Sur l'Adamant, vous embarquez avec toutes les personnes qui viennent pour être ensemble, parler, chanter, fabriquer de l'art, boire un café, regarder, être vu et entendu...  Attendre des jours meilleurs ! Des gens qui sont malades, de ces maladies qu'on appelle psychiatriques et qui font tellement souffrir...

Dès le début du film, justement, Nicolas Philibert réitère l'entrée en matière musicale (qu'il avait également placée dans son docu "La moindre des choses"), avec une chanson magnifique et poignante du groupe Téléphone... Cette chanson est interprétée superbement, avec fougue, par un résident qui vient dans cet hôpital quelques heures par jour, tout au long de son parcours...

La bombe humaine
Je veux vous parler de l'arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi, de vous
Je vois à l'intérieur des images, des couleurs
Qui ne sont pas à moi, qui parfois me font peur
Sensations qui peuvent me rendre fou
Nos sens sont nos fils, nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin qui mène droit à nos têtes
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine, c'est toi, elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un prendre en main ton destin
C'est la fin, la fin
Mon père ne dort plus sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus sans ses excitants
Quelqu'un leur vend de quoi tenir le coup
Je suis un électron bombardé de protons
Le rythme de la ville, c'est ça mon vrai patron
Je suis chargé d'électricité
Si par malheur au cœur de l'accélérateur
J'rencontre une particule qui m'mette de sale humeur
Oh, faudrait pas que j'me laisse aller
Faudrait pas que j'me laisse aller, non
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur juste à côte du cœur
La bombe humaine, c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un prendre en main ton destin
C'est la fin
Bombe humaine c'est l'arme de demain
Bombe humaine tu la tiens dans ta main
Bombe humaine c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un prendre ce qui te tient
C'est la fin
Paroliers : Corine Marienneau / Jean-Louis Aubert / Louis Laurent Bertignac / Richard Kolinka
Cette bombe humaine, avec le calme et le mieux être (?) donné par les médicaments, n'est jamais très loin, elle sent le "souffre" en eux, en nous ?
C'est seulement à la deuxième vision de ce film que je me suis rendu compte de la puissance de ces chants dès les premiers plans  !
Quelle chance Monsieur Nicolas, que vous soyez encore si jeune, d'autres films nous attendent, je le souhaite ardemment !  Merci !



Le dernier film d'Alain Cavalier (c'est lui qui le dit)

