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vendredi 8 avril 2011

Pêle-mêle... Mes toiles...


Mes films inutiles…Voilà comment j’appelle les films que j’ai vus, en me laissant guider par les bonnes critiques de presse et mes envies personnelles… Et que je n’ai pas aimés du tout, ou vus du bout des yeux, sans émotion, sans surprise, sans suite… Aussitôt oubliés.

Pendant la projection de ces films, je me demande souvent, mais qu’est-ce que je fais là, ça ne sert à rien, je m’ennuie un peu, je perds mon temps, mais pourquoi donc la critique était-elle si bonne, si unanime ? Pourquoi me suis-je embarquée ici ? Pourquoi l’ai-je choisi ? Le mystère reste entier. Quelques fois même je ne comprends rien, rien de rien, tenez pour le film avec Deneuve, Les yeux de sa mère de T. Klifa, je n’ai même pas compris le rôle de l’écrivain, je me suis laissée emmener sans grand intérêt dans cette histoire qui ne sert à rien, avec de très bons acteurs. Je ne néglige pas non plus les films inutiles avec bons acteurs... Pour le plaisir... Pour l'hommage.

A la sortie de la séance, j’essayais de capter des conversations qui auraient pu me guider pour comprendre la fin… Deux dames s’interrogeaient : vous avez compris, vous ? Je me disais : ça y est je vais savoir... Pas du tout ! Ni l’une ni l’autre n’avais compris le fin mot de l’histoire… Arrivée à la maison, je me suis précipitée sur Télérama, bien sûr… Rien, pas un mot du mystère, je fonce sur Internet, je me débrouille pour aller voir des critiques qui en disaient plus long sur le pot aux roses, tiens, sur un blog qui est plus bavard… Ouf ! Je comprends, ce qui n’ajoute rien à l’intérêt du film, mais ça me tranquillise pour de bon, comme si vous lisiez le petit chaperon rouge sans en connaître la fin, impossible...

Aujourd’hui, rebelote, je vais voir Essential Killing de Jerzy Skolimowski (Polonais) dont j’ai même du mal à comprendrer le titre, je vous dis que je ne parle pas du tout anglais, presque une infirmité… Toute la critique est élogieuse, Télérama titre : l’Evénement ! C’est peu dire, alors-là, pas d’hésitation, même les Cahiers du cinéma en disent du bien, c’est du lourd : magnifique, formidableJe saute dans le premier métro venu…

Trop contente d’avoir trouvé un bon film, je jubile… J’avais lu quelques bribes du sujet, les trois lignes de conclusion, parfait, c’est pour moi.

J’ai suivi péniblement la survie d’un homme traqué, qui déjoue tous les pièges pour rester en vie, il retourne à la nature, ça fait envie, non ? Et bien moi, je n’ai pas aimé, il est très vite passé dans ma catégorie Inutiles… En sortant, j’ai voulu vérifier deux trois bricoles restées dans l’ombre, j’ai vite lu l’affichage à l’entrée du cinéma qui donne des précisions, ouf ! J’ai relu avec attention l’article de Télérama, rien à faire, je n'ai rien senti, je suis restée de marbre, comment c’est possible ça, un Evènement ! Pas pour moi...

Voyez, je ne vous cache rien, je me mets à nue, on ne dit ça qu’à ses meilleurs amis, qu’on n’a pas aimé, qu’on n’a rien compris, je peux même passer pour une simplette… Mais très sincèrement je m’en moque… Vivement que j’aille voir le Pina de Wim Wenders, j’ai hâte, j’ai hâte, de voir un film de survie… J’avais adoré Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch (dont j’ai parlé le 18/11/2010)

Nous, Princesses de Clèves de R. Sauder, documentaire français, très très intéressant, des jeunes d’une ZEP parlent de l’amour, de leur vie, de leur rêves, de leurs désillusions, en miroir avec le livre de Madame de La Fayette : La Princesse de Clèves, travaillé en classe, l’année du bac. La fiction dépasse la réalité ? Malgré des témoignages émouvants, trop de voix off qui cassent l'effet du réel et retirent l'émotion du pris sur le vif, je n’ai pas retrouvé le souffle de la fiction de L’Esquive de Kéchiche avec… Marivaux en classe et dans la vie, pour des ados de la cité…

En sortant du cinéma je suis allée immédiatement à la Fnac acheter le livre La Princesse de Clèves dans une collection à 2 euros, je ne l’avais jamais lu… Passionnant, un peu précieux, mais je ne le lâche pas… Tous les entrelacs de la passion amoureuse, si finement décrits, vous ligotent dès les premières lignes, l'hypocrisie, le mensonge, la jalousie, la bienséance et les entrechats des manières de cour du 17e siècle nous en apprennent beaucoup sur les conduites humaines de l'époque. Aujourd'hui, les même traits sont encore à l'oeuvre dans d'autres cours...

Je vais bientôt visiter l’expo : Tous cannibales à la Maison Rouge… je vous en parle...