C'est incroyable, pourquoi ? J'attends l'autobus bien tranquillement, assise à côté d'une dame, qui parlait fort dans son téléphone, une histoire de prises électriques qu'il fallait déplacer dans son appartement... Ne me dis pas au revoir, vient me voir, et elle a raccroché, elle a continué de parler dans le vide... Plus personne n'était au bout de son fil, j'ai entendu cette femme dire : Seigneur quelle souffrance, elle marmonna une petite suite que je n'ai pas comprise, elle avait le regard qui allait loin devant elle.
lundi 25 avril 2011
J'suis pas dans le bon quartier ?
C'est incroyable, pourquoi ? J'attends l'autobus bien tranquillement, assise à côté d'une dame, qui parlait fort dans son téléphone, une histoire de prises électriques qu'il fallait déplacer dans son appartement... Ne me dis pas au revoir, vient me voir, et elle a raccroché, elle a continué de parler dans le vide... Plus personne n'était au bout de son fil, j'ai entendu cette femme dire : Seigneur quelle souffrance, elle marmonna une petite suite que je n'ai pas comprise, elle avait le regard qui allait loin devant elle.
vendredi 22 avril 2011
J'ai rencontré mon ami Jean...
Il restait encore une bonne heure avant la fermeture, nous avions bien le temps, les lecteurs passaient et repassaient à côté de nous, les livres sous le bras, des petits bonjours par-ci, par-là, et puis notre petit carré de géographie se fit plus calme… Comment ça pas terrible, raconte…
Ben tu sais, je suis toujours en déprime, j’ai plus envie de rien, à la maison, c’est le bazar, des fois même j’ai plus envie de faire attention à moi… Je vais chez un psy de temps en temps, j’ai même fait un tour à Ville Evrard, je suis resté 8 jours, je le souhaite à personne. Ah ! Bon, mais comment ça ? Son petit sourire avait pris du large sur son visage, il reprenait espoir pendant trente seconde. Tu aurais vu le monde qu’il y avait, de tout, de tout, ça déprime d’avantage, j’avais même pas le droit de téléphoner… Tu allais un peu mieux en sortant ? Pas trop, je suis sous médicaments, mais ça me fait dormir, je baisse les doses…
Il avait la voix douce comme d’habitude, mais en dedans il y avait du boucan, un torrent de sentiments.
Jean peint, dessine, écrit, il a un talent fou, mais quand il n’est pas bien, il est triste et ne voit pas la fin des angoisses, plus envie, vraiment pas en ce moment, ni peinture, ni écriture, je vends juste du miel au coin de ta rue, tu m'as vu, chez l'épicier, on forme un petit comité, on vend du miel... Il leva les yeux au ciel.
Jean, garde confiance, tu vas repartir, et si tu rentrais dans une association, rencontrer des gens ça fait du bien, ça rend plus gai, toi qui a un si joli coup de crayon, va dans un atelier, deviens artiste, fais nous rêver, et toutes ces belles phrases que tu écrivais, reprends les mots, raconte-nous comment faire pour inventer ses journées !
Tu vas au cinéma de temps en temps ? Oui, j’y suis allé l’autre jour, qu’est-ce que j’ai vu déjà ? Ah ! Oui, et il me donne un titre que je ne connaissais pas, tant mieux, ça lui laissait toute la place pour en parler…
Mon fils est loin, nous ne nous voyons pas souvent, chacun fait sa vie de son côté, tu vois Jean, l’espoir il faut se le fabriquer de l’intérieur, tu fais comme un charpentier, pièce par pièce, bien solidement tu bouches tous les trous, pour que le chagrin n’entre plus dedans.
Quand est-ce que ça t'a pris, Jean, d'être bien en dessous du niveau de la mer ? Si on en parlait, on verrait peut-être les vagues coupables ? Je crois que c'est à cause de la maison de retraite de ma mère, ils m'ont réclamé beaucoup d'argent, je pensais même que je devrais vendre ma maison, mais j'irais où, tu te rends compte, j'ai plus du tout touché terre à ce moment-là, j'ai tellement pleuré, je me suis laissé aller comme un noyé...
Nous avons parlé aussi de Fukushima, du monde qui va de travers, c’était pas fait pour se donner de la joie… Mais plus on parlait, plus son sourire reprenait sa vrai place, Jean, du devrais arrêter avec le psy, c’est trop long, ça remue trop de choses, ça fait 20 000 fois que tu essayes, va au cinéma, range ta maison, retrouve des amis, fais du dessin, écris de belles histoires, t’as pas un petit voyage à faire ? L’heure approchait de la fin, on avançait dans la reconstruction, viens chanter à la chorale, la musique ça fait du bonheur, pour chanter en choeur c'est obligatoire d'être ensemble, il ne faut jamais être tout seul, ça t'irait bien ça, d'être avec les autres, tu as une belle voix, je le sais.