Il fallait avoir des patins à roulettes pour aller au cinéma cette semaine, deux fois Nicolas Philibert et le dernier film d'Alain Cavalier, mon autre chouchou de toujours, surtout depuis son film admirable "Thérèse" (1986). Voilà que ces deux grands cinéastes sortaient quasiment leur dernière (?) pépite ensemble.
Ses films : "Thérèse" (1986), et les" 24 Portraits" (1987-1991) en DVD restent mes films de chevet...
"L'amitié" restitue trois rencontres avec trois de ses amis (chaque entretien dure environ 40 minutes), les trois amis sont filmés chez eux dans leur cocon familial, dans la réalité de leur vie... 
« J’ai intensément partagé le travail cinématographique avec certains, jusqu’à une amitié toujours vive. Filmer aujourd’hui ce lien sentimental est un plaisir sans nostalgie. Nos vies croisées nous permettent cette simplicité rapide de ceux qui ne se racontent pas d’histoires, qui savent être devant ou derrière la caméra, dans un ensemble de dons et d’abandon au film. » Alain Cavalier. 
Premier ami - Boris Bergman, parolier de nombreux grands chanteurs, écrivain, acteur, dramaturge, réalisateur, scénariste et polyglotte ! L'approche d'Alain Cavalier le rend tout de suite passionnant, sensible, nature, très émouvant dans la chanson en yiddish qu'il interprète avec bonheur, Boris est un talentueux homme orchestre...
Deuxième ami - Maurice Bernart (de famille juive comme Boris), producteur  du merveilleux film "Thérèse" qui reste un classique du cinéma français. Producteur de très nombreux films... Alain et Maurice parlaient entre vieux copains, ils se sont rappelé des bons souvenirs sur le film Thérèse, j'ai bu leurs paroles, à l'époque, ils pensaient tous les deux faire 10 000 spectateurs sur Thérèse... Qui fit le tour du monde et gagna de nombreux prix, dont plusieurs César dès sa sortie ! Alain Cavalier nous révèle que cela lui a permis de vivre pendant dix ans des droits d'auteurs, Maurice nous confie que maintenant, il a vendu tous ses droits sur toutes ses productions...
Troisième ami - Thierry Labelle, le comédien que j'avais vu dans le film d'Alain Cavalier "Libera me" (1993), ne me laissait aucun souvenir... Il fait aujourd'hui un autre métier, livreur de prothèses dentaires, un personnage heureux de sa vie, sympathique et tendre ! 
Trois belles figures, trois portraits à la manière de Cavalier, très proche, sans artifice, il a filmé ses trois amis au plus près de chacun, avec minutie, douceur, mêlant sa voix à la leur avec affection, c'est bien sûr la caméra d'Alain Cavalier qui menait le bal des souvenirs...
La balade dans Paris :
Les petite courses prétextées vers le marché d'Aligre, sont en réalité des voyages au long cours, chacune de mes escapades devient une découverte, les angles de vues se multiplient, les couleurs changent. Tiens, ça fait longtemps que je ne suis pas retournée voir le tableau de Charles Dorigny (16e siècle) dans l'église voisine, Sainte-Marguerite...

Le Christ descendu de croix Charles Dorigny (16e siècle)
Devant l'église, le petit jardin, les espaces verts sont aujourd'hui, entièrement aux mains du printemps, tout est beau comme le jour, du jamais vu !

Le grand marronnier (mai 2023) : une splendeur !


Le fléchage des activités du coin vert (2023) : superbe !


Vue du café près du grand marronnier (2023) : une beauté !

La promenade valait le déplacement, rien n'avais bougé et tout avait changé !
Amis, je continue mon périple cinéma en salle ! J'ai beaucoup de choses à voir, dedans dehors, sur écran ou dans la vraie vie, le printemps s'en donne à cœur joie sous mes fenêtres et ailleurs. À très bientôt, je vous embrasse.

dimanche 30 avril 2023

Les éventails de Hutagawa Hiroshige au musée Guimet ! Et la petite folie de mon ami !

 


Un carnet de Hutagawa Hiroshige - 1797-1858, vit et meurt à Edo - Japon (61 ans)

J'ai découvert ce grand, ce merveilleux dessinateur, estampeur et peintre japonais , auteur d'une œuvre d'environ 8000 estampes qui dessinait la vie de ses contemporains, ceux des chemins, des commerces, des cérémonies, du travail de la vie quotidienne à Edo (Tokyo) avant sa transformation (1868-1912), pas du tout au musée Guimet, pas du tout dans les livres...  Non, il est intervenu dans ma vie, il y a seulement quelques années grâce à un passionné de mes amis, fondu, addict de cet immense artiste, l'ensorcellement dure encore et encore, je crois pour toujours !

