jeudi 13 janvier 2011

Cambodge... Ah ! Angkor !


Quand je suis arrivée sur le site je n’ai pas fait : Oh ! Mais : Aïe !

J’avais mal ? Mon cœur était ulcéré, j’avais presque le vertige, le ciel n’était pas comme je voulais ; tout marchait de travers, sauf les touristes, les milliers de touristes qui sont arrivés comme moi, le matin, vers 8h30.


Je m’étais préparée psychologiquement à ne pas rouspéter, à ne pas m’énerver, j’avais la ferme intention de rester calme et d’admirer sagement les magnifiques temples de la civilisation Khmère.

Je vous le dis tout de suite, ça n’a pas été possible…


À l’entrée, j’ai attendu pour avoir le billet, le pass de trois jours qui m’ouvrait toutes les portes des sites, à gauche le billet d’un jour, à droite le billet de trois jours, fallait pas traîner, la queue grandissait comme le nez de Pinocchio. Le pass se faisait instantanément, photo à l’appui, dès l’entrée, une petite caméra prenait votre binette au guichet et hop ! A payé, au suivant.


Imaginez la foule qui se pressait comme moi pour voir les splendeurs angkoriennes, la plupart des touristes étaient asiatiques : Chinois, Japonais, Coréens, les Européens sont loin derrière… Des files de voitures, de cars, de tuk-tuk, de vélos, de motos, déversaient les curieux, les assoiffés de beauté mystérieuse.

J’ai fait : Oh ! Où vais-je mettre mon émotion, ma joie, ma surprise, mon excitation ?



À la porte du premier temple, il y avait les marchands cambodgiens bien installés sous des nefs de paille qui proposaient les souvenirs, les plus petits marchands, ceux qui tiennent à bout de bras toute leur marchandise, essayaient de vendre les chapeaux de paille. Des enfants, en travailleurs indépendants, chargés de livres, de foulards et de cartes postales, criaient à la ronde le prix de tous ces beaux objets, dans toutes les langues. Les enfants vendeurs d'ici connaissent toutes les accroches commerciales, ils vous les servent dans toutes les langues, ils apprennent vraiment sur le tas, mieux qu'avec la méthode Assimil, j'avais vraiment l'impression qu'ils avaient été scolarisés longtemps, non, ils ont appris très vite dans la rue, auprès des touristes.


Un peu plus loin, les éléphants majestueux, vêtus de rouge et or, avec le cornac vermillonné, faisaient envie à tout le monde, pensez donc, quels souvenirs à rapporter, quelles sensations, voir Angkor sur le dos d'un éléphant, toujours plus haut, palpitant. J'ai eu quand même la tentation d'y monter, et puis je me suis dit : il ne faut pas exagérer, mais l'économie de fatigue que représentait ces gros pachydermes... Bon, j'ai tout fait à pied.


Beaucoup plus loin, on voyait déjà le temple-montagne Angkor Wat trouer le ciel bleu. On s’y précipite en bandes, il faut jouer des coudes, comment s’extasier à 42000 ? Vous pourriez faire ça, vous ?

J’ai toujours refusé d’aller voir les pyramides, trop de monde, je ne veux pas souffrir sur le terrain, je renonce, je continuerai à les regarder dans les livres, je veux bien feuilleter les photos des autres, de toute façon je ne vais pas faire le tour de la Terre, je ne vais pas pouvoir tout voir… J’envie les grands voyageurs du 19e siècle, particulièrement Henri Marchal qui passe plus de 60 ans au Cambodge, conservateur d’Angkor à la fin des années 30, il fait démonter les ruines et les remonte pierre par pierre… À sa mort, tout Siem Reap (la ville à côté du site) assiste à son enterrement, ses cendres sont répandues sur la chaussée d’Angkor Wat. Quel panache !

