lundi 22 février 2021

Les trois torchons !

 


Mes trois torchons

J'en ai mis un coup, dé, fils, tambour, jubilation, tout m'est revenu, j'ai pris l'affaire à bras le corps, allez, laisse-toi aller, brode tout ce que tu ce qui te fait envie ! Ben dis donc, Danielle, "nous" n'avons pas fini d'en parler, de cette broderie !

Je me souviens de mes débuts en 1976, un abécédaire pris sur un modèle ancien dont je m'étais toquée !

Rien ne pouvait surpasser le temps consacré à la broderie, le travail de l'aiguille engloutissait tout : surtout la lecture, la promenade, il fallait que le B succède au A et ainsi de suite, j'y ai mis des fleurs, des oiseaux, des papillons et autres bestioles pour remplir toute la toile... La fille tenait le modèle d'un ouvrage de sa grand-mère, uniquement pour moi, pour me faire plaisir, elle avait reporté toutes les petites croix sur un papier millimétré, un travail de titan ! Dont je n'avais même pas conscience à l'époque, le soir, sous la lampe, elle se mettait à son chemin de croix, merci l'amie !

On ne peut pas vagabonder sur le point de croix, il faut toujours compter. Méditer non plus, il faut sans arrêt avoir des repères entre les trous, un travail d'enfer, faire et défaire sont les deux atouts de mon labeur... Jamais je ne m'énerve, ou si peu, allez, vas-y ma fille, le compte n'y est pas... Je pensais à Pénélope qui défaisait la nuit ce qu'elle avait fait le jour, pour éviter un mariage forcé, pendant l'absence d'Ulysse, ce héros tant attendu... Je pensais aussi à Jean-Luc Godard, qui avait mis dans son film (sublime) Le Mépris, une autre histoire d'Odyssée : en fait, Ulysse n'avait plus envie de rentrer à la maison, tenté par d'autres aventures, et Pénélope n'attendait plus son mari, qu'elle s'était mise à mépriser... C'est bien entendu la broderie, les ouvrages "de dame" en général, qui forcément creusent le sillon des contes, puisque un point à l'endroit ou à l'envers peut changer l'ordre et le sens des histoires...

Mes quatre torchons...

Mais il n'y a pas que mes torchons dans la vie, mon amie m'appelle, en colère, fébrile, peinée, secouée : tu te rends compte, il y avait l'enterrement aujourd'hui,  Ah bon ! Oui, je l'ai su aujourd'hui alors que tout était fini, je voulais y aller, mais personne ne m'a prévenue ! Oui, je comprends ta tristesse, mais tu sais, moi je trouve que c'est bien que tu n'y sois pas allée, cent personne à l'enterrement, c'est pas très prudent en ce moment. Oui, mais je trouve qu'il n'y a plus de solidarité, pas de petit mot dans l'ascenseur pour prévenir tout le monde, un homme si gentil, si généreux que je côtoyais depuis cinquante ans, je connais sa femme, ses enfants et ses petits-enfants... Personne ne m'a prévenue, elle était folle de rage, triste surtout, triste de ne pas l'avoir suivi dans son ultime voyage... Va donc voir sa famille demain, apporte des fleurs au cimetière, fais comme tu aurais voulu faire... Son voisin du dessous, un peu plus de soixante-dix ans, venait de mourir de la covid-19, il est mort en pleine forme, personne n'a eu le temps de comprendre, mon voisin que j'affectionnais tant, tu te rends compte ! Bien sûr, je me rendais compte, je faisais tout pour apaiser mon amie, puisque l'enterrement s'était passé, sans elle ! Tu as bien fait de m'appeler, mais tu sais, c'est vraiment bien que tu ne sois pas allée à l'enterrement, ce n'est pas prudent... 

Pour le voisin de mon amie, je lui dois bien ça, un homme si gentil, si aimé dans le quartier...

Mon primeur aussi m'a interpellée sur les discussions qu'il n'y avait plus dans dans son petit magasin : on ne parle plus ici, les gens âgés restent chez eux, les autres n'osent plus blaguer, rire, s'esclaffer, je vois bien que les choses ont changé, certains manquent à l'appel, je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Le virus nous prenait tous à revers : mon ami, des temps plus heureux vont revenir, nous nous retrouverons dans votre très petite surface, patientons, ne nous perdons pas de vue. Dites-moi, mon ami, et les poésies que vous écrivez à vos moments perdus ? Je n'ai plus de temps à perdre... Il était très sérieux : si vous voulez faites l'animation du magasin à ma place, venez quand vous voulez... Mais j'avais ma broderie... Bientôt, l'ami, bientôt, mais je savais que ça ne viendrait jamais... Souvent je lui répétais : l'ami, où sont vos poésies, au dessus des fruits ou des légumes, ça ferait joli... Pensez-y, il courait tout le temps, de deux enfants il était passé à trois, le magasin ne désemplissait pas, un jour vous allez devenir le plus riche du quartier, il a ri, haussé les épaules... Mon primeur n'était pas de bonne humeur...

