lundi 18 mai 2015

Marseille... Mes petites merveilles (Belle) Saison 2 !


La piscine juste en dessous de chez l'hôte qui m'accueillait à Marseille


Ici le Paradis, loin du bruit de la rue...

La petite terrasse de mon hôte, située au dernier étage de l'immeuble, m'offrait cette vue plongeante chez le voisin du rez-de-chaussée :  un petit coin de couleurs, de lumière et de calme, bien à l'abri de la grande voie de circulation très intense, un périphérique interne... Nous étions à un petit quart d'heure de la Canebière.

De notre perchoir, sur la terrasse toujours ensoleillée, nous pouvions voir loin :


Le petit bout de terrasse lavandée


La mer matin et soir (un petit bout)

Ma première promenade fut pour la rue d'Aubagne, une petite rue pittoresque qui descend jusqu'à la Canebière. Ici, tous les commerces se côtoient avec une diversité incroyable, qui rend fou, car tout vous attire, l'abondance vous foudroie : les fruits et légumes, les épices, les fruits secs, les poudres de perlimpinpin, les bons œufs et le lait venus directement de la ferme d'a côté, les poivres, les dattes et les figues... La rue commence (dans le haut) par le coupeur de feu, magnétiseur, imposition des mains, qui reçoit sur rendez-vous, honoraires conseillés 20 euros minimum, sa boutique est largement ouverte sur la rue et son salon d'attente est souvent plein... Viennent ensuite le tailleur, le retoucheur, la couturière... Au début de la rue, une petite place s'enroule autour d'une fontaine un peu rouillée, quelques tables et chaises vous accueillent pour y déguster un petit verre ou un café, la rue est piétonne.

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La petite place du début de la rue


Le siège du coupeur de feu

La rue d'Aubagne et toutes les rues perpendiculaires à elle sont pauvres, un peu délabrées, voire insalubres, mais vivantes. La station de métro qui les dessert s'appelle Noailles, avant l'arrivée du métro (1978) cette rue était prospère, on y trouvait des joailliers et des marchands de meubles, aujourd'hui de nombreux restaurants africains et maghrébins à prix modiques, des boutiques que j'appelle d'Ali-Baba remplies de tout ce que vous voulez en épices, fruits de toutes sortes et même des encens pour lutter contre la jalousie, les mauvais sorts et autres troubles de la vie... Le patrimoine immobilier vétuste doit être au plus bas de sa cote, ainsi il y a du monde dans les lieux... Les loyers ne sont pas chers...

Après la petite place, juste en face du coupeur de feu, il y a une église du 19e siècle dont les grilles sont fermées, très grise, poussiéreuse, déconsacrée en 193. Elle était divisée en trois niveaux, au sous-sol un cinéma, au rez-de-chaussée un théâtre et au 1er étage un lieu de culte arménien. Aujourd'hui seul le théâtre Mazenod continue de fonctionner...

Le voyage continue avec les les épiceries d'orient où on trouve tout ce qu'on était venu chercher et même beaucoup plus, alors bien sûr les tentations sont fortes, les imprévus, les indispensables rendent  forcément les achats obligatoires. Le patron connaît tout sur tout, il ne décolle pas de sa caisse enregistreuse, la balance pèse le moindre souffle, les clients font la queue avec le sourire, ils écoutent les conseils éclairés d'Ali : si votre mari est infidèle, mettez ça sous le matelas, les mauvais rêves oubliés avec cet encens, la colère surmontée avec cette poudre, vous l'aurez compris ici vous reprenez du poil de la bête, la vie va enfin pouvoir être belle à jamais :








Ici vous avez sûrement oublié quelques chose ?

Mais dans la rue la concurrence est rude, d'autres magasins comme celui-là vous attirent avec une autre présentation, forcément vous ne voulez rien rater, voyons voir :




De quoi parfumer vos plats, vos gâteaux, pimenter vos salades, étonner vos amis...

Les magasins ont tout du marchand de couleurs, on pourrait peindre des tableaux avec le piment, le curcuma, un peu de poudre de poivre blanc... Très belle couleur aussi le clou de girofle moulu, on pourrait se régaler de tableaux parfumés...