Notre époque n’est plus aux découvertes en solitaire, les tour-operators font ça très bien, ils passent tout au peigne fin, vous n'avez plus qu'à suivre… Ce qui fait que nous sommes nombreux à être sur les sites dès 5h du matin, pour avoir l’impression que nous sommes seuls au monde, d'être les découvreurs des splendeurs du monde. J'ai essayé cette heure-là à Venise, sur la place Saint-Marc... Il y avait déjà du monde.

Pour faire la photo, il faut être adroit et rapide, si vous n'appuyez pas tout de suite, il faudra attendre le groupe de 50 qui vient juste derrière... Ouf ! Dans la boîte !

Les temples d'Angkor dominent un immense territoire, la foule se disperse et petit à petit, en allant très loin, à quelques kilomètres, vous trouverez un temple sublime où il y aura moins de monde, le charme opère immédiatement... J'ai bien fait de venir, c'est tout à fait exceptionnel, quelle civilisation, quels constructeurs, la foi (hindouisme, puis bouddhisme), la puissance et la richesse déplacent des montagnes... Pour construire le plus majestueux des temples, il faudra la participation de 300 000 ouvriers et 6 000 éléphants, pendant 37 ans...


Il y a environ 300 temples dans la région d'Angkor, les constructions vont du VIIe au XIIe siècle, j'ai vu un temple appelé la Perle de grès rose (Banteay Srei, c'est ici que Malraux vola un bas-relief en 1930), un joyau de l'art Khmer, c'est la plus belle chose que j'ai vue ici... Des sculptures si fines, si denses, si délicates... Les femmes dansent sur les murs... Ce temple est dédié à Civa...


Plus loin, j'ai adoré le temple Babteay Kdei (Bouddhique), abandonné (presque), et livré à la végétation, l'atmosphère est étrange, les arbres qui ont plusieurs centaines d'années enserrent dans leurs racines les murs de pierre... La végétation coule entre les pierres comme des leviers de fer, et fait tout ébouler.

Ici, par chance, peu de monde, j'ai fait le tour du temple, sous le mur d'enceinte, juste les arbres, les pierres et moi... Envoûtant et presque angoissant...


Chaque fois que je me retrouvais devant un petit temple, en brique (les plus anciens sont tous en brique), presque seule, les pieds rougis par le sable, contemplant la grâce, les prouesses architecturales, les fines sculptures, j'étais touchée par la vénération dont il jouissait encore aujourd'hui, l'émotion était à son comble, les siècles sont passés, et je restais à l'unisson avec tous les peuples qui ont souffert et qui se sont agenouillés ici.


Angkor garde intacts son histoire, ses mystères, sa grandeur, son extrême beauté... Les milliers de touristes n'y changeront rien, il faut s'organiser, visiter à contre-temps, préférer les petits temples aux "vedettes", et prendre un guide qui augmentera considérablement le charme et l'intérêt de la visite.



mardi 11 janvier 2011

Cambodge... Les voeux.


Il faut que je vous raconte comment j’ai collecté les vœux avant de partir au Cambodge

Quand j’ai l’occasion d’aller à l’étranger, de visiter de belles églises, de superbes mosquées (pour les temples, les synagogues, c’est plus difficile, ces lieux sont toujours fermés quand je passe), j’adore déposer des vœux.

Quand c’est possible, j’allume une petite bougie. Le rituel de la flamme confère à ce moment «un petit peu d’art en plus».

Vous comprenez mieux la nécessité de la préparation, j’ai rempli avant de partir mon petit carnet «spécial vœux». Pour le Cambodge, je sentais bien que ça allait être grand, et beau.


L’idée m’en était venue à Padoue, il y a quelques années, j’avais été très impressionnée par l'imposante beauté de l’église Saint-Antoine… Il y avait un monde incroyable qui circulait pieusement, les reliques de Saint-Antoine faisaient l’objet de dévotions particulières, les gens attendaient sagement, en faisant la queue, pour déposer un petit papier de vœux dans la châsse qui abritait le corps du Saint. En passant ils faisaient une petite caresse sur le bronze, à certains endroits le métal brillait comme de l’or.

