Plus tard je l'ai revue, habillée, coiffée, maquillée, mais toujours en désordre à l'intérieur, elle pleurait sans larmes, sur un avenir qu'elle ne voyait pas rose, tout était gris dans sa chienne de vie.
Elle dit d'une même voix les choses positives et les choses négatives, si fait que je ne sais jamais quand il faut lui prendre la main. Je guette son regard... Mais elle ne pleure jamais, les yeux sont un peu rouges peut-être ? Juste un peu de couleur à la place des mots.
Il faut avancer chacun de son côté, c'est obligé, personne ne peut faire autrement, nous habitons en couche superposées, le jour se lève pour les uns, la nuit n'en finit pas pour d'autres, nous avons souvent un temps de retard, une saison d'avance... Ce n'est pas possible de se voir tous en même temps.
Vous comprenez pourquoi les mots qu'on lance en l'air dans l'ascenseur, les questions du temps : fait beau, fait moche ? Sont comme des osselets, suspendus entre nous, ils retombent dans votre main avec les soucis du jour. Comme si tous les chagrins, les ennuis, étaient toujours au bord des lèvres.
Donc ma désespérée, je l'ai aperçue, un bon matin, debout, pimpante, à côté d'une grosse valise et d'un sac rebondi, qui attendait...
Trop chouette, ça va vous faire du bien, profitez de chaque matin, oui, ça va être bien, je ne vais plus m'occuper de rien.
L'amie est venue la chercher... La grosse valise, le sac rebondi, tout est rentré à l'arrière de la petite voiture, à l'avant, ma désespérée me faisait des signes de la main... À bientôt !
Pas de solution, pas moyen d'aller plus loin, alors il fallait mieux quitter la place.
Elle dit d'une même voix les choses positives et les choses négatives, si fait que je ne sais jamais quand il faut lui prendre la main. Je guette son regard... Mais elle ne pleure jamais, les yeux sont un peu rouges peut-être ? Juste un peu de couleur à la place des mots.
J'ai beaucoup pensé à cette voisine, vraiment voisine puisqu'il n'y a que quelques étages entre nous. Nous allons donc chacune de notre côté, sans espoir de nous rencontrer au bon moment, il faut attendre les mauvaises nouvelles pour se dire, si j'avais su, si je l'avais vue plus tôt, j'aurais trouvé des mots pansements... Qui empêchent de saigner ?
Il faut avancer chacun de son côté, c'est obligé, personne ne peut faire autrement, nous habitons en couche superposées, le jour se lève pour les uns, la nuit n'en finit pas pour d'autres, nous avons souvent un temps de retard, une saison d'avance... Ce n'est pas possible de se voir tous en même temps.
Vous comprenez pourquoi les mots qu'on lance en l'air dans l'ascenseur, les questions du temps : fait beau, fait moche ? Sont comme des osselets, suspendus entre nous, ils retombent dans votre main avec les soucis du jour. Comme si tous les chagrins, les ennuis, étaient toujours au bord des lèvres.
Donc ma désespérée, je l'ai aperçue, un bon matin, debout, pimpante, à côté d'une grosse valise et d'un sac rebondi, qui attendait...
J'ai sauté dessus, sur l'occasion d'avoir de ses nouvelles, vous partez en voyage ? Oui, je vais passer quinze jours au soleil, avec une amie.
Trop chouette, ça va vous faire du bien, profitez de chaque matin, oui, ça va être bien, je ne vais plus m'occuper de rien.
Elle allait dans un pays étranger, se faire chouchouter, se chauffer au soleil de l'espoir.
L'amie est venue la chercher... La grosse valise, le sac rebondi, tout est rentré à l'arrière de la petite voiture, à l'avant, ma désespérée me faisait des signes de la main... À bientôt !



