vendredi 11 octobre 2013
Le gâteau au citron de la petite Nicole... La recette !
J'ai l'honneur de mettre sur la toile la recette du gâteau au citron de la petite Nicole (voir mon poste de juillet 2010)
J'espère que vous verrez suffisamment bien la recette que j'ai photographiée, les annotations étant de sa main, j'ai préféré ne pas la retaper...
Vous comprendrez que cette recette est celle qui correspond à deux gâteaux, plus petits que les coeurs qu'elle faisait pour notre chorale, la petite Nicole avait deux gros moules en forme de coeur.
Quand elle arrivait à la fête, elle était chargée comme un mulet, mais tout allait très bien, nous attendions religieusement que les gâteaux soient entièrement découpés, comme des petites tesselles de mosaïque, pour nous servir...
Pour moi, à cause de la difficulté du nappage, j'ai définitivement renoncé à me lancer...
Chère petite Nicole, ton heure de gloire a sonné, ton gâteau au citron est livré au monde...
Bon appétit à tous les courageux qui feront ce délicieux gâteau et le dégusteront entre amis...
mardi 8 octobre 2013
Le petit coeur de Nicole !

"Le petit coeur de Nicole", en juillet 2010, j'avais un petit post sur les délicieux gâteaux au citron que faisait la petite Nicole, membre de la chorale où je chante depuis des décennies !
Aujourd'hui, le cœur de notre petite Nicole a cessé de battre pour toujours, elle avait plus de quatre fois vingts ans et la maladie a fait son oeuvre, notre diva ne chantera plus avec nous, et tout notre groupe est très malheureux.
La gracieuse petite Nicole faisait l'unanimité, son élégance, sa modestie et sa grande subtilité faisaient merveille, elle respectait chacun, et chacun lui rendait bien.
C'était notre bonne élève, elle prenait très au sérieux tout ce que nous faisions, elle aimait la perfection, si quelques uns d'entre nous se dissipaient, perdaient patience, rouspétaient, s'agitaient, retardaient le groupe, elle s'insurgeait gentiment et disait : voyons, soyez sérieux, comment préparer notre prochain spectacle dans ces conditions ? Mais souvent on ne l'écoutait pas, et tout rentrait dans l'ordre quand même.
La petite Nicole avait un vocabulaire très classe, très choisi, si quelqu'un disait des gros mots (moi, très souvent...), elle me disait : oh ! Danielle tu exagères, et j'exagérais... En riant.
La petite Nicole était une adepte de mon blog, elle le lisait régulièrement et l'aimait beaucoup, elle était ainsi au courant de presque tout... Elle avait lu le petit article que j'avais fait sur elle pour ses gâteaux au citron et s'en était beaucoup amusée... Elle m'avait recopié à la main la recette de son gâteau au citron et je ne l'ai jamais fait, le plus simple pour moi était qu'elle régale sa chorale toutes les fois qu'on faisait ripailles... Elle le faisait si bien et si parfaitement, bien sûr elle disait toujours : j'ai loupé quelque chose...
Souvent, avant que sa maladie ne la fatigue trop, dès que je postais sur mon blog, elle m'écrivait un mail, toujours admirative et curieuse, moi qui n'en méritais pas tant, je lui téléphonais pour prendre plus amples nouvelles et discuter un brin...
Elle était très cultivée et s'intéressa au monde jusqu'au bout, elle était critique de la marche de notre siècle et avait des avis très pertinents, la petite Nicole avait une grande lucidité, sa maladie ne l'intimidait pas, elle était vaillante et courageuse tout le temps.
Pendant mes séjours à Venise, je lui envoyais toujours une belle carte, ce que je n'ai pas manqué de faire en juillet dernier, je savais qu'elle l'aimerait, j'ai regardé aussi le mail que je lui avais envoyé le 29 juillet, j'avais joint cette photo :
La petite légende de la photo disait ceci : Belles verreries conçues par une japonaise (Ritsue Mishima) en exil à Venise depuis plus de vingt ans, expo mise en place dans un palais magnifique... Les verreries ont été soufflées à. Murano...
