mardi 5 novembre 2019

La Saga de l'Indre (8)



Dans la campagne : le chef d'oeuvre naturel ! 
Les arbres :

Avant de partir en campagne, j'avais réfléchi intensément : je vais me focaliser sur les arbres, il y en a sûrement de très anciens, à moi de les découvrir, avec les gens qui connaissent le coin, ou toute seule... La tâche était ambitieuse !

Je m'étais déjà bien chauffée à l'exposition de la Fondation Cartier : Nous les arbres (jusqu'au 5 janvier 2020). J'avais du pain sur ma planche...

Des arbres anciens ? Où trouver ces merveilles dans mon coin ? C'est comme ça que j'ai commencé mon exploration. Dis-moi, mon amie, sais-tu où je pourrais voir des arbres remarquables ? De vieux arbres, tu veux dire ? Oui, de vieux arbres... Attends, il me semble que dans le vieux chemin des "corbieaux", mon chemin d'enfance, nous y allions jouer avec les copains, en bande, il y avait des arbres creux, on se cachait dedans, nous aimions particulièrement ce chemin. Tu vois, tu descends et sur la gauche, tu y es, tu peux y aller à vélo, facilement... Voilà une bonne adresse...


Un petit coup d’œil en arrière avant de poursuivre...

Dès le lendemain, je dis à ma sœur, venue me rejoindre quelques jours dans ma pampa : allez, en route, nous allons voir les arbres ! Et voilà la petite troupe réduite à nous deux sur le chemin des arbres anciens...  Le vieux saule creux nous l'avons trouvé tout de suite :


L'arbre creux, c'était celui-là, un saule bicentenaire sans doute, encore vert


 Le creux du saule était toujours visible sur la droite, masqué par la végétation parasite qui maintenant l'habitait


Ces branches si épaisses avaient une force visible...

Ma sœur faisait ses vrais premiers pas dans cette belle campagne depuis sa malencontreuse fracture de cheville, une marche plus adaptée que les instruments de torture du kiné, et surtout mille fois plus belle à regarder... Nous avancions comme des tortues attentives dans le chemin des "corbieaux". Tout était à voir et à revoir, découvrir, je ne me souvenais de rien, tu es sûre que nous sommes déjà passées par là ? J'avais tout oublié, je n'avais qu'une seule chose en tête : les arbres anciens...


La peau du saule est grise, sèche et noueuse

Passé le vieux saule, nos yeux cherchaient les autres : mais, dis-moi, vois-tu ce que je vois, cet arbre dans la prairie, là-bas ? Il a l'air gigantesque, ne bouge pas, ménage tes forces, je vais voir...



Un énorme chêne trônait en bord de champ

Le ciel n'était pas bleu, mais on s'en moquait, j'ai fait le chemin vers lui, l'appareil photo au cou, je courais presque. Pour l'avoir en entier, il m'a fallu prendre beaucoup de recul, l'approche se fit en douceur, quand je me suis trouvée dessous, en levant la tête j'avais déjà envie de pleurer...


Sous le grand chêne


Ce chêne avait dû être trogné il y a plusieurs années, car ses branches partaient bas, et étaient très grosses


Sous l'arbre, devant sa force et sa grandeur, je me sentais toute petite, traversée par un peu de peur, mais surtout de l'émerveillement...


Sous ce grand chêne, tout devenait magnifique

Sa puissance était incroyable, chaque branche était énorme, il levait pourtant les bras au ciel avec grâce, sa massive présence me  donnait des frissons, et les larmes aux yeux. Comment est-ce possible que cette force existe à côté de nous ? Nous pouvons même ne jamais la voir, voilà plus de dix ans que je viens par ici, et j'avais la tête ailleurs. Je pensais maintenant, sous le chêne, à la toiture de Notre-Dame de Paris, brûlée vive un soir d'avril, ceux qui ont eu la chance de voir la forêt de chênes qui la composait peuvent souhaiter sa reconstruction à l'identique... Sous ce seul chêne, je comprenais ce que devait être cette immense beauté, calcinée...