L’amie avec laquelle j’étais m’a dit, comme une confidence : fais un vœu et glisse-le à Saint-Antoine… Ça va marcher. J’ai donc bien réfléchi, je suis allée au plus urgent et j’ai écrit ce que je voulais sur un petit papier qui était à notre disposition. Vraiment pratique.

Quand je suis passée devant le tombeau du Saint, j’ai glissé le papier dans la petite fente prévue à cet effet, avec beaucoup de conviction. Je n’ai pas fait la petite caresse sur le bronze, car je ne crois en rien.

J’ai trouvé tout ça si beau et si amusant, de demander aux Saints des faveurs importantes, que je me suis dit : dorénavant, je ne pars jamais sans des vœux.

Tous les mécréants que je connais m’ont fait leur liste personnelle : réussite, longue vie, bonheur, succès, prospérité, santé, jeunesse éternelle… Et je ne peux pas tout vous révéler.

Quel bonheur d’aller porter les bonnes paroles de mes proches devant les beautés du monde, les grands lieux de pèlerinages, où la ferveur est véritable, authentique, je mets toutes les chances de mon côté, pour faire exaucer leurs souhaits.

J’emporte donc avec moi les désirs intimes de tous mes athées, un peu comme cette demande que nous faisons, même sans y croire, à l'ami qui va tirer les cartes, la foi revient petit à petit quand le destin nous sourit. Il y a des lieux magiques où l'espérance est permise, surtout quand on est la plus sceptique du monde… On ne sait jamais. Je mets dans mes bagages le poids léger des rêves, des illusions, des pieux mensonges...



Quand je suis arrivée au Cambodge, j’ai sorti le petit carnet, j’avais tellement d’espérances à porter, et je ne les avais pas toutes apprises par cœur. Il fallait que je révise, que je détermine l’ordre de passage, je n’ai pas fait toutes les demandes le premier jour.


Dans la première pagode visitée, je me suis faite bénir, par l’achar (Ce sont des laïcs, les Achar, et non les moines qui animent la vie religieuse dans les pagodes) il m’a pris la main droite, et avec un petit fouet végétal qu'il a trempé dans un bol rempli d'eau et de pétales, m'a aspergée, il m'a fait comprendre que je devais mouiller également mon visage avec cette main, puis, pour parachever l'oeuvre, il m'a noué au poignet un petit bracelet de laine rouge (que je garde encore aujourd'hui) tout était réuni pour que mes futurs exaucés soient contents. Il y avait de l'or sur Bouddha, des couleurs et des odeurs si subtiles, je me suis dit, ça ne peut pas rater, c'est là qu'il faut agir, j'ai déposé un bâton d'encens près des lumières et j'ai récité mon petit carnet avec le nom de chacun, dans la boîte transparente aux pieds de la statue, j'ai glissé un petit billet en monnaie du pays... On ne sait jamais.

Comme dans toutes les églises du monde, les pagodes ont chacune leur personnalité, leur histoire, les peintures, les décors, les accumulations d'offrandes, nous offrent à chaque fois un spectacle différent, la foi, la piété, sont toujours émouvantes dans tous les lieux de prières.

lundi 10 janvier 2011

Avant la suite du Cambodge... Monoprix. !


Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter la délicieuse rencontre que j'ai faite aujourd'hui...

Dans un Monoprix tout près de chez moi, je baguenaudais parmi les rayons de vêtements, qui avaient tous changé de place, grand ménage d'hiver en attendant le printemps.

Une dame au cheveux bien blancs, petit sac de course au bras, se promenait elle aussi entre les pulls, et me dit : on se croirait au BHV, ils changent tout, ça coûte combien ? Elle me désignait un joli gilet en cachemire qui se vend 145 euros, mais ils sont fous, qui va acheter ça par ici ?

Je trouve que tout augmente, et la voilà partie à me faire la conversation.