Comme je suis contente d'avoir envoyé la carte, la photo et le mail !
Demain sera le jour de son enterrement, elle sera incinérée au cimetière du Père-Lachaise et notre chorale chantera pour elle, un très beau chant traditionnel italien qu'elle adorait... Je sais que nous pleurerons en même temps que nous chanterons... Ce chant Calabrais qui s'appelle Kopilje raconte une très belle histoire d'amour...
Chère petite Nicole, ce post est uniquement pour toi... Adieu !
mardi 1 octobre 2013
L'indre... Inventaire, fin de parcours d'été !
Le petit feu de broussailles
Le petit feu réalimenté, en attente...
J'ai beaucoup aimé suivre ce petit feu, feuille à feuille, mais le jardinier allait toujours plus vite que moi, aussitôt ramassé, aussitôt brûlé, j'étais juste prévenue par l'odeur merveilleuse et la fumée des herbes et des petit bois...
Le champ fraîchement labouré
Le même champs quelques jours après...
Il y avait déjà des traces de printemps... Déjà !
J'ai beaucoup aimé ce champ bien calligraphié, bien aligné le long de la petite vigne, avant mon départ, il avait pris les couleurs de la belle saison...
La belle petite "routine"
Au bout de la "routine"
Tout au bout...
J'ai beaucoup aimé tous les contours de la petite "routine", jusqu'au moindre détail...
Le panier des pinces à linge en 2012...
En 2013...
J'ai aimé ce petit changement à vue pour les pinces à linge, dans une autre lumière, dans d'autres couleurs...
La porte du lavoir en 2012...
Presque la même en 2013...
J'aime beaucoup les couleurs du lavoir à n'importe quel moment, elles restent transparentes et brillantes, peu importe la lumière...
L'étang d'orage...
L'étang de coton...
J'ai beaucoup aimé rester à regarder "mon" étang à toutes les heures du jour avec les oiseaux, les cygnes et les hérons, le silence accompagnait majestueusement la beauté de l'endroit. C'était mon lieu de rendez-vous favori...
Épilogue (2) : (voir mon post précédent)
Cette jeune femme qui courait avec son petit compteur au poignet, je l'ai revue le lendemain, je ramassais les premières noix, elle s'est arrêtée à ma hauteur et nous nous sommes embrassées, elle m'a dit une chose inoubliable : j'ai parlé à ma mère hier de notre rencontre, qui m'avait donné une pêche incroyable...
Pourtant nous ne nous étions pas dit grand chose, un sourire, des mots de rencontre, et puis surtout un intérêt mutuel, elle m'a dit cette chose merveilleuse : à mes élèves, quand je les quitte pour le week-end, je leur dit, profitez des gens que vous aimez, et ça marche, ils sont touchés...
vendredi 27 septembre 2013
L'Indre... Rabibochage et épilogue !
La grappe
Vous vous souvenez de mon petit chagrin ? (post précédent)
Allez, je m'étais dit : ne fais pas ta mauvaise tête, retournes-y, ce n'est pas un rendez-vous manqué qui va te faire capituler, assurément !
On ne va pas se quitter fâchés, j'y vais... Elle m'avait dit, avant le petit chagrin : prenez toutes les noisettes que vous voulez, ma fille en raffole mais elle est partie, et nous, on n'a pas envie de les ramasser... Voilà donc un beau prétexte pour le rabibochage, ni une ni deux, me voilà au milieu de leur belle propriété parfumée aux fleurs de toutes sortes. Ah ! Danielle, je suis si contente de vous voir ! Comme le mari n'était pas loin, voilà l'accueil à deux voix qui commença, elle me parlait de ses fleurs et lui de sa course en vélo, exactement en même temps, j'étais donc à la foire et au moulin, dans une ambiance agréable, nous étions bons amis, comme avant.
