dimanche 21 juin 2020

Suite de printemps avant l'été... Et deux arbres nouveaux !


Le coq de la petite cité


J'ai mis au moins un mois avant d'apercevoir la girouette perchée sur la cheminée. Le plus souvent, la girouette est fixée sur la toiture, au niveau du faîtage, là elle se trouve juste au niveau du pommier mort, qu'on voit sur la gauche de l'image. Je me félicite quand je peux voir quelque chose de nouveau dans toutes ces rues que j'examine à la loupe.

Aujourd'hui, c'est le dernier jour du printemps, il faut que je me dépêche avant l'arrivée de l'été qui est prévu demain ! Sur mon parcours, j'ai fait des tas d'erreurs : j'ai pris depuis le début, la bignone (plante grimpante orange) pour de la glycine ! À chaque passage, je me suis demandé : mais pourquoi donc cette glycine tarde tant à sortir, alors que toutes les autres sont en fleurs ? J'ai attendu, attendu les belles grappes violettes et parfumées, et quand j'ai vu sