jeudi 17 juin 2021

La belle rue du Retrait à Paris 20e me laisse sans voix ! Trouver Mosko...

 


Le plan de bataille, direction le 20e arrondissement

J'avais fait mes petites recherches sur internet : voyons voir, où pourrais-je trouver des pochoirs de Mosko et d'autres, pas trop loin de chez moi, à Paris ? Ceux que j'avais trouvés étaient à deux stations de métro, parcours rêvé ! Je m'étais imprimé le plan du quartier, j'avais souligné de couleur les rues remarquables pour les repérer rapidement, une vraie colonelle sur champ de bataille, j'ai pris mon pic et mon piolet, et en avant Louise... Je m'étais dit, je vais explorer et je vais passer un chouette après-midi !

Mosko à Montreuil :

Les beaux pochoirs de Mosko vus à Montreuil m'ont donné l'envie d'aller les voir ailleurs...


Pile à l'arrêt de mon autobus, pas loin de la mairie


Mosko 1


Mosko 2, à l'arrêt de l'autobus

Ailleurs, c'est le 20e arrondissement, comme qui dirait la porte à côté !  L'entrée dans la rue du Retrait se fait comme si on feuilletait un grand livre d'images, où tout est vrai, je n'en revenais pas, ça existe une rue comme ça ? Des fleurs, des oiseaux, des papillons, des arbres et un tigre, quelle joie d'habiter là... J'allais à petits pas, clic ici et là, et encore là... J'interrogeais les gens au hasard : vous habitez là ? Les gens avaient le sourire, il fait plus calme ici, plus frais, plus coloré, c'est une rue boute en train... Il faut ouvrir grand les yeux ! Le voyage commence tout de suite...


L'entrée dans la rue du Retrait : fleurs et ballon dirigeable autour du monde, no limite !

Je traversais d'un trottoir à l'autre, comme on saute un petit ruisseau, chouette, pas beaucoup de circulation, j'étais libre comme l'air de me planter au milieu de la rue pour faire des photos...


Un arbre léger comme l'air, le personnage prend son envol avec les ballons, tout est bon pour partir en exploration

Elle est incroyable, cette rue, plus j'avançais, plus je me réjouissais, des surprises et encore des surprises, il fallait la remonter en douceur... La perspective peinture n'en finissait pas, de chaque côté de la rue les couleurs jaillissaient...


Ce n'est pas terminé, incroyable, formidable, il y avait un véritable plan de forme et de couleurs, une mise en scène de la rue, ils s'y étaient mis à plusieurs, sous la baguette d'un chef d'orchestre : l'association "La rue du Ratrait"  (ancien nom du vignoble qui poussait sur les lieux)

Il y a eu ici une implication et un dynamisme fort de la part des citoyens de la rue, tout a été pensé avec l'objectif de végétaliser la rue, sur les murs des maisons, du mobilier urbain, des poteaux de sécurité, pots de fleurs, tout est en fleurs avec ciel bleu obligatoire... L'association a fait appel à des grands noms du street-art, la rue a été inaugurée en 2018, je n'ai pas trop de retard, ouf !


Le théâtre de Ménilmontant fermé pour insécurité, zut !

L'aménagement a été réalisé avec la ville de Paris, je suppose que la ville a dû beaucoup mettre la main à la poche pour le financement. C'est une très belle réussite ! Dans cette rue, il y a une résidence sociale pour travailleurs migrants, une crèche, un centre d'action sociale de la ville de Paris, une résidence pour personnes âgées, un jardin maternel, deux écoles maternelles publique et une privée, des résidences en copropriété... Le théâtre actuellement fermé (pas dans les normes de sécurité) appartient aux frères salésiens de Don Bosco, tout le monde attend sa réouverture... Les restes de la chapelle, construite en 1918 (au dessus du théâtre) : elle est aujourd'hui désaffectée et sert de lieu de stockage des costumes et accessoires du théâtre.


Jolie façon de nous inviter à tourner à gauche...

