samedi 28 juillet 2018

Le Kodo ! Le Tonnerre et la goutte d'eau...


J'y étais !

Le KODO est le nom d'une troupe de percussionnistes japonais 

Je n'aurais donné ma place à personne ! Je les avais vus dans un théâtre parisien, je crois bien que c'était le théâtre des Champs-Elysées, je ne sais plus exactement, il y a très longtemps, longtemps, peut-être bien 20 ans ou plus. Eh oui ! Je me souviens être allée deux fois de suite dans la même semaine voir le Kodo, les forces qu'il produisait me faisaient battre le cœur, mais surtout faisaient naître des tas d'émotions fortes, l’enthousiasme, je ne voulais jamais que ça s’arrête... 

Le bruit du tonnerre qui  jaillissait des énormes tambours du Kodo m'est resté longtemps en mémoire, c'était  totalement impressionnant, totalement beau, totalement émouvant, totalement inoubliable...

Les percussions ont toujours eu sur moi un effet incroyable, ça me bouscule, ça me traverse de part en part, ça me touche autant qu'une symphonie de Mozart, c'est vous dire.

Le Kodo est spécial, il a ses codes, ses inspirations ancestrales, ses cadences, il ne ressemble à aucun groupe de percussions que je connaisse, différent des percussions africaines (que j'adore également) des cliques brésiliennes, fantastiques, comparé à tous les tambours de la terre, il est unique !... Le Kodo ne ressemble qu'à lui-même, tout fait partie du spectacle : une mise en scène minutieuse, lente et mesurée, les costumes : la sobriété japonaise stricte, blancs et noirs, rien qui dépasse, les coupes restent de notre temps. Les interventions sont bien calculées, précises, bien sûr tous les morceaux finissent en apothéose attendue, un crescendo fortissimo nous entraîne toujours au final, avec une force incroyable. Ils font vibrer les murs, sans doute chavirer les cœurs, les femmes incluses dans le groupe étaient fantastiques, fines, menues, mais tapant fort, une très grande présence... Cette fois-ci, "la nouvelle génération" présentait des chants ancestraux mais également des compositions contemporaines qui trouvaient merveilleusement leur place, il y eut aussi quelques chants accompagnés d'un instrument à corde, des petites cymbales, des bâtons qui, frappés même légèrement l'un contre l'autre, faisaient la pluie et le beau temps... Un tonnerre d'applaudissements saluait chaque final grandiose. Le roi n'était pas mon cousin...



Les tambours du Kodo

Je vous raconte aussi les moments d'avant le spectacle, mon entrée, une bonne heure avant les bruits du tonnerre et de la goutte d'eau.

La compagnie du Théâtre du Soleil, fondée par Ariane Mnouchkine en 1964, à la recherche d'un  lieu pour poursuivre son activité, s'installe en 1970 de façon précaire sur des terrains militaires du XIXe siècle (Cartoucherie, en plein bois de Vincennes), appartenant à la ville de ParisCe n'est qu'en 1985, après la réhabilitation des bâtiments par la Ville de Paris, que des contrats de location ont pu être établis, pérennisant ainsi l'installation des différents théâtres : l'Aquarium, l’Épée de Bois, la Tempête et le Chaudron, qui se sont succédés dans les lieux, après le Théâtre du Soleil.


La grande salle d'accueil du public, petite restauration (bon marché), vente de livres, et gros bouquet de fleurs

Cet accueil confortable et beau me fait toujours chaud au cœur, l'endroit est chaleureux, illuminé par des lumières scintillantes,  le gros bouquet de fleurs ajoute une attention si délicate pour le public, ce théâtre a toujours été pour moi un lieu de surprises et d'émotions fortes... J'y ai vu des spectacles qui m'ont fait pleurer, sourire, réfléchir... Réfléchir... Émerveillée !


 Les roses de l'accueil, le public est le bienvenu...