Certains soirs je m'étais dit : tu es bien seule avec ton petit chagrin, bon, ils n'ont pas pu t'emmener dans le village d'à côté, il y a plus grave dans la vie, eux, j'en suis sûr, ne se sont rendus compte de rien, ils avaient à faire, voilà tout...
Danielle, regardez, là, au milieu des cyclamens, surtout ne marchez pas dessus, il y a plein de noisettes, choisissez les plus grosses, celles qui sont claires, je vais vous chercher un panier... Et joyeuse, elle s'exécuta immédiatement...
Toutes les trente secondes il fallait se baisser, vous me direz : c'est bien mieux que le vélo d'appartement... Rapidement, la récolte déborda.
Aurais-je assez de temps pour tout casser avant de partir ? Il va falloir que j'y revienne au moins une fois par jour, les noisettes en tombant faisaient un bruit de goutte d'eau en pierre...
Les noix
Le temps presse, bientôt le retour, dernières balades, dernières photos... En passant devant chez Mireille, je la vois à sa fenêtre, je fonce sur sa pelouse : Mireille, puis-je ramasser les noix qui tombent sur la route devant chez vous ? J'avais ouïe dire qu'elle avait rouspété, un gars qui glanait sous son nez... Comme je voulais une paix royale, je demandais la permission. Mireille avait la vue qui baissait, les reins, les os qui l'embêtaient : c'est la vieillerie, disait-elle en se tenant le dos. Mais Mireille, ce qui la gênait le plus c'était l'ennui : je ne peux plus rien faire avec mes mains, voyez, pleines d'arthrose, je ne plus plus coudre, j'aimais beaucoup ça, je ne peux même plus recoudre un bouton, il se sauve à l'autre bout de la pièce... Je ne sais pas ce qu'il y a cette année, les noyers sont bizarres, presque pas de noix, il y a deux ans il en tombait comme de la pluie, on les écrasait comme des mouches sur le chemin... Je me souviens de cette année-là aussi, les poches, les sacs n'y suffisaient pas, j'avais fait des provisions sans les décortiquer, ça prenait une place folle dans les bagages. J'avais donc la permission de ramasser autant que je voulais, avec la petite causette on creusait un peu la relation...
Mon petit butin, tout beau tout bio...
J'avais oublié mon appareil photo, mais j'avais mes jumelles et ma tablette, quelques mots devant l'étang pour parler du temps qui passe, rien ne valait ces moments-là...
Dans quelques petit jours je reprends le chemin de la cité, comment ferais-je pour voir autrement, respirer autrement, à la place du vélo je prendrais le métro... Plus de jardins, pour rentrer chez moi il faudra bien que je prenne l'ascenseur.
Oui, oui, c'est comme ça, en attendant je retourne aux noisettes, je passe devant les maïs encore bien vaillants, les tournesols brûlés par le soleil, les millets cultivés en grandes quantités, bousculés à certains endroits par la pluie et le vent, piquent du nez. Mais je n'ai plus d'encre dans ma tablette, ma batterie est à plat, il faut pourtant que je parle du bruit d'ailes des cygnes qui s'envolent devant moi, ça ne ressemble à rien de connu, maintenant je reconnais un cygne qui vole, même en baissant la tête, c'est gravé...
Je fais la moitié du chemin à pied pour mieux m'approcher du paysage, sur mon vélo c'est autre chose, ça soulage mon genou et ça coule tout seul, je peux aller partout, le vent léger sent bon.
Si je pouvais sortir mon mouchoir pour dire au revoir à tout le monde, aux paysages, aux animaux, aux sentiers boisés, aux herbes sauvages, aux jardins, je serais un brin ridicule, donc je ne le ferais pas. Je mentalise ce geste de gare, quand le train s'en va, jamais je n'ai vu un mouchoir se tortiller dans des mains, ce n'est plus la mode, ça fait vieille France, vous imaginez un peu l'allure que vous auriez avec votre billet Internet, devant le contrôle au laser, si vous sortiez même le mouchoir en papier...