Avec la voisine, nous regardons par nos fenêtres avec intensité, rien ne lui échappe car elle sort moins que moi, quelque fois elle me raconte des histoires à dormir debout, les planques, les deals, les allées et venues des guetteurs, mais je dois bien me rendre à l'évidence, elle a presque toujours raison... Ma voisine a l'œil, et le bon ! Mais c'est la faute au virus, il n'a qu'à nous laisser tranquilles à la fin, on voudrait bien baguenauder dans Paris, dépenser nos sous pour des babioles, inviter notre famille à dîner, visiter nos amis, chanter dans ma chorale, voilà presque un an que je n'ai pas dit un Do ! 

J'en ai marre de la réclusion, mais comment faire autrement, aux État-Unis ça frôle les 500 000 morts, presque autant que pour les deux guerres mondiales (521 500 morts selon Wikipedia)

Bon, je mets mon masque, j'emporte mon gel, et je dis bonjour à ma voisine, de loin, sur le palier...

Le printemps arrive, je vais bientôt pouvoir revisiter les alentours, appareil photo en bandoulière...

De loin, je vois déjà le nid de corneilles intact, prêt à reloger du monde...

De près...

Mes amis, à très vite, restez prudents en attendant le printemps... Je vous embrasse chaleureusement...


vendredi 12 février 2021

Le bon, dans les mauvais jours ! J'ai repris du service !

 

Saumon tranché main

Le bon dans les mauvais jours :

Il fait moche, il pleut, il vente, je suis fatiguée, il faut que je repasse mon linge, une amie m'a dit : j'ai mal à mes yeux, mon moral est à la baisse... Je lis les journaux tous les jours (sur internet), je relève les chiffres de la pandémie, je croise mauvaises nouvelles sur mauvaises nouvelles, bon c'est décidé, je file place Gambetta, chez le bon poissonnier, et j'achète des produits de luxe !!! Bravo Danielle, voilà du bon, du beau... Le saumon tranché est délicieux, les coquilles Saint Jacques fondantes, j'ai même pris une petite truite pour remplir le congélo...

Quelque fois, c'est difficile de trouver le bon, mais en grattant bien, on y arrive : il suffit d'un appel téléphonique, un petit mail, un texto, une visite masquée, et tout rentre dans le bon ordre... Il faut miser sur l'humain, la fraternité croisée un peu partout, même dans l'ascenseur, il faut se donner la peine d'être attentif à son prochain, enfin bref, moi, je fais ça !

Maintenant, j'écoute mes amis avec un seul objectif, leur faire du bien (et à moi aussi), car je sais que l'écoute peut faire autant de bien qu'un Xanax ou qu'un Doliprane... Tout m'intéresse, le quotidien, le passé, le présent et le futur... Sur trois temps, comme une valse qui ronronne...

Chaque fois que je reviens du côté de l'hôpital, je n'ai plus peur, j'y suis comme chez moi, bien accueillie, bien conseillée, toujours en attente d'un vaccin qui ne vient pas ! Quel plaisir de retrouver le square en sortant d'une consultation, l'hiver, quand il n'y a plus une feuille aux branches, on prend conscience de la puissance des arbres centenaires, et mine de rien, dénudés, frileux, en hiver, on dirait qu'ils sont légers comme des plumes... En été je les adore aussi, quand ils reprennent du poil de la bête, ils sont en majesté sous nos yeux admiratifs, et nous dominent en sagesse, beauté et longévité...

Le platane remarquable - février 2021


J'ai repris du service  :


Le panier à broderie

Un de mes fils m'a dit : dis donc, maman, si tu rebrodais des torchons avec une belle lettre aux points de croix, ça serait génial pour ma nouvelle maison ? Pourquoi pas, bien sûr, avec plaisir, voilà aussi l'occasion de vérifier mes positions, ça fait bien plus de 15 ans que je n'ai pas brodé, pourvu que la machine fonctionne ! Pour broder il faut du matériel : acheter des torchons en pur lin sur internet, des fils à broder, de la toile tire-fil, ça va me prendre des heures de recherches. J'ai sorti toute mon artillerie ancestrale, bien rangée dans un grand panier d'osier, des modèles, j'en ai à revendre, je n'ai pas tout jeté comme à mon habitude, ouf  !

L'achat des trois premiers torchons fut vite fait, bien fait, livré du tac au tac dans mon point relais. Pour les fils, il fallait que je vois les couleurs qui m'inspiraient, j'ai recherché sur internet les deux grandes boutiques que je connaissais de longue date, j'en avais sorti des fleurs de leurs chapeaux... Hélas, toutes les deux fermées définitement, covid oblige ! Quelle mauvaise surprise, quelle tristesse pour ces commerces, et comment feront les brodeuses de la région parisienne pour choisir des motifs surprenants, difficiles, attractifs, anciens ou modernes ? Le monde de la broderie va en prendre un coup... J'en ai passé de jolis quarts d'heure dans ces boutiques, à ne pas me décider tout à fait sur un ouvrage, et à m'enthousiasmer sur le suivant... Il faudra donc tout acheter sur internet, ce n'est pas du tout ce que je voulais, j'avais déjà combiné une sortie rapide, en métro coûte que coûte, quitte à mettre un scaphandrier...

