jeudi 9 janvier 2014

L'or de la bergamote !


Les magnifiques citrons bergamote de la saison...

Voici revenu de temps de ces jolis citrons qui viennent du Maroc, je les ai guettés chez le marchand bio du coin, ils disparaissent en un clin d’œil dès qu'ils apparaissent sur l'étalage. Quel plaisir de faire passer les citrons de la balance à mon petit sac à provisions, mais quel travail en perspective !

Citrons bio, peut-être ? J'ai frotté, frotté sous l'eau claire leur peau fine, j'ai essuyé un à un ces petites balles jaunes, elles brillaient comme de l'or.

Vient ensuite le travail mécanique très précis qui consiste à les zester tous avec amour... J'obtiens une petite quantité de précieux filaments que j'ai fait sécher deux jours à l'air libre sur une planche de bois. Puis, je les mets dans un petit pot en verre


Les zestes...

Tous fins, tous beaux, les zestes feront l'affaire pour parfumer mon thé vert, mes crèmes et même quelques salades, les tulipes derrière étaient destinées à ma voisine, la belle Alice qui va fêter ses cent ans cette année... Mais la gamine était en voyage chez son fils, dans le sud de la France, pas encore revenue quand j'ai frappé à sa porte pour lui souhaiter la bonne année... Un peu avant de partir, Alice me disait : je prends l'avion pour aller chez mes petits-enfants dans le nord, et puis après, je reprends l'avion pour aller dans le sud... C'est Alice ! Ça ne vous fatigue pas Alice ? Pas du tout pourquoi ? C'est Alice !

Mais que vais-je faire de mes citrons tout pelés ? La peau scarifiée fait peine à voir ! J'ai une idée (trouvée en fait sur Internet), je vais en extraire le jus, remplir des petits bacs à glaçon et hop ! Au congélateur... 


Citrons pelés, griffés à vif... En attente...

Dans mon immeuble, Alice a presque cent ans, ma gardienne vient de mettre au monde un bel enfant, il faut faire une collecte, sonner aux portes de tous les appartements, répéter des dizaines de fois : coucou, nous faisons une collecte etc... Mais tout ça reste à faire, il faut trouver des volontaires, donc vu le temps de réaction à venir je vais devoir agir seule pour le moment : fleurs, bisous et félicitations feront l'affaire en urgence pour la maman comblée.

A table ! Aussitôt dit, aussitôt faite, la belle salade était prête, avec une bonne sauce aux citrons, nous allions nous régaler, un petit goût acidulé et parfumé transportait nos papilles, le jus pressé à la main, pression à froid exclusivement, m'avait énormément musclé le bras, c'était gagné pour la gym du matin.


La sauce de salade est prête, le jus de citron à droite, l'huile à gauche !

Tout en pressant mes citrons, je repensais à ce vol désolant qui a gâché notre début d'année dans l'immeuble, en deux mots : l'Office avait placé sous nos pieds, dans le hall d'entrée, un joli tapis brosse, bien costaud, bien beau, qui prenait une belle place pour essuyer nos chaussures... Bonne idée, mais voilà, notre joie fut de courte durée puisque'il fut chapardé la nuit même... La colère nous est montée au nez, aux anciens et même aux plus jeunes, mais rien n'y a fait, le trou laissé par le tapis disparu reste vide, nous ne savons pas s'il y aura une suite : un tapis brosse neuf cloué, vissé, collé ? Le coup est rude pour la collectivité, bien sûr, pas de quoi fouetter un chat, mais suffisant tout de même pour laisser un goût d'amertume, de découragement aussi... A beaucoup...

Continuons avec l'or de la bergamote, ses pépites sont acidulées mais ô combien réconfortantes, voilà mon jus qui prend place dans les petits godets à congeler, belle mosaïque d'hiver, sans conservateur, plein d'ardeur, j'y retourne, j'en ai un bon kilo à laver, peler, sécher, presser, respirer... Rêver...

mardi 7 janvier 2014

L'or du pauvre !


L'or du pauvre !