Mais avant de tourner à gauche,  j'avançais avec précaution pour ne rien rater... Je suis tombée sur la bibliothèque d'échanges, trop belle, si mignonne, le pot de fleurs aussi avait pris la parole... 


Gagnant/gagnant : 1 tu me prends, 2 tu me remplaces


Ah, le voilà ! Le tigre magnifique ! Les papillons ne sont pas de lui, je pense que les bambous non plus, il travaille en association avec d'autres artistes

Mosko raconte que ses références de street-art sont (entre autres) : Ernest-Pignon-Ernest, Jérôme Mesnager (présent dans la rue du Retrait), Miss.Tic, que des pointures, ça ne m'étonne pas ! Toute la jungle de Mosko plait à tout le monde, les plus méchants sont des gentils, les lions, les tigres, les girafes, n'en parlons pas, tout le monde les aime... Les animaux en voie de disparition, Mosko n'a pas l'air d'y penser vraiment, moi j'aimerais bien qu'il y pense, ça serait superbe dans les rues... Et triste aussi !

Je termine la rue sans tourner la tête, les merveilles que je vois, je vous en parle dans le prochain post... En revenant sur mes pas, avec une amie qui s'émerveilla comme moi... Elle ne s'attendait pas à trouver de la campagne par ici, des bêtes sauvages, et des ballons qui volent...


Carrément mimi le tigre, non ?

Mes amis, la prochaine fois je vous raconte l'autre côté de la rue, et les rues adjacentes, vous n'allez pas en revenir.

À très vite sur les pas des artistes de rues... Je vous embrasse...

lundi 14 juin 2021

Le très beau musée Carnavalet, consacré à l'histoire de Paris... Rouvre ses portes, allons-y !

 

La cour d'honneur Louis XIV, les bas-reliefs du fond sont de Jean Gougon : Les quatre saisons

Dès sa réouverture, le musée Carnavalet fait un tabac !

Après quatre ans de fermeture pour rénovation et agrandissement, j'en étais encore à me demander s'il  fallait y aller maintenant ? Je me suis tâtée, vaccinée, flux contingenté, mais bien sûr, il faut profiter de Paris sans touristes, j'ai deux mois à peine avant que les vacanciers du monde entier ne rappliquent, rendant tout plus difficile. Très vite je vais devoir lâcher (pour cause de files d'attente insupportables) les musées, les expos, les quartiers encombrés de cartes postales, souvenirs, fausses glaces artisanales et restos parigots ! 

Dans ces moments pandémiques, hélas ! L'obsession est bien sûr à la réduction des jauges. Quelle aubaine, prendre ses places à l'avance (même gratuites pour les collections permanentes), parfait, choisir son horaire, génial, son jour, parfait, si ça pouvait durer toujours ! Les jauges "pas pandémiques" devraient devenir la norme pour rendre, enfin, les visites agréables.

Ça te dirait qu'on aille au musée Carnavalet, il paraît qu'il est tout pimpant, presque neuf ? Mon amie est toujours partante, rendez-vous au métro, partons sur Paris, dans mon quartier d'enfance. Il y avait toujours quelque chose à voir au Musée Carnavalet, plus gris, plus poussiéreux qu'aujourd'hui, son air vieux jeu me plaisait, le parcours était brouillon, les buis du jardin étaient plus hauts, très beaux. On y va, j'en trépigne de joie, mon amie est toujours très enthousiaste. Déjà, quand j'étais petite, moyenne et grande, je ne me faisais jamais prier pour y aller, l'entrée ne coûtait pas grand chose (la gratuité d'aujourd'hui est encore mieux), le coin était calme et tranquille, il permettait d'aller lentement et d'admirer. Par ici, les rue de Paris étaient les lignes de ma main... Je les connaissais comme ma poche...

Bon, Danielle, tu ne vas pas nous la faire à l'envers, le Musée Carnavalet est malheureusement situé dans le Marais, donc au cœur du tourisme, cœur du monde, cœur des glaces et des estaminets, cœur d'une "tradition" pourtant envolée, c'est la vie, pas la peine de ronchonner... Bien sûr !