Ça ferme ! On a repris nos livres abandonnés sur la table et on est passés « à la caisse », trois semaines pour lire entre les lignes… À entrecroiser nos histoires avec les auteurs… Ça en fait des mots dans les mots.
Jean, tu sais, je vais parler de notre rencontre sur mon blog, tiens, tu devrais t’y mettre au blog, t’aurais un tas d’amis... Tu peux dire tout ce que tu veux, j’te donne mes droits d’auteur d’histoire triste, me dit-il avec un très grand sourire… Il allait mieux le temps de la sortie, peut-être même le reste de la soirée, il va repenser à reprendre les rênes de sa vie… Si l'avenir pouvait tenir jusqu'à la fin de la semaine, ça serait toujours ça de gagné.
Mon ami Jean, ce petit post c’est pour toi, si tu pouvais le lire, tu verrais qu’il y a largement de quoi vivre dans tout ce que l’on a dit… Le printemps, en principe, fait pousser les feuilles même aux gens, le bleu du ciel se met dans les yeux, on se dit que c'est pour l'éternité, on a envie de partir à la campagne, de voir des vaches, des moutons, d'écouter le silence, de lire de faire du vélo, d'apprendre le nom des arbres... De rencontrer l'amour...
jeudi 21 avril 2011
Le 104... Rue d'Aubervilliers à Paris.

Quand je suis passée, en touriste, j'ai eu le sentiment d'un grand vide, il y avait des enfants des centres de loisirs du quartier (?) qui étaient venus faire un tour dans le labyrinthe en carton ondulé, installé par un artiste, Michelangelo Pistoletto... Dans la grande halle une dame dormait dans une chaise longue, le lieu de promenade devenait lieu de sieste, au milieu du bruit... De jeunes acteurs répétaient des textes pour participer au casting d'un film dans les locaux... Ça et là des promeneurs comme moi venaient en curieux faire le tour du propriétaire...
Une Maison des Petits accueille des jeunes enfants de 0 à 5 ans et leur famille, dans un espace de rencontre et de sensibilisation à la création par le jeu et l'expérimentation. C'est un lieu de parole et d'écoute où des professionnels de la petite enfance sont disponibles pour les enfants et leurs parents... Il y avait quelques petits enfants et leurs parents à l'intérieur.
À la sortie, encore sous la voûte du 104, je fus saisie par la beauté du paysage urbain qui se dressait devant moi, des tours jaunes et blanches qui faisaient une immense toile de peintre, sur un ciel bleu.
Allez voir par vous-même, prenez des photos, voyez si l'espace est à la hauteur des ambitions municipales... Bonne promenade !
Le 104 est une belle affaire à suivre...
mercredi 20 avril 2011
Les arbres du printemps... À Paris et ailleurs...
Au cours de mes balades dans le 19e à Paris, j'ai aperçu ce marronnier dans une cour très profonde, rue de Flandre, les maisons roses et blanches bordaient cet immense marronnier tout en fleurs, il y avait un silence complet, seules quelques voitures dormaient sous son ombre.mercredi 13 avril 2011
Les lilas de la Cité Véron... Boulevard de Clichy.
Je suis donc passée des pommes de Franck Scurti (post précédent) aux lilas de
Depuis toujours (1976), le Théâtre Ouvert est un lieu d’essais et de création favorisant la découverte de jeunes auteurs contemporains, il est aujourd’hui une Scène Nationale subventionnée par les fonds publics… Et fait partie des endroits branchés de Paris... Son directeur, Lucien Attoun, et sa dame Micheline, sont toujours à la sortie de toutes les pièces pour saluer les spectateurs et prendre contact, un peu comme le fait Ariane Mnouckine qui déchire les billets à l'entrée de son théâtre du Soleil à la Cartoucherie, en vous souhaitant de passer une bonne soirée...
Aller au Théâtre Ouvert reste toujours pour moi une petite partie de campagne, car en m’engageant dans le passage, assez profondément, je laisse petit à petit s'évanouir le bruit du Boulevard de Clichy, le Moulin Rouge et le flot incessant des touristes qui sortent du métro. Les petits jardins mitoyens qui bordent les
Ce jour-là, je suis allée jusqu’au bout de l’impasse car j’avais bien vu que le grand portail vert, toujours fermé hermétiquement aux visiteurs, était ouvert à deux battants, il y avait des réparations… Les ouvriers y cassaient la croûte, à la pause déjeuner, sans me prêter aucune attention.