C'était donc ça ! J'avais regardé, d'un œil peu attentif, un documentaire sur les bijoux en or qui se vendaient en ce moment dans les magasins, je ne sais plus du tout sur quelle chaîne, il y a quelques semaines, qui alertait l'opinion publique sur l'arnaque des bijoux en or : il semblerait en effet que l'or à 18 carats, vendu en France depuis des générations, disparaîtrait petit à petit des vitrines des bijoutiers, surtout des grandes surfaces, au profit de l'or à 9 carats. Le subterfuge me paraissait audacieux, impossible, je ne m'étais jamais rendue compte de rien... Cela dure pourtant depuis maintenant trois ou quatre ans..

L'autre jour, en passant dans mon grand centre commercial où il y a plusieurs bijouteries, des chaînes franchisées, j'ai voulu vérifier cette affaire : voyons voir, en effet tous les bijoux dits en or (!) proposés dans ces boutiques étaient en or à 9 carats au  lieu des 18 carats traditionnels. Les acheteurs ne sont pas avertis de façon bien lisible, ni vu ni connu je t'embrouille... Dans les vitrines figure en tout petit petit, mais vraiment tout petit, l'unique indication suivante : 375/1000 pour les bijoux à 9 carats, et 750/1000 pour les bijoux à 18 carats. Nulle part ne figurent les mentions : or à 18 carats ou or à 9 carats

Pourtant 375/1000 ou 750/1000 précisent, vous l'aurez deviné, la composition de l'alliage dans l'or à 9 ou 18 carats : 375/1000 veut dire que ce bijou contient 37,50 % d'or pur (le reste étant de l'argent et du cuivre). Ce pourcentage est extrêmement modeste, il est appelé l'or du pauvre. Normalement, les alliages de bas titre (14 et 9 carats) devraient être commercialisés sous le titre "Alliage d'or", ils bénéficient d'une garantie publique donnée par des organismes agrées par l'Etat : le poinçon en est un trèfle à trois feuilles...

L'or à 24 carats (le carat est une mesure de pureté) est de l'or pur, l'or à 18 carats normalement vendu en France contient lui 75 % d'or. Cette alliage bénéficie lui aussi d'une garantie d'Etat : le poinçon en est une tête d'aigle.

Bien sûr, les bijoux à 9 carats devraient être vendus beaucoup moins chers que ceux à 18 carats, puisqu'ils contiennent moitié moins d'or, mais ce n'est pas "toujours" le cas, je l'ai vérifié... Ils sont sont vendus encore trop chers, quelque fois même à peu près au même prix que l'or à 18 carats.

Ainsi un hold-hop national se pratiquait sous mes yeux, les bijoutiers vendaient des bijoux de mauvaise qualité, contenant peu d'or en n'avertissant pas assez les clients du tour de passe-passe... Partout les étiquettes affichent le mot OR en gros, grugeant l'acheteur qui n'est pas suffisamment informé de la qualité de l'or qu'il va acheter...

Voici, pour les curieux, un article que j'ai trouvé sur le Web dans L'e-quotidien de la joaillerie, avec leur vocabulaire bien approprié :




9 carats versus 18 carats. Quelles différences?