Regardez, là, avant Noël, j'voulais monter mon caddie par l'escalator et il est resté coincé, résultat je suis tombée, 4 côtes de cassées... Vous avez été emmenée par les pompiers ? Bien sûr, un mois immobilisée comme ça, elle prit la position de la momie, les bras le long du corps pour me montrer. Alors-là, je peux vous dire que j'ai eu mal, ça m'a appris beaucoup de choses, ah bon ! Oui, mes enfants m'ont aidée, surtout ma fille, énergique comme tout, j'ai 80 ans voyez, elle m'a dit déshabille-toi, en un temps record j'étais nue dans la baignoire, vous imaginez, elle voulait me laver, pour m'aider bien sûr.



Elle m'a dit, t'arrête pas l'eau du robinet quand tu te savonnes ? Ben non, moi j'arrête pas l'eau du robinet quand je me savonne. Elle a été brusque avec vous ? Non non, elle est énergique, vous voyez, bon, tu vas mettre ces chaussures-là et on va sortir se promener, il faut que tu marches un peu, faut pas rester immobilisée, je mets celles-ci à la poubelle, elles sont vraiment trop usées, et hop ! Elle faisait des petites mimiques pour illustrer le bavardage entre sa fille et elle, montrait du doigt les chaussures, fermait le robinet avec la main...

On est allées jusqu'au parking pour faire un tour, j'ai marché un peu dans la neige...

Et votre fils (elle m'avait dit qu'elle avait un fils), il est gentil aussi avec vous ? Oui, mais c'est pas pareil, il m'a aidé aussi, il a fait des courses.

Mon gendre aussi a été gentil, il rend ma fille heureuse, faut pas en demander plus.

L'autre jour, quand je suis sortie sur le parking avec ma fille, on a fait un magasin qui vendait de l'art, j'ai vu un beau tableau qui représentait New York, j'ai montré du doigt et j'ai dit, je veux ça, pour ma petite fille, elle a vingt ans, elle est allée à New-York. Mon gendre, il a tout bricolé chez moi en un tour de main, des trucs qui attendaient depuis des mois, des années, il a réglé le mélangeur sur la baignoire, réparé la pendule, il était content que j'ai pensé à sa fille pour le tableau, la première chose que j'ai achetée, la première fois que je suis sortie, c'était pour elle, il était content, il m'a tout fait, il est gentil.


J'ai beaucoup appris de mes enfants avec cet accident, vous avez été surprise de leur attitude ? C'était pas comme vous vouliez ? Si, ils sont gentils, j'ai pas à me plaindre... Mais je sentais comme une petite touche de citron dans les tranches d'orange qu'elle me débitait.

J'peux pas leur donner de l'argent, si je suis malade, qui va payer ? Vous avez vu Sarko, il veut faire un impôt obligatoire, bon, un impôt c'est toujours obligatoire, à partir de 50 ans, pour payer la dépendance... Vous voyez, j'peux pas leur donner de l'argent.

Elle avait la langue bien pendue, les yeux rapides, du bon sens, mais j'avais bien senti une petite amertume dans le miel de son discours, bonne continuation, prenez soin de vous... Et j'ai filé faire mes courses...

Je me disais, cette histoire va passer avant le Cambodge, je vais vous la raconter, j'étais joyeuse comme tout d'avoir ramassé cette pépite-là, ma collection d'émotions est exactement à mon goût, simple, humaine, directe, exactement comme cette dame qui avait tant de choses à dire sur la vie, j'avais compris que sa fille était un peu brusque, mais tellement efficace, elle n'a pas pu me dire si tout était vraiment doux pour elle...

Quand j'entends des histoires aussi belles, des désirs de parler si forts, j'écoute de partout, pour ne pas en perdre une miette, et au bout du conte, tout le monde est content.

dimanche 9 janvier 2011

Cambodge... Le dernier jour.


Voilà, le séjour se termine, on a fait le plein de ce qui pouvait se voir, se sentir, se photographier...