Ce passionné s'est pris d'amour pour l'œuvre d'Hiroshige et depuis des mois, des années, il n'en fait qu'à sa tête :  au début de ses amours, il se contentait de colorier (copie/conforme) Hiroshige à partir d'estampes en noir et blanc, dont il reproduisait les couleurs conformément aux modèles, et déjà ça lui plaisait beaucoup, un passe-temps, un hobby. Il a ainsi repris des vues maintenant mythiques, les séries mondialement connues (il me semble) : les cent vues d'Edo, les Soixante-neuf Stations du Kiso Kaido, les Cinquante-trois Stations du Tokaido, et en a fait des livres (reliés) qui racontaient l'histoires de ces routes commerciales, vues, arpentées, et dessinées par le grand Maître. Il a traduit des textes japonais avec l'aide de Google traduction, de la très belle ouvrage, et un jour, j'ai même eu le droit de tourner les pages (deux ouvrages) et de m'extasier : c'est formidable ce que tu as fait, continue, bravo, tes livres hyper documentés sont des puits de science, les histoires de ces routes sont passionnantes, aussi passionnantes que celles de la soie, je suis certaine que si tu vendais "tes œuvres" au Musée Guimet ou à la Maison du Japon, ça partirait comme des petits pains ! Mon ami n'est pas commerçant, juste un coloriste, un spécialiste d'Hiroshige, un admirateur, un fan !!! Nous savons (d'après Wikipedia) qu'Hiroshige n'était pas un fana des affaires : "À la fin de sa vie, pas pauvre, mais pas excessivement riche non plus, il vit dans une habitation de cinq pièces, s'inquiétant jusqu'au bout de savoir s'il pourrait rembourser certaines dettes contractées. Sans doute n'est-il pas vraiment attiré par l'argent ou ne sait-il pas le gérer. On a dit d'Hiroshige qu'il était épicurien, mais les seules choses sûres que l'on sait sur cet aspect de son caractère est qu'il aime les repas à l'auberge lorsqu'il voyage et qu'il apprécie le saké, ayant ce penchant en commun avec sa seconde femmeHiroshige meurt du cholera le , l'épidémie tuant environ vingt-huit mille autres habitants d'Edo. Peu avant sa mort, pendant l'agonie, il a écrit son dernier poème :

Je laisse mon pinceau à Azuma
Je vais voyager vers les terres de l'Ouest
Pour y observer les célèbres points de vue"

Maintenant mon ami va plus loin, ce coloriste insoupçonné redistribue toute la palette de Hiroshige avec des crayons de couleur, il a acheté des centaines de crayons de toutes les couleurs, des tonnes de papiers de très bonne qualité, une photocopieuse lauréate, il y passe le plus clair de son temps, c'est comme qui dirait un athlète de haut niveau d'Hiroshige... Il a construit des livres qui racontent l'histoire des routes empruntées et dessinées par l'immense Hiroshige en coloriant à sa façon toutes les estampes des chemins parcourus, magnifiquement, pas de plagiat, il fait ce que font tous les chanteurs qui personnalisent, arrangent, interprètent, les grandes œuvres... Cet ami connaît presque par cœur l'œuvre d'Hiroshige, mieux que personne, il en est dingue, une folie douce, très douce, pleine d'effets chromatiques magnifiques et nouveaux... Il m'a fait don de quelques reproductions à "sa manière d'Hiroshige", que je garde précieusement.





Les chemins chromatiques de mon ami,  sur les estampes (noir et blanc) de Hutagawa Hiroshige

Je suis particulièrement heureuse de mettre mon ami sur la place publique, j'ai hâte de pouvoir feuilleter prochainement d'autres albums des routes colorées "à sa manière Hiroshige", il a bousculé l'univers d'Utagawa, changé les couleurs, respecté le graphisme génial du grand Maître, mon ami a repeint le monde de l'auteur... Il n'en fait qu'à sa tête, il repense tout, je ne sais pas jusqu'où il va aller, moi je trouve ça fascinant et beau ! 

Voilà mes amis pourquoi je me suis précipitée au Musée Guimet pour voir la magnifique expo des éventails d'Hiroshige, avec un petit pincement au cœur pour mon ami qui est souffrant, et triste de ne pouvoir pour le moment aller voir son idole. C'est injuste !