Plus je m'approchais et plus l'émotion grandissait, l'intérieur de ses branches donnait le vertige

Je ne suis satisfaite d'aucune photo, mais je continuais à en faire, chaque fois que je passais dans le chemin, j'allais sous le chêne, presque avec crainte tellement ça me dépassait. J'avais inauguré des rendez-vous avec cet arbre plus beau que nature, et d'après mes calculs techniques (piochés sur internet), il devait avoir au moins deux cents ans.

Une joie indicible m'envahissait à chaque passage, mes amis le savaient : tu vas où ? Je vais le voir... Bon, tu nous raconteras... Et je leur racontais à chaque fois avec d'autres mots, mais toujours avec la même admiration. Ils ne connaissaient pas cet arbre comme moi, voilà longtemps qu'ils n'avaient pas joué dans le chemin, l'arbre était là bien avant eux, bien avant leur enfance, ils me dirent qu'il avait sans doute deux fois cent ans, et avait passé son temps à grandir sans leurs regards. Mon ami m'expliquait la trogne des arbres : couper la tête du tronc, laisser pousser, pour récupérer beaucoup les bois de chauffage à portée de main. L'arbre prenait ainsi de la robustesse, développait ses branches, et poussait tout seul avec force. Ma mère me disait : va ébrancher le chêne, disait mon ami... Et voilà le chêne depuis très longtemps libre de pousser comme il voulait, il montait en s'épanouissant, dans son ombre on pouvait mettre tout un troupeau de vaches... Et moi !

Les promenades aux chênes étaient superbes, j'y allais avec la même joie qui m'animait quand je visitais les cathédrales, j'admirais les sculptures, tableaux, et autres chefs-d’œuvres, je me mesurais à  leurs hauteurs vertigineuses, en retenant mon souffle, sur la pointe des pieds, comme pour approcher un mystère éternel. Toutes ces géantes admirables m'éblouissent toujours, à chaque visite, elles renouvellent mes sensations : les cathédrales gothiques, sculptées comme des dentelles, et les plus anciennes, les romanes, plus sobres, simples, dénudées, lisses, il faudrait toutes les voir tellement de fois pour les retenir pour toujours en nous... Il en va de même pour les grands arbres de l'Indre : chênes, noyers, châtaigniers, séquoias, cèdres du Liban, de très vieux hêtres époustouflant, ils m'ont donné de grandes joies, des frissons, comment rester insensible à ces grands monuments de la nature, si simplement beaux, si merveilleusement beaux ! Ils ont grandi loin de nous, ils sont là, sans paroles, leurs feuillages susurrent pourtant au moindre vent, comment ont-ils fait pour s’épanouir, survivre, devenir gigantesques, contre vents et marées, avec cette puissance ? Ils auraient des choses à nous  dire, certains savants le soutiennent, ils seraient capables d'éprouver des émotions eux aussi... Bien des gens passent leur chemin, sans y faire attention, très attention, comme je l'ai fait pendant tant d'années, ils ont fait pour moi seulement partie du paysage. Aujourd'hui je me réveille, je les remarque plus, je les cherche, comment pourrions-nous vivre sans eux ? Ils existent depuis des centaines d'années, si près de nous... Il suffisait de lever les yeux, de s'en approcher, de les toucher, ils le méritent. Pendant ce mois de septembre, j'ai essayé de rattraper le temps perdu, combien de fois ai-je ouvert les bras pour estimer leur circonférence et calculer à peu près leur âge, je ne suis pas encore devenue une adepte de la transmission énergétique des arbres, mais ça peut venir...


Ce chêne-là dépassait de loin le toit des maisons, on entrait dans son cœur comme dans une immense cabane


 Les grands noyers

Cette année, en septembre de canicule, les noix avaient du retard, elles s'accrochaient encore aux branches, aucune ne tombait, je ne les attendais pas... J'étais occupée à autre chose, je regardais la cime des arbres...

J'ai poursuivi mes chemins aux arbres comme une aveugle guérie... J'en ai vu d'autres... Ce mois de septembre aux arbres avait pris une dimension exceptionnelle pour moi ! Je pleure encore en y pensant...

