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vendredi 8 octobre 2010

L'arrivée à Venise... Août 2010.

Dès mon arrivée, à la descente du train, mon ami italien m'a dit deux choses importantes : nous sommes passés en dessous de 50 000 habitants, et dans un souffle m'a précisé : on ne comprend rien, la fréquentation des musées a baissé de 20 %. Moi je me disais, comment sait-il tout ça, si vite ? Les statistiques sont-elles faites au jour le jour ? Je ne vais pas vous refaire le coup des statistiques de Venise, car je l'ai déjà fait dans mon post Venise dans tous mes états n° 4 au mois de mai dernier... J'ai peur de lasser.

Baisse de la fréquentation des musées, peut-être, mais dans les rues je sentais bien qu'on était plus nombreux que l'année dernière, pendant toute la première semaine j'ai essayé de me persuader du contraire. Je voyais bien que partout, même dans les endroits les plus tranquilles de la capitale lagunaire, il y avait plus de monde.

Petit à petit j'ai fait l'inventaire de ce que je voyais : les prix augmentent régulièrement partout, les commerces changent de mains, rapidement, les panneaux publicitaires sont plus présents, surtout place San Marco : d'énormes bouteilles de coca-cola vous accueillent près du Pont des Soupirs, des distributeurs de boissons du même nom ont été installés sur les grandes stations de vaporetto, des fois que vous auriez soif, immédiatement avant le grand voyage. Un gigantesque panneau publicitaire accroché sur les Procuratie, affiche un portrait souriant de J. Travolta portant une superbe montre, dont j’ai totalement oublié le nom...Sur le campo Bartolomeo, une nouvelle boutique Disney vient d’ouvrir...


Pour comprendre les grandes bouteilles de Coca-Cola, il faut savoir que Monsieur M. Cacciari (l’ancien maire de Venise), a signé pour 5 ans un contrat avec Coca-Cola, qui doit rapporter à la ville 2,1 millions d’euros pour la conservation du patrimoine, le contrat prévoit également l’installation de 60 distributeurs de boissons non identifiés, et l’ouverture de snacks dans toute la ville.

J'étais venue faire des photos place San Marco, assez tôt, 8h du matin, qui n'est pas du tout mon heure de vacancière, je voulais prendre le beau pilier d'Adam et Eve qui fait le coin du Palais des Doges, face à la mer, dans toutes sa dentelle. Je n'ai jamais pu le faire. Il y avait toujours des groupes, réveillés bien plus tôt que moi, la place était prise, il aurait fallu venir à 6h du matin... Mais là ce sont des travaux forcés, plus des vacances. On m'a dit que c'était comme ça pour voir les grandes pyramides, il faut courir sur les sites dès 4h du matin...


Petit à petit Venise devient comme les pyramides.

Je me souviens avoir vu pour la première fois la Place San Marco, il y a 25 ans, à 9h du matin, j'ai pleuré de joie en la voyant, il n'y avait que quelques pigeons. Je venais de découvrir le monde à moi toute seule. Je n'ai plus jamais retrouvé cette sensation d'extrême bonheur.

Au mois d'aôut 2010, à 8h du matin, il y a déjà des milliers de personnes qui courent dans tous les sens sur la plus belle place de Venise, j'avais envie de pleurer... J'ai quand même fait quelques photos mais à un mètre au dessus du sol, bras tendus au dessus des têtes qui se pressaient autour de moi.


Cette place, il fallait bien que je la prenne en photo à tout prix, je m'étais levée tôt pour elle, alors, je suis passée derrière les arcades de la Piazza, derrière les rideaux bouillonnants qui protègent du soleil, les vitrines des commerçants... En catimini. (les photos sur le prochain post !)

Si vous voulez un vrai souvenir de la place San Marco, une image de sa magnificence, ne vous reste plus qu'à acheter les cartes postales.

Comme j'étais sur la place, je suis allée consulter les horaires de la messe, pour voir l'intérieur de la basilique autrement qu'en file indienne, et après avoir patienté un bon moment.

Pour une visite exceptionnelle et prolongée, il faut assister à la messe, toutes les lumières y sont allumées, vous êtes assis, vous pouvez regarder de tous vos yeux les mosaïques somptueuses, je suis sûre que le bon Dieu ne tiendra rigueur à personne pour son inattention. Le jour de l'Assomption, j'ai assisté à la messe, une magnifique messe musicale avec choeur et orchestre. La croix Byzantine dominait la nef centrale, elle était composée de dizaines de petite bougies, plantées dans des écrins de verre rouge, toutes allumées (ce qui est rare) : elles frissonnaient dans l'or des mosaïques, un moment d'une très grande beauté.

L'impression de foule que j'avais eue dès mon arrivée à Venise, se confirma tous les jours du mois d'août ; un homme que j’ai rencontré par la suite, qui demeurait à Venise depuis plusieurs mois, m’a dit : en juillet c’était pire... Ah bon !

La municipalité a mis en place la wifi sur tous les grands campo, la gare et les vaporetto. Des indications (GPS) qui arrivent directement sur les téléphones portables des touristes, leur indiquent des itinéraires de délestage, dans les quartiers de la ville moins encombrés, pour essayer de diluer le parcours traditionnel des visiteurs (je ne l’ai pas vérifié, puisque je n’ai pas de portable !)

Avec ce nouveau dispositif "de fluidification", s'il fonctionne, d’ici quelques mois, il se peut qu'il y ait un peu plus de monde réparti partout dans Venise... Affaire à suivre.

Puis, quand je me suis habituée petit à petit au flux des touristes, j'ai commencé à visiter les sites que je n'avais pas vus l'année dernière : le Palazzo Grassi, dont Monsieur Pinault paye (très cher) la location à la ville pour 90 ans, est peu fréquenté, et rempli de merveilles. La Dogana, également louée (très cher à la Municipalité) pour 30 ans au même Monsieur Pinault... Est un espace magnifiquement restauré, où l'on peut admirer de très belles oeuvres contemporaines.

Je vous raconte le reste, en petits morceaux, très vite.