21/02/2013,
Céline RICHARD

Premier segment de vente de bijoux en or tout titre en 2012, l’alliage d’or 9 carats, est aussi baptisé l’or du pauvre et nombreux sont les joailliers qui refusent de le travailler. Comparons-le avec l’or 18 carats, référence en France.
Grand gagnant de l’année 2012, l’alliage d’or 9 carats est devenu, en à peine 4 ans, le 1er segment de vente de bijoux en or tout titre et bien qu’il rencontre un succès exceptionnel auprès des consommateurs, ces détracteurs ne manquent pas. Alors qu’en est-il réellement? 
TENEUR EN OR I 18kt: 1 – 9kt: 0 
L’or 18 carats (18kt) est composé de 18 parts d’or pur sur 24 pour 6 parts d’alliage (argent, cuivre, fer… ), on le considère donc or massif. A l’inverse, le 9 carats (9kt) contient 15 parts d’alliage pour 9 parts d’or pur. Il s’agit donc d’un alliage d’or, c’est d’ailleurs dans cette catégorie qu’est classifié son poinçon depuis sa création en 1994.
RÉSISTANCE I 18kt: 1 – 9kt: 0
L’or pur 24 carats (24kt) est naturellement mou et les alliages utilisés permettent, entres autres, de rendre le métal plus résistant. Un bijou 9kt contient plus d’alliage, il sera donc plus dur qu’un bijou 18kt – ce qui le rend plus cassant, et donc plus vulnérable aux chocs du quotidien. De même, il n’est pas recommandé de porter sur le même doigt un bijou 9kt et 18kt. La bague 9kt risquant de rayer, et donc d’endommager son homologue 18kt.
DURABILITÉ I 18kt: 1 – 9kt: 0 
La plus forte concentration de métaux communs comme l’argent ou le cuivre font que l’alliage d’or 9kt sera plus sensible aux attaques comme la transpiration ou les agents chimiques contenus dans les crèmes ou les produits d’entretien puisque leurs contacts favorisent l’oxydation du métal. Il est, plus que jamais, recommandé de déposer ses bijoux!
COULEUR I 18kt: 1 – 9kt: 0
Si pour l’or blanc, il est difficile de distinguer le 18kt du 9kt, grâce au rhodiage, notamment. Il n’en est pas de même pour l’or jaune qui sera moins solaire et brillant que son homologue 18kt. Résultat logique puisque la proportion d’or pur est divisée par 2.
VALEUR I 18kt: 1 – 9kt: 0 
Le principal succès du 9kt vient de son prix public. En 2012 – le prix de vente moyen d’un bijou en or 18kt était de 328€ vs 103€ pour un bijou en or 9kt. Ceci dit, nous l’avons vu en introduction, la proportion d’or est deux fois moindre, ce qui signifie que la valeur résiduelle du bijou du 9kt sera également largement inférieure à un bijou 18kt. Attention, aux surprises si un jour, vous souhaitez revendre vos petits trésors.
Au cours de mon "investigation" au supermarché, j'ai eu l'occasion de discuter du mauvais petit tour qu'on jouait aux consommateurs avec la gérante d'une franchise de bijoux, une vieille de la vieille qui savait bien que ses bijoux étaient de mauvaise qualité et contenaient peu d'or pur... Elle feignit de n'avoir pas conscience de la tromperie, elle me dit au final, pour se dédouaner : depuis notre dernier cambriolage, notre patron a décidé de remplacer tout le 18 carats par du 9 carats, et voilà, l'affaire était dans le sac... Ni vu ni connu je t'embrouille...
Gare aux crédules, attention aux étiquettes, mesdames et messieurs, par ici la monnaie...

mardi 31 décembre 2013

Des vœux pour 2014 !



Chers amis qui passez et repassez, ces fleurs sont pour vous, ainsi que mes meilleurs vœux pour démarrer cette nouvelle année 2014...

De quoi sera-t-elle faite ? Impossible à dire, ce qui me laisse le champ libre pour les souhaits les plus sincères de solide santé, d'amour bien sûr, de partage toujours, d'amitié sans aucun doute, de découvertes je l'espère, et puis si mes vœux sont trop courts, si la hiérarchie en est banale, vous aurez tôt fait d'en inventer d'autres, et de rétablir l'ordre d'accomplissement qui vous convient le mieux...

Amis, je vous souhaite une belle année...

Je vous embrasse tous bien fort.

lundi 23 décembre 2013

Tous au Patrimoine Mondial pour 2014...



Chers amis, je me disais :  plutôt que de conserver, de sauver des sites extraordinaires dans le monde, ce qui est déjà très bien je le reconnais, pourquoi ne pas demander de mettre les populations du monde entier au Patrimoine Mondial ?

Bien sûr il faudrait faire un petit effort sur le budget, car des gens qui n'ont pas de travail, qui ne mangent pas à leur faim, qui n'ont pas de quoi se loger, ou qui vivent des détritus de leurs contemporains, il y en a beaucoup, beaucoup trop, donc, si on s'y mettait tous ensemble pour demander l'inscription prioritaire des humains, sur la liste de l'année prochaine ?

Si vous voulez je fais une lettre à l'UNESCO... En PS, je rajoute une demande homologuée de paix mondiale, ça ne peut pas nuire... Si vous avez des idées, faites-le moi savoir très vite avant que je ferme l'enveloppe... J'ai bien pensé aussi à Fukushima, mais on ne peut peut-être pas tout demander la première année... Vous me dites... 