Tout en bas de la rue il y a un magasin, une vieille quincaillerie (1827) la plus vieille de France encore en activité, appelée La maison Empereur, c'est une institution à Marseille, j'ai donc voulu absolument la visiter de fond en comble... Je n'ai pas été déçue : on trouve ici tous les ingrédients qui peuvent se trouver dans une droguerie, les clous et les boulons, les ampoules électriques et aussi les ustensiles de cuisine, des plumeaux, des brosses et les produits d'entretien, des Eaux de Cologne, des jouets, etc, etc. On sent bien que la droguerie est devenue un grand bazar pour Marseillais et touristes, sans doute un peu plus cher qu'ailleurs mais ça reste à vérifier... Pourtant la lutte pour la survie est réelle, l'enseigne travaille dur pour résister à la concurrence, elle se spécialise en produits de tous genres, français...














Choix... Et service accueillant impeccable...

Certaines rues adjacentes n'ont aucun commerçant, rien que des pots de fleurs alignés par les habitants, pour faire beau ! Opération menée tambours battants par une association du quartier invitant les gens au tout végétal, l'effet est garanti superbe !


La rue végétalisée

Un peu plus loin, presque sur le Vieux Port, je suis tombée en arrêt devant cette chapellerie qui avait gardé un petit je ne sais quoi du temps passé, le nom en or luisait au soleil...



La boutique devant, derrière, toute pareillement belle

Pas de photo de la Canebière, car cette grande avenue est triste, beaucoup de magasins sont à vendre ou fermés, le monde s'y presse pour arriver au port, ou pour faire des courses dans les rues avoisinantes, les Champs-Elysées de Marseille sont comme les Champs-Elysées de Paris : moches !

En revenant de Marseille j'avais peu de choses en plus dans mes bagages, mais des trouvailles précieuses :


Inventaire : un couvercle en verre de 22 cm que j'avais cherché et jamais trouvé à Paris, deux bols transparents, un bec verseur en verre, des petites étiquettes à confiture trop mignonnes, du romarin cueilli sur l'île du Frioul, du poivre délicieux de Kampot, des raisins secs géants, le billet du spectacle de musique contemporaine où je me suis beaucoup ennuyée, j'y ai vu des tas de gens qui dormaient en attendant la fin...

dimanche 17 mai 2015

Marseille... Mes petites merveilles ! (Saison 1)


Mes premières trouvailles marseillaises...

Cinq jours à Marseille, c'est une gageure pour pouvoir en parler en connaisseuse ! Une ville immense, la deuxième de France, avec plus de 850 000 habitants rien qu'en ville, on l'appelle aussi la Porte d'Orient. Sa population, construite sur des vagues d'immigration successives venues principalement du bassin méditerranéen depuis la moitié du xixe siècle, reste aujourd'hui fortement marquée par le multiculturalisme...


 La belle Ombrière en inox poli, juste à l'entrée du Vieux Port

Pour beaucoup de touristes, Marseille reste : la Canebière (grand boulevard qui aboutit sur le Vieux Port), le MUCEM (crée en 2013 par l'architecte Rudy Ricciotti) enveloppé dans son immense filet de pêche en béton armé, l'Ombrière (1000 m2 d'inox poli façon miroir, conçue par l'architecte anglais Norman Forster) juste à l'entrée du Vieux Port, dans les hauteurs : la grande basilique Notre-Dame-de-la-Garde (construite au milieu du 19e siècle) qui domine toute la ville... Après, il faut rester beaucoup plus longtemps et lire beaucoup de documents savants pour avoir un avis un tout petit peu autorisé sur la ville...

Moi j'ai fait comme tous les touristes, direct Vieux Port, balade jusqu'au MUCEM, un monde fou, mais très supportable, un peu plus calme sans doute qu'en plein été, l'aubaine : deux chaises de libres devant ce superbe moucharabieh, un délice de rester un long moment dans l'ombre, à l'abri du mistral, pour regarder la mer et les bateaux passer par les trous...


A travers les meurtrières de dentelle


Les coursives dans les mailles du filet de béton


Le bleu de la mer traverse le bâtiment de part en part


Plus haut dans les jardins l'étrange regard de la sculpture à trois faces


Au loin la cathédrale Sainte-Marie-Majeure (style néo-Byzantin du 19e siècle, décor de marbre et porphyre) est immense et surplombe ce quartier

La Joliette, c'est le nom du quartier qui se trouve derrière cette énorme cathédrale appelée La Major, ici tout se transforme, les docks anciens sont réhabilités : bureaux, habitations, commerces, théâtre, plantation d'arbres, nouveaux décors, nouvelles populations ?... Il faudra quelques années encore pour apprécier le succès final de l'opération... Les promoteurs se bousculent au portillon pour tenter de faire venir les "classes moyennes", ça prendra du temps... La longue rue de la République est bordée de beaux immeubles haussmanniens entièrement refaits à neuf, ils sont vendus à la découpe ou en appartements occupés, ils attendent des jours meilleurs car les ventes restent difficiles. En bas de chaque immeuble, de grandes bâches peintes en trompe-l’œil signalent que prochainement devront s'implanter : un fleuriste, la petite supérette, un marchand de vins, un parfumeur... Ouvertures promises depuis quelques années déjà...