J’ai risqué un œil, puis les deux, et j’ai pénétré dans la propriété privée, admirative… De belles maisons anciennes offraient la beauté de leur décor, j’ai pris des photos, sans me soucier des allées et venues des quelques personnes qui rentraient dans ces beaux manoirs. Et puis de la fenêtre du 1er étage de la splendide maison au superbe portail ajouré, un homme m’a demandé : on peut vous aider madame ? Non, monsieur, je prends juste des photos... Ah bon ! Vous savez que c’est un lieu privé ici ? Oui monsieur, mais quelques photos ne vont pas déranger… J’ai fait clic et clac et je suis partie… Sans me presser.
En rentrant chez moi, j'ai voulu en savoir encore plus sur cet endroit et j'ai découvert grâce à Internet que Jacques Prévert s'y était installé dans les années 1950, et que Boris Vian était son voisin du dessus...
Depuis que je viens dans ce passage pour aller au théâtre, j'avais tenté de percer le mystère du portail vert... Il faut être patiente, voyez comme je suis récompensée, je vous le laisse découvrir presque en même temps que moi…
lundi 11 avril 2011
Charles Fourier et la grosse pomme de Franck Scurti... Boulevard de Clichy
Des hommages à rebondissements...
Le philosophe Français Charles Fourier (1772-1837), nous rappelle Wikipédia, est le « fondateur de l’École-sociétaire, considérée par Karl Marx et Friedrich Engels comme une figure du "socialisme critico-utopique", dont un autre représentant fut Robert Owen. Plusieurs communautés utopiques, indirectement inspirées de ses écrits, ont été créées depuis les années 1930. »
La pensée de Fourier ... Les quatre pommes :
Réside d'abord dans une critique acerbe de la société industrielle, qu'il qualifie d'anarchie industrielle, puis de celle de la société commerçante : à Marseille, Charles Fourier avait été obligé par son patron de jeter des sacs de riz à la mer afin d'en maintenir le prix.
Un soir, Fourier voit dans un grand restaurant parisien un client (pour la légende : Brillat-Savarin, le célèbre gastronome), payer une pomme 14 sous, alors que le matin-même à Rouen, ville qu'il vient de quitter, il venait d'en acheter une pour le centième de cette somme ! Pour Fourier, une telle distorsion dans les prix est totalement injustifiée, et condamne toute société fondée sur l'échange tarifé et la concurrence.
Cette remarque lui inspire une théorie sur le progrès de l'humanité, jalonnée par quatre pommes fameuses :
Celle qu'Ève offrit à Adam,
Celle que Pâris offrit à Aphrodite,
Celle que Newton prit sur la tête en dormant,
Et la sienne (pomme de Fourier), qui lui révèle la malfaisance des intermédiaires, la féodalité mercantile, l'ampleur de l'imposture commerciale, et le principe de l'attraction des passions humaines que lient les messages de la pomme !
65 ans après sa mort (1899), pour lui rendre hommage, une statue de bronze est érigée sur un socle de pierre au 122, Boulevard de Clichy, à Paris.
42 ans plus tard (1941), les nazis « décrètent la fonte des statues parisiennes qui ne présentent pas d’intérêt artistique ou historique ». La qualité artistique ou historique des statues en bronze est à la discrétion du Gouvernement, qui en profite sans doute pour faire disparaître des grands hommes qui ne partagent pas les valeurs du Maréchal.
28 ans plus tard (1969), un petit groupe situationniste pose sur le socle vide une réplique de la statue en plâtre, couleur bronze. Une plaque indique: «En hommage à Charles Fourier, les barricadiers de la rue Gay-Lussac». L'utopiste de plâtre fut enlevé quelques jours après sur ordre de la préfecture.
38 ans plus tard (2007), une cabine vide est installée sur le socle par le Collectif aéroporté, qui souligne l’absence de la statue de Charles Fourier.
Enfin en 2007, la ville de Paris lance un concours pour une commande publique, afin de remplacer l'utopiste Charles Fourier. L’artiste contemporain, Frank Scurti pose une pomme sur le socle vide.
Le choix de l’artiste : une pomme, les quatre couleurs primaires et complémentaires.
Franck Scurti s’est largement inspiré de la théorie de Fourier pour lui rendre hommage, en inscrivant une pomme comme principe d’organisation et de planification du monde, et quatre côtés colorés. Voilà ce que cet artiste dit de son œuvre : « Ma proposition pour la conception d'un hommage à Charles Fourier associe l'image de la pomme comme catalyseur du principe d'attraction universelle, à celle du planisphère comme principe d'organisation et de planification du monde. Le projet se développe à partir du socle original de la statue d'Emile Derré et se fonde sur l'opposition du cube et de la sphère, de la transparence et du reflet, l’ensemble étant structuré par la relation harmonique entre les trois couleurs primaires et leurs complémentaires. J'ai décidé de situer idéalement mon hommage à Charles Fourier au centre du terre-plein proposé. Le positionnement central de I'oeuvre sur le terre-plein est important, car symbolique en rapport à son sens propre (l'harmonie universelle), mais aussi à son inscription dans le quartier. En effet, "La quatrième Pomme", placée au début de la séquence paysagère du Boulevard de Clichy, qui mène à la place Pigalle et à ses commerces érotiques pourrait devenir une sorte d'emblème, un totem pour le quartier et les populations. La dimension totémique recouvre et joue à la fois comme facteur de reconnaissance d'un lieu et de lien entre l'individu et la collectivité. »
Le 10 janvier 2011 est inauguré le nouvel hommage à Charles Fourier.