Les estampes sur éventails : Hiroshige réalisa plus de six cent cinquante estampes destinées à orner cet accessoire du quotidien, beaucoup de ces œuvres sont aujourd’hui uniques ou conservées en de très rares exemplaires de par le monde. Le musée Guimet,  à travers une sélection de quelque quatre-vingt-dix œuvres, parmi les plus belles de la Collection Georges Leskowicz (la plus importante collection privée de feuilles d’éventails de Hiroshige), offre au public une exceptionnelle exposition, ces estampes sont magnifiques, et je me demandais si Hiroshige avait pu faire fortune (non, si l'on en croit Wikipedia) avec ces objets vendus très peu cher aux touristes, aux habitants japonais du 19e siècle. Cette fabrication d'éventails résistait encore en 1900, comme le montre la photo...


Boutique d'un fabricant d'éventails en 1900

Il faudrait toutes les photographier... Je suis retournée deux fois au musée pour faire le plein de bonheur, j'attends que mon ami se rétablisse pour y retourner une troisième fois... Je vous propose un petit florilège de jouvence, de grâce et de poésie, de très grande virtuosité...


Deux rares éventails


 La poésie pure d'Hiroshige (première strophe)


Deuxième strophe, toute aussi belle


Troisième strophe de la poésie de Hiroshige...


Le charme de la rosée nocturne sur les iris d'eau - 1858 - une des dernières estampes réalisées par Hiroshige


Le bac de Hishiba sur le Sumida. Paysage de neige - Vers 1849


Il faudrait toutes les photographier, ou aller voir l'exposition...


Le pompon




La dame sur son petit banc :

Lors de mes deux visites au musée Guimet, j'ai vu la même dame, une fois assise sur un petit tabouret et une fois debout, pendant des heures, elle recopiait une partie d'un grand dessin du maître, rien ne pouvait la distraire, monde ou pas monde, elle restait fidèle au poste avec des écouteurs sur les oreilles... La deuxième fois, j'ai tenté la conversation, mais elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas discuter, elle était anglaise et ne comprenait pas le français ! Elle venait le lundi matin, tous les lundis matin ! Elle dessinait comme une déesse...


La copiste de génie...



La copiste inconnue aux écouteurs

Je vous en ai raconté plus sur mon ami "arrangeur d'Hiroshige" qu'il ne le faudrait, mais pour une fois que je pouvais mettre le mettre sur ma sellette, à son insu !!

Les histoires ne manquent pas, entre le cinéma et mes voisins, le monde va comme il peut... À bientôt mes amis, après la marche du 1er mai je vais me reposer... Je vous embrasse fort.

samedi 22 avril 2023

Les ateliers Gustave Moreau (Musée National)... (2)

 


L'atelier de Gustave Moreau (historique Wikipedia) - Paris 9e - Musée National, l'escalier en spirale d'Albert Lafon (1895) relie les deux ateliers du musée

Je me souvenais parfaitement de l'allure générale de l'atelier de Gustave Moreau depuis que je l'avais vu il y a des dizaines d'années : impossible d'oublier l'escalier à vis trônant au milieu de la pièce, offrant tout au long de la montée, ou de la descente, un panoramique exceptionnel de l'endroit. L'escalier, royal, fait partie de toutes les œuvres d'art accrochées à touche touche sur tous les murs. Un peu comme l'escalier Renaissance qu'on monte ou descend au château de Blois, sans se lasser, j'ai le beau souvenir en tête de l'escalier du Palais Contarini del Bovolo à Venise, dissimulé dans une petite rue, il fallait le mériter, le savourer, d'une beauté confondante, je pouvais rester de petits quarts d'heure immobile à le regarder, à l'ombre du soleil et des touristes...


L'escalier du Palais Contarini del Bovolo (2017)


Le grand escalier du château de Blois - Giraud Patrick (Wikipedia), je n'ai pas retrouvé ma photo !

Ici aussi je suis plus admirative du lieu, de l'ambiance, des deux ateliers, que des œuvres, totalement alambiquées, consacrées aux mythes païens et bibliques et aux légendes : chevaux ailés et couronnes étoilées, pleines de symboles et de mystère, Gustave, vous l'aurez deviné, n'est pas mon peintre préféré... Mais la puissance de ses évocations reste forte !