Les décors indiens et les tables pour manger, ou boire un thé, ou toute autre chose

Comme je n'avais ni faim ni soif, j'ai quand même dégusté un petit gobelet de thé vert... Que du plaisir, la visite des lieux tranquillement, car venue une "vraie" bonne heure en avance, pour avoir le bonheur de faire le tour du propriétaire, il n'y avait personne, j'ai donc commencé l'inventaire... Tiens, je n'avais pas vu ceci, cela, en réalité rien n'avait changé, et je retrouvais tout avec étonnement...


Beau détail de lumière


Les coulisses, comme si vous y étiez, sous les gradins, les petites ouvertures dans les rideaux légers permettent de voir sans être (presque) vu des artistes

Les jeunes artistes du Kodo se mettaient en forme, maquillage, et bonne humeur... Il faisaient des vocalises, des mouvements d'assouplissement, ils se chauffaient...

Au Théâtre du Soleil, rien n'est laissé au hasard : pour vous éviter d'avoir trop chaud, pas de problème, dans un grand panier d'osier, avant de prendre place sur les gradins (avec dossiers), vous pouviez prendre un petit éventail en paille pour vous faire du vent.


Les ventilateurs de paille, en forme de pétales de lotus

Tout le temps que j'avais devant moi me permit des petites discussions bien sympathiques avec les gens, une petite parlotte avec deux dames qui attendaient comme moi que commence le spectacle. Comme nous n'étions pas des perdreaux de la veille, nous avions pleins de souvenirs en commun de la maison... Vous vous souvenez ? Elle se souvenaient... Voilà comment nous avons passé notre temps, joyeusement : pourvu qu'Ariane continue de nous enchanter avec ses spectacles, elle n'est plus toute jeune, toute jeune... Oui, pourvu ! J'ai lu quelque part une information, à vérifier et, à suivre de près, concernant le théâtre de l'Aquarium, je l'ai vu appelé : "l’ensemble immobilier n°4", j'ai lu aussi qu'un "appel à projets" avait été lancé pour l'Aquarium et ses locaux... Bon, je n'en sais pas plus pour l'instant, mais ça fait peur quand même... "L'ensemble immobilier n° 4"... Une rumeur ? Beaucoup de bruit pour rien ? Il y a des fumées sans feu... Mais attention... Méfions-nous de l'été et de ses coups tordus... Motus et bouche cousu... Si j'ai du nouveau, soyons vigilants, on en reparle... Avec tambours et trompettes... Et sonnettes d'alarmes...

Avec cette information à prendre avec des pincettes, j'ai inquiété ces dames, je leur ai mis le moral à zéro, mais toutes sourires, nous nous sommes précipitées à nos places... Avec nos éventails d'oiseaux de paradis...

Le tonnerre et les gouttes d'eau tombent sur mes épaules, j'ai senti que j'étais prête à pleurer aux premiers coups d'orage... Je ne peux pas traduire avec des mots le travail du Kodo... Les tambours résonnèrent aussi haut, aussi fort que des cascades, aussi haut, aussi fort que le grand vent, ils roulent, ils hurlent... Au début, souvent ils murmurent très finement, aussi légers que des ruisseaux, tout le plateau prend l'eau petit à petit, puis le feu arrive. Comme c'est beau, tous les tambours crépitent, l'ensemble est  parfait, les roulements s'entrecroisent , se recouvrent, se répondent avec des reprises saccadées, rapides, très rapides, donnant à entendre des envolées inouïes. Le grand tambour, monté sur socle en bois, est frappé par deux hommes, postés de chaque côté, on retient son souffle... J'aurais voulu que ça dure encore et encore, j'étais dans un autre monde...


Les voilà ces valeureux, ces artistes étonnants, presque autant de femmes que d'hommes

À la sortie du spectacle, tous les artistes attendaient le public pour lui faire une dernière aubade avec les plus petits tambours, ils souriaient et moi je voyais les sourires du public, les applaudissements interminables, tous les téléphones portables étaient de sortie, ils crépitaient dans tous les coins. Merci les artistes pour votre art si touchant !



L'aubade aux spectateurs tout simplement

Chers amis, surveillons l'ensemble immobilier n°4, ouvrons l’œil, dressons l'oreille, je vous embrasse dans le bel été, un peu trop chaud !


samedi 21 juillet 2018

Le Land Art au cinéma avec Andy Goldsworthy : "Grandeur" nature...