Vous m'auriez vue sur le site spécialisé pour brodeuses/mercerie, à mourir de rire, on aurait dit Bécassine qui se pointait à la ville, je n'arrivais pas à comprendre comment on faisait pour sélectionner les couleurs des fils que je voulais, et les mettre dans le panier, je m'énervais, je ne vais tout de même pas demander à mes fils de m'aider, ils vont me prendre pour une cruche. Je me suis dit : la nuit portera conseil... Au matin, sitôt levée, sitôt devant l'ordinateur, aussi nunuche que la veille, mais d'un coup un éclair de génie me traversa l'esprit, je comprenais ! En d'un coup de clavier, je me suis fait un petit assortiment, la carte bleue, le point relais, et roulez jeunesse ! Madame pourra broder dans quelques jours...


Les motifs sur papier quadrillé

Rien n'est facile dans la broderie, cela nécessite toute une préparation, j'avais tout oublié, ce n'est pas du tout comme le vélo. Tout devenait un immense mur de lamentations, comment installer la lettre sur le torchon, dans quel sens, est-ce que je vais réussir à compter les cases aussi facilement, après tout ce temps sans broder ? Comme au bloc opératoire, il faut installer tout le dispositif sur la table de travail : modèle sous les yeux, tambour, toile tire-fil à coudre sur le torchon, la bonne aiguille (ce n'est pas le plus difficile), dé, ciseaux, fils, lumière du jour de préférence... Et du courage, la peur au ventre, ce que je faisais si facilement avant-hier, aujourd'hui, je peine à retrouver les gestes...


Les instruments de ma passion

Le premier V, celui à fleur et plusieurs couleurs, me tira les yeux, trop difficile, j'ai pensé tout de suite au plan B sans fleur, simple et harmonieux, plusieurs couleurs mais design ! Voilà, ça sera mon modèle unique, tout le monde me réclame des torchons : mes fils, ma petite-fille, mes copines... Je ne vais pas pouvoir satisfaire tout le monde, commençons déjà par faire le troisième, en calculant bien, je peux en faire un par jour, bien calée dans mon fauteuil Stark à la lumière du jour (ensoleillé, c'est mieux), sur ma gauche, hardi petite, le travail artistique peut commencer. Vers 17h, c'est l'heure du thé, une petite pause mais sans traîner, le soleil n'est pas là pour longtemps... 

Variations pour un V

Voilà comment j'ai repris du service en broderie, j'ai déjà hâte de recevoir les torchons suivants, la broderie m'a redonné du cœur à l'ouvrage de dame, j'en oublie presque le confinement, les malades, les morts et la vaccination... Le point de croix devrait être remboursé par la sécurité sociale, mais elle a tant à faire avec la crise sanitaire...

Mes amis fidèles, et ceux qui passent par là, à très vite, prenez grand soin de vous, les temps sont encore très durs, je vous embrasse fort.

jeudi 4 février 2021

Votre masque... Les plaintes et le très bon jour !

 

Les masques du bus

Le masque du bus :

Il faut être très observatrice : dès que je mets le pied dans le bus, le métro, le tram, mon scanner visuel se met  automatiquement en marche, je vise la place loin de tout, mais dans les transports en commun (que j'évite le plus possible), aucun siège n'est loin de tout... Les places en solo sont les moins pires, près de la fenêtre, juste assise face à un voyageur. Ma voyageuse arrive, le masque dans le cou, elle pose à terre ses nombreux paquets, pose sa canne dans un coin, elle revient de loin... À mi-chemin entre une mendiante et une déboussolée lambda, très modeste. Je regarde le masque désactivé qui pend, encore accroché à une oreille, il lui reste beaucoup à faire pour qu'il soit opérationnel. Elle le remet sur le nez et voilà la bouche découverte, elle le tire sur la bouche et hop ! Voilà son nez qui réapparaît à l'air libre. J'entre en action avec une voix tranquille, malgré mon énervement : madame, pour vous protéger, il faut mettre votre masque sur le nez et sur la bouche, dépliez-le comme ça, et je lui montre comment il faut faire en dépliant d'avantage le mien. Bien, c'est bien mieux, pincez votre nez maintenant pour qu'il se place bien sans tomber, et elle refait exactement mes gestes. Ah, c'est mieux ! Merci madame, mais la buée sur mes lunettes me gêne, oui, c'est bien embêtant, là je ne pouvais rien améliorer, car je ne sais pas si tout le monde en est gêné, mais je crois bien, la buée sur les lunettes fait partie du package anti-virus !