En attendant, passez de bonnes fêtes de fin d'année, parlez du projet à vos familles, à vos amis... Ça peut marcher, la marge de manœuvre est très étroite mais en s'y mettant tous, nous avons des chances de réussir...

Je vous embrasse bien fort.

dimanche 22 décembre 2013

Il giorno delle sorelle... Décembre 2013


En haut, vers le soleil, trône le Sacré-Cœur


Comment vais-je réussir à parler de notre journée des soeurs autrement ? Je ne sais pas...

Tout simplement, comme les mots arrivent pour raconter une belle histoire...

Notre journée se passe aux pieds du Sacré-Cœur, juste aux pieds...

Mes (lecteurs) réguliers connaissent "nos journées" avec ma soeur : chaque mois, nous nous retrouvons dans Paris, pour découvrir un tout petit bout de la capitale... Dis-moi, ça te dirait qu'on aille voir telle rue, telle place, tel coin ? Bien sûr ! Et nous y allons, le hasard fait bien les choses, mais la précision fait mieux encore. Notre rendez-vous, c'est toujours à midi et demi, c'est notre heure, midi et demi c'est bien, ni trop tôt ni trop tard, nous ne sortons jamais de là, le resto est toujours vietnamien, car nous adorons cette cuisine,  puis nous prenons le métro si besoin est pour la visite. Mais avant, nous devons prendre notre " petit café" dans un vrai bistrot choisi judicieusement, attention, pas de précipitation pour cette chose-là, le bistrot c'est de l'intime, du confortable, du beau, il nous faut l'estaminet coup de coeur, bien dehors, biens dedans, tiens celui-ci regarde, il te plait ? Il a l'air sympa ! Impeccable ! Nous le trouvons à chaque fois, et à chaque fois nous le trouvons formidable... Notre attachement est rapide et léger, si le café est bon, le service accueillant, nous disons souvent : il faudra revenir, et nous ne le faisons pas toujours...

Pour les lieux de balades nous sommes carrément d'accord, l'idée de l'une ou l'autre est toujours bonne à prendre, Paris est si vaste pour des parisiennes curieuses comme nous, il y a des milliers de découvertes à faire... Sur le lieu de la visite, nous filons à deux à l'heure, sortons nos appareils photos et en avant Simone, nous faisons deux rues, quelques fois même une seule, en énormément de temps, nous ouvrons nos yeux, le moindre détail architecturale est intéressant... Combien avons-nous eu de surprises aux coins des rues, nous rions beaucoup aussi, nous oublions tous les soucis, c'est ainsi que notre safari photo commence : après le petit noir,  pas au comptoir, mais assises,  nous prenons notre temps en tout......



La pause café, et le petit sac à dos de ma soeur


Ma soeur voulait acheter un manteau, vous parlez d'une affaire, elle en avait repéré des "beaux" dans un magasin près de Montmartre, pas de problème nous y allons, nous y sommes... Mais les manteaux n'étaient plus à son goût, trop chers, trop noirs, trop grands, trop c'est trop, rien ne lui allait, pas grave, tournons la page, faisons trois pas, et nous voilà devant la vitrine du marchand de couleurs, oui ça existe encore dans Paris ! La photo sera arc-en-ciel...


Les pigments de couleurs dans la vitrine

Le paysage familier autour de nous, près du Marché Saint-Pierre, expose ses richesses, les commerçants ne s'y trompent pas, quelques créateurs en tous genres proposent leurs œuvres avec fierté, les immeubles du siècle dernier ne sont pas les derniers à faire éclater leur nouveautés, et clic !


À la pointe du progrès... Splendide avec le magnolia...

Nous n'irons pas loin aujourd'hui, l'environnement est puissant, il faut tourner à 360° pour ne rien rater, nous sautons allègrement d'un trottoir à l'autre... Les vitrines sont attirantes de chaque côté de la rue... Bientôt Noël, c'est le moment d'avoir des idées...


Les étoiles de Noël scintillent dans le soleil

Paris devient une ville impossible à photographier avec toutes les voitures, il faut se faufiler...