Aux gens je serre la main, on parle un peu, on se dit : au revoir, prenez soin de vous, à l'année prochaine, j'espère...
Épilogue :
Elle courait dans la chaleur du soir et s'est arrêtée juste devant moi, une jeune femme, institutrice par ici, nous avons parlé du temps : il fait beau, il fait chaud... Je voyais bien que c'était une coureuse pour la forme, elle avait son petit compteur au poignet, je ne vous dérange pas plus longtemps, continuez votre course... Mais pas du tout ! Les gens ne prennent plus le temps de se parler, pourtant c'est très important, ils disent qu'ils n'ont pas le temps, voyez, ça ne m'a pas pris grand temps de vous dire bonjour et bonsoir...
Je lui ai dit : merci, et elle est repartie sur sa petite poudre d'escampette... Quel beau sourire !
Le soir dans la routine
Deux secondes avant...
jeudi 26 septembre 2013
L'Indre... Les petits jardins, les petits chagrins...
Le fuchsia rouge
Je n'en n'ai jamais eu à moi, je n'en ai jamais fait, je n'ai jamais ratissé, biné, arraché, planté, même si quelques fois j'ai arrosé des œuvres faites avant moi : la pelouse chez mon frère par exemple, mais rien de bien méchant. Sur mon balcon de la région parisienne, j'ai toujours eu des fleurs, dès le mois d'avril je commençais à frétiller, pour l'espèce à planter j'avais toujours ma petite idée, pour les couleurs il me fallait un peu plus de temps... En fait j'étais un peu monomaniaque, je mettais la même espèce de fleurs, des géraniums pour ne rien vous cacher ou des pétunias, les années bissextiles... Une année, j'ai eu une énorme envie de fuchsias, de toutes les couleurs, avec des clochettes bringuebalantes qui sonnaient à toutes les heures...
Le fuchsia rose
Mal m'en a pris, car ils ont eu une maladie qui les a décimés les uns après les autres... Depuis j'ai compris, il faut planter varié pour ne pas trop pleurer... Pour les rosiers, j'ai bien essayé aussi : après la première floraison, tout est parti en vrille, le blanc, les pucerons, j'ai lutté, guerroyé tout l'été et l'année suivante, et puis une autre année avec espoir... Mais ce n'est pas moi qui ai gagné la bataille... Depuis j'ai remis des géraniums, avec de belles couleurs, et tout est allé à la perfection... Chaque jour j'arrosais mon petit jardin, quelques fois même ça débordait sur la tête de ma voisine d'en dessous, on prenait le thé pour en parler, je faisais très attention pour ne plus recommencer la douche saisonnière...
Mon balcon est grand comme un mouchoir de grande poche. Dès le printemps j'installais mes fleurs, je croisais les doigts pour qu'il ne fasse plus froid, j'étais impatiente. L'été, les fleurs avaient tellement poussé qu'on ne voyait plus le paysage du tout, plus de tours, plus de routes, plus de voisins, rien que le ciel, les fleurs, le parasol et moi...
Je n'ai pas photographié mon moulin...