Mais je le sais bien, il faut maintenant aller en profondeur pour comprendre ce que j'ai vu... Il faut relire les paysages avec les livres, je veux tout connaître, tout savoir, 2000 ans d'histoire, ça doit bien prendre un moment ? J'aurais du emporter la bibliothèque municipale.

C'est drôle, quand je vais à l'étranger je veux tout capitaliser, comme si je pouvais mieux comprendre ce qui se passe ailleurs que là où je vis.

Folie, illusion, prétention, pourquoi là-bas, tout serait plus limpide qu'ici ?

Bon, je vais rester avec mes petites choses, je vous aurais prévenus, je raconte des fragments, les tous petits moments d'une promenade, les impressions floues d'une conversation, je ne vais mettre aucun ordre dans les récits, et même, je vais laisser du désordre, à vous de faire le ménage.

Donc, le dernier jour, je savais que je devais laisser tous mes médicaments, ceux qui guérissent : les diarrhées, les maux de têtes, les petites coupures, les cloques aux pieds, ceux qui chassent les moustiques, et pour finir, les gros costauds : les antibiotiques...

Mais à qui laisser tout ça ?

A l'hôtel ? Aux marchands ambulants ? À la poste ? Au premier qui passe ? Comment remettre en bonnes mains les bons médicaments de l'occident ? En un mot, comment faire une BA dans un pays pauvre ? Comment se comporter en civilisée solidaire avec ses voisins d'Asie ?



On visitait toutes les pagodes, pour la beauté, le style, la curiosité, pour l'ambiance, pour l'histoire, pour les contacts, partout ça sentait bon l'encens, il suffisait juste d'enlever ses chaussures et son chapeau avant d'entrer saluer Bouddha.

Dans les pagodes, il y a souvent beaucoup de monde : les bonzes avec leurs beaux costumes safran et leur mystère... Les laïcs qui habitent ici, par pauvreté (plutôt les jeunes), par nécessité spirituelle (plutôt les vieux).


Les bonzes accueillent avec une extrême courtoisie, de l'empressement, tous les visiteurs qui cherchent le contact, il parlent un peu anglais, c'est beaucoup plus pratique pour nous que le Khmer. Ces visites sont bien agréables, on prend des nouvelles, on pose des questions, on fait le tour du propriétaire, on n'a jamais l'impression qu'on dérange et souvent la nuit tombe avant qu'on se soit quittés, ils ont tout leur temps, ils ne dînent jamais le soir (règle monastique), boivent un peu de coca-cola pour le sucre...

Alors l'idée nous est venue, on va laisser les médicaments à la pagode, ça pourra servir à ceux qui sont dans le besoin, les médicaments ici sont coûteux, nous les riches, on a tout ça chez nous pour beaucoup moins cher.


On a livré la pharmacie à un petit groupe de jeunes bonzes, ravis de l'aubaine, ça tombe bien, car leur règle permet qu'ils reçoivent des dons en médicaments.
La conversation tenait de la consultation médicale, il fallait expliquer comment on s'en servait, qu'il ne fallait pas jouer au malin avec les antibiotiques, mieux valait consulter un médecin en cas de besoin. Si vous avez mal à la tête vous pouvez prendre de l'aspirine, ou celui-là, du paracétamol... On avait quasi notre diplôme de médecin avec notre sac plastique rempli de tubes et de boîtes.

C'est pas du tout sûr qu'ils aient tout compris d'un coup, mais je me disais, ils ne sont pas bêtes, il demanderont de l'aide au pharmacien, le moment venu...
J'avais l'impression d'être une ONG, d'avoir participé au redressement du pays, une petite BA médicale, ça fait du bien au moral.

Les jeunes bonzes nous ont salués avec le geste gracieux de l'adieu ou du bonjour qu'on pratique dans ce pays, les deux mains jointes, juste au dessous du nez, la tête légèrement penchée, nous étions largement remerciés...
J'ai gardé en tête les couleurs safranées posées légèrement sur des corps minces, les épaules droites dénudées, les crânes rasés, les pieds nus, et leurs sourires...


samedi 8 janvier 2011

Je reviens de loin !