J'avais nos deux beaux billets imprimés, le jour, l'heure étaient notés, pas question d'arriver ni en retard, ni en avance, il fallait être à l'heure, on prend l'autobus ? Oui, c'est bien plus agréable, une belle balade, laissons-nous glisser tout au long des vitrines qui défilent à toute allure, je préfère glisser avec embouteillages pour faire durer le plaisir...


2016... Le jardin, déjà très beau


 2021... Le jardin intérieur et les buis retaillés, retravaillés...


2021...Work in progress

Locataire de 1677 à 1696, Madame de Sévigné a bien choisi sa demeure. L'épistolière a adoré ce lieu qu'elle appelle parfois la "Carnavalette". Dès le bail signé, Madame de Sévigné ne cache pas sa joie de disposer d'une "belle et grande maison" qu'elle conçoit d'abord comme le lieu idéal d'accueil de sa fille résidant en Provence. "Dieu merci", écrit-elle à Mme de Grignan le 16 octobre 1677, "nous avons l'hôtel Carnavalet. C'est une affaire admirable ; nous y tiendrons tous, et nous aurons le bel air. Comme on ne peut pas tout avoir, il faut se passer des parquets et des petites cheminées à la mode ; mais nous aurons du moins une belle cour, un beau jardin, un beau quartier, et nous serons ensemble, ma chère enfant."

"Le bel air" n'y est plus depuis longtemps, mais la cour et le jardin, l'ombre et la lumière me vont complètement, la transformation est totalement réussie, je vais pouvoir tout revoir de A jusqu'à Z... Je me souviens de cette entrée par la cour Louis XIV depuis toujours, et tout de suite à droite, dans la première pièce, immense, sont toujours pendues les vieilles enseignes des boutiques, des rues, des artisans, je me suis tout de suite retrouvée en pays de connaissance... Allez, révision générale !

La première  salle des vieilles enseignes parisiennes

Au fond, un bel escalier en bois précieux, très contemporain, élégant, créé de toute pièce, permet d'accéder directement aux étages supérieurs, un parcours savamment actualisé, magnifique et pratique...


L'escalier créé

Ciseau de tailleur, enseigne de coutelier ( 19e siècle) de la rue Rambuteau

Cette enseigne "A la bonne Renommée", trop Bonapartiste et angélique pour être récupérée de nos jours ! Que pouvait-on bien vendre sous cette égide ? À boire, à manger.... ?

Je me suis vite aperçue que la visite serait trop compliquée pour moi, trop de choses à voir, trop de souvenirs, pas assez de temps, une petite panique, par où commencer ? Revoir, revérifier, se rappeler, aller directement à ce que je connaissais déjà, ou démarrer sur les nouveautés ? Aurais-je assez de temps avec la jauge pandémique imposée ? Le plus vieux musée de Paris (1880) s'est agrandi, le sous-sol, qui accueillait les collections, est maintenant dédié à la Préhistoire / Antiquité /  Moyen-Âge, l'extension s'est faite également en surface avec l'annexion de l'hôtel particulier (Le Peletier) mitoyen, les deux escaliers contemporains nous mènent ainsi directement dans les étages sans l'obligation de faire "le grand tour" obligatoire comme chez IKÉA ! Jamais ne n'y arriverais ! Rien n'a été oublié pour le confort : la restauration, les livres et les souvenirs, au rez-de-chaussée près des jardins, ainsi que des surfaces prévues pour les expos temporaires... Au sous-sol, vestiaires, toilettes...

Une surprise de taille :

Je me suis donc laissé porter le nez au vent... Vers les objets que je connaissais, les enseignes, les devantures de boutiques anciennes, et la chambre de Marcel Proust mon écrivain préféré ! Je me suis émerveillée devant un tableau intitulé : Dôme central de la galerie des machines à l'Exposition Universelle de 1889 - Louis Béroud (1852-1930).