Le magnifique film de Thomas Riedelsheimer 

La critique de Télérama fait la fine bouche pour la sortie ce film... Les goûts et les couleurs... Le documentaire  de Thomas Riedelsheimer était consacré à l'extrêmement talentueux artiste de Land Art  : Andy Goldworthy. J'ai couru, volé, pris le bus, le métro, un petit café avant la séance, j'ai mis tout de mon côté pour réunir tous les ingrédients d'un bon moment à passer, bien calée dans un bon fauteuil d'une de mes salles favorites de Paris. Goldsworthy, vous imaginez la chance, aucun film n'avait été fait depuis 16 ans sur son oeuvre. Le réalisateur nous entraîne dans le processus de création de l'artiste, et nous montre le lent déploiement des œuvres, la création à l'état brut avec des éléments naturels, il nous enseigne le regard à perte de vue... Andy Goldsworthy parle très bien de son oeuvre, chacune de ses paroles ajoute une pierre à ses édifices.

Voilà qu'il renouvelait avec ce réalisateur, une rencontre qui avec le précédent documentaire : Rivers and Tide (2001) avait déjà eu un succès mondial. Thomas Riedelsheimer met en valeur l'homme, l'artiste et son oeuvre avec magnificence...



Rivers and Tides, documentaire de Thomas Riedelsheimer - 2001-

Au début de "Penché dans le vent", il y a un petit rond de lumière déposé au sol par un rayon de soleil, le rayon tombe du toit à l'intérieur d'une petite maison abandonnée. Andy Golsworthy n'est pas un Dieu, c'est un artiste qui voit ce que vous ne voyez pas, qui pense ce que vous ne penserez jamais, il intensifie la beauté de la nature, il la détourne, l'arrange, la transforme, la fait pousser autrement... Il est le seul à pouvoir le faire de cette manière, il m'a émerveillée, il vous émerveillera !

Autour du petit rond de lumière, il secoue la poussière, et la poussière monte le long du rayon de soleil, et le transforme en baguette magique : et la lumière fut !

Je n'ai pas d'images à vous montrer, je ne pouvais pas sortir mon téléphone pour faire des photos, non, bien sûr, alors il faut que je trouve les mots qui vous emmènent là où il m'a emmenée...

Pour vous donner une idée de ses manigances, j'ai glané sur internet des images pour rendre compte de ses
prodiges :



Oeuvre de Andy Goldsworthy, artiste anglais - 1956

Il crache des fleurs, se peint les mains en pétales, les trempe dans le ruisseau pour laisser une trace rouge sang... C'est beau !

Il construit dans des sites improbables, au bord des rivières, dans des forêts improbables, des cœurs... Qui battent pour toujours, je n'en ai jamais vus en vrai, j'irai bien à ses sources, mais c'est un peu tard pour y penser, peut-être dans les jardins de Chaumont sur Loire, je vais voir... Bien sûr, il ne vit pas
d'amour et d'eau fraîche, ses œuvres sont achetées dans le monde entier...




La bouche en fleurs d'Andy Goldsworthy (1956)



Oeuvre d'Andy Goldsworthy


Andy Goldsworthy (1956) Cœur de pierre


Andy Goldsworthy un autre cœur... De bois

Il trace des chemins que la nature n'avait pas inventés, amoncelle des pierres, des bois, des feuilles, des branches, des feuilles, du plus lourd au plus léger, il ne rate rien... Il décore les arbres, les racines, les rivières, fabrique des chaussées de géant, creuse des tombeaux pour les vivants uniquement, il rend tout plus beau.




Un tombeau pour les vivants uniquement, pour dormir à l'intérieur de la terre, et écouter les bruits de la nature - Andy Goldsworthy (1956)

Il fait sortir un serpent, un mur, de la rivière...