Je suis heureuse de vous souhaiter à tous une très bonne année avec une santé de fer. Faites des projets, même des tous petits, ayez de nouveaux amis et n'oubliez pas les anciens, cultivez votre jardin si vous avez la chance d'en avoir un, pour les autres, mettez des fleurs à vos balcons... Voyez comme votre année sera belle... Avec les gens que vous aimez déjà, dites-leur avec des mots, en plus des fleurs...

Pour la nouvelle année, il y aura du soleil mais aussi de la pluie, je vous souhaite des matins sans chagrin... Faites le mieux que vous pourrez pour avoir des envies, des passions, engagez-vous chaque jour dans de nouvelles découvertes...

Enfin, moi, c'est comme ça que je vais essayer de faire.

Je vous embrasse, prenez soin de vous et des autres...

À bientôt, je range, je classe, je lave, j'écris et je suis à vous...Merci de m'avoir attendue !

mardi 21 décembre 2010

Partir en voyage... Loin... Très loin.


Je ne suis jamais partie très très loin, jamais dépassé 8h d'avion d'affilée...

Aujourd'hui, je pars demain... Très loin, en Indochine, pour 15 jours... Vous n'imaginez même pas les préparatifs...

Au début du projet : oui, ça serait bien, pourquoi pas, il doit y avoir de merveilleux paysages, tant de choses à découvrir, une histoire intéressante...

Il y a toute la partie : il faut prendre les billets, courir les agences, faire des comparaisons, pourvu qu'on ne se fasse pas arnaquer... Où pourrais-je bien aller ? ça coûte combien ? Il faut des visas ? Les avions : c'est sûr ? Il fait beau, il fait chaud ? C'est pas la mousson, ouf !

L'Amie !! C'est exactement ce qu'il me faut, j'en ai une justement qui fait ce travail-là, quel beau métier, elle travaille dans une agence de voyage, elle va tout faire pour moi, bien me conseiller, me fabriquer un voyage fabuleux, pas de soucis, je passe par elle. Un petit coup de fil, j'explique l'affaire et en voiture Simone.

Le projet prend du corps, à part faire le chèque, rien à s'occuper...

Mais... L'Amie ne fait pas l'Asie, elle me refile à une copine, qui connaît très très bien le coin, son agence est totalement spécialisée, je te la garantis, elle est sérieuse, tu peux y aller les yeux fermés, tu verras, elle est efficace, je lui fais un mail tout de suite, confiance... Tu ne vas pas le regretter.

Rien n'est encore tout à fait décidé, mais je consulte déjà des guides, je regarde des livres, je consulte la météo locale. Dans le guide, je découvre 2000 ans d'histoire passionnante, extrêmement remuante, des guerres et invasions, des massacres... Après l'histoire, c'est la géographie... Jamais je ne vais m'en sortir, trop c'est trop... Déjà dans l'Indre, il fallait en connaître un rayon sur le Berry, ses écrivains, ses peintres, ses châteaux, ses jolies fermettes, ses recettes culinaires, sa paysannerie... Pour me sentir immergée dans le département, pendant un mois... Alors vous pensez, l'Indochine, même pour 15 jours !

Panique à bord, par quoi commencer, l'histoire ou la géographie, les maladies tropicales, les transports locaux, comment faut-il s'habiller, les hôtels, les dangers, les moustiques, les diarrhées et les vaccinations... ?

Tu verras, les temples d'Angkor, une vraie merveille...

Les visas, combien de temps à l'avance ? L'obtention du visa vous permet d'aller dans les beaux quartiers, j'ai en poche mes plus belles photos, enfin je vais voir des gens du pays... Pourvu que je n'oublie rien, qu'ils ne me disent pas de revenir... Pour le DTPolio, c'est mieux d'aller à l'hôpital, c'est plus sérieux.

Tu verras, les paysages, les rizières en terrasse sous le soleil, c'est divin.