Et puis un beau jour, à force de demander aux voisins, aux enfants, aux amis : vous voulez bien arroser mes fleurs pendant je serais partie ? Même si c'était toujours : oui bien sûr, ne t'inquiète pas... J'ai arrêté de jardiner pour être plus libre, les fleurs à arroser, c'est un peu comme un chat ou un chien, il faut trouver quelqu'un pour s'en occuper, allez zou, je préfère voyager... J'ai fait du vide, gardé quelques pots, on ne sait jamais, s'il me prenait l'envie de recommencer... Cette année, au retour de Venise, j'avais rapporté un grand moulin en plastique avec un manche en bois, couleur de l'arc-en-ciel, qui tournicote au vent des fenêtres, je l'ai planté dans un pot, sur mon balcon, bien coincé pour qu'il prenne les bonnes habitudes... Voilà des années que j'en avais envie sans vraiment me laisser faire, quelle idée, rapporter un moulin dans ses valises... Je l'ai fait... Mais voyons, tu aurais pu trouver le même à Paris ! Oui, mais celui-là, il vient de Venise... Je suis allée le chercher là-haut, dans cette droguerie qui vend encore de tout sauf des masques et des plumes... On y trouve encore des perles de Murano au poids et à la pièce pour pas trop cher, il y a toujours un monde fou, les bricoleurs, les enfileuses de perles et autres travaux manuels créatifs, des pigments de couleurs, une vraie caverne d'Ali Baba...
Les aubergines
les haricots verts
Dans mon coin de l'Indre du mois de septembre, il y a beaucoup de jardins, chacun a le style du propriétaire : les prévoyants plantent toujours plus qu'il n'en faut, les nonchalants, ni trop ni trop peu dans les sillons, ça ira bien comme ça, du moment que je peux faire la soupe... Les méticuleux : salade, fenouil, haricots, l'essentiel est que tout rentre dans les rangs, au cordeau... Les rêveurs : ça va comme je te pousse, tomates et poivrons pour les belles couleurs, poireaux et pommes de terre pour manger varié. Les mathématiciens calculent tout, par espèces, par saison, par personne, ils iront loin, les fatigués comptent plus sur l'épicerie du coin que sur leur bêche et leur pioche, chez eux c'est la monoculture : salade, tomate, pour parer au plus urgent. Les poètes mettent des fleurs dans tous les coins... Et tous les autres inventeurs qui plantent des espèces en voie de disparition, tiens donc, ça se sème ça ? Bien sûr, et c'est rudement bon...
Les tomates
Le jardin féerique
Il y a des jardins où l'on trouve uniquement des fleurs, des ponts, des nains, des décors, des paysages féeriques... C'est féerique !
C'est dans un de ces jardins berrichon que j'ai vécu une drôle de petite d'histoire, un jardin de princesse, plein de poésie et de légèreté... La touche finale est donnée en automne quand les cyclamens de toutes les couleurs viennent sauvagement bleuir et rosir le sol sous les bouleaux... Pour faire beau, uniquement !
Les noisettes
La noix cassée
Nous étions à bavarder des retards de la saison : pour les noix il faudra attendre, les noisettes tombent, venez donc les ramasser, voulez-vous des pommes ? Je ne sais vraiment plus où les mettre, la générosité commence souvent quand les stocks deviennent trop encombrants...
Irez-vous cette année entendre les chanteurs amateurs qui se produisent demain dimanche à quelques minutes en voiture, dans ce beau lieu ? Il fait beau, c'est carrément le moment... Si vous y allez, puis-je me joindre à vous pour le petit trajet ? L'année dernière, nous y étions allés ensemble... Je n'avais rien demandé, j'étais revenue enchantée, et eux pareillement.
La jardinière avait à faire : mon jardin est très en retard, il faut que je m'en occupe... Elle mit ses deux mains dans son tablier, déjà prête pour l'ouvrage, son compagnon dit en se grattant la tête : toutes les pommes à rentrer, on va voir, on avait complètement oublié... Depuis bien des années, ils étaient tous deux à la retraite et vivaient doucement au rythme de leurs rosiers magnifiques, loin de la région parisienne où ils avaient passé tant de temps... Les enfants et les petits-enfants venaient quelques fois aux vacances manger les bonnes tartes aux pommes, aux prunes, aux fraises... Mais maintenant, c'était l'automne, plus personne ne venait...
J'ai vu rapidement qu'ils n'iraient pas, pas envie, pas le temps, autre chose à faire, désolés, on verra, oui, on va réfléchir.... Tout ça avec le sourire, restons bons amis.... C'est moi qui le dis...
