mercredi 28 avril 2010

l'arrivée, Déshumanisation, Mon Dieu.
















Une de mes amies m'a envoyé ce texte, lors de sa visite à Berlin, copié au mémorial de la Shoah, et j'ai trouvé cet inventaire poignant :


L'arrivée, Déshumanisation, Mon Dieu.


Mon Dieu,


je n'ai plus de vêtements sur moi,


je n'ai plus de chaussures,


je n'ai plus de sac, plus de portefeuille, plus de stylo,


je n'ai plus de nom. On me l'a étiqueté 35 282.


Je n'ai plus de cheveux, je n'ai plus de mouchoir,


je n'ai plus les photos de maman et de mes neveux.


Je n'ai plus l'anthologie où chaque jour,


dans ma cellule de Fresnes


j'apprenais la poésie.


Je n'ai plus rien.


Mon crâne, mon corps, mes mains sont nues.


Catherine Roux


35 282

4 commentaires:

norma c a dit…

Très émouvant!
Un souvenir qui n'est pas des plus glorieux pour l'espèce humaine...

Danielle a dit…

Merci Norma de votre visite, et de votre émotion.

A bientôt.

Anonyme a dit…

J'ai un questionnaire lundi en français sur ce poème .
Quelles seront les questions a votre avis ?
Merci de m'aider .
Elève de 3°.

Danielle a dit…

Bien sûr je veux bien vous aider, mais il est difficile de prévoir les questions, nous pouvons y réfléchir quand même.

Voilà les idées qui me viennent : cette femme a survécu au camp de Ravensbrüch mais elle a subi la condition des concentrationnaires. Elle a écrit un livre qui s'appelle Le triangle rouge paru en 1977 (le triangle rouge était la marque des prisonniers politiques dans les camps de concentration, Catherine Roux a fait de la résistance)

Nous pouvons supposer que ce poème si émouvant, a été écrit après cet enfermement au camp.

Il fait l'inventaire de tout ce qui lui a été supprimé dans ce camp, tout, elle reste nue, devant les bourreaux.

Ce déshabillage minutieux, si pathétique, nous apprend beaucoup sur ce qui est juste nécessaire pour exister : un corps , des souvenirs précieux de sa famille, la poésie très présente pour elle, et qui ne peut même plus être notée, elle n'a plus rien, que son esprit et le n° inscrit sur son bras, comme un objet à ranger, à bruler... Totalement nue et désespérée.

Son poème, si simple, avec des mots si courants, grave dans mon esprit, la douleur, l'ignominie, qu'elle a du ressentir. Le poème est peut-être comme une prière comment Mon Dieu, vivre ça ?

j'espère avoir contribué à votre réflexion ?

Bon courage pour votre cours de Français.