Mur de la tempête - 1997-98 - Andy Goldsworthy (1956)  j
Je ne suis même pas certaine du nom des œuvres (pardon monsieur Goldsworthy)


Bien sûr, vous en voulez encore, allez voir le film qui vient de sortir, laissez tout tomber, laissez la vaisselle en plan, refusez de garder les enfants, les petits-enfants, si vous êtes au jardin lâchez pioche et bêche, l'arrosage se fera plus tard, laissez la scie sauteuse au placard, rangez tout ce qui peut vous empêcher de sortir, courez... Il n'est plus temps de ne pas voir Andy au travail, pourquoi le film est-il si petit, 97 mn, comment peut-on faire si court... J'attends le troisième film (un peu plus long, s'il vous plait, monsieur Riedelsheimer... En attendant de tout voir en vrai... Si je peux... Mais...Peut-être, pas certain...Me reste les images... et le bruit de l'eau...

Mes amis, le bel été pour voir de belles choses, allez-y...

mercredi 18 juillet 2018

La Maison Rouge : On plie bagages, on ferme !!


Les super-héros - Hervé Di Rosa - (1959) artiste français

J'avais dit à Camille (ma petite-fille) : viens, je t'emmène voir une super expo, la dernière d'un lieu qui s'appelle "la Maison rouge''. Ça tombait bien, elle était en congés, nous y sommes allées le cœur battant...

La "Maison rouge" est un lieu extraordinaire, une fondation appartenant à monsieur Antoine de Galbert, elle a ouvert ses portes en 2004. Elle a proposé 131 expositions monographiques ou collectives, des présentations de collections particulières... Elle fermera définitivement fin octobre... Et avant de fermer, elle propose une exposition extrêmement poétique, légère, mais qui pèse son poids de beauté : L'envol... 200 œuvres, 130 artistes, c'est une exposition qui parle du rêve de voler sous toutes ses formes...

À la Maison Rouge, j'ai rencontré pour la première fois l'artiste Chiaru Shiota, avec ces fils de laine noirs et rouges et que depuis, je n'ai plus quittée des yeux. Et Berlinde de Bruychere, que je suis pas à pas, avec ses sculptures de cire, mi-chairs humaines, mi-végétales, mi-animales, tordues, désespérées, tellement émouvantes. Jamais je n’oublierai non plus la collection privée de monsieur Galbert, de coiffes merveilleuses des plumassiers d'Amazonie, et du monde entier... Des œuvres d'art à part entière, souvent je me sers d'expressions familières pour parler de ce que j'ai vu dans ce lieu à la place de mots plus élaborés, plus choisis comme : c'était à tomber à genoux devant, à tomber par terre, à tomber à la renverse, un truc de fou, jamais rien vu de plus beau... Je ne tarie pas d'éloges pour en parler. J'y ai vu des tas d'artistes très importants, j'y ai pris tant de plaisir, pour chaque visite que j'y faisais, je m'en réjouissait longtemps à l'avance, je salivais, en me demandant : "comment ça sera cette fois", je savais que j'irai de surprises en surprises, c'était toujours au dessus de tout ce que je pouvais imaginer ! Merci monsieur Galbert...


Livre des Editions Somogy (Néerlandais) - 2001 - Collectif d'auteurs

Bien sûr, il faudra que j'y retourne avant sa fermeture...

Mais maintenant, volons...

Dès l'entrée, une belle machine volante nous tend les bras, ses couleurs, sa forme minimaliste, son pouvoir évocateur et sa poésie m’impressionnent... Ça commence bien.



Vélo-Hélicoptère - 1978 - Mesmer - artiste allemand (1903-1994)

Cet artiste rêva toute sa vie de voler :

"Mesmer est un curieux et sympathique personnage né en 1903 à Althausen en Allemagne, et mort en 1994. Son obsession, son Graal, c’est de voler. Pas dans un avion, mais avec ses propres forces pour survoler les campagnes et admirer le monde d’en haut. Plus prosaïquement, pour fuir l’enferment où il était forcé de vivre. Toute sa vie, il a dessiné des projets de vélos volants ou d’engins portés par des ballons : des beaux dessins techniques ou oniriques, qu’on voit aux murs du musée Art et Marges. À plus de 60 ans, il s’est mis dans la tête de réaliser ses projets fous. Et on l’a photographié avec des ailes sur son dos, accroché à son vélo, s’élançant dans les pentes autour de son village, tel Icare. À l’expo (Musée Art et Marges de Bruxelles), on voit son vélo-volant à côté de ses drôles de chaussures à ressorts pour l’aider à atterrir." (La Libre.be février 2017)