Louis Béraud (1852-1930)

Le personnage central époustouflant de beauté

Mon émerveillement ne vient pas du tableau, plutôt de facture traditionnelle, mais de cet homme au premier plan, élégant, martial, flamboyant, avec son habit rouge et son beau turban blanc, je l'avais déjà vu et photographié sur un mur de Paris, haut de plusieurs mètres, le collage géant était de Julien de Casabianca. (Depuis plusieurs années, l’artiste Julien de Casabianca parcourt les musées du monde entier pour y photographier des personnages tirés des œuvres qui y sont exposées. Agrandis et collés sur les murs des villes, comme échappés de leurs cadres, ces personnages retrouvent alors une seconde vie à travers le temps et l’espace).

En 2017, j'avais lu quelque part qu'il y avait un nouveau mur peint à voir dans la rue, je m'y étais précipitée avec mon appareil photo, par simple curiosité admirative, ne sachant rien de rien des conditions de sa réalisation... Je me souviens encore nettement de la joie, de l'enthousiasme, et de l'émotion extrêmement forte que j'avais ressentie en apercevant, dès le coin de la rue Mathis, cet immense bonhomme coloré, superbe, un géant d'une beauté sidérante, je n'arrivais pas à le quitter des yeux, ni à partir. Le collage aujourd'hui est très détérioré, il était visible d'octobre à décembre 2017... Depuis, la pluie, le vent les intempéries ont eu raison de sa superbe !


(Ma photo de 2017)


Immense collage de Julien de Casabianca, 34 rue Mathis Paris 19e (ma photo 18/11/2017)

Aujourd'hui, en essayant d'approfondir cette histoire,  j'en apprends de belles sur ce collage (que j'avais d'abord pris pour un mur peint).

En fait, cette œuvre avait été commandée par le musée Carnavalet qui, pendant sa fermeture, avait tenu à exposer hors les murs, et rester présent sur les murs de Paris. Le musée avait donc invité l'artiste à construire une animation intéressante menée avec des jeunes du quartier, autour d'une œuvre d'art choisie dans le musée, qui devait se finaliser par un collage géant. Bien sûr, quelques associations sociales locales en lien avec les jeunes du quartier ont donc exploité cette belle opportunité pour réaliser avec eux ce projet en plusieurs étapes : choisir le tableau, et un personnage du tableau, faire ratifier ce choix par les habitants du quartier et participer au collage final ! Formidable ! Ils doivent en garder un joli souvenir !

La visite continue :

Au premier étage, j'ai tout de suite voulu aller revoir la chambre de Marcel Proust, comme si je n'étais venue que pour elle, vérifier sa présence avant tout : le lit bleu, la  table de nuit, l'ambiance, les meubles lui ayant appartenu, je me suis assise là, à regarder la vidéo (quelques portraits de personnages ayant existé, et dont Proust s'était inspiré pour construire son roman, défilaient en boucle...). Finalement oui, la visite pour moi était presque terminée ! J'ai attendu, assise tranquillement sur la banquette, mon amie qui virevoltait heureuse, du sous-sol au 2e étage... Tu es où ? Dans la chambre de Proust. Bon, j'arrive, ne bouge pas !


 La chambre de Marcel Proust, dans ce lit bleu il a écrit la majeure partie de la Recherche du Temps perdu...


L'environnement de Marcel Proust, les meubles des appartements successifs regroupés. Le visuel en bandeau nous montre les portraits des personnage de la vraie vie dont il se serait inspiré pour son roman...

Avant l'arrivée de mon amie, un peu plus loin que "la chambre", j'avais passé un bon moment à déguster le décor de la boutique du grand bijoutier George Fouquet, conçu par l'artiste Mucha en 1901. Cet intérieur est conçu comme une œuvre d'art totale inspiré par les bijoux, le sol, le plafond, le mobilier reprennent les courbes et les volutes des fleurs et des plantes... Et je suis revenue à ma banquette, une visite à pas de tortue lente...


