dimanche 17 mai 2015

Marseille... Mes petites merveilles ! (Saison 1)


Mes premières trouvailles marseillaises...

Cinq jours à Marseille, c'est une gageure pour pouvoir en parler en connaisseuse ! Une ville immense, la deuxième de France, avec plus de 850 000 habitants rien qu'en ville, on l'appelle aussi la Porte d'Orient. Sa population, construite sur des vagues d'immigration successives venues principalement du bassin méditerranéen depuis la moitié du xixe siècle, reste aujourd'hui fortement marquée par le multiculturalisme...


 La belle Ombrière en inox poli, juste à l'entrée du Vieux Port

Pour beaucoup de touristes, Marseille reste : la Canebière (grand boulevard qui aboutit sur le Vieux Port), le MUCEM (crée en 2013 par l'architecte Rudy Ricciotti) enveloppé dans son immense filet de pêche en béton armé, l'Ombrière (1000 m2 d'inox poli façon miroir, conçue par l'architecte anglais Norman Forster) juste à l'entrée du Vieux Port, dans les hauteurs : la grande basilique Notre-Dame-de-la-Garde (construite au milieu du 19e siècle) qui domine toute la ville... Après, il faut rester beaucoup plus longtemps et lire beaucoup de documents savants pour avoir un avis un tout petit peu autorisé sur la ville...

Moi j'ai fait comme tous les touristes, direct Vieux Port, balade jusqu'au MUCEM, un monde fou, mais très supportable, un peu plus calme sans doute qu'en plein été, l'aubaine : deux chaises de libres devant ce superbe moucharabieh, un délice de rester un long moment dans l'ombre, à l'abri du mistral, pour regarder la mer et les bateaux passer par les trous...


A travers les meurtrières de dentelle


Les coursives dans les mailles du filet de béton


Le bleu de la mer traverse le bâtiment de part en part


Plus haut dans les jardins l'étrange regard de la sculpture à trois faces


Au loin la cathédrale Sainte-Marie-Majeure (style néo-Byzantin du 19e siècle, décor de marbre et porphyre) est immense et surplombe ce quartier

La Joliette, c'est le nom du quartier qui se trouve derrière cette énorme cathédrale appelée La Major, ici tout se transforme, les docks anciens sont réhabilités : bureaux, habitations, commerces, théâtre, plantation d'arbres, nouveaux décors, nouvelles populations ?... Il faudra quelques années encore pour apprécier le succès final de l'opération... Les promoteurs se bousculent au portillon pour tenter de faire venir les "classes moyennes", ça prendra du temps... La longue rue de la République est bordée de beaux immeubles haussmanniens entièrement refaits à neuf, ils sont vendus à la découpe ou en appartements occupés, ils attendent des jours meilleurs car les ventes restent difficiles. En bas de chaque immeuble, de grandes bâches peintes en trompe-l’œil signalent que prochainement devront s'implanter : un fleuriste, la petite supérette, un marchand de vins, un parfumeur... Ouvertures promises depuis quelques années déjà...

Dans cette rénovation, un théâtre tout neuf : Joliette-Minoterie, il est ouvert en permanence : on peut travailler dans la bibliothèque, prendre l'apéro avant et après les représentations. Moi j'y ai vu un beau spectacle de rue, "A tue texte", interprété par une chorale d'adultes et trois classes (CE1/CM2) des écoles de la Busserine des quartiers nord, tout le monde parlait, chacun son tour et souvent ensemble, les mots étaient comme des notes de musique, à la fin ça formait une grande poésie, je n'ai pas compris grand chose, mais l'essentiel disait ceci : les gens des villes veulent se rencontrer, les gens des villes veulent être ensemble, plus solidaires, plus libres, faisons confiance à l'avenir... L'explication n'est pas terrible, mais je vous mets des images qui parlent mieux que moi :




Les adultes et les enfants partageaient les mots de la grande poésie d'un monde plus humain...

Inutile de vous dire que j'ai beaucoup aimé, c'était inattendu, terriblement beau même si on ne comprenait pas toutes les paroles, les enfants étaient particulièrement heureux de parler/chanter sans partition, ils connaissaient tout par cœur ! Très beau projet de culture intergénérationnelle, le quartier du nord parlait avec le quartier du sud...


La cathédrale de Marseille (photo empruntée sur Internet à Charlotte Noblet)

Tout à côté de ce quartier en devenir se dresse la cathédrale Sainte-Marie-Majeure, de la même époque que Notre-Dame-de-la-Garde, de style néo-Byzantin, il ne reste plus grand chose de la cathédrale primitive du 12e siècle, de grands drapeaux multicolores décorent l'intérieur, le marbre et le porphyre en construisent l'architecture, les mosaïque sous la lumière brillent, sa structure intérieure ressemble à celle de Notre-Dame-de-la-Garde en beaucoup plus grand, elle peut accueillir 3000 personnes.


La Major, impressionnante !