Ah ! J'oubliais la monnaie du pays, comment ça marche là-bas ? On peut payer en dollars, en euros, en riels ? Bien sûr, pour tout savoir sur les combines, les bonnes affaires, je file sur les forums avec Internet, alors-là tout devient opaque, personne ne dit la même chose, il faut repartir à l'attaque.

Tu verras, c'est un pays magique, pas trop de touristes encore, c'est le moment.

J'ai entendu dire qu'il fallait faire attention à ses petites affaires, pas de bijoux, pas trop d'argent sur soi, pas d'ostentation... Bon, justement mon appareil photo est tout petit, je prends mon sac à dos en toile, le tout vieux, aucun objet de luxe...

En guise de préparation, je suis allée au cinéma voir le film "L'Empire du milieu du sud", dont je vous ai parlé dans mon post du 14 décembre, tout sur le Vietnam, rien sur le Cambodge, raté...

Les gens sont extrêmement gentils et accueillants, tu verras...

Faire la valise, c'est vraiment bien, le départ approche, il faut tout fleetoxer avec de l'anti-moustique qui dure longtemps, finalement le dernier commerçants à voir dans l'histoire, c'est le pharmacien, qui augmente un peu la facture du voyage.

J'emporte mon chapeau ? Des chaussures fermées ? Un parapluie ? Où je vais mettre mes vêtements de neige en arrivant à l'aéroport ? Dans 24h il fera 30° !

La cerise sur le gâteau, je connais une personne, qui connaît une personne qui est Cambodgien, qui habite vraiment là-bas, vous parlez d'une chance... Allez, on commence la correspondance via Internet tout de suite... J'ai des tas de questions à lui poser.

Plus qu'un jour pour téléphoner partout, à ma famille, mes amis, joyeuses fêtes, bon Noël... Prenez soin de vous...

J'y vais, la vie passe comme un éclair, je vous raconte tout en revenant, attendez moi, passez de bonnes fêtes...


samedi 18 décembre 2010

J'ai vu les oeuvres de Henry Darger à Lausanne...


Et j'en suis restée baba !! Je ne connaissais absolument pas cet artiste, et ça a été une vraie découverte, un vrai bonheur.

Au musée d'Art brut de Lausanne, j'y suis rentrée, il faisait jour, j'en suis sortie, il faisait nuit... Bien sûr, vous me direz qu'en hiver, la nuit tombe vite... Mais non, le temps a passé comme un éclair.



Au fond du musée, il y avait une salle entière qui lui était dédiée, de grandes fresques en papier, encadrées entre deux plaques de verre, et suspendues dans la pièce, cette disposition permettait de tourner autour et d'admirer recto/verso avec le même émerveillement.

J'ai essayé de comprendre la signification de ces magnifiques peintures, je me suis bien concentrée, mais rien ne m'a été révélé. Alors, je me suis attachée à retrouver des impressions connues, devant des jeux, un monde d'enfants, j'ai vu des croix, des anges, j'ai pensé à la religion, à la guerre puisqu'on y voit des hommes armés, à des monstres humains, puisqu'il tuent des petites filles sous nos yeux, j'ai vu des êtres surnaturels avec des queues et des ailes... Rien, rien ne m'a aidée, une idée en chassait une autre, le pouvoir évocateur de ces imageries restait muet, ça partait dans tous les sens, rien ne tenait debout dans les histoires, je voyais un monde à l'envers, de gentils enfants, des adultes cruels, des paysages, des papillons, un bout d'histoire des Etats Unis ?... Pas sûr, tout restait opaque, il faudra attendre de taper Google, d'aller sur les sites spécialisés en Art brut, lire Wikipédia pour découvrir le monde fantastique d'Henry Darger.





Alors, mieux vaut ne pas tenter un déchiffrage immédiat du sens, et se laisser emporter par la force, l'étrange et la beauté des couleurs, la transparence et la délicatesse des aquarelles, les imageries totalement imaginaires, les agencements des formes, les cadres, les points de vue originaux. L'harmonie picturale est totale...