Dans cette rénovation, un théâtre tout neuf : Joliette-Minoterie, il est ouvert en permanence : on peut travailler dans la bibliothèque, prendre l'apéro avant et après les représentations. Moi j'y ai vu un beau spectacle de rue, "A tue texte", interprété par une chorale d'adultes et trois classes (CE1/CM2) des écoles de la Busserine des quartiers nord, tout le monde parlait, chacun son tour et souvent ensemble, les mots étaient comme des notes de musique, à la fin ça formait une grande poésie, je n'ai pas compris grand chose, mais l'essentiel disait ceci : les gens des villes veulent se rencontrer, les gens des villes veulent être ensemble, plus solidaires, plus libres, faisons confiance à l'avenir... L'explication n'est pas terrible, mais je vous mets des images qui parlent mieux que moi :




Les adultes et les enfants partageaient les mots de la grande poésie d'un monde plus humain...

Inutile de vous dire que j'ai beaucoup aimé, c'était inattendu, terriblement beau même si on ne comprenait pas toutes les paroles, les enfants étaient particulièrement heureux de parler/chanter sans partition, ils connaissaient tout par cœur ! Très beau projet de culture intergénérationnelle, le quartier du nord parlait avec le quartier du sud...


La cathédrale de Marseille (photo empruntée sur Internet à Charlotte Noblet)

Tout à côté de ce quartier en devenir se dresse la cathédrale Sainte-Marie-Majeure, de la même époque que Notre-Dame-de-la-Garde, de style néo-Byzantin, il ne reste plus grand chose de la cathédrale primitive du 12e siècle, de grands drapeaux multicolores décorent l'intérieur, le marbre et le porphyre en construisent l'architecture, les mosaïque sous la lumière brillent, sa structure intérieure ressemble à celle de Notre-Dame-de-la-Garde en beaucoup plus grand, elle peut accueillir 3000 personnes.


La Major, impressionnante !


Le chevet de la cathédrale avec l'escalier monumental en pierre complètement  restauré

Marseille, il y a de quoi faire, j'ai visité la grande Basilique de Notre-Dame-de-la-Garde, l'édifice fut construit au 19e siècle dans un style romano-byzantin, comme beaucoup de lieux saints, son histoire repose sur une série de reconstructions, du 15e siècle à 1853.... Perchée tout en haut de son pic rocheux (160m environ), tous les transports convergent vers elle, les bus et le petit train blanc aux multiples wagonnets bourrés à craquer grimpent la côte en douceur, je n'étais pas seule à l'arrivée, une foule imposante visite les lieux à la queue-leu-leu.

L'intérieur est lumineux, deux couleurs sur les arcs rose et blanc, d'un très bel effet, les mosaïques brillent, des petites maquettes de bateaux pendent du plafond comme des chapelets... De nombreuses plaques votives tapissent les parois, remerciements des reconnaissants...


Notre-Dame-de-la-Garde et les visiteurs (pas d'autres photos possible dans cette cohue)


Vu le monde, entre les cris des enfants, les chuchotements des adultes et la procession incessante des visiteurs, impossible de se concentrer... Ce va et vient bruyant est pénible... Ici tout est bien organisé : boutique de souvenirs, restaurant (tenu par des Sœurs), toilettes, visite de la crypte... Très vite, j'ai préféré sortir à l'air libre et regarder Marseille qui s'étendait loin à mes pieds ...


Très belle photo de Christian Barth (empruntée sur Internet)


Ce qui ne change pas ici, c'est la couleur de la mer, éternellement bleue...

Visité aussi le Musée des Beaux-arts, installé dans le somptueux palais Longchamp construit en 1862 par l'architecte Henry Espérandieu, architecte de Notre-Dame de-la-Garde. Je vous livre le secret de sa construction, les projets à l'époque étaient ambitieux, c'est le moins qu'on puisse dire : le palais, inauguré en 1869, a été construit pour être le point d'arrivée des eaux de la Durance, détournées afin d'alimenter la ville de Marseille qui connaissait alors des problèmes d'approvisionnement en eau.  Ce musée a été crée au lendemain de la Révolution, c'est le premier musée de Marseille et l'un des plus anciens de France, ses collections furent constituées par les oeuvres saisies dans les églises et les couvents, chez les émigrés, puis par des dépôts de l'Etat en 1802.


