Affichage des articles dont le libellé est Les cigales d'Avignon.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les cigales d'Avignon.. Afficher tous les articles

mardi 13 juillet 2010

les cigales d'Avignon...




Dans le jardin, où je suis assise, j'entends le grand orchestre du midi, les cigales y jouent une partition très élaborée. Le silence ici est partout musical, mais je n'aperçois aucun des chanteurs. Les branches des arbres forment d'immenses chorales.


Si j'écoute leur chant, bien attentivement, je m'aperçois qu'elles ne respirent pas toutes au même moment, les sons vont et viennent dans un ordre indifférencié, plus forts, moins forts, des voix surpassent les autres, s'apaisent et reprennent de plus belle, cette musique n'est jamais la même, l'impression d'ensemble demeure toutefois présente :"on entend LE chant des cigales"


Les jours de vent, de pluie ou de mauvais temps, les cigales sont muettes. En fait, c’est une question de chaleur ! Approximativement en dessous de vingt-deux degrés, les cymbales perdent leur souplesse et chanter devient difficile. ce sont uniquement les mâles qui chantent !

Elles restent invisibles sonores, et mystérieuses, j'ai beau lever le nez, scruter les branches, je n'en vois jamais aucune.

Même avec des jumelles, je ne vois que des feuilles. je ne sais pas ou regarder, le son ne vient pas me renseigner sur l'image. je cours de branche en branche inutilement, le chant des cigales s'accorde avec le ciel bleu, c'est l'azur qui fait du bruit, les arbres qui bourdonnent.

Les chants ça et là découpent l'espace de façon très variée. un immense paysage sonore éclate dès le matin, donc quand il commence à faire chaud, jusqu'au soir.

J'aime bien quand le chat de la maison en apporte une ou deux (cruelle !) qu'il a saisies dans la nuit, histoire de s'amuser, puisqu'il ne les mange jamais. Ainsi, au matin, je retrouve la pauvre boiteuse sur la table, je peux ainsi la contempler, inanimée, autrement qu'en faïence, d'autres matins ce sont les papillons dont je vois les ailes colorés, entre les pattes du minou.

Le silence n'est jamais parfait en Provence, vous êtes toujours accompagné de ces cris stridents.

Mais rien à voir avec du désagrément, en Provence vous êtes toujours accompagné par des centaines de musiciens, bien cachés sous les feuilles, aux premières loges de la nature.

C'est peut-être à cause de cet orchestre permanent que les gens parlent si fort, si joyeusement, dans le midi ?