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dimanche 16 janvier 2011

Cambodge... La cuisine Khmère dans mon assiette.


Impossible de parler du Cambodge sans parler de sa cuisine…

Un pot-pourri de saveurs, d’odeurs et de couleurs dans mon assiette pendant 15 jours. Chaque repas était un bonheur. Seul le petit déjeuner restait très continental, j'y ajoutais quand même les fruits, les sublimes fruits d'ici : papaye bien mûre légèrement sucrée, couleur de soleil couchant, fruit du dragon, si fade, mais totalement nécessaire dans l'assiette pour sa splendeur, une invention de peintre sans doute, totale inutilité pour les papilles, le fruit du dragon est uniquement fait pour le bonheur des yeux, quelle classe !

L'ananas, doré, juteux, découpé avec élégance, quand ses tranches sont mûres à point : des saveurs de noix de coco en note de fond envahissent mon palais, tout comme un bon vin qui exhale des parfums inattendus de framboises et de noix. Les ananas ici ont des goûts complexes et savoureux. Les mangues sont des roses fraîches et citronnées, leurs couleur orangée subtile, leur texture lisse et profonde, elles fondent dans la bouche. Ah ! les mangues d'ici, à tous les coups elles rendent heureux.

Je n'oublie pas les bananes miniatures, partout présentes, elles peuvent se conserver plusieurs jours dans votre sac sans dommage pour le fruit, même si la peau fonce un peu. Une bénédiction. Il y en a sur tous les marchés, suspendues par des ficelles, comme des colonnes doriques polychromes. Moi qui ne supporte pas bien les bananes, ici j'en mangeais tous les jours, et même plusieurs fois par jour, sans problème.

Tous les matins, l'arc en ciel des fruits était dans mon assiette.

Pour chacun des repas suivants, je n'avais qu'une seule envie, la salade de fruits du désert.

Un soir, je suis allée dans un restaurant qui n'en servait pas, j'étais furieuse, comment est-ce possible ici, quand les régimes de bananes, les grosses papayes pendent partout aux arbres ? J'ai donc dû acheter mon dessert chez un petit marchand de la rue, ouf !

J'ai compté sur mes doigts le nombre de repas à faire durant le séjour, pas seulement comme gourmande, mais comme curieuse. Je suis déjà une grande adepte de la cuisine vietnamienne, si savoureuse, si simple, si belle, je me léchais les babines à la perspective de la cuisine Khmère.

Au Cambodge je m'étais dit, je vais me régaler, du riz, du poisson, des légumes, un peu de viande, des fruits, un programme ultra light, ce qui n'est pas pour me déplaire, et certainement ultra délicieux.


Il y a deux types de restaurants ici, ceux qui sont dits "clean" par les bons samaritains, soucieux de la petite santé des Occidentaux, et les autres...

Je dois dire que j'ai goûté aux deux, et je préfère de loin être assise avec les gens du pays dans les bouibouis de la rue, sur les chaises en plastique, installations précaires mais très sympathiques. Un médecin spécialiste des maladies tropicales, que j'avais consulté avant de partir, m'avait dit : vous pouvez manger dans rue des plats cuits et chauds sans risque...


Je ne me suis pas gênée pour le suivre à la lettre. dans la rue j'ai mangé du poisson grillé avec son riz blanc, excellent, les bouillons de poissons noyés dans les herbes, les soupes, les nouilles, pas de nappe sur les tables, pas de chichis... Extra !

J'ai essayé également les restos plus "clean", excellents aussi il faut le dire, mais moins exposés à la pollution et au bruit, un peu plus chers aussi.

J'ai fait la connaissance du lait de coco, du tamarin, dont je ne savais même pas reconnaître les fruits... La citronnelle, le gingembre, les piments (avec précaution), l'ail, les oignons, les herbes mystérieuses faisaient la fête à tous les plats.


A la fin du repas du midi, je me disais, qu'est-ce que je vais choisir ce soir ? Je voyais bien que je n'arriverais jamais au bout des variétés culinaires en si peu de temps, alors je laissais aller mes envie spontanées, je faisais confiance aux images qui illustrent les cartes, je regardais dans les assiettes des clients d'à-côté, je me laissais guider par les odeurs, les couleurs, quelques mots d'anglais suffisent souvent pour assurer ses arrières.

Une seule exigence : la salade de fruits ! Elle est servie en gros morceaux, j'adore, ainsi je pouvais tout à loisir savourer pleinement chaque saveur, une à une, je préfère ce mode de dégustation aux salades de fruits que je fais, où je coupe les fruits en tout petits morceaux, si fait que tous les goûts se mélangent allègrement, c'est le plus fort qui gagne, à partir de maintenant, je passe à la salade de fruits cambodgienne.



J'ai goûté un délicieux gâteau Khmer, noix de coco frite... Vendu par un petit marchand ambulant, j'ai pris la photo, voyez... Je ne l'ai retrouvé nulle part...

Dans les repas Khmers, on ne consomme qu'un plat, pas d'entrée, pas de gâteaux, c'est tout à fait mon format.


Dans mon assiette, j'avais tous les marchés du pays, dans les yeux toutes les couleurs du monde, dans la bouche je sentais des douceurs et des piments doux... Les fruits parfumés comme des fleurs, découpés en pétales dans l'assiette, dessinaient de grands jardins...

Si vous passez par le Cambodge, sentez, regardez et goûtez la belle et talentueuse cuisine Khmère...