La voilà bien installée, souriante, elle se frotte les mains qu'elle glisse ensuite en les croisant dans chacune de ses manches  pour se réchauffer, il fait froid, vraiment froid et voilà qu'elle sort une de ses mains et la met sur la mienne, voyez comme elle est froide, j'en ris encore intérieurement, bon, pas de panique, je mettrais un coup de gel en sortant, je ne vais pas en mourir... La brave dame était loin de tout ça, pas masquée ou mal, elle avait vite fait de toucher son prochain au risque de la contamination. Chaque jour qui fait notre vie, nous devons nous enfermer dans notre globe de mariée, il y a bien de quoi nous décourager, tous les jours, nous ajustons notre scaphandrier, nos gants, notre regard... Attention, ne me touchez pas, contamination possible, écartez-vous de mon chemin, je suis dangereux, et vous ? Les litanies des jours que nous vivons, personne n'en veut, on n'en peut plus, essayons de sourire dans notre masque, nos yeux vont se plisser, tant mieux...


Le grand peintre américain E. Hopper a beaucoup peint la mélancolie, l'isolement, la solitude, la distanciation...

Les plaintes :

De tous côtés je les entends, des voix, des mots sur des musiques différentes : Ah ! Je n'arrive pas à m'y faire, mourir subitement, encore jeune, ça me touche plus que ça ne devrait, cette mort me concerne, pas seulement parce  que je connaissais cette femme depuis très longtemps, copine de loisirs créatifs dans une association, voyages, rencontres, amitié, et voilà que j'apprends son décès totalement inattendu... Je suis touchée, oppressée, mon cœur bat plus vite, je n'arrive pas à respirer... 

Pendant les quelques jours qui suivirent la mort soudaine de la copine de mon amie, j'ai entendu ses peurs, qu'elle savait si bien nommer, ses craintes, ses obsessions subites résonnaient en écho avec sa propre mortalité... Oui, nous allons tous y passer, c'est la règle, la loi du genre humain, mais aujourd'hui tu as encore beaucoup de temps pour vivre, tu vas voir, ça va passer, remets-toi à tes arts, tes œuvres, les beautés que tu sais créer, elles vont t'aider. Plusieurs jours plus tard, son cœur s'était remis à battre normalement, elle se sentait mieux, sa mortalité s'éloignait de son horizon, lui venait la nécessité de vivre chaque jour avec envie, moins mortelle aujourd'hui qu'hier, elle avait repris du service dans sa vie... Tu sais,  il y a peu, j'ai entendu dans un très beau film japonais cette phrase zen : "chaque jour est un bon jour". Elle m'a beaucoup frappée, car dans un jour vraiment méchant, on peut toujours trouver de la joie à se sentir vivant, et la nature aussi peu nous aider à changer notre regard pour ne pas désespérer !

Je gardais ma petite phrase au chaud et je la resservais, neuve, à chaque fois : je suis triste, mon voisin, qui habite juste en dessous de chez moi, est entre la vie et la mort, il a attrapé la Covid, zut ! Tu le connaissais bien ? Oui, bien sûr, c'est un homme gentil comme tout, aimable, toujours prêt à rendre service, sa fille m'a appris son hospitalisation, je n'en reviens pas. Depuis peu, encore fragile, elle se remettait d'une dépression qui la tenaillait, et avec son voisin malade, elle replongeait dans la tristesse ! "Chaque jour est un bon jour"... Chaque jour qui passait, elle y pensait, pourvu qu'il s'en tire, mais il ne faudrait pas que le voisin aille plus mal... Les bons jours dans les mauvais jours étaient les visites de son fils, de ses petits-enfants, qui venaient un par un la voir avec précautions... Tiens bon, il va guérir, ton voisin... J'attends qu'elle me donne de ses nouvelles !


 Ce peintre génial, E. Hopper, nous montre des gens perdus, petits, dans les couleurs les lumières... Et leurs pensées...

Je n'y arrive pas, j'ai encore la langue qui brûle, mon odorat n'est pas encore revenu complètement, j'ai le nez qui coule. Voilà un an que j'ai attrapé le virus et il continue encore à me narguer, masque, gel, isolement, j'en ai marre, vivement la vaccination, je prends le métro avec précaution, je reste debout appuyée à rien, je regarde mes voisins d'un œil mauvais quand ils ont le masque sous le nez... À ma voisine aussi, je répète ma petite phrase magique : "Chaque jour est un bon jour", elle rit, nous rions de notre mauvaise humeur, chère voisine restons heureuses de pouvoir nous parler, nous ne sommes pas au bout de nos peines, mais gardons le moral... "Le bon jour" se glisse partout...