La petit boutique est prise entre deux voitures en stationnement...


La photographie est aussi l'art de la dissimulation... Du rêve...

Mais rien ne nous fera perdre notre bonne humeur, ma sœur est une éternelle optimiste... Nous n'avions pas oublié le manteau... Une jeune créatrice installée dans la rue des étoiles scintillantes (voir plus haut) nous montre des merveilles, pas beaucoup plus chères que les vêtements ordinaires que nous avions vus dans le premier magasin.... Nous y reviendrons quand la tirelire sera à son plus haut niveau, continuons notre route, tournons la tête, attention aux voitures, aux trottoirs, levons les pieds et les bras pour prendre les photos, le manteau attendra...

Mais avant de poursuivre plus loin, nous avons soif, un thé fera notre affaire, un estaminet "dans son jus" rutilant de guirlandes clignotantes qui circulent dans un capharnaüm incroyable, un joyeux désordre de fêtes, sommes-nous chez un brocanteur ? Ou des conservateurs ?


Le bric-à-brac bien sympathique

Vous imaginez bien que nous n'avions pas cessé de parler sur tout notre trajet, rien n'y fait, nous n'arrêtons jamais, et bien sûr chacune son point de vue, nos photos ne se ressemblent jamais...


L'escalier du passage Cottin, plongée



Contre-plongée... L'éclairage de la porte due à la minuterie automatique est un cadeau !


Le passage Cottin par Utrillo, 1910

Nous arrivons dans la rue Ramey que nous remontons... La nuit tombe, le temps passe vite, les lumières entre chien et loup s'intensifient, les contrastes intérieurs-extérieurs deviennent magiques !


La petite boutique


Et le beau café à étage

Au revoir ma sœur, rentre bien, moi je vais ici, toi tu vas par-là, encore un beau moment dont nous avons le secret...

mercredi 18 décembre 2013

Ma ligne de vie n° 4... Saison 1...


Porte de Clignancourt  Mairie de Montrouge (Dernière Station depuis mars 2013)

Cette ligne fait complètement partie de ma vie, j'en connais toutes les stations pour y être descendue au moins une fois pour certaines, et pour d'autres, c'est une longue histoire... J'ai remarqué cela un jour en examinant le plan du métro pour effectuer un voyage avec correspondance... J'avais l'impression de regarder une vieille photo de famille...

En partant de la Porte de Clignancourt (ligne prolongée jusqu'à Montrouge depuis peu) jusqu'à Barbès-Rochechouart, je connais par cœur ces cinq stations : Porte de Clignancourt, Simplon, Marcadet-Poissonniers, Château-Rouge, Barbès-Rochechouart, pourquoi ? C'est tout simple, j'ai habité le quartier pendant dix ans... Au gré de ma fantaisie, et du temps dont je disposais pour les nécessités de ma vie quotidienne, je pouvais descendre à chacune de ces stations sans être trop éloignée de mon domicile, faire des achats, le marché, promener mes enfants, aller au cinéma (il reste aujourd'hui deux  salles de cinéma dans ce quartier, le Pathé Wepler et le très vieux Studio 28, pour 203 000 habitants). Le Studio 28, haut lieu du 7e art, salle classée Art et Essai depuis toujours : en 1950, Jean Cocteau et Abel Gance en deviennent les parrains, je peux vous dire que j'y ai traîné mes guêtres, j'ai fait une partie de mes classes cinéphiliques sur ses sièges...


Le vieux Studio 28 : inauguration en 1928

Pour aller au marché aux Puces de Saint-Ouen, il faut descendre à la porte de Clignancourt, j'aimais beaucoup flâner dans ce marché, j'en connaissais tous les recoins... Aujourd'hui il est nettement plus rangé, épousseté, et les étiquettes sont très branchées touristes... Pour moi, les achats y restaient rares car ce marché a toujours été cher... Il existe depuis 1885 : à cette époque, les gens du voyage chiffonniers et récupérateurs, en étaient les premiers occupants. Maintenant les antiquaires et brocanteurs font venir environ onze millions de visiteurs par an, dont de nombreux  touristes... Le dimanche on se bousculait dans les allées, maintenant je ne sais plus... Je n'y vais que rarement...