Chez le bijoutier Georges Fouquet (don de monsieur Fouquet en 1941 au musée Carnavalet), il ne manque plus que les pierres précieuses 

En fait, je ne suis pas du tout au bout du musée Carnavalet, j'ai déjà en poche trois autres billets d'entrée pour voir tous les étages et le sous-sol, en détail et sans me presser, il faut que je rattrape mon amie... Dans les semaines qui vont venir... Au cours de notre petite tradition du mercredi soir dernier, j'avais fait cette demande à mon fils : s'il te plait mon fils, tu pourrais me tirer quelques billets d'entrée au musée Carnavalet  ? Tu fais si bien tout ça en cinq minutes, alors que moi il me faut une petite heure... Nous avons ri !

Entre temps, j'ai vu des murs peint à Montreuil et même dans ma ville, j'ai exploré quelques rues sublimes dans le 20e arrondissement, pris des photos, ne me reste plus qu'à vous raconter... Je cours, je cours après le temps...

Mes amis, à très vite, j'ai des tas d'histoires dans mon panier, je ne sais pas si je vais réussir à parler de tout... Je vais mettre les bouchées doubles...

dimanche 6 juin 2021

C'est l''heure de la sortie : le centre d'art contemporain TIGNOUS de Montreuil ! La nouvelle tradition familiale !

 


Tape-tapis en rotin, comme c'est beau !

Les fourmis dans les jambes

Les objets, mis en tas, détournés de leur singularité, définissent immédiatement  une ambiance inconnue, étonnante, déroutante, ils acquièrent une autre dimension, ils sont" revisités", comme savent le faire inconsciemment les collectionneurs qui veulent avoir "tous leurs objets" exposés sous leurs yeux, et aussi les artistes qui ont l'idée "d'inventer" un assemblage imprévu, redimensionner, redonner à voir les invisibles... Bizarrement, pour moi, le regroupement encourage la recherche du détail, je cherche automatiquement l'objet que je préfère, pour la couleur, la forme, les souvenirs, pas de limite esthétique... Après, je prends la photo quand j'ai fait le point ! 


Détail, je me souviens avoir vu le même objet chez ma grand-mère !

Voilà l'entrée en "matières" de la belle exposition "Fil du temps"-Connexion textile que propose le centre d'art contemporain Tignous (caricaturiste dessinateur assassiné lors de l'attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 à Paris) de Montreuil.

Anne-Marie, mon amie, m'avait dit : j'ai des "fourmis dans les jambes", voilà trop longtemps que je n'ai pas bougé depuis le confinement, je viens à Paris, j'ai plusieurs expos en tête : Le centre Tignous, la Bourse du commerce, et la Galerie Univers dans la Cité de l'ameublement à Paris 11e... Les fourmis d'Anne-Marie, je les comprends, et comment ! Elle habite loin de Paris, l'envie est d'autant plus féroce : les musées ouvrent en files indiennes, les centres d'arts aussi, en petits flux contingentés. La voilà dans le train pour faire du tout terrain... Danielle, tu viens avec moi ?

La petite tradition familiale, qui vient de naître :

Anne-Marie avait justement ses fourmis dans les jambes ce mercredi ! Aïe, Anne-Marie, je ne peux pas venir avec toi, j'ai "tradition familiale" que je ne louperais pour rien au monde, bien sûr je comprends,  profite de ta visite,  fais-moi quelques photos,  à très très vite... Anne-Marie allait voler de musée en galeries... Sans moi...

La petite tradition familiale qui venait de naître depuis peu, il faut que je vous en parle : maman, tu sais, dorénavant, tous les mercredis soirs, je vais venir te voir ! Merveilleux, mon fils ! Oui, tu comprends, j'habite assez loin, et puis avec le couvre-feu, je pourrai dormir là, magnifique mon fils, je suis bien contente. Oui, maman, voilà la nouvelle petite tradition familiale, quoi qu'il arrive, je serais là le mercredi soir ! Moi, d'emblée j'ai aimé la petite "dernière" tradition familiale, mais mon fils, tu vas te créer des obligations, non, non, maman ça sera très bien comme ça, je viens le mercredi soir, on dîne ensemble et on bavarde... Moi aussi je viens, s'est écrié mon fils aîné, génial ! Il m'a dit plusieurs mercredis après : j'aime beaucoup nos petits mercredis ! Moi aussi, je les adore, mes mercredis soir...