Le chevet de la cathédrale avec l'escalier monumental en pierre complètement  restauré

Marseille, il y a de quoi faire, j'ai visité la grande Basilique de Notre-Dame-de-la-Garde, l'édifice fut construit au 19e siècle dans un style romano-byzantin, comme beaucoup de lieux saints, son histoire repose sur une série de reconstructions, du 15e siècle à 1853.... Perchée tout en haut de son pic rocheux (160m environ), tous les transports convergent vers elle, les bus et le petit train blanc aux multiples wagonnets bourrés à craquer grimpent la côte en douceur, je n'étais pas seule à l'arrivée, une foule imposante visite les lieux à la queue-leu-leu.

L'intérieur est lumineux, deux couleurs sur les arcs rose et blanc, d'un très bel effet, les mosaïques brillent, des petites maquettes de bateaux pendent du plafond comme des chapelets... De nombreuses plaques votives tapissent les parois, remerciements des reconnaissants...


Notre-Dame-de-la-Garde et les visiteurs (pas d'autres photos possible dans cette cohue)


Vu le monde, entre les cris des enfants, les chuchotements des adultes et la procession incessante des visiteurs, impossible de se concentrer... Ce va et vient bruyant est pénible... Ici tout est bien organisé : boutique de souvenirs, restaurant (tenu par des Sœurs), toilettes, visite de la crypte... Très vite, j'ai préféré sortir à l'air libre et regarder Marseille qui s'étendait loin à mes pieds ...


Très belle photo de Christian Barth (empruntée sur Internet)


Ce qui ne change pas ici, c'est la couleur de la mer, éternellement bleue...

Visité aussi le Musée des Beaux-arts, installé dans le somptueux palais Longchamp construit en 1862 par l'architecte Henry Espérandieu, architecte de Notre-Dame de-la-Garde. Je vous livre le secret de sa construction, les projets à l'époque étaient ambitieux, c'est le moins qu'on puisse dire : le palais, inauguré en 1869, a été construit pour être le point d'arrivée des eaux de la Durance, détournées afin d'alimenter la ville de Marseille qui connaissait alors des problèmes d'approvisionnement en eau.  Ce musée a été crée au lendemain de la Révolution, c'est le premier musée de Marseille et l'un des plus anciens de France, ses collections furent constituées par les oeuvres saisies dans les églises et les couvents, chez les émigrés, puis par des dépôts de l'Etat en 1802.


Le palais Longchamp (photo Nariztrocata, sur Internet)


Le palais propose une collection de peintures allant du XIIe au XIXe siècle, la peinture française y occupe une large place. J'étais à peu près seule sur tout le parcours... Je me suis mise à la recherche d'une toile exceptionnelle qui m'attirerait suffisamment, pour me donner envie de la photographier, je n'ai pas su percer le mystère des couleurs, des lumières, des thèmes, des beautés du monde, sans doute tout m'a échappé, je n'ai pas fait une seule photo...

Allez, je vous raconte la suite demain, ou plus tard...

samedi 2 mai 2015

Chiharu Shiota file sa laine chez Vuitton...


Infinity - 2015 - Chiharu Shiota (Espace Vuitton, rue Bassano)

Voilà des années que je suis l'oeuvre envoûtante de cette artiste japonaise étonnante. Elle est née en 1972 à Osaka, et travaille à Berlin depuis 1996.


Infinity - 2015 - Chiharu Shiota (Espace Vuitton)


Infinity - 2015 -  Chiharu Shiota (Espace Vuitton)



Infinity - 2015 - Chiharu Shiota (Espace Vuitton)

En 2011, j'ai eu la chance d'admirer son travail de tissage et d'enveloppement à la Biennale de Venise, sa toile de laine noire saisissait les objets, tous les objets, livres, meubles du sol au plafond, tout ce qui pouvait s'engloutir dans sa toile... Son installation était dans le Off de la Biennale, dans une petite boutique désaffectée de la rue Garibaldi, le long du rio, des lieux désaffectés ouverts pour l'occasion...



Depuis, je guette son passage pas trop loin de chez moi. Souvent je me suis posé la question de savoir comment ce type d'oeuvre pouvait trouver des acheteurs ?

En janvier 2011, j'avais parlé d'elle dans mon blog, s'il vous plait de la retrouver j'ai même bien l'impression que la vidéo ne fonctionnait pas, j'espère que celle-ci marchera mieux, une fois publiée...

Avant d'arriver sur les lieux de l'expo (rue Bassano), je me suis arrêtée un bon moment sur les Champs-Elysées, j'ai essayé de les voir avec des yeux neufs, et je les ai trouvés très moches... Je me suis demandée pourquoi il y avait tant de monde qui descendait et montait tout le long du jour sur ces avenues banales à pleurer. Les commerces n'ont rien d'intéressant  ni d'original, puisque ce sont les enseignes/franchises que l'on voit partout dans le monde : H & M, Gap, Monoprix, etc. Je n'ai même pas envie d'en parler, au loin, l'Arc de Triomphe se découpe dans le bruit et la pollution des pots d'échappement.