"À 61 ans, Mesmer déménagea dans un hospice pour personnes âgées atteintes de maladies mentales, aux règles plus souples, où il eut la liberté et le matériel pour construire ses drôles d’engins." (La Libre.be 2017)

En voyant ce bel engin, l'envol prenait déjà de la hauteur, mais une dame qui se trouvait à côté de moi me dit dit d'emblée (voyant mon admiration) : ça ne m'émeut pas du tout, et passa à autre chose... Bon... 
Mais je n'avais pas fini de m’exclamer, par exemple sur deux belles photos du photographe que j'aime beaucoup, pour ses illusions, Philippe Ramette (je le connais surtout pour ses photos, car il est par ailleurs plasticien) :



Lévitation naturelle - 2002 - Photographies de Philippe Ramette (1961) - artiste plasticien français, vit et travaille à Paris. 
Mes photos sont très mauvaises, pas de recul, des reflets, mais on aperçoit tout de même un peu le rêve et l'illusion dans ses montages et stratégies photographiques.


 Balcon II (Hong Kong)  - 2001 - Philippe Ramette (Centre Pompidou)

Cette photo est, je pense, la plus connue de l'artiste, vous l'avez sûrement rencontrée... Vous pouvez même courir l'admirer au centre Pompidou...
Et puis, je me laisse aller au plaisir du partage avec cet autre oiseau volant, si léger, si léger, embarquement immédiat, alors cette dame qui n'arrivait pas à s'enthousiasmer me dit une fois encore devant ce délicieux aéronef : aucune émotion ! Aucune, je ne vois pas ! Bon...


Elle ne va pas pouvoir survoler toutes les œuvres avec le sourire au cœur et la tête pleine de nuages, dommage !...


Japanaise Flying Pak 3 - 2001 - Panamarenko (Henri Van Herwergen (dit) - 1940) - vit et travaille à Anvers.
Poursuivons donc... Volons...


L'aile (étude pour les bénédictins) - Auguste Rodin (1840-1917)



Mes ailes - 1970 -  Mario Terzic (1945), vit et travaille entre Vienne (Autriche) et Pékin (Chine)

Volons, volons... J'avais perdu de vue notre dame qui ne s'enthousiasmait pour rien...

Après vinrent les coiffes qui ne volaient pas, mais qui trouvaient tout à fait leur place dans d’immenses vitrines,  au zénith de la beauté, la plupart appartenaient à la collection de monsieur Galbert.


Vue partielle de l'installation des coiffes et masques


Coiffe de mariage Indonésie - XXe siècle - Laiton ?

Masque-heaume de chef dit "giphogo" - Culture Pende, province du Kasaï, République Démocratique du Congo - fin XIXe début XXe (bois polychrome mi-dur, pigments, vannerie, plumes) 


Masque dit "Ges" - Papouasie-Nouvelle-Guinée - fin XIXe, début XXe (bois, fibre, coquillages, pigments)


Couronne royale "Ade" - culture Yoruba, Nigéria, Afrique occidentale, première moitié du XXe siècle - donation de monsieur Galbert au Musée des confluences de Lyon (tissu, perles fibres végétales)
Ce somptueux promontoire (petit balcon du rez-de-chaussée donnant sur les salles du sous-sol), nous permet d'avoir une magnifique vue plongeante sur des œuvres de Tatline et Rebacca Horne. À ce stade de la visite, juste avant d'arriver au balcon, je me dis à chaque fois : comment sera la vue plongeante ? Sur quoi va-t-elle déboucher ? Je me réserve une surprise, et à chaque fois je ne suis pas déçue...
Volons, volons...