Le Louxor a fait peau neuve

À Barbès-Rochechouart, juste à la sortie du métro, trône le vieux cinéma Le Louxor construit en 1920/21. Il resta fermé pendant environ trente ans, le dernier propriétaire (Tati) l'a cédé à la ville de Paris en 2003 et il a ré-ouvert ses portes en avril 2013, tout beau, tout rénové, flambant neuf, son décor égyptisant est très stylisé à la manière Art Déco (d'origine). Il y a trois salles et environ 600/700 places au total... Je ne l'ai pas encore étrenné, mais j'y pense très sérieusement...

La station Gare du Nord / Mike_fleming via Flickr CC License By


Les gares du Nord et de l'Est, je les connais bien aussi, souvent j'ai pris le train pour aller vers leurs provinces, maintenant je descends à la gare du Nord presque uniquement pour acheter ma vanille, dans les boutiques tenues par les Indiens : je trouve mon bonheur et beaucoup moins cher que partout ailleurs, en matière de gousses de vanille bourbon ils sont imbattables, et j'en profite... J'en mets partout : compotes, crèmes, gâteaux, je n'hésite plus... Je suis même prête à en céder à ma voisine... Tout au long du Faubourg Saint-Denis, dans les vitrines c'est un festival de couleurs et d'odeurs, dépaysement garanti : saris, bijoux, tissus, colifichets, épices... Toute l'Inde est dans la rue...

Mais la gare du Nord n'est plus fréquentable, aux abords il y a énormément de trafic de drogue, les guetteurs, les acheteurs et les vendeurs se voient à l'oeil nu, pas besoin d'être Sherlock Holmes, nos jeunes disent pour qualifier ce lieu qu'il est chaud bouillant ! Donc pas question de traîner après la vanille...

Dis-moi quelle est ta station de métro, je te dirai qui tu es


Pourquoi je descends à Château d'Eau ? Pour arpenter le Boulevard de Srasbourg et aller voir un film dans le cinéma Le Brady. C'est en 1956 que cette ancienne boîte à musique commence sa carrière de cinéma, elle est achetée par Jean-Pierre Mocky, le réalisateur, en 1994, puis la salle est revendue en 2011. Elle est entièrement rénovée en 2009 et reste un cinéma d'art et essai, doublé d'un théâtre, qui propose des spectacles qui s'adressent à tous les publics, sans oublier les festivals et les inédits du cinéma turc. Il essaye de tirer son épingle du jeu, longue vie au Brady... Je suis allée spécialement au Brady pour voir un film qui ne jouait déjà plus nulle part sur Paris : un film japonais d'animation Lettre à Momo de Hiroyuki Okiura, qui a travaillé durant sept ans à sa réalistation, scénario compris, c'est son deuxième long métrage, j'aurais aimé vous dire beaucoup de bien, mais je m'y suis ennuyée malgré les beaux dessins...

Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici, un extrait d'un entretien donné (en 2011) par Jean-Pierre Mocky, avec son franc parler, à propos des ciné-clubs :

"Il faut en revenir au problème de l’art et essai et de la communication avec le public. J’ai vu l’extinction des ciné-clubs à cause de professeurs d’université qui se piquent d’être des spécialistes : on entre alors dans Les Précieuses ridicules de Molière… Ces gens, au lieu de comprendre ce que le public aime ou voudrait voir, essaient de lui imposer des choses comme si c’était des suppositoires ou qu’on voulait lui faire avaler de l’huile de foie de morue. Un ouvrier ou un immigré sont aussi intelligents que vous et moi, mais ils sont « en direct » avec le cinéma : il faut répondre à cette attente plutôt que leur présenter du Robbe-Grillet… Il faut faire attention à ne pas confier le Louxor à un imbécile !"



Le Brady : un nouveau parcours pour ce vieux cinéma...

Voilà le début du voyage sur ma ligne n°4, chers lecteurs habituels ou de passage, prochainement, laissez-vous embarquer pour la saison 2, rendez-vous ici...

dimanche 15 décembre 2013

Je n'aime pas le ballet de la Belle au Bois Dormant !