Mes amis, mes passagers, je vous en parle dans le dernier post sur l'Indre. À très vite !



dimanche 3 novembre 2019

Saga de l'Indre (7)


La cueillette des fleurs

Histoire sans (peu de) paroles :

Finalement, un mois à la campagne me donne beaucoup de travail, celui que j'aime...

- Regarder
- Admirer
- M'extasier
- M'enthousiasmer
- Cueillir
- Ramasser
- Glaner
- Éplucher
- Cuire
- Photographier
- Saluer, bavarder... Accueillir avec cœur quelques confidences...
- Faire du sport cycliste
- De la marche à pied
- Contempler enfin les étoiles et la pleine lune, en pleine obscurité
- Écouter le silence
- Rester chez moi, pour éviter de recevoir la pluie qui est tombée toute la journée... Pendant un seul  jour...

J'avais pris une résolution : abandonner la lecture (que je pouvais faire à loisirs en ville) au profit de l'espace extérieur, des rencontres... Je me disais, au lieu de lire : regarde, marche, découvre, respire, un mois, ça passe trop vite... Profite de la campagne minute par minute... Cet abandon de la lecture, je le fais aussi pour les transports en train : regarde par la fenêtre, il y a tant de paysages que tu ne connais pas... Dans le métro, je lis, car il n'y a rien à voir, je ne peux pas dévisager mes voisins, ça ne se fait pas...

Le ramassage, cueillette, glanage : 


Les pêches tombées par terre : délicieuses


Les mirabelles ramassées sous l'arbre : sublimes


Les fruits qui m'attendaient


Les goûts d'automne

Les cadeaux :






Les cueillettes en passant, pour les amis, les voisins, les enfants : un plein seau !

Les cadeaux, je ne les ai pas tous photographiés, ni même parlé de toutes les causettes qu'ils ont généré...

Les fabrications culinaires :




Les tartes mitonnées et partagées !




Les compotes de mirabelles partagées

Faire du sport cycliste :


Et ne pas oublier de se reposer, dans les bottes de foin

Et de la marche à pied : 


Et revenir crevées avec ma sœur (venue me rejoindre quelques jours)

Les bouquets de fleurs :




Petits vases, petits bouquets, grande beauté


Dès que je suis revenue en ville, je n'ai pensé qu'à la campagne, j'ai eu du mal à me détacher des champs, des arbres et des fruits de saison. Enfermée volontairement dans mon appartement, je n'avais pas envie d'arpenter les trottoirs, de reprendre le métro, je faisais les courses a minima, sur mon balcon, les plantes bien roussies ne m'intéressaient plus... 

Il m'a fallu du temps pour reprendre pied avant de retourner au cinéma. Maintenant que je suis raccord avec la pollution, les particules fines, le monde, le bruit, j'ai retrouvé avec plaisir le programme magnifique de mon cinéma de quartier... J'ai déjà vu : Hors Normes, des deux réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache avec Vincent Cassel et Reda Ketab, remarquables, un film très émouvant et un scénario ciselé, des réparties cultes ! Sorry we missed you de Ken Loach, superbement angoissant, Matthia et Maxime de Xavier Dolan, j'ai pleuré tout le temps, La bonne réputation de Alejandra Marquez Abella, film mexicain qui m'a barbée, le petit dernier : La cordillère des songes  (documentaire) de Patricio Guzman, chilien, j'ai adoré ! Je suis en retard, je suis en retard...

Promis juré, la der des ders (faut voir) : Saga de l'Indre numéro 8, les arbres ! Qui m'aime me suive ici... À très vite !

vendredi 1 novembre 2019

La Saga de l'Indre (6)


Les réserves d'eau... Directement branchées sur la gouttière

Les jardins :

Cette année, les jardins ont poussé sans eau, très peu de légumes, ou venus très tard, sur la fin de mon séjour, ce qui fait que je n'ai pas eu beaucoup de tomates : une grosse par jour, c'était déjà bien, il ne m'en fallait pas plus, elle me faisait deux repas. Rien ne se perd, rien ne se jette, tout se mange, peu de courgettes, et je ne parle pas des fleurs, plus de belles couleurs dans les plates-bandes... Je n'ai pas pu me venger sur les noisettes, véreuses, petites, les noix trop tardives pour la dégustation, heureusement qu'il y eut les figues et les pommes...