Letatlin - 1929-1932 -Vladimir Tatline (1885-1953), artiste russe (bois, toile de lin et câbles en acier) - Collection de l'aéroport de Francfort


Un superbe oiseau-avion nous y attend, graphique, en apesanteur, un grand oiseau qui déploie ses ailes dans le ciel. Au loin, au bout de la salle, les plumes d'une oeuvre de Rebecca Horn, si délicate avec son reflet qui se projette sur le mur, est le signe d'un envol permanent... On ne sait où...





La petite Sirène - 1990 - Rebecca Horn (1944), artiste allemande (plumes, moteur et tige métallique) - collection de monsieur Galbert

Les jolis "objets" de Rebacca Horne sont le plus souvent mobiles, ils fonctionnent avec un petit moteur qui les fait tourner ou se replier, mais ici ça ne fonctionnait pas, quelle petite déception ! La présentation se suffisait pourtant à elle-même, aérienne, mystérieuse, poétique, angélique !

L'Envol permettait de voir aussi le petit film si célèbre de Georges Méliès, (ancien prestidigitateur), bourré de trucages  : Voyage dans la lune, premier film de science-fiction qui marqua l'histoire du cinéma, plein de poésie et de surprises...

Voici déjà la sortie, j'ai parcouru avec vous quelques éléments de l'expo avec bonheur...


La sortie... Le bar...


Dernière belle oeuvre de Nicolas Darrot - 1972 - artiste français, qui crée des contrepèteries étonnantes  :"L'apesanteur" - 2005 - devient "La peur sainte"...

Avec ma petite-fille, nous sommes restées un long moment devant l'installation des super-héros, bien assises dans un canapé confortable, nous regardions les figurines tournoyer légèrement sur leur fils, le moindre passage de visiteur les faisaient osciller légèrement, le capitaine d'infanterie nous fit beaucoup rire.



Le capitaine d'infanterie nous fit beaucoup rire, et le reste de la troupe aussi...

Alors, sortons et laissons la cage ouverte... Avec beaucoup de mélancolie, adieu Maison Rouge...

Volons, volons, rêvons...

 

Cage ouverte - Bois peint - Collection de la Maison Rouge... Paris

Mes amis, passants, fidèles et généreux, passez un bel été, je fais des provisions de mots et d'images, je vous en reparle bientôt...

lundi 9 juillet 2018

Les coups de téléphone et l'image pieuse...


La Visitation, vidéo - 2001- Bill Viola (1951) à droite - Le Visitation -1528-1529  Pontormo (1494-1557) à gauche

Une sublime image pieuse reste (pour moi) celle créée par un peintre extraordinaire de la Renaissance, Pontormo, encore visible dans l'église de Carmignano (Toscane), que je n'ai malheureusement jamais vue en vrai, et la "revisite" qu'en a faite Bill Viola, ce génial vidéaste américain, que j'ai eu la chance de voir en 2001 dans l'église Saint-Eustache de Paris. Je ne l'ai jamais oubliée... Elle reste un très grand moment d'art, plein d'émotion et de joie pour moi...

Je suppose que ce n'est pas cette image que je vais recevoir par la poste... Mais de quoi parles-tu, Danielle ?

Ce matin, une de mes amies m'a appelée au téléphone pour prendre de mes nouvelles, un appel est toujours pour moi un bonheur et un privilège, même au bout de 1000... fois. Danielle, as-tu a reçu ma carte postale ? Cette amie choisit toujours ses cartes postales avec un art renouvelé, chaque envoi est une découverte, une harmonie, un point de vue nouveau, une marque d'attention affectueuse, bienvenue à l'ère d'internet, elle reste une nécessité pour elle et pour moi. Non, je n'ai rien reçu encore, zut, attendons lundi. Je me disais en même temps : pourvu qu'elle ne se soit pas perdue, elle doit être si belle ! Chaque fois que j'en reçois une qui me vient d'elle, je la laisse exposée sur un meuble, une table, à vue, jusqu'à la prochaine... Danielle, je t'ai déjà donné une image pieuse ? Ah non ! Bon, je vais te l'envoyer par retour, je suis donc en attente aussi de l'image pieuse, sûrement très belle, même si je doute de son efficacité (mon amie le sait très bien, elle sait depuis toujours que je ne partage aucune religion). Justement, sa pensée est si douce, si profonde, elle m'envoie ce qu'elle est, ce qu'elle pense, ce en quoi elle croit, je reçois ses pensées comme un cadeau... On ne sait jamais, elle vont m'aider à poursuivre ma route avec soleil et grâce, pourquoi pas ! Merci mon amie... Demain matin, pas question de louper le facteur ! Comme elle allait à la messe, elle fera une prière pour moi, merci mon amie, vous voyez comme je suis bien entourée... Des anges et des images pieuses pour une mécréante... C'est beau !