Pas de soucis, je repasse demain matin si vous voulez, si vous changez d'avis, allez, passez une excellente journée, faites comme vous pouvez, je vais me faire une petite compote de mirabelles, bon jardinage... Mais je savais déjà que ça ne se ferait pas !
Évidemment, le lendemain matin je ne suis pas retournée les voir pour le petit transport en commun, la décision n'avait pas pu se prendre spontanément, trop tard, tant pis, la route est dangereuse en vélo, trop de voitures, des côtes, il faudra que je trouve autre chose que les chanteurs pour passer mon dimanche à la campagne...
Pourtant, j'en avais gros sur le cœur, même s'ils n'avaient pas l'intention d'aller au spectacle,pour cause de trop de choses à faire, ils auraient pu me proposer de m'y accompagner, le temps nécessaire aurait pris juste un petit quart d'heure, aller/retour/au revoir/à ce soir tout compris, mais il y avait les ensemencements et les rangements, pas motivés cette année pour aller se distraire...
Nous avions bien des fois pris ensemble le thé et les petits gâteaux, nous nous embrassions chaque fois que nous nous rencontrions, nous nous appelions par nos prénoms... Mais emmener la voisine qui n'a pas de voiture à une toute petite encablure d'ici, ce n'est pas possible, pas pensé, pas envisagé, pas proposé...
Les gens d'ici sont comme partout, ni meilleurs ni pires...
mardi 24 septembre 2013
L'Indre... Pas plus loin que le bout de mon nez...
Vous le savez, quand la pluie est tombée pendant plusieurs jours sur la campagne, les couleurs et les parfums deviennent plus intenses.... Ils suffit de faire une petite promenade à pieds dans n'importe quel chemin creux pour être assailli par la diversité des odeurs.
J'ai beaucoup de chance car ici je suis très loin de de la civilisation "agitée" je ne parle qu'aux canards et aux carpes, quand je suis sur les marches de "mon" étang ma conversation est très limitée : un bruit d'ailes, un clapotis dans l'eau et on se comprend parfaitement, pour communiquer avec ce que je vois j'ai juste besoin de mes jumelles et de mes yeux, rien à dire, juste regarder, écouter...
Les vaches...
Les figues...
La vigne...
Le futur petit feu d'herbes...
La terre labourée...
Le grand noyer et la petite loge... En ruine...
Mais pour les parfums de la terre, il faut que je mette des mots pour vous, car je n'ai pas de photo à vous montrer... Dès les premiers pas de la balade, si petite soit-elle je suis chez le parfumeur. Comme j'habite près de deux fermes, c'est d'abord l'odeur des vaches qui me parvient au cerveau, puis le purin, et les réserves d'herbes enrubannées dans des grands rouleaux de plastiques pour l'hiver, c'est de l'ensilage, les vaches en raffolent. Puis viennent les odeurs des végétaux, l'herbe, les arbres, le figuier éclatant, les buis, la paille, le foin, la vigne, le petit feu de bois dans le jardin... Les fleurs des champs son beaucoup plus discrètes...
Souvent je me suis dis comment vais-je faire pour emporter tout ça ? Respirer chaque odeur, la mémoriser... Quels parfums !
Quand il fait beau il faut attendre le soir pour respirer ces airs-là... Un par un ils composent les couleurs d'un arc-en-ciel invisible...
Le matin je me parfume souvent à la rose, une fragrance que j'achète à Venise, trois petits flacons, juste assez pour passer l'année, ainsi je suis obligée d'y revenir... Trois gouttes de rose tous les matins, trois petites giclées, battues à plate couture par mes amis les bêtes des fermes d'à côté...
L'odeur de l'eau est très compliquée, mais je sens le mouillé, la vase, les ajoncs, je ne peux pas vous la montrer non plus, juste l'image de l'étang...
Après une semaine de mauvais temps, le moindre rayon de soleil s'achète à prix d'or, j'ai glissé quelques écus dans cette photo...