Le très bon jour :

Mamie, je l'ai raté, j'ai tout foiré, je tremblotais comme une feuille morte, plus de réflexes, en plus le gars n'était pas sympa, pourtant j'étais prête, j'ai fait un week-end voiture pour rien, un stage ultra cher, mais je me sentais bien,  on va voir ce qu'on va voir... Nous avions tous passé du temps à lui remonter le moral au treuil, mais personne ne l'avait pourtant vue désespérée. Le chœur familial : t'inquiète pas, tu le repasseras une autre fois, on va t'aider, tu avais le trac, c'est normal, faut pas baisser les bras, ton permis, tu l'auras, reste confiante... Tout y est passé, tous les arguments étaient bons, bien choisis, chacun tournait la roue dans le sens de la remontée de son petit moral... Deux jours après, au téléphone, JE L'AI, YOUPI ! Nous dansions toutes les deux au téléphone, chantions même, poussions des cris de victoire, félicitation, bravo, tu vois, tes planètes vont dans le bon sens... Mamie, je suis heureuse, j'ai mon permis de conduire !! Hourra !!

Le très bon jour se poursuivit quand elle vint me voir, pour boire le thé à sa belle santé, sa joie, sa victoire, tu vois ma chérie, tu as manqué de confiance en toi, tu as pensé d'emblée : défaite ! Alors qu'elle l'avait eu haut la main. Tout l'après-midi, masquées peut-être, mais en joie à chaque seconde, nos bavardages n'en finissaient pas... Pour fêter ça, ma chérie, je t'offre une bague, tu sais, de mes bagues en argent, t'as plus qu'à en choisir une, celle qui te plaît le plus, ça sera la bague du permis !

Juste avant le couvre-feu, elle est repartie fringante, la bague au doigt... Ma (grande) petite-fille, j'en profite à fond, moi qui ai déjà fait un bon bout de chemin, il n'y a pas de temps à perdre, nous n'en perdons pas une miette... Elle est repartie sur son vélo tout neuf, en quelques coups de pédales elle y serait avant l'heure, pour fêter ça entre copains... Quel bon jour !

Mes amis, n'oubliez pas les bons jours dans les mauvais jours, nous avons le choix en ce moment, gardons le moral, surtout attendons les vaccins, ils sont en route... Je vais prendre rendez-vous... Je vous embrasse !

mercredi 27 janvier 2021

L'Échange !

 



Le fauteuil Louis Ghost en polycarbonate, de Philippe Stark

Toute une histoire !! J'adore ton fauteuil, me dit mon amie venue prendre un thé chez moi, il irait rudement bien dans mon séjour. Invisible et présent, fragile d'aspect et pourtant costaud, c'est mon style, contemporain, mais il semble inspiré d'un modèle de l'époque du roi Louis XVI. Philippe Stark, designer réputé, dit simplement :  en réalité, j'ai à peine esquissé la chaise Louis Ghost. Elle est issue de la mémoire collective... Nous voilà parties dans l'art déco pas bon marché, allez, on ne vit qu'une fois, nous n'avons plus le temps d'attendre, l'âge force la raison, et surtout l'empressement... Voilà des mois que nos achats se limitent aux navets, carottes, poulet, fruits... Pas d'excès, que de l'essentiel, il faut bien manger pour vivre ! Tu as raison, osons dépenser nos petites économies, le temps presse pour nous, faisons marcher le commerce, après l'aide à nos proches...

Mais mon amie, courons acheter ton fauteuil, et justement, j'avais le projet d'acheter deux chaises du même créateur, que faisons-nous ? Nous achetons sur internet, ou en boutique à Paris ? Tu décides, on fait comme tu veux... Nous irons à Paris, moi je n'aime pas du tout acheter sur internet, je n'ai pas du tout confiance, dit mon amie, allons à Paris, bien que je déteste ça, on ne peut pas se garer, les cyclistes roulent n'importe comment, rouler à Paris est une punition ! Mon amie y allait à reculons, mais moi je me disais, sournoise : j'espère bien qu'elle ne va pas changer d'avis, un petit coup de voiture, quand on ne conduit pas, on envisage plus facilement le déplacement !



La petite chaise me fait rêver depuis longtemps

Ça coûte beaucoup moins cher qu'une télé, pas besoin d'électricité, finalement, c'est un achat super écolo, pas d'arbre à abattre, léger comme une plume, de plus le vendeur au téléphone m'avait dit : vous profiterez de 15 % de réduction, on arrive, on arrive, mon amie tenait bon ! Nous voilà parties le lendemain, elle avait calculé l'heure, le trajet, activé le GPS, replié le banc arrière, la grande aventure, c'était pour nous. Voilà des mois que nous n'étions pas allées à Paris, à la Capitale, de plus dans les beaux quartiers, pas trop de circulation, le Paris d'antan, où on va comme je te pousse, il n'y a que le virus qui circule comme il veut, le maudit ! Nous nous garons sur un bateau devant un grand porche. Le magasin est immense, nos petits sièges nous attendent, emballés à l'avance, on fait chauffer nos cartes bleues, une petite facture et le tour est joué... Le retour s'est passé comme une lettre à la poste, mon amie rouspétait contre tout, c'était Paris qui lui faisait cet effet, le danger peut venir de partout !

