
Faire le ménage avant de partir en vacances...
Vous allez voir comment la philosophie tient le balai de cette histoire...
Quand je pars en vacances, je tiens absolument à ce que ma maison soit dans un ordre le plusparfait, lavée, cirée, nettoyée de fond en comble.
Quinze jours avant le grand départ, branlebas de combat... Rien ne doit être laissé dans l'ombre, et surtout la poussière.

Idée saugrenue, puisque c'est surtout pendant mon absence que la poussière va s'accumuler. Mais non, telle une Hollandaise, je lutte... Contre la mer.
Chaque recoin est passé au crible, rien ne doit subsister dans la panière a linge sale, le frigidaire doit briller comme au premier jour, les toilettes javellisées doivent sentir lavande de chez Provence... Plus un poil sur le paillasson, l'appartement est neuf, nouvellement habité.

Même le couvre lit doit être tiré au cordeau, tout juste si je ne lave pas les rideaux, je secoue quand même les tapis.
Mon aspirateur est charrette, ça déménage pour les vacances.
Mes fleurs, plantes et bonsaï vont changer de crèche, le gardiennage ce fera chez la voisine de palier, qui a l'oeil à tout, et le coeur sur la main.
Le grand moment va arriver : je fais des listes !

Liste de ce qui me reste à faire,à acheter, liste de ce que je dois emporter impérativement, même si je ne vais jamais dans une île déserte, on ne sait jamais !
En général ça fait rire tout le monde, mais pas moi.
Quel plaisir de prévoir ligne par ligne ce qu'il ne faut pas oublier, je n'ai jamais réussi à faire une liste de ce que j'oublie régulièrement.
Je calcule avec ingénuisité le jour de la dernière machine à laver, mais je me laisse souvent le temps d'aller au cinéma, être à jour de la programmation du moment est aussi important que le ménage.
Je fais mon courrier, vérifie mes comptes, téléphone au monde entier pour dire au revoir.
C'est cette manie, ce petit grain de folie qui me prend, juste avant la transhumance.
Mais vous me direz, ça sert à quoi tout ça ? C'est exactement là où je voulais en venir et philosopher.
Je réfléchis, je cherche, je prends des notes pour éclaircir mes idées, je regarde même du côté de mon inconscient, vous voyez, je passe tout en revue pour trouver mon énigme.
Maman qui faisait ça bien avant moi doit y être pour quelque chose ?
Alors, après les questions, forcément il y a des réponses, peu importe si elles sont bonnes ou mauvaises.
Si les pompiers étaient venus pour une énorme fuite de gaz, ou une gigantesque inondation ? Ils auraient trouvé un bel appartement, intoxiqué, noyé, mais propre et bien rangé, pour l'ego c'est très important : distraite la dame, mais soignée !
A la fin des vacances, quel plaisir de rentrer chez moi et de trouver ce bel ordre des choses. Revoir tout d'un oeil nouveau, redécouvrir, envisager des changements, progresser dans l'aménagement, ouvrir le courrier, aller dire bonjour à la voisine, reprendre les fleurs, continuer le jardin du balcon, changer le parasol, pas assez vert, pas assez blanc, pas assez grand... Depuis que j'ai vécu avec les vaches dans les prés, les oiseaux dans le ciel, les mûres et les figues dans les arbres, j'ai des idées de grandeur.
Le retour de vacances, c'est un nouveau départ, il me donne des ailes... Sans doute l'air de la campagne engouffrée dans ma tête fait-il grossir mes enthousiasmes ?
En fait, quand je pars, je fais comme si c'était pour toujours... C'est sans doute ça qui amuse tout le monde ?
Vous faites comment vous ?