C'est ici que le soleil mettait son or...
J'ai décidé de reprendre mon vélo, j'avais assez d'odeurs de septembre qui collaient à mes souliers. En passant devant le grand noyer j'espérais bien ramasser quelques noix, mon rendez-vous avec la nature était loupé, elle était en retard. Je persiste, secoue, guette, sur leurs branches, les noix sont encore emberlificotées dans leurs bogues, les mûres sont embrouillées avec les insectes et les toiles d'araignées, elles baissent du nez, trop tard, trop tard. Hier, j'ai pu en grappiller un kilo, sitôt cueilli, sitôt transformé en quatre pots de confiture, j'avais rajouté de la vanille pour améliorer l'extraordinaire, mais ce n'est pas probant... L'extraordinaire n'a pas besoin de plus que de lui-même.
Hier, Le vieux monsieur que j'ai rencontré sur le chemin de l'étang travaillait dans son petit jardin en plein air... Pas si petit que ça, le jardin qui pouvait nourrir tout un régiment, il m'avait dit en me voyant chercher des mûres : j'crois bien qu'il n'y en a pas par là, allez donc voir là-bas des fois, et le long du champs du voisin, des fois... Après recherches approfondies, dans le coin qu'il m'avait dit, il fut étonné de voir mon sac rempli : ben vrai, ben c'est inouï dites-donc... Ici, personne ne les ramasse... Ce que personne ne ramasse ne fait pas mystère, je suppose qu'il ne m'aurait pas indiqué des coins à champignons si facilement... Exactement comme moi à Venise, je ne donne aucune adresse, je garde presque tout pour moi, maintenant avec Internet, vos plates-bandes sont vite piétinées... Je renseigne le touriste ça oui, tournez à gauche où à droite, bon séjour à Venise, n'oubliez pas de vous perdre...
Aller :
Cet après midi, après avoir bien respiré mes odeurs préférées, je filais sur mon vélo, doucement, vers l'étang. En passant devant le jardinier, mon appareil photo en bandoulière, j'ai mis pied à terre devant lui : bonjour monsieur, déjà à travailler dans vos terres, quel courage, je cherche quelques noix... Ben c'est trop tôt, tout est en retard, les noix tombent pas, faut attendre encore ! C'est sûr monsieur, mais moi je pars bientôt, j'espère bien qu'elles vont se décider... Ah ! Les plus belles sont en haut, quand elles tombent maintenant elles sont véreuses, vous croyez ? Je n'ai aucune chance ? Ben je ne sais pas, tout est en retard...
Pourtant les mûres étaient déjà passées, aussi vite que l'éclair, mes échantillons de confitures je vais les cacher, chasse gardée, bien gardée, au fond de mon placard...
Je le laissais à sa culture, en plein soleil, sous sa casquette...
Il ne me proposait jamais rien, ni salade, ni melon, ni poignée de mirabelles, son usine était fermée à double tour, il avait jeté la clé au loin... Notre conversation tournait autour du retard ou de l'avance de la nature, suivant l'année. Au bord de l'eau, je repensais à cet homme, souriant, attentif, méticuleux, travailleur, mais pas très généreux.
Retour :
Il faisait doux, rien, personne ne se bousculait à l'étang, j'ai vu l'épine dorsale d'une énorme carpe virer net à 180° à mes pieds, deux cygnes, quelques poules d'eau, des bruits étranges, des ronds dans l'eau... Comme c'est beau ! Il faut rentrer...
Le berrichon du petit jardin, pas si petit que ça, terminait sa journée, il nettoyait ses outils avec soin, il avait ratissé tant et plus : les fraises, les salades, pas une seule mauvaise herbes ne dressait la tête, le mirabellier était tout secoué, bien net, ses branches étaient aussi propres que les os d'un poulet que vous auriez sucés.