Le fauteuil chez elle était parfait, royal, invisible, confortable, élégant, tu crois qu'il faut que je mette un petit coussin ? Pas du tout, malheureuse, il ne faut rien lui rajouter, tu en gâcherais tout le charme, il faut le garder limpide comme de l'eau, et beau ! Tu as raison, tu as raison, ne faisons rien... J'étais heureuse qu'elle soit totalement enchantée, mon amie est une perfectionniste, l'enchantement sera durable...

Sous sa housse, ma chaise écolo est arrivée

Ne bouge pas, j'emporte mes deux chaises, elles pèsent trois fois rien, j'habite au bout de la rue, nullement besoin que tu m'aides à les transporter, reste avec ton beau fauteuil Louis XVI... Merci, je t'embrasse, même masquées on pouvait voir nos yeux rieurs et contents...

Voilà, arrivée, enlevons les housses de ces beautés, une ici, l'autre là... Ah ! La housse enlevée, j'ai vu l'énorme rayure, profonde, sur le dossier de l'une d'elle... Impossible de la confondre avec un reflet, elle est rayée et bien rayée... Dans ma tête, je voyais déjà toutes les manœuvres que j'aurais à faire pour l'échanger : photo, téléphone, mails, négociations, rendez-vous, re-téléphone, re-mail, l'attente, l'échange à domicile, vont-ils vouloir ? J'étais dans de beaux draps... Car dans un premier temps, ils avaient tenté le : on vous préviendra quand vous pourrez venir la chercher !!! Pas question que je revienne une deuxième fois à Paris, vous vous rendez compte, une vulnérable comme moi, d'ailleurs je n'ai pas de voiture... D'accord, ne vous inquiétez pas, l'échange se fera à domicile ! Ouf !

Il faut attendre une quinzaine de jours, notre stock est en cours de réassortiment, la fabrication est italienne... On vous téléphonera... À la fin, comme dans les belles histoires, le miracle se produisit, pas de cris, pas d'énervement, pas de soulèvement de montagnes, ma petites chaise rayée et bien rayée fut échangée contre sa petite sœur, bien brillante, impeccable, sortie d'usine, nickel ! Merci beaucoup, vous avez tenu vos promesses, je suis contente, et c'était vrai, enchantée comme mon amie, de son fauteuil... Depuis, je me dis que j'ai bien de la chance de vivre avec mes petites chaises invisibles, pour l'entretien, juste un petit chiffon doux...

Mes amis, mes petites histoires, prennent de la place dans mon monde rétréci, les mots me servent de jumelles pour vous les raconter grandeur nature... Sortez masqués, gelés, distanciés... À très vite, je vous embrasse.

lundi 18 janvier 2021

"Chaque jour est un bon jour" : les petites prières !...

 



Tout le long du film japonais "Dans un jardin qu'on dirait éternel", de Tatsushi Omori (2018), j'ai réfléchi à cette petit phrase zen : chaque jour est un bon jour...

Dans le film, d'une lenteur infinie, bienfaisante et belle, nous assistons à l'apprentissage de la cérémonie du thé par deux jeunes Japonaises. Au bout de vingt, il reste encore tellement  à apprendre, pour tout maitriser au doigt et à l'oeil...Comme dans la vie, nous sommes toujours loin du compte...

Je me disais : vraiment, chaque jour est-il un bon jour ? Tant il y a de jours qu'on voudrait faire sauter, effacer du calendrier, extirper de notre mémoire, ne jamais avoir vécus... Tant de jours sont si mauvais, si tristes, si cruels, comment trouver "le bon jour dans le mauvais jour" ?

Comment peut-il rester une miette de bon jour dans une vilaine journée, très vilaine, affreuse ? À bien y réfléchir, le proverbe zen nous éclaire, nous en dit long sur nos perceptions profondes... Si à chaque jour suffit sa peine... Les petites joies ne sont pas loin, prenons-nous le temps de les mentaliser ? De les apercevoir ? Tenons-nous assez compte de la beauté, dans les jours fracassés ? Car, dans chaque jour de pensées sombres, il y a toujours une petite lueur, il faut s'y accrocher... Ça prend le temps qu'il faut... La beauté sait très bien y faire pour combler les trous noirs... Il faut laisser agir, ne pas se presser de tout jeter à la poubelle...



Ce matin, au téléphone, je disais à ma (grande) petite-fille combien la nature était belle, combien je l'ai regrettée à chaque départ des maisons de campagne que j'ai louées dans ma vie. La moindre pince à linge sur le fil pouvait devenir un objet d'art, pour peu qu'il y ait de la couleur et du soleil, voyez donc les lignes de linge qui pendent d'une rue à l'autre à Venise, et qui font l'éblouissement des touristes... L'art est partout, regardons !


Mon éblouissement dans l'Indre, 2017


Et à Venise, 2009

"Chaque jour est un bon jour" : quand vous avez cherché partout de quoi vous consoler, vous sortir d'un jour déprimant, un jour pour rien... Et êtes tombé nez à nez avec un peu de beauté que vous n'attendiez pas, le presque rien du "bon jour", le bonjour de votre voisin, d'un de vos proches, la petite couleur de ses yeux, la poignée de main (avant le covid). C'est donc possible ! Mais bien sûr !