Aucun tableau de Gustave ne me foudroie, je n'ai pas envie de m'aventurer dans les histoires de ses personnages de fiction, mais... J'aime bien rester dans sa cuisine picturale, le talent, sans doute, plane sur tous les murs sans me déranger, sans m'émouvoir... Pour moi, le contenant reste plus fort que le contenu !


Station assise devant l'escalier, dans tous ses états

Mon amie et moi étions venues nous réfugier dans l'ombre de Gustave Moreau, pour nous consoler des rudesses de la vie. Nous avions vidé nos sacs à la terrasse d'un café avant de prendre le chemin de l'atelier, la magie du lieu opéra séance tenante : apaisement, beauté et étonnement, rien ne nous pressait, les bancs étaient moelleux, pas beaucoup de monde. La gardienne du musée nous expliqua que l'artiste avait méthodiquement organisé l'accrochage de ses œuvres avant d'en faire don à l'État (il met au point son testament en septembre 1897, où il lègue « sa maison sise 14, rue de La Rochefoucauld, avec tout ce qu'elle contient : peintures, dessins, cartons, etc, travail de cinquante années, comme aussi ce que renferment dans ladite maison les anciens appartements occupés jadis par mon père et par ma mère, à l'État, où à son défaut, à l'École des Beaux-Arts, ou, à son défaut, à l'Institut de France (Académie des Beaux-Arts) à cette condition expresse de garder toujours – ce serait mon vœu le plus cher – ou au moins aussi longtemps que possible, cette collection, en lui conservant ce caractère d'ensemble qui permette toujours de constater la somme de travail et d'efforts de l'artiste pendant sa vie »).

Ainsi donc, la plupart de ses œuvres (14000) sont aujourd'hui conservées dans le musée, il gagna sa vie en donnant des cours de dessin et peinture à de nombreux élèves de familles fortunées, plus qu'en vendant ses œuvres, je présume... "Vénéré ou haï, Gustave Moreau n'a jamais laissé indifférent". Ses parents avaient acheté en son nom la belle demeure qu'on peut visiter aujourd'hui...


L'escalier est toujours présent dans le paysage, comme une belle sculpture





Le deuxième atelier, un étage au dessus, l'escalier, toujours présent dans le paysage, comme une sculpture


Vue panoramique du premier atelier

Au deuxième étage, j'aperçois tout de suite une copie du tableau de Carpaccio que je connaissais bien pour l'avoir vu et revu à Venise...


Saint-Georges et le dragon, copie (grandeur nature) d'après
Vittore Carpaccio 

Nous n'avons pas pu visiter l'appartement du maître, fermé pour cause de maladie des gardiens, il faudra y revenir, quel plaisir de recheminer dans ces lieux, peut-être qu'à la prochaine visite les tableaux me paraitront plus clairs, plus explicites, des mystères se dévoileront... Peut-être ?


Hésiode et les muses - 1854 (Gustave Moreau)


Triomphe d'Alexandre Le Grand - Gustave Moreau


Jupiter et Semelé - Don de Mr Léopold Goldschmidt, admirateur et ami de Gustave Moreau

Si j'étais mauvaise langue, je dirais que même son ami a "rendu" le tableau, pour enrichir le musée, bien sûr !


Jupiter et Semelé - Gustave Moreau

Nous n'avions pas du tout envie de sortir, dans le bruit, la fureur, au moins ici, presque tout le monde avait des ailes... Il y avait les promesses de contes et de légendes, des chimères d'un artiste peut-être à redécouvrir ?

Mes amis il reste tant à voir, j'ai même repris les séances de cinéma en salle... À très bientôt...

vendredi 7 avril 2023

Œuvres croisées des peintres : Jean-Jacques Henner et Guillaume Dubufe ... Mon atelier minuscule... (1)


 L'atelier (reconstitué) de Jean-Jacques Henner, Paris 17e

Jean-Jacques Henner est un peintre français, né à Bernwiller (Haut-Rhin) le , et mort à Paris 9e le .