Voilà donc, si vous voulez en savoir plus, ce que j'ai trouvé sur Wikipédia, à vous de faire le reste pour faire parler l'oeuvre, et puis allez vérifier à Lausanne la beauté de son art...



L'histoire singulière d'Henry Darger :

"Il voit le jour le 12 avril 1892.

Sa mère meurt lorsqu’il a quatre ans. Du témoignage même de Darger, il fut bien traité par son père avec lequel il vécut jusqu'en 1900. Dans les temps précédents sa mort, ce dernier était trop faible pour s'occuper de son fils qui est pris en charge par l'établissement catholique qu'il fréquentait alors. Son comportement perturbe ses camarades qui ne tardent pas à le traiter de fou. Il parle seul, de manière irrépressible et inopinée. Il est probablement affecté par le syndrome Gilles de la Tourette.

Persuadé d'avoir un don lui permettant de savoir quand les adultes lui mentent, il se montre très rétif à toute forme d'autorité. Sa pratique ponctuelle mais récurrente de l'onanisme en public (self-abuse, comme le diagnostiquent pudiquement les docteurs qui l'examinent), finira par le faire interner en 1905. Il séjournera plus de 7 ans à l'Institut Lincoln (Illinois), réputé pour la sévérité des traitements que les internés y reçoivent. Il tente de s’en évader à plusieurs reprises. C'est lors d'une de ces fugues, en 1908, qu'il est témoin d'une puissante tornade qui ravage alors le Comté de Brown dans l'Illinois. Ce cataclysme laisse des traces prégnantes dans l’imaginaire de Darger, comme en témoigne le motif récurrent de la tempête à l’intérieur de ses tableaux.
À 16 ans, lors de sa troisième tentative d'évasion, il parvient à regagner Chicago. Il y trouve l'aide et le réconfort de sa marraine. Elle lui trouve un emploi de portier dans un hôpital catholique où il travaillera jusqu'à sa retraite, en 1963. Il commence alors à régler sa vie selon un emploi du temps immuable. Catholique dévot, il assiste à la messe jusqu'à cinq fois par jour. Il collectionne pour les amasser des détritus de toutes sortes (jouets, figurines religieuses, images de saints, chaussures, pelotes de ficelles, magazines et bandes-dessinées). Il consigne quotidiennement, dans un journal, l'état de l'atmosphère et les erreurs commises par les météorologues dans leurs prévisions. Cette vie de réclusion et de solitude est à peine infléchie par la seule amitié qu'on lui ait jamais connue, et qui le lie à William Scholder. Tout deux s'investissent dans des œuvres de charité dédiées aux enfants abandonnés ou maltraités. Scholder décède en 1959.
De 1930 à 1973, Darger occupe la même chambre à Chicago, au 851 W Webster Avenue, non loin du Lincoln Center Park, dans le quartier de North Side. C'est là qu'il se consacre secrètement à l'écriture et à la peinture. Personne ne sait combien de temps lui a demandé la composition de son œuvre. Outre les Royaumes de l'irréel, il rédige son autobiographie (L'Histoire de ma vie, 5084 pages). Ce n’est qu’après sa mort que l’œuvre à laquelle il a travaillé toute sa vie est découverte. En 1973, Nathan et le Kiyoko Lerner, les propriétaires de l’appartement loué par Darger, mettent au jour les réalisations de l’artiste. Lerner est un photographe accompli et reconnu, ayant notamment travaillé pour le New-York Times. Il perçoit immédiatement l'intérêt du travail de son locataire et se charge de créer une fondation destinée à mettre ce fonds en valeur. Il aidera beaucoup à la réalisation du documentaire de Jessica Yu sur la vie et l'œuvre de Darger.
Henry Darger est inhumé au cimetière All Saints de Des Plaines (Illinois), dans le carré réservé aux personnes âgées des Petites sœurs des pauvres. Sur sa pierre tombale, il est décrit comme un artiste et un « protecteur des enfants ».