Vos faites quoi avec tous vos fruits monsieur ? On fait des confitures, des compotes, des tartes, on en mange tous les jours... Je me demandais vraiment pour qui il secouait ses pruniers, ses pommiers, il fallait une sacrée famille pour venir à bout de la récolte, et même s'il se montrait partageux avec ses nombreux voisins, ses enfants, il devait en avoir de reste. Des melons traînaient encore sous leurs feuilles, je me disais comment font-ils pour manger tout ça, à moins d'aller les vendre au marché ? Il ne m'avait rien proposé, mais je ne lui avait rien demandé on plus.. Un petit sourire c'est tout ce qu'il m'a donné... Au revoir monsieur, bonne fin de soirée, alors seulement il me dit : j'vous donnerais bien un melon mais y sont passés, sont pas sucrés du tout, j'vais les donner aux poules, elles adorent ça, sans les pépins... Les pommes de terre nouvelles de novembre sont foutues aussi, tout est à jeter... Je vais arracher aussi les haricots, ils sont pourris, rien ne vient bien... Je souris, bonsoir monsieur à plus tard...
Ainsi va la vie... Le partage, le don, ne se font pas n'importe comment, avec n'importe qui, il faut vraiment se rencontrer, avoir du plaisir à sourire, à parler, à être un peu heureux, ému, écouter ou parler, chacun fait ce qu'il peut pour faire fonctionner ou pas la rencontre...
mercredi 18 septembre 2013
L'Indre... Les deux soeurs font des photos...
Le petit feu du jardin, pour nous réchauffer de la pluie de ces jours-ci
Depuis que ma sœur était venue me rejoindre dans ma campagne, nous faisions des photos avec ardeur et nous confrontions nos points de vue. Nous savions depuis longtemps que nos yeux ne voyaient rien sous le même angle, elle prenait en plans plus serrés, moi en plans plus larges, ici il n'y avait pas assez de lumière pour elle, pour moi elle était parfaite, nos sujets se conjuguaient vraiment à tous les temps, et c'était tant mieux, c'était une arrangeuse, elle bricolait les lumières, pour les retouches elle était championne, elle vous transformait le paysage comme pas deux, sur ses logiciels miraculeux. Voyez un peu comme nous nous complétons bien... Moi je ne fais rien, mais rien de rien, je garde tout au naturel comme mes yeux ont vu... C'est mon point de vue et je comprends parfaitement le sien, il y a de la création à refaire la nature, la nature des choses... Elle me dit souvent : il suffit d'une petite bricole pour que tout soit plus beau, mais voilà, moi je ne veux rien savoir des enluminures et des dissimulations, les coups de soleil, les ratures et les ombres me vont très bien.
Pour ramasser les mûres nous adoptons la même cadence, elle et moi avons le même genre de sac plastique, nous avançons avec précaution dans les ronces, nous déchirons nos mollets avec le même plaisir, quelque fois elle met des vieux gants pour décrocher les fruits, moi je la regarde de loin et je souris... Pour soupeser la récolte nous avons du mal à nous accorder, tu crois qu'il y en a un kilo ? Je ne sais pas, je crois, attends et je reprends l'affaire en main, oui, il me semble bien que nous avons le kilo, nous avons trouvé notre point d'orgue...
Mon plan large et la cafetière renversée...
Son joli plan serré et la cafetière... Redressée...
Soudain, ma sœur s'est approchée de la série des cafetières de nos grand-mères, bien rangées sur une petit étagères en fer, et elle en redressa une qui était tombée la tête la première. Là je me suis dit : je reconnais bien ma sœur, toute en méticulosité, ayant horreur du laisser aller, elle aligna la récalcitrante avec ses autres congénères, et prit sa belle photo...
Moi j'avais justement trouvé que ce léger désordre allait mieux à mon goût, et je n'avais surtout rien fait pour arranger les choses avant de prendre la photo...
Et re-beau plan serré de ma soeur...
Mon re-plan large dans l'autre sens...
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