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jeudi 15 décembre 2011

Flânerie au musée du Louvre... Et sa galerie marchande


Ça faisait déjà un moment que j'avais envie d'aller au Louvre, regarder avec minutie ou pas des tableaux, découvrir, allez savoir quel besoin j'avais de vouloir traîner des heures là-bas, une sorte de balade sans but, sinon celui d'être là, dans cette ambiance, aller un peu au hasard, comme pour ramasser des champignons par exemple... Vous voyez ? Non ?

C'est décidé, j'y vais ! Au sortir du métro, j'ai traversé la galerie marchande avec embarras, bien sûr j'ai fait comme tout le monde, j'ai léché les vitrines à mon corps défendant, tiens, c'est sympa ce truc, et ça ? Pas mal non plus, voilà une bonne idée, il faut absolument que je trouve une belle BD pour une petite fille de 11 ans, et je rentre dans ce superbe magasin de livres pour la jeunesse, des livres éducatifs comme on dit, éducatifs sur tout ! Des livres à foison qui parlent d'art de près ou de loin, beaux et si bien illustrés, ils font tous envie, vous pensez bien que je suis ressortie avec la BD totalement adaptée à la petite fille, j'avais le sourire, plus besoin de courir à la FNAC, de se perdre sans fin entre les auteurs pour bébés, pour enfants, pour adolescents, pour les grands... Ouf !



Dans cette galerie marchande pleine de lumières et de tentations, vous avez tout loisir de dépenser deux fois votre paye, Noël approche, la crise, ça sera pour l'année prochaine, aujourd'hui je dépense un peu, demain un peu plus...

Une fois le livre acheté, j'ai pu faire la fière, et considérer de haut tous ces acheteurs compulsifs qui s'égayaient d'un magasin à l'autre... Voyez comme on liquide vite une petite culpabilité...

J'ai pu laisser aller toutes mes pensées critiques, tant de monde, quelle frénésie, c'est bientôt Noël, le commerce est prêt à tout pour faire exploser nos cerveaux...

Un énorme groupe de touristes asiatiques double tout le monde sur la droite, mais notre file allait vite, pas de cris, pas de rouspétances, chacun attend son tour sagement, c'est Noël ! La visite peut commencer.


Photo prise sur Internet, les photos étaient interdites dans l'expo


D'abord une exposition temporaire très tentante sur la "La Citée Interdite", nous permet de voir la salle du trône de l’empereur Qianlong (époques Louis XV et Louis XVI), avec des objets très épurés, nous dirions maintenant totalement design, seul décor sur le trône des laques rouges sculptées, superbes, et aussi les chefs-d’oeuvre qu’il a fait exécuter à la peinture sur soie, en particulier les portraits grandeur nature de ses chevaux. Imaginez leur représentation sur des grands rouleaux suspendus au plafond, avec pour seul accompagnement des poèmes chinois calligraphiés, un éblouissement !! Peu de monde, des conditions de visite formidable ! Enfin (presque) seule dans la Cité interdite... Deux autres lieux complétaient cette exposition dans le Louvre... Pas vus !


Après la Cité Interdite, je reste définitivement dans le Pavillon Richelieu, où sont exposées les peintures françaises, forcément moins de monde, et des chefs-d'oeuvres, il y en a à la pelle, je vais me régaler. Je suis mon instinct, et traverse les peintures du Nord, du grand Nord, je ne sais où jeter les yeux, tout est beau, je regarde passer les vaches comme dans un train, elles sont nombreuses dans des paysages qui se déploient avec splendeur, c'est l'été, ou le printemps, j'ai envie de cueillir des fleurs... La nature pousse bien entre les bois dorés des cadres...


Un coup d'oeil à droite sur le puit de sculpture du rez-de-chaussée, un coup d'oeil à gauche sur quelques tableaux anonymes, inutile de chercher les noms des auteurs.. J'ai pris des photos au gré de ma fantaisie, m'arrêtant uniquement sur des détails magnifiques... J'écrivais ma petite partition... J'utilisais le Louvre comme un grand livre d'images, je tournais les pages sans m'occuper des légendes...


Celui-là, je me souviens l'avoir vu sur mes livres d'histoire, François 1er (Clouet), vous vous souvenez ?.... Avec son buste avantageux, en deux dimensions, rutilant, sous le satin et l'or, casé aujourd'hui dans un couloir...



Un groupe de jeunes assis devant une oeuvre écoute sagement la conférencière, qui lit la totalité de son intervention en levant de temps en temps les yeux sur son auditoire... Quel ennui, les jeune baillent... Je quitte les lieux, après la photo... Des gracieuses soeurs d'Estrée...


Plus loin un groupe de jeunes femmes plongées dans leurs pensées... Dans leur lassitude...


Saint-Sébastien sur un retable du 14e




Le S. Sébastien de Pordenone à Venise, danseur nu enchaîné...

Quel plaisir de ne rien voir des légendes (ou presque), juste pour déchiffrer un détail, préciser une interrogation... Je suis frappée par ce Saint-Sébastien du 14e siècle sur un retable du midi de la France, j'ai dans la tête celui de Pordenone de Venise, je vous rafraîchis la mémoire ?


La sépulture dans une église de Delft (17e  Siècle)

Parmi les peintres du Nord, les Hollandais, je m'approche d'une toile où l'on voit une tombe creusée dans une église, c'était donc comme ça qu'on pratiquait pour une inhumation, on creusait tout simplement la terre, pour y mettre la dépouille d'un haut personnage sans doute, et hop ! Je clique !



Puisque j'y étais au pays des tulipes, j'ai le grand plaisir d'admirer le petit Vermeer, l'Astronome, la dentellière est en voyage, loin...



La magnifique Sainte Madeleine de van der Weyden (15e siècle)


José Lieferinxe (15e siècle)

Voilà des heures que je tourne ici et là, rien ne presse, seul mon genou me rappelle à l'ordre, faiblement, sur le retour, un détail de Sainte Lucie m'accroche par sa simplicité, sa naïveté...

En sortant, je retrouve la foule, les lumières, les pensées du dehors et du dedans, quel beau moment j'ai passé ici, à grappiller, sans queue ni tête... En respectant le désordre des siècles...