L'avenue des Champs-Elysées, lieu de rien... Juste cette belle perspective

Juste à la descente du métro, au Rond-point des Champs-Elysées, j'ai eu la curiosité de visiter la grande maison des ventes aux enchères Arcurial . Cette maison est installée dans un magnifique hôtel particulier du 19e siècle (propriété de Dassault). Il n'y avait personne, j'ai pu jeter un œil sur les œuvres à vendre prochainement... Une belle promenade dans un calme absolu...


Un petit soleil froufroutant à la sortie du métro, une belle journée...




Dans la grande maison des ventes aux enchères, vous pouvez aller librement voir les objets d'art et le mobilier à vendre, les prix estimés sont affichés, ils seront en vente le lendemain ou dans quelques jours...

Un peu plus loin, je suis intriguée par une allée très arborée, bien taillée, un peu secrète, à l'entrée un jeune homme vous dit : bonjour, soyez les bienvenus. Je suis le mouvement et au bout de l'allée on aboutit à ça : un temple de la consommation magnifique, une caverne d'Ali-Baba !


L'allée secrète


Le grand temple de la consommation exclusivement américaine : des vêtements






Un lieu surprenant avec musique et  lumières tamisées, des vendeurs à tous les rayons munis de plumeaux retiraient la moindre poussière, je n'ai pas retenu le nom de la maison...

A la sortie, le jeune homme est toujours là pour vous dire : au revoir, bonne journée, tout est pensé, calibré pour vous plaire...Je suis vite partie... Tout droit vers la rue Bassano...

lundi 27 avril 2015

Le jardin du mur de la rue d'Aboukir...





Les touffes de feuillages et de fleurs dépassent largement sur le ciel bleu...





Le petit Paradis imaginé par Patrick Blanc fonctionne à merveille,  certains passants ne lèvent pas la tête... 


Madame la Maire de Paris veut installer des jardins sur les murs un peu partout dans Paris pour végétaliser la capitale : quelle bonne idée ! Il en est prévu 41, sélectionnés dans toute la ville et installés dans les semaines et mois à venir : 27 qui appartiennent à la ville de Paris, et 19 sur des établissements scolaires. Beau résultat obtenu au Budget participatif, ce projet est arrivé en tête avec plus de 21000 votes.  Paris travaille à un recensement, sur l’ensemble de son territoire, des toitures et des façades pouvant faire l’objet d’une végétalisation. L’objectif ? 100 hectares végétalisés en 2020 !


Cette petite balade de quartier, nous l'avions faite avec ma sœur en juin 2014 , que de découvertes ce jour-là...

Pourtant maintenant, ces promenades, il faudra que je les poursuive seule !

Ma sœur est partie loin continuer sa route : en Avignon, à deux pas de chez mon frère le bienheureux, qui voit l'arrivée de sa sœur avec bonheur... Tandis que moi je regarde partir la mienne avec tristesse...

Exode volontaire, soubresauts de la vie, il faut repartir ailleurs, mais dans la région parisienne cela n'est plus possible vu les prix des loyers, alors nous sommes maintenant à des centaines de kilomètres l'une de l'autre, pas facile de visiter Paris le nez au vent.

En descendant à Sentier, je suis revenue sur nos pas et j'ai repris quelques photos du mur végétalisé... Dans la petite rue du Nil, rue de commerces gastronomiques : des bars, restaurants, boucher, primeur, rien ne manque...

Station Sentier, on pose sa bicyclette pour aller à pied



Le jeune boucher met ses trésors sous vitrine réfrigérées, et est ravi que je prenne la photo...


Le bistrot de la rue du Nil met des fleurs avec son vin...


 Le porteur attend sagement le client...



Dans la pâtisserie nouvelle, tenue par une asiatique charmante, les Cookies sont sous cloche


Le passage du Caire à portée de main presque silencieux

Cette façade, nous l'avions aussi photographiée ensemble !

J'ai laissé derrière moi le Sentier pour descendre la rue Montorgueil, devenue pour moi la rue des cantines, un défilé de commerces, principalement de bouche et... Des bistrots, des restos, des pains, des vins et des friandises en veux-tu, en voilà, toutes les gourmandises sont dans la rue...


Le début de la rue Montorgueil, qui commence par la rue des Petits Carreaux

Un défilé de couleurs, les fleurs ici sont toujours aussi chères, de beaux effets de lumière...


Fleurs du haut de la rue vers la rue des Petits Carreaux, petit soleil satiné


Fleurs du bas de la rue de Montorgueil, dans le bleu de la bâche...


Le marchand de lunettes s'est inspiré de la pâtissière de la rue d'Aboukir... Sous cloche...


Tout en bas de la rue, en arrivant au Forum des Halles encore en travaux, j'ai vu le soleil entrer directement sous la verrière du restaurant l'Escargot, quelques cafés offraient leurs chaises colorées... Et pour finir en beauté, comment résister à ces mots d'amour collés clandestinement...




Du soleil et des couleurs



Irrésistibles...

Ce jour-là, il faisait beau, un printemps d'été...