Ce dimanche est mon jour de chance, une autre amie m'a téléphoné et m'a laissé un message  : "je te rappellerai juste pour te dire ce que nous avons pu oublier de nous dire la dernière fois, une mise à jour"... Un coup de fil sans logique, sans but précis, simplement le plaisir partagé, l'amitié...

Comment est-ce possible de n'avoir pas entendu la sonnerie ? J'ai essayé de m'appeler avec mon téléphone fixe, la sonnerie marche parfaitement, claire et sonore... Mais bien sûr, j'étais dans ma douche, je n'ai rien entendu... J'espère !

Mes amies, que vous me donnez de contentement : l'image pieuse, la carte postale, le coup de téléphone, que des signaux d'amitié et de chaleur humaine... Merci !

Je n'oublie pas, je vous tiens au courant du reste... 

vendredi 6 juillet 2018

Hommage à Claude Lanzmann auteur du film Shoah !


Claude Lanzmann (1925-2018) Une vie pour la mémoire.

Avec sa disparition, je suis persuadée que son oeuvre, dont le mémorable documentaire, monumental  (9h) consacré à l'extermination des Juifs de l'Europe de l'Est par les nazis, Shoah, fera parler de lui dans l'histoire.

Son exigence de vérité, contre le mensonge et l'oubli restera pour toutes les générations...

Avec lui disparaît un grand artiste, qui a donné au monde des images et des voix exceptionnelles de vérité... L'émotion est dans chaque plan... Je suis très triste !

ARTE lui rend hommage en programmant l'intégralité de son film, Shoah, dans la nuit du samedi 7 juillet au dimanche 8/07.

Je vais essayer de tenir...

Mes amis à très vite sur mes lignes...Il fait beau, le soleil brille !

mercredi 4 juillet 2018

En attendant mon nouvel ordinateur...


Étude d'aile d'oiseau (Aile d'ange) Albrecht Dürer (1471-1528)

Je suis placée sous la protection des ailes d'anges de mes deux fils ! Tu as rudement de la chance , Danielle... Oui !

Le premier ange a déjà sélectionné pour moi la meilleure bête du marché, correspondant à mes besoins qui sont légers, il s'occupe de tout, il se tient prêt... J'ai juste à faire le virement correspondant... Facile.

Le deuxième ange m'a proposé de récupérer mon disque dur et me faire reconditionner un ordinateur par un spécialiste de sa connaissance... Pas si facile. Affaire à suivre...

Les deux anges se mettent d'accord pour mettre en route ce qui sera le mieux et, pourquoi pas, le moins cher pour moi.

Je suis aux anges !

Donc, je n'attends que des bonnes nouvelles. Quand votre ordinateur vous lâche, c'est fou ce que vous apprenez de trucs, qu'il fallait faire avant qu'il ne se scratche... 

- Mais maman, voyons, pourquoi tu n'as pas sauvegardé tes fichiers ? Il faut toujours sauvegarder ses fichiers...
- Tiens, c'est bizarre, tu n'as pas dû faire la bonne manœuvre pour la sauvegarde de tes images sur iCloud, il en manque ?
- Il a quel âge, ton ordinateur, il est vieux, non ?
- T'as pas besoin d'un appareil compliqué ?
- Tu devras acheter un disque dur externe pour tes nouvelles sauvegardes, il ne faut pas oublier !
- Vous vous rendez compte que que vous êtes une ignare en informatique que vous utilisez depuis des années et des années...

En attendant la solution idéale, je vais changer de sujet, nous attendrons un peu pour terminer la visite des murs peints de Vitry.