La Belle au Bois Dormant, Opéra de Paris décembre 2013


Bon, essayons tout de même, voyons un peu combien de temps je vais tenir. La télévision diffusait hier soir ce ballet crée en 1890 à Saint-Petersbourg, il est l'oeuvre conjuguée du chorégraphe Marius Petipa et du compositeur Tchaïkovski, il sera remonté par Noureev en 1989 à l'Opéra de Paris, d'après la chorégraphie originale. Voilà pour la petite histoire, qui sera tout à fait complète si je précise que ce conte est de Charles Perrault. Noureev qualifiait cette oeuvre de "Ballet des ballets".

Madame Brigitte Lefèvre, directrice du ballet de l'Opéra jusqu'en octobre 2014, a sans doute voulu apporter sa petite pierre à l'édifice patrimonial en reprogrammant cette oeuvre, elle nous dit en prologue que tout, absolument tout a été fait avec du neuf, elle parlait des dentelles et des chaussons, bien entendu... Voilà de quoi exciter ma curiosité...

Si tout était neuf dans les matériaux de la mise en scène et les costumes des danseurs, je me doutais que tout le reste n'allait pas suivre... On n'avait pas revisité l'oeuvre pour le XXIe siècle, le neuf en fait était du vieux, rien de nouveau sous le soleil.

Les couleurs étaient magnifiques, l'effet visuel superbe, la mise en scène bien datée, sans surprise, conventionnelle, convenue, rien à attendre de ce côté-là : Marius Petipa et Noureev devraient être contents, presque rien n'avait changé depuis cent ans...



Je regarde, mais je fulmine, cent ans après le réveil de la Belle au Bois Dormant un bal est donné, et c'est bien sûr l'occasion pour les Étoiles du ballet de présenter leur numéro de virtuoses devant les yeux ébahis du public : aux saluts, les applaudissements crépitent, le succès est au rendez-vous. Plusieurs couples de danseurs viennent chacun leur tour meubler la scène avec de jolis pas de deux, saluent et s'en vont... Au bout de cinq ou six passages, je dois dire que je ne tenais plus en place, j'avais l'impression d'être devant des numéros de patin à glace...

Je trouvais que les deniers publics étaient gaspillés, ce ballet devait coûter une somme colossale, il y avait un monde fou sur le plateau, et dans les coulisses sans doute autant...

Quel intérêt peut présenter ce genre de spectacle, totalement empesé dans un temps qui pour moi est révolu ? Les tutus, les chaussons pointus et les couronnes coûtent bien trop cher à l'art de notre temps.

La Belle au bois dormant (Saison 2013-2014)


Pendant que je rouspétais, je me disais également : l'ennui me prend devant un tel spectacle, alors que les opéras de Mozart, beaucoup plus anciens, me font encore pleurer, peu importent les costumes des chanteurs, les lumières, les couleurs, pourvu que le chef et les chanteurs soient à la hauteur... Je n'ai jamais fini d'être émue, bouleversée par la musique et les voix.

D'où vient que les ballets dits classiques ne m'intéressent pas du tout ? Je les trouve dans l'ensemble mièvres, cul-cul la praline, trop codifiés, exaspérants, le monsieur qui porte la dame, la fait tourner, lui tient la main... Tout ça ne marche plus pour moi, les chaussons, les tutus devraient être remisés au placard...

Je sais bien que je vais en énerver plus d'un en disant cela, mais je tente, je coup de gueule, je fais mon intéressante, je dis ce que je pense...

Alors que la danse contemporaine me touche, m'enthousiasme parfois ! Comment ne pas être entièrement captivée par un ballet de Pina Bausch, jamais je ne me suis lassée de ses oeuvres magnifiques qui me parlent des sentiments de mon époque avec un talent toujours renouvelé. L'Opéra de Paris n'a pas été en reste avec Pina, heureusement !

Stéphane Bullion et Marie-Agnès Gillot

Orphée et Euridice à l'Opéra de Paris (2012), chorégraphie de Pina Bausch, un événement, un choc !
Même si j'exagère sûrement, vous l'aurez compris je n'aime pas du tout les ballets classiques, rien à attendre, pas de frémissement, pas d'emballement, que des jérémiades... Pina, reviens !