Les beaux cadeaux de l'automne et de mes amis de campagne

Quand mon ami de la campagne me demandait : tu veux quelque chose, Daniella ? Je disais tout le temps : oui, car je savais que tout me serait offert à l'unité, le jardin souffrait sous son parasol de fortune... Mais pour les tomates, je le pressais de m'en donner seulement une par jour, pour ne pas gaspiller... Dès mon arrivée, j'avais cueilli les mûres derrière le jardin, la canicule les avait fait venir par tombereaux, elles sentaient le soleil, les mouches n'étaient pas encore passées dessus, elles brillaient comme des pierres précieuses... Les petites mirabelles, je les avait glanées sous l'arbre...


Le jardin couvert, pas à cause du froid, mais à cause du chaud


Tous les jours, mon ami de campagne allait ouvrir les parasols, couvrir les salades, les herbes, les carottes. Tous ces recouvrements qui d'ordinaire s'utilisent pour protéger du froid, aujourd'hui luttent contre la chaleur... Je n'avais jamais vu ça, les tomates ne voulaient pas rougir... Les poules trop vieilles ne pondaient plus, la bérézina, je n'avais pas eu non plus ma douzaine d’œufs comme cadeau de bienvenue,  jamais je n'avais vécu tout ça !

J'allais moins souvent dans son jardin, puisqu'il n'y avait pas grand choses à voir, mais je continuais à photographier le rangement de son hangar où, pendant une grande partie de sa vie, il avait engrangé, étiqueté, aligné, compté le matériel nécessaire à son métier de carreleur. Tout le travail d'une vie se voyait encore ici, quelques spécimens continuaient à être gardés, rangés, précieusement : ça peut encore servir (formule sacrée), et ça servait de temps en temps... Pour les photos, il faut que je fasse vite car, depuis quelques années déjà, il donne, distribue à sa famille, à ses amis, ce dont ils ont besoin... Bah ! Faut bien que ça serve... Et je voyais bien dans ses yeux, j'entendais dans sa voix, des regrets, des hésitations et pour finir du contentement, il passait la main...


La nécessité du moment et les souvenirs, un vieux sac en cuir ramené d'Afrique


Il ne passait pas la main sur tout... Les sécateurs, les râteaux, les tronçonneuses à végétaux, la petite brouette à roues, les gants protecteurs, je les retrouvais partout avec joie... Mon ami, garde la main, ne donne pas tout... Je t'en prie...



Le râteau



La petite charrette à herbes

Aux quatre coins, il avait soudé une petite barre pour augmenter la capacité de ramassage des feuilles et des branches, il savait tout faire, il pouvait construire une maison du sol au plafond...

Jamais je ne l'avais vu perdre du terrain, tout était nickel. Comme il disait : demain, je ferais le reste, et il le faisait... Moi, je photographiais...

Mais la magie des fleurs, des animaux semés ici où là, je vous l'ai dit déjà, c'était Elle... Beaucoup de voisines venaient chercher des boutures de ses plantes exceptionnelles... Elles se refilaient des recettes : soleil, beaucoup d'eau, ah non ! Ça, plutôt à l'ombre, des bavardages infinis... Tandis que moi, je lisais dans mon coin sans en perdre une miette...


Seuls les cyclamens sauvages poussent sans Elle

À la fin de mon séjour, ils m'ont dit : tu sais, Daniella, le bouleau est mort, mais nous craignons pour les autres arbres, j'espère qu'il va bientôt pleuvoir... Bien sûr, moi je me disais : bon, d'accord les amis, je veux bien qu'il pleuve tout ce que vous voulez, mais quand je serai partie. Heureusement que ce n'est pas moi qui fais la pluie ou le beau temps !


Au prochain post, les amis, je vous parle des arbres.. En principe, on ne sait jamais... Vous voyez, mes amis, mes passagers, comme un mois à la campagne me profite...


mardi 29 octobre 2019

La Saga de l'Indre (5)


La routine

Les paysages :

Sous cette glycine en forme de charmille, je suis chez moi, il m'a suffit d’ouvrir la petite porte en bois... Le grand voyage commençait là, au bout de cette perspective, il y avait un arbre...