Bon, maintenant que j’ai remis nos pendules à l’heure, vous en savez assez pour contempler mes photos, et peut-être prendre du plaisir à flâner du côté du Moulin Rouge qui se trouve à deux pas… En prenant mes photos, j’ai remarqué que les touristes et passants ne s’intéressaient absolument pas à ce bel ouvrage… Pourtant digne d’un beau souvenir de Paris… Et d’une histoire incroyable d’hommages...
Rendez-vous dans 40 ans…
vendredi 8 avril 2011
Pêle-mêle... Mes toiles...

Pendant la projection de ces films, je me demande souvent, mais qu’est-ce que je fais là, ça ne sert à rien, je m’ennuie un peu, je perds mon temps, mais pourquoi donc la critique était-elle si bonne, si unanime ? Pourquoi me suis-je embarquée ici ? Pourquoi l’ai-je choisi ? Le mystère reste entier. Quelques fois même je ne comprends rien, rien de rien, tenez pour le film avec Deneuve, Les yeux de sa mère de T. Klifa, je n’ai même pas compris le rôle de l’écrivain, je me suis laissée emmener sans grand intérêt dans cette histoire qui ne sert à rien, avec de très bons acteurs. Je ne néglige pas non plus les films inutiles avec bons acteurs... Pour le plaisir... Pour l'hommage.
A la sortie de la séance, j’essayais de capter des conversations qui auraient pu me guider pour comprendre la fin… Deux dames s’interrogeaient : vous avez compris, vous ? Je me disais : ça y est je vais savoir... Pas du tout ! Ni l’une ni l’autre n’avais compris le fin mot de l’histoire… Arrivée à la maison, je me suis précipitée sur Télérama, bien sûr… Rien, pas un mot du mystère, je fonce sur Internet, je me débrouille pour aller voir des critiques qui en disaient plus long sur le pot aux roses, tiens, sur un blog qui est plus bavard… Ouf ! Je comprends, ce qui n’ajoute rien à l’intérêt du film, mais ça me tranquillise pour de bon, comme si vous lisiez le petit chaperon rouge sans en connaître la fin, impossible...

Aujourd’hui, rebelote, je vais voir Essential Killing de Jerzy Skolimowski (Polonais) dont j’ai même du mal à comprendrer le titre, je vous dis que je ne parle pas du tout anglais, presque une infirmité… Toute la critique est élogieuse, Télérama titre : l’Evénement ! C’est peu dire, alors-là, pas d’hésitation, même les Cahiers du cinéma en disent du bien, c’est du lourd : magnifique, formidable… Je saute dans le premier métro venu…
Trop contente d’avoir trouvé un bon film, je jubile… J’avais lu quelques bribes du sujet, les trois lignes de conclusion, parfait, c’est pour moi.
J’ai suivi péniblement la survie d’un homme traqué, qui déjoue tous les pièges pour rester en vie, il retourne à la nature, ça fait envie, non ? Et bien moi, je n’ai pas aimé, il est très vite passé dans ma catégorie Inutiles… En sortant, j’ai voulu vérifier deux trois bricoles restées dans l’ombre, j’ai vite lu l’affichage à l’entrée du cinéma qui donne des précisions, ouf ! J’ai relu avec attention l’article de Télérama, rien à faire, je n'ai rien senti, je suis restée de marbre, comment c’est possible ça, un Evènement ! Pas pour moi...
Voyez, je ne vous cache rien, je me mets à nue, on ne dit ça qu’à ses meilleurs amis, qu’on n’a pas aimé, qu’on n’a rien compris, je peux même passer pour une simplette… Mais très sincèrement je m’en moque… Vivement que j’aille voir le Pina de Wim Wenders, j’ai hâte, j’ai hâte, de voir un film de survie… J’avais adoré Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch (dont j’ai parlé le 18/11/2010)
Nous, Princesses de Clèves de R. Sauder, documentaire français, très très intéressant, des jeunes d’une ZEP parlent de l’amour, de leur vie, de leur rêves, de leurs désillusions, en miroir avec le livre de Madame de
En sortant du cinéma je suis allée immédiatement à la
Je vais bientôt visiter l’expo : Tous cannibales à