Les petites prières

Danielle, dis-moi, il est sur quel sein, ton mal ? Je pense tous les jours à toi et je fais une prière. Mais voyons, chère Mireille, avec tous les saints du Paradis que tu connais déjà, tu vas avoir du mal à t'y retrouver ! Nous avons bien ri, mais j'avais au cœur sa douce prière journalière, elle savait pourtant que je  ne croyais en rien, la mécréante absolument totale, pas un Dieu, pas un ciel ne trouve grâce à mes yeux, juste tout le vivant et la Terre me touchent... Merci, merci mon amie, pour tes prières, vous imaginez, une personne qui murmure pour moi des vraies prières de chrétienne, elle intercède pour moi dans des hauts lieux inconnus, elle prend de son temps pour moi... Ça va peut-être marcher ? Merci, mon amie, pour ta générosité et ton attention...



Détail - La Madone sur son trône adorant l'Enfant Jésus - Antonio da Negroponte - vers 1470

Si les petites prières de mon amie pouvaient venir jusqu'ici, à Venise, se nicher dans les couleurs, les ors, les personnages et la beauté du paysage, devant le plus beau tableau que je connaisse, pour l'avoir tant admiré à chaque séjour... Mais les prières font ce qu'elles veulent...

Mes amis qui passez par ici, prenez soin de vous, portez masque et ayez gel en poche, attendons sagement notre tour de vaccin, on s'en portera tous beaucoup mieux... Je vous embrasse. À très vite...

mercredi 13 janvier 2021

La petite enveloppe et le calendrier !

 

Les petites enveloppes

Chaque année c'est la même chose, je me pose cette question fatidique : combien est-ce que je donne d'habitude à ma chère gardienne pour le 1er janvier ? Jamais je ne m'en souviens, alors je refais mes calculs, un billet c'est trop peu, tout est trop peu finalement, pour tous les services qu'elle nous rend, ses gentillesses, sa courtoisie, son efficacité... Dans un grand immeuble, ça devient un luxe d'avoir une gardienne (même si elle s'occupe de plusieurs bâtiments), moi, je l'appelle mon "ange-gardienne", et elle me dit : faites attention à vous, ne sortez pas de trop, vous allez bien ? Voilà plusieurs jours que je ne vous vois pas... Mon ange-gardienne est toujours sur le pont. Tout le monde pense qu'il faut faire des économies sur les gardiennages, c'est un tort, quand ils font bien leur travail, tout le monde est heureux, le patrimoine ne se dégrade pas, ils reprennent les récidivistes sur les papiers qui traînent, sur les souillures dans les ascenseurs. La courtoisie, le vivre ensemble auraient du mal à survivre sans eux ! Souvent, on me dit : Danielle, tu as une chance exceptionnelle d'avoir ton "ange-gardienne", alors là je dis : OUI !

Donc, j'ai glissé la petite enveloppe dans sa boîte aux lettres, la réponse ne s'est pas faite attendre, avec des mots chaleureux, remerciements réciproques, et patati et patata, bonne année, plein de santé, de bonheur, plein d'avenir... Rien n'est changé, c'est pas le virus de l'année 2021 qui va nous embêter encore longtemps, on va surmonter tout ça... Mais moi, je pense aux presque 70 000 morts de France, aux malades qui ont eu beaucoup moins de chance que les miens, que moi... L'année 2020, il faudrait la rayer des calendriers, en espérant qu'en 2021 on verra le bout du tunnel !


Dedans, il y a des tas de mots adorables, chaleureux...

Ma voisine amie m'a textoté : attends-toi à recevoir du courrier sur ton paillasson ! Mission accomplie, on s'est quand même vues à la dérobée, masquées, pas tout à fait gantées, mais de loin... Je suis rentrée avec le précieux paquet, tout plat, enveloppé dans un joli papier fleuri. Un beau calendrier ! Mais pas n'importe lequel, douze mois d'arbres remarquables, 30 jours par mois, je vais pouvoir les avoir à l'œil doux, marronnier, sequoia, chêne... Je n'oserais même pas tourner les pages, comment en abandonner un pour un autre ? Comment je vais passer au mois de février en laissant au dos la photo magnifique d'un séquoia millénaire ? Cette année sera difficile, un arbre par mois, c'est cruel !


Les arbres sont mes chouchous

Je n'ai pas envie de sauter le mois de juin, celui du marronnier en fleurs, je pense que c'est un banc qui est contre son tronc, 30 jours seulement pour être dans son ombre, c'est peu. Au mois d'août, c'est un fantastique baobab (si je ne me trompe), les noms des arbres ne sont pas mentionnés sur ce calendrier, c'est bête ! Comment faire, j'ai essayé de photographier les arbres du calendrier avec l'application PlanNet, mais ça n'a pas marché, sauf pour le marronnier en fleurs, PlanNet ne pouvait pas se tromper, alors, j'ai cherché le nom du photographe (qui figurait en tout petit sur le côté), j'ai trouvé son site, et je lui ai envoyé un mail pour lui demander le nom des arbres qu'il avait magnifiquement photographiés...