Auteur d’une œuvre abondante présentée dans de nombreux musées, il a une réputation de portraitiste et de dessinateur apprécié de son vivant. Il est surtout connu pour ses nombreux nus féminins aux chairs pâles, à la chevelure rousse et aux poses alanguies. Il est resté toute sa vie à l’écart des évolutions artistiques de son époque. Ses tableaux les plus connus, L’Alsace. Elle attend ou Fabiola, datent des années 1870 à 1890. En 1889, il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts (Wikipedia). Une belle carrière en somme, couvert d'honneurs, Prix de Rome, membre de l'Institut, médaillé dans les salons, acheté par l'État, il a réalisé plus de 400 portraits dont beaucoup sont des commandes.

Cet hôtel particulier de plusieurs étages (19e siècle) était la demeure et l'atelier du peintre Guillaume Dubufe (1853-1909) qui l'avait racheté au peintre Roger Jourdain. L’hôtel particulier permet à Dubufe de mettre en scène ses œuvres et ses collections dans un cadre témoignant également de son savoir-faire de décorateur d’intérieur, et de son goût. C'est donc lui-même qui se charge de décorer sa maison et de faire couvrir le jardin pour en faire un jardin d’hiver. Sans être des intimes, les deux peintres se connaissaient et Henner était parfois invité à dîner chez Dubufe, au 43 avenue de Villiers. 

La liaison entre les deux peintres s'est faite immédiatement dans mon cerveau, car j'avais admiré un merveilleux tableau de Guillaume Dubufe (en décembre dernier au musée d'Orsay) de Rosa Bonheur en majesté !




Rosa Bonheur -1857 - Guillaume Dubufe (1853-1909)


Le musée et les œuvres de Jean-Jacques Henner :

En 1923, la nièce par alliance du peintre Jean-Jacques Henner rachète cet immeuble aux héritiers de Dubufe, y installe les collections de son oncle (440 peintures et 84 meubles et objets) et en fait don à l'État. Le musée a donc 100 ans cette année. L’ascenseur, construit dans les années 1930, a été déplacé, et les murs qui avaient été peints en blanc, dans les années 1960-1970, ont retrouvé leur polychromie d’origine. Après cette importante campagne de rénovation, le musée ouvre à nouveau ses portes au public le .


Un escaliers de rêve, installe la curiosité et la beauté


Les couleurs sont magnifiques et au loin, le tableau si connu en son temps : L'Alsace. Elle attend.



L'Alsace. Elle attend - 1871 (Après l’annexion de l’Alsace par l’Empire allemand en 1871)
 Très marqué par la guerre de 1870, il exprime dans ce tableau sa douleur de la perte de l’Alsace 

Si je n'ai pas eu le coup de foudre pour l'œuvre de l'artiste, j'ai cherché un tableau qui me ferait battre le cœur, et je n'ai pas trouvé tout de suite, par contre, les couleurs, les originalités de la demeure de Dubufe m'ont plus que fascinée... Beaucoup plus que les œuvres exposées...





Le salon rouge avec deux grands moucharabiehs (installés par Guillaume Dubufe)

J'ai cherché, comme l'or des giroles en forêt, un tableau, j'ai cherché... Et j'ai fini par trouver...



Le portrait touchant du neveu du peintre - vers 1866 - Paul porte sa médaille d'écolier - 
Jean-Jacques Henner (1829-1905)

Je me souvenais, devant cette petite toile, des médailles scolaires qu'on donnait dans mon jeune temps, dans les classes, aux élèves sages et travailleurs, surtout sages je crois. Je me souviens d'un jour quand j'ai eu la mienne, bien méritée, je m'étais distinguée en bombant le torse pour me faire remarquer par la maitresse et je l'ai eue, je ne saurais jamais pourquoi elle me l'avait donnée, j'étais sage, c'est vrai, mais distraite, timide, apeurée, un peu triste je crois... Alors, en voyant Paul et sa médaille, j'ai ressenti le petit poids de l'objet, avec émotion, je reconnaissais le bonheur que j'avais eu à être choisie par l'institutrice, j'étais pourtant loin d'être une élève brillante, j'essayais de gagner là où je pouvais... Dans la camaraderie, l'écoute, l'observation.