La petite porte verte...


L'arbre, un grand noyer, et le petit tas de végétaux à brûler

Ce paysage, cette perspective qui m'avaient échappés l'année dernière à cause de mes ennuis de santé, je les pressais sur mon cœur, et mes yeux voyaient très loin... Rien n'avait changé, hormis le joyeux désordre de la végétation, elle poussait dans tous les sens, sans se soucier des regards des humains.

La nature vit sa vie, sans rien dire à personne, elle nous donne tout et n'attend rien, pas de compliments, pas d’enthousiasme, pas de remerciements, elle ne demande pas d'échange, pas même un regard, elle offre sa splendeur... À nous de la parcourir avec émerveillement, à nous de la voir...

Cette année, j'ai repris tout à bras le corps, j'ai retrouvé les ornières du chemin qui mène à l'étang, plus profondes, plus méchantes pour moi : allez, ma fille, descends de ton vélo, attention à la chute, les trous ont grandi, deux années sont passées, casse-gueule, méfie-toi, fais donc le reste à pied, c'est plus sûr, promène ton vélo tranquillement à côté de toi...

Je sais où je vais poser mon vélo, où je vais m'asseoir, où je vais compter les pommiers en plein vent, je vais faire l'inventaire de mes paysages...


Je le pose là, et je regarde


Le pommier aux tomates

Dans ce jardin de plein air, personne pour voler les fruits, et pourtant ça se fait par ici, j'ai souvent entendu le jardinier se plaindre des larcins... Mais moi, ce qui m'intéresse c'est le paysage, les couleurs... Et le silence !

Bientôt je serai à l'étang, encore un petit effort, je suis curieuse de voir s'il y aura de l'eau... J'avais tout embarqué dans mes sacoches : les jumelles neuves, l'appareil photo, la tablette... Bonjour l'étang, me voilà, je vais pouvoir contempler les hérons, les ragondins, les cormorans, un peu plus tard sur le séjour... Et j'ai vu le désastre que la canicule avait causé...


L'étang au trois-quarts vide !


Sol sec et fissuré


L'accotements en ruine


Les quelques marches entièrement dégagées, abandonnées...

Plus rien à voir, ni hérons, ni ragondins, quelques carpes sautaient encore dans le petit endroit près de la bonde, encore rempli d'eau... Poignant ! Je me suis rendue compte combien un étang était peu profond, et je comprends mieux pourquoi on peut immédiatement remettre un endroit comme ça en culture, et même le redonner aux vaches, une prairie de plus ! La transformation peut être rapide si l'étang est vendu, et revendu...

J'avais tout imaginé sans canicule, comme si ce lieu pouvait être plus préservé qu'ailleurs, je pouvais remiser mes nouvelles jumelles, pas d'animaux à l'horizon, pas un canard, pas un cygne, j'ai oublié l'étang et j'ai repris le chemin du retour... Je ne vais pas le mettre dans mes bagages cette année. J'ai refait mes paysages à l'envers... Dans ma course j'ai rencontré les vaches, les arbres, petits bois et vignes, pas besoin de jumelles pour les vaches qui me regardaient de près dans le blanc des yeux en remuant la queue, immobiles, patientes et attentives. Je jetais mon vélo sur le talus, en douceur, et je restais à les regarder en me disant : quel beau spectacle !


 La mère et son petit, méfiante


L'eau, il y en avait ici pour les vaches


Elles se tenaient loin

Chaque jour j'explorais, pas trop loin de la maison, inutile de me lever de bonne heure le matin, tout était à ma portée, je mettais trois fois plus de temps à explorer ce que je croyais connaître par cœur, je devais tout reprendre à zéro... Tout regarder, tout recommencer, la nature me faisait cet effet là, de changement permanent, les surprises, les beautés à tous les coins de chemins... Je partais avec un cœur neuf ! La petite aventure de chaque jour et les grandes récompenses, les émotions changeantes...


Mes amis, tour de pédale après tour de pédale, j'ai fait des petits périples qui ont grandi dans ma tête, des grands tableaux peints par la nature s'offraient à moi, quelle joie !

Je reste en campagne sur le prochain post de la Saga de l'Indre n° 6