Je vais vous raconter deux petites histoires courtes : petites musiques de nuits...

Un soir que j'étais allée dîner chez un de mes deux anges, il m'avait proposé de me faire raccompagner chez moi par un taxi pris en bas de chez lui, rapide, confortable, et de surcroît une belle petite balade dans Paris... La chance ! Bien sûr, la chance, la grande chance !

Bonsoir monsieur, bonsoir madame, il avait vu que ma petite-fille m'avait accompagnée jusqu'à la voiture, baisers, rentre bien, mamie, on s'appelle très vite, et elle avait enfourché son vélo...

Et nous voilà à parler de la famille... Des fois, les amis, c'est comme la famille, il avait un petit accent du sud, il fallait que je dresse l'oreille... C'est vrai, monsieur, vous avez raison, il me complimenta sur la gentillesse de ma petite-fille et reprit son récit : chez moi, je connaissais une dame un peu âgée que j'aimais comme ma mère, gentille, adorable, on passait tous les jours voir si elle ne manquait de rien, ses enfants ne venaient jamais la voir, ou très rarement. Elle était de toutes nos fêtes, elle faisait partie de la famille.

Un jour, elle gagna à la loterie une grosse somme d'argent, mais vraiment grosse, 400 000 euros, vous voyez !


Image empruntée sur internet

Alors là, on a vu revenir ses enfants pour les visites, chacun en voulait un petit bout. La dame invitait tous ses amis à manger, elle était contente... Un jour, elle fut hospitalisée, personne ne venait la voir, nous y allions avec mes frères, j'ai téléphoné à ses enfants pour leur demander de venir voir leur mère, et je me suis fait engueuler ! Ah bon ! Vous vous mêliez de ce qui ne vous regardait pas, sans doute ? Exactement, je leur ai dit qu'il fallait venir, elle n'allait pas bien du tout...

Malheureusement la dame est morte peu après, c'est triste, je l'aimais beaucoup, comme une mère qu'on aime, voyez, ma voisine était très importante pour nous... Je n'ai plus revu ses enfants, ils ont dû se partager le magot... Oui monsieur, c'est comme ça que ça se passe, trois petits tours et puis bonsoir...

J'étais arrivée à destination, je n'avais pas vu le temps passer, ni le paysage, nous avions parlé tout le temps d'argent et de sentiments... Nous savions tous les deux que s'aimer, s'estimer, se considérer, c'était bien plus payant. Nous le savions. Au revoir, madame...



Berthe Morisot  (1841-1895)

Un autre soir, toujours en visite chez  le même ange, je devais rentrer avec un taxi, un jeune gars bien sympathique : Vous savez, une mère, c'est plus que tout, elle vous a tout donné, elle vous a porté, vous voyez ? Oui, oui, je vois, j'ai de la chance d'avoir deux fils si gentils et aimants. Ah oui madame, chez nous c'est très important, nous on est beaucoup d'enfants et on fait toujours attention à notre mère, c'est comme ça. Ma femme, elle le sait, quand ma mère est là, c'est elle qui compte le plus. Votre  femme, qu'est-ce qu'elle en dit ? Elle ne dit rien, elle le comprend très bien, elle fait pareil avec sa mère ! Une mère, c'est sacré !

Pas la peine de chercher à nuancer, avec le jeune chauffeur je n'avais pas vu le temps passer, ni le paysage... J'aurais eu beaucoup de choses à redire, mais j'ai préféré écouter... Bonsoir madame...


Patience et longueur de temps, en attendant le deuxième épisode de la virée de Vitry et le mystère du verre d'eau chez l'habitante...

Passez un bon week-end plein de soleil.

dimanche 1 juillet 2018

Ma machine a rendu l'âme !


Panne d'ordinateur ! Disque dur, carte graphique ? J'ai beau appuyer sur ses boutons, rien ne répond...Mes amis, mes visiteurs, patientez...De temps en temps, revenez entre mes lignes...

En attendant je vous souhaite de belles balades d'été, des découvertes, et de la sérénité au cœur...

Toutes mes amitiés d'été... Vite, vite retrouvons-nous pour mes suites de mots et d'images...