Eugénie Henner en "Alsacienne tenant un panier de pommes" (nièce du peintre) - 1869

J'ai aimé la pose appliquée de la jeune fille, le thème du tableau (l'Alsace avec le gros nœud dans les cheveux), le regard fixe et enfantin, les belles couleurs sombres et profondes, la carnation lumineuse du visage de profil....



Le beau bureau, les objets de Jean-Jacques Henner




Reconstitution (?) de l'atelier de Jean-Jacques Henner

Comme je me suis retrouvée seule, assise sur les banquettes en velours, j'ai regardé autour de moi, longuement, et j'ai trouvé toutes ces œuvres bien convenues, pas l'ombre d'un attachement pour aucune d'entres elles, seule l'atmosphère de cet endroit était merveilleuse, la grande véranda drapée d'un rideau blanc projetait une lumière douce... Je suis restée envoûtée par ce bel endroit... Entièrement mis en scène, je suppose, et bien restauré... Les œuvres de Jean-Jacques Henner (qui avait son atelier Place Pigalle) bénéficient donc du décor de Dubufe et des restaurations successives...

J'ai refait plusieurs fois la visite de chaque pièce, lentement, quittant à regret Jean-Jacques Henner bien servi par l'environnement de Guillaume Dubufe...




Le petit jardin, couvert par Dubufe, devient le jardin d'hiver, et sert aujourd'hui de salle de concert

Rien ne manque à ce lieu pour que la grâce et la beauté opèrent, comme par magie, sur les visiteurs, amateurs ou non, des œuvres de Jean-Jacques Henner... Ainsi, les deux peintres Dubufe au décor, et  Henner aux œuvres picturales, garderont pour longtemps, à nos yeux, des destins croisés !

Mon petit atelier de perles :



Petits stock d'avril 2023

Pas de jardin d'hiver, ni escaliers, pas de banc moelleux en velours, pas d'atelier grandiose... Juste un petit coin de table... Pour installer mes paquets de perles et mes ustensiles d'enfilage...



Le petit dernier, bien sûr mon préféré (avril 2023)


Août 2022


Pompon de 2008 avec du matériel plus riche, que je n'ai plus aujourd'hui



Création de 2008les grandes perles venaient de Venise


Je ne peux plus trouver de perles aussi belles à Paris, depuis 2008 beaucoup de marchands n'existent plus à Paris. Au cours de mes séjours vénitiens, je m'approvisionnais directement à Murano ou a Venise même, aujourd'hui je travaille encore sur ces petits objets de passementerie, j'ai simplifié leurs arrangements, faute de matériel à la hauteur, mais le plaisir reste intact, faisant des petits cadeaux à tire-larigot... À mes proches, aux amis... Si les perles sont moins précieuses et variées, je travaille sur les assemblages de couleurs avec des perles irrégulières venues de Chine, je perfectionne ma technique... En écoutant la radio et en buvant du thé. Le téléphone ne me dérange jamais quand il sonne, bien au contraire, j'ai juste à poser devant moi 2 grammes de perles en attente. Je suis  obligée quelquefois de tirer le rideau pour que le soleil n'éblouisse pas l'ordre des couleurs...

Mes amis, si la onzième manifestation contre la réforme des retraites ne fonctionne pas, attendons la douzième...

Prenez soin de vous, la contamination de la Covid 19 reste quand même à 10 000 par jour... Moi, je porte le masque dans les transports en commun...