Il m'a répondu gentiment que le gros arbre tortueux de la couverture était un vieux chêne d'une forêt anglaise... Pour les autres, je lui ai envoyé les photos du calendrier, comme il me le demandait... J'attends sa réponse...


Le magnifique marronnier en fleur du mois de juin (Dugdax/Shutterstok.com)


Pour le mois d'avril, c'est un baobab (je crois, j'attend la réponse du photographe)
Monsieur Fabrice Milochau, merciii...

L'année commence bien, des cadeaux et des sourires sur fond de sinistre sanitaire, bientôt ce sera mon tour de vaccination, la sécurité de ne pas attraper la forme grave de la covid-19, c'est déjà ça...

En ce moment, le temps est si gris que je ne peux pas faire de photos, pas besoin d'aller dans les squares, ni nulle part, le ciel est gris comme le fond d'une casserole... J'attends que le ciel change de couleur...

Mes amis, prenez soin de vous même avec le vaccin, il faudra continuer les bals masqués... À très vite, je vous embrasse

mercredi 6 janvier 2021

Le Père Noël de janvier 2021

 


La saison des oranges du Portugal

J'avais posé près de la balance quelques oranges et de la salade de mâche, en vrac, bio, que je désirais acheter, et que notre primeur avait eu la bonne idée de nous proposer... Puis deux jeunes femmes rieuses, vives, ont fait leur entrée dans la boutique, l'une qui n'avait pas de masque, portait la tenue des musulmanes, peut-être un peu plus croyantes que les autres (?), toute de noir vêtue de haut en bas avec ce vêtement ample qui couvre tout le corps... Elle avait un visage éclatant, elle était souriante des pieds à la tête, mais sans masque ! Pour une fois, notre primeur avait osé lui dire : madame, vous ne pouvez entrer dans la boutique, le port du masque est obligatoire, trop souvent il ne le faisait pas, ce qui m'énervait un peu, car son magasin est tout petit, mais heureusement pour lui, les clients ne lui manquent pas... Donc, on jouait des coudes à moins d'un mètre...

La copine de la jeune femme portait le masque. Courte vêtue et aussi souriante que l'autre, elle allait et venait dans la petite échoppe, prenait un à un les légumes et les présentait à son amie : et ça, tu veux ? Et ça ? Non, non, je veux juste un concombre. Elle le soulevait du bout des doigts, il coûte combien ? 0,99 centimes, d'accord, je peux payer en carte bleu ? Le primeur la regardait avec des yeux ronds ! Ben non madame, avec la carte bleue, c'est 5 euros le minimum !



Bon, bon, bon, alors, je prends ça... Elle fit virevolter gracieusement une main au dessus de mes oranges  et de ma mâche, je ne comprenais pas bien ce qu'elle voulait. D'accord d'accord, j'ai vraiment besoin du concombre, et vous mettez ça sur la note... Mais madame... Elle continuait allègrement à faire ses courses sur le pas de la porte, elle s'était juste avancée pour désigner mes fruits et légumes prêts à la pesé, et répétait : je prends ça, et ça, justement, c'était mes courses... Eberluée, je lui dis : mais madame, vous voulez payer mes courses ? Bien sûr, avec mon concombre, ça fera le compte, elle avait calculé dans sa tête que le concombre et les petites courses de la petite dame (moi) devraient faire un peu plus que 5 euros, pour payer avec sa Carte bleue... Le patron  avait beau lui dire que les oranges, ça pesait lourd, elle n'écoutait pas... Visiblement elle n'était pas à un euro près !

À la fin, j'ai bien fini par comprendre que je me trouvais devant le Père (Mère) Noël... Madame, vous êtes vraiment originale, je vous remercie, c'est bien la première fois de ma vie que quelqu'un d'inconnu paye mes courses à ma place, ne changez rien, vous êtes vraiment la Mère Noël la plus sympa que j'ai rencontrée... Merciiiii, bonne année et bon concombre, nous étions tous à rire dans le petit magasin, je suis repartie avec un beau petit sac en papier rempli d'oranges et de salade, aux frais d'une princesse démasquée...

Je crois bien que ce gentil cadeau de très près de 7 euros nous portera chance à toutes les deux, l'année commence bien : cadeaux, rires et bonne humeur... Encore merci, chère madame !

Cette belle histoire de Noël, je l'ai racontée à tous ceux qui voulaient bien l'entendre, la jeune femme, je la revois encore, contente d'avoir résolu son petit problème, généreusement, gracieusement, ça vaut tout l'or du monde !

Mes amis, je ne sais sur quel chemin je vais me trouver demain, mais rendez-vous pour de nouvelles aventures des rues... Prenez soin de vous, le vaccin est presque là, à notre portée, ne risquons rien jusque là ! Je vous embrasse...