Le palais Longchamp (photo Nariztrocata, sur Internet)


Le palais propose une collection de peintures allant du XIIe au XIXe siècle, la peinture française y occupe une large place. J'étais à peu près seule sur tout le parcours... Je me suis mise à la recherche d'une toile exceptionnelle qui m'attirerait suffisamment, pour me donner envie de la photographier, je n'ai pas su percer le mystère des couleurs, des lumières, des thèmes, des beautés du monde, sans doute tout m'a échappé, je n'ai pas fait une seule photo...

Allez, je vous raconte la suite demain, ou plus tard...

samedi 2 mai 2015

Chiharu Shiota file sa laine chez Vuitton...


Infinity - 2015 - Chiharu Shiota (Espace Vuitton, rue Bassano)

Voilà des années que je suis l'oeuvre envoûtante de cette artiste japonaise étonnante. Elle est née en 1972 à Osaka, et travaille à Berlin depuis 1996.


Infinity - 2015 - Chiharu Shiota (Espace Vuitton)


Infinity - 2015 -  Chiharu Shiota (Espace Vuitton)



Infinity - 2015 - Chiharu Shiota (Espace Vuitton)

En 2011, j'ai eu la chance d'admirer son travail de tissage et d'enveloppement à la Biennale de Venise, sa toile de laine noire saisissait les objets, tous les objets, livres, meubles du sol au plafond, tout ce qui pouvait s'engloutir dans sa toile... Son installation était dans le Off de la Biennale, dans une petite boutique désaffectée de la rue Garibaldi, le long du rio, des lieux désaffectés ouverts pour l'occasion...



Depuis, je guette son passage pas trop loin de chez moi. Souvent je me suis posé la question de savoir comment ce type d'oeuvre pouvait trouver des acheteurs ?

En janvier 2011, j'avais parlé d'elle dans mon blog, s'il vous plait de la retrouver j'ai même bien l'impression que la vidéo ne fonctionnait pas, j'espère que celle-ci marchera mieux, une fois publiée...

Avant d'arriver sur les lieux de l'expo (rue Bassano), je me suis arrêtée un bon moment sur les Champs-Elysées, j'ai essayé de les voir avec des yeux neufs, et je les ai trouvés très moches... Je me suis demandée pourquoi il y avait tant de monde qui descendait et montait tout le long du jour sur ces avenues banales à pleurer. Les commerces n'ont rien d'intéressant  ni d'original, puisque ce sont les enseignes/franchises que l'on voit partout dans le monde : H & M, Gap, Monoprix, etc. Je n'ai même pas envie d'en parler, au loin, l'Arc de Triomphe se découpe dans le bruit et la pollution des pots d'échappement.


L'avenue des Champs-Elysées, lieu de rien... Juste cette belle perspective

Juste à la descente du métro, au Rond-point des Champs-Elysées, j'ai eu la curiosité de visiter la grande maison des ventes aux enchères Arcurial . Cette maison est installée dans un magnifique hôtel particulier du 19e siècle (propriété de Dassault). Il n'y avait personne, j'ai pu jeter un œil sur les œuvres à vendre prochainement... Une belle promenade dans un calme absolu...


Un petit soleil froufroutant à la sortie du métro, une belle journée...




Dans la grande maison des ventes aux enchères, vous pouvez aller librement voir les objets d'art et le mobilier à vendre, les prix estimés sont affichés, ils seront en vente le lendemain ou dans quelques jours...

Un peu plus loin, je suis intriguée par une allée très arborée, bien taillée, un peu secrète, à l'entrée un jeune homme vous dit : bonjour, soyez les bienvenus. Je suis le mouvement et au bout de l'allée on aboutit à ça : un temple de la consommation magnifique, une caverne d'Ali-Baba !


L'allée secrète


Le grand temple de la consommation exclusivement américaine : des vêtements






Un lieu surprenant avec musique et  lumières tamisées, des vendeurs à tous les rayons munis de plumeaux retiraient la moindre poussière, je n'ai pas retenu le nom de la maison...

A la sortie, le jeune homme est toujours là pour vous dire : au revoir, bonne journée, tout est pensé, calibré pour vous plaire...Je suis vite partie... Tout droit vers la rue Bassano...