Je suis donc allée au centre Tignous un autre jour que le mercredi et j'y ai vu que des belles choses...


 Collection Tuulikki Chompré : plateaux, couvercles, corbeilles qui viennent de Syrie, du Maroc, de l'Afrique


Détail : mes préférés, mais en fait ils sont tous magnifiques !

Vous allez comprendre mon engouement pour ces vanneries, j'ai mis en tas (pour la photo de famille) celles que j'avais accumulées chez moi depuis des années, achetées aux Puces, une seule dans mes voyages (le panier à étoile au fond, acheté dans un marché au Cambodge, irrésistible !), depuis des années... Chacune a son histoire, son utilité dans ma maison, quand je les ai rencontrées, je n'ai pas résisté, j'ai fais mon petit boulot de sauvetage, je les ai "inscrites à mon Patrimoine Mondial personnel"... J'y tiens comme à la prunelle de mes yeux, elles m'ont toujours envoutée par leur beauté, les vanneries africaines se décolorent un peu à force d'être tournées vers la lumière du jour, les couleurs végétales sont si fragiles...  Mais je les aime tant !


Mon Patrimoine Mondial (personnel) recto


Mon Patrimoine Mondial (personnel) verso pour les couleurs magnifiques

Dans une visite d'art textile, je ne sais plus où donner de la tête, les artistes sont incroyables, avec un fil ils refont le monde, mélangent la pierre et la corde, font de la dentelle avec l'acier et le cuivre, filent la soie, brodent le vinyle, on ne sort pas indemne de là ! Ils font des merveilles avec des riens, rassemblent le fluide et le dur, brûlent toutes les matières par les deux bouts... Tout est dans leurs œuvres remarquables...









Soie teinte selon une vieille tradition japonaise par trempages successifs, une merveille !

C'est avec une certaine flemme que je n'ai pas retenu tous les noms des artistes, mais ils ne m'en voudront pas...

Au sortir du centre d'art contemporain, avec mon amie, nous avons remonté les Champs-Élysées de Montreuil où tout le monde fait ses courses et regarde les vitrines, les petites rues aussi réservent des surprises... Les couleurs m'ont tapé dans l'oeil...
 
Les petites et les grandes rues de Montreuil : les couleurs 










Et tournez manège !

Le dernier dessin en cours de mon frère  :


 Le cobra -(Work in progress)... Yves Boussin

Il m'a dit : un cobra c'est très  difficile à réaliser, il a beaucoup d'écailles, chaque écaille est différente, il faut avoir de la patience !!!

Je suis allée au Musée Carnavalet... Je vous raconte tout la prochaine fois, à très vite les amis, je porte mon masque avec obstination, mais il commence à faire chaud, j'espère que l'épidémie prendra du large... Je n'oublie pas que la France vient de dépasser les 110 000 morts, les États Unis sont très proches des 600 000 !

 À bientôt, entre mes lignes et les photos... Tenons bon !

dimanche 30 mai 2021

La glycine est morte, et les petits potins de quartier, l'amour sur le trottoir !


La très vieille glycine (2 mai 2021) - en vie ! Nichoir à oiseaux !



Massacre à la tronçonneuse (21 mai 2021) 


 Plus aucune fleur, elle va mourir tout à fait... (21 mai 2021)

 Feu La grande glycine :

La grande glycine n'est plus qu'une vieille fleur coupée, les bois sont éparpillés partout au sol de la propriété, comme si chacun pouvait se servir pour emporter un morceau de souvenir. Le propriétaire, à qui j'ai téléphoné, bavard comme une pie, m'a raconté l'histoire du sauvetage échoué... "Il aurait fallu beaucoup d'argent pour installer le matériel nécessaire à sa transplantation, comme il est fait pour déplacer des oliviers vieux de mille ans d'un endroit à un autre, seuls les riches propriétaires peuvent se le permettre... Nous, nous n'avions aucune certitude de la réussite de l'opération, comme je vais planter une vigne à la place de la glycine, je vous invite à boire un verre d'ici dix ou vingt ans, nous serons alors très vieux"... (Surtout moi)

L'adjoint au maire, à qui je m'étais adressée pour "l'alerter sur la mort prochaine de la glycine", a disparu dans la nature... Aucune nouvelle... Il n'a pas osé me dire : "nous ne pourrons rien faire"...

En attendant, il faut que je recherche dans mes cartons des histoires qui finissent bien...

Justement j'en ai plusieurs, des belles histoires d'amour...

L'amour sur le trottoir :


Œuvre de Andy Goldsworty (2013)

L'histoire se passe sur le trottoir juste en bas de ma maison, un petit groupe de trois personnes, toutes masquées, un homme entre deux âges, ouvre grand les bras et déclare : moi j'ai de l'amour, beaucoup d'amour à donner. Les deux femmes qui l'accompagnent opinent du bonnet, bien sûr, nous aussi, nous avons de l'amour à donner, alors je suis rentrée dans leur conversation, l'invite était tentante : monsieur, que vous parliez d'amour, ça m'intéresse, j'avais bien compris qu'il s'agissait de l'amour de son prochain. Ah ! Madame, je suis content que vous ayez entendu mon appel, bien sûr, l'amour entre les gens est une donnée fondamentale, là-dessus nous sommes tombés d'accord tout de suite... Chacun y allait de sa recommandation, de sa vérité, je ne savais pas s'ils appartenaient à la même paroisse, mais ils disaient tous trois la même chose : "le reste ne sert pas à grand chose, madame, l'amour seul a un grand pouvoir, pour rendre la vie agréable et utile", soyons donneurs d'amour à tous nos voisins... Et puis finalement, nous nous retrouverons tous là-haut ! Confiante mais prudente, je leur dis : vous savez, moi, je ne suis pas croyante, à part les oiseaux, je n'attends rien du ciel, mais je peux vous dire que les mots d'amour, de générosité, de partage, que nous pouvons avoir les uns pour les autres, ça me parle, je les partage avec vous... L'idée de Dieu n'a pas besoin de m'habiter pour vous comprendre...

Mes amis, je vous  laisse, je vous embrasse tous... La spontanéité, la brièveté, venaient à propos pour les quitter avec légèreté...

Le bon voisinage :


L'escalier intérieur dans la maison de Gustave Moreau

À monsieur H., mon voisin du troisième : ça vous dirait des plateaux pour mettre sous vos jardinières ? J'en ai trois dont je ne sais que faire, ils sont trop grands, ils pourraient vous rendre service ? Je vous les descends si vous voulez. Volontiers, merci et c'était reparti pour trois plateaux en plastique, nous avions notre pesant de voisinage amical pour plusieurs jours. Ce monsieur est cuisinier de collectivité et jardinier de surcroit, son balcon est inondé de fleurs et, vers Noël (seulement), clignotant de lumières... Il est toujours occupé à dire bonjour à droite et à gauche, quand je suis arrivée sur son palier, j'ai vu que toutes les portes étaient décorées d'une même étoile moirée autocollante.. Comme je lui en faisais la remarque avec le sourire, il me dit : tout le monde pareil, pas de jaloux, on s'entend très bien au troisième étage !

Je pourrais en faire plus long sur le bon voisinage d'une tour... Sur l'incivilité également, plus visible, plus tapageuse, plus décourageante, quelquefois certains baissent les bras tout à fait...

Mais... Dans la tour, nous formons un bon noyau (dur) de personnes cordiales, engageantes, pas trop secouées par les mauvais coups, nous ne ratons jamais un : bonjour, bonne journée, fait pas chaud, fait trop chaud aujourd'hui, la santé, ça va ? ! Ainsi les mots de liaison se répandent peu à peu peu à tous les étages, il faut de la constance, résistance, et pugnacité, le terrain contre l'indifférence se gagne marche par marche,  il faut beaucoup de temps pour que ça prenne et surtout, commencer jeune...

Mes amis fidèles et de passage, sortez encore masqués... À très vite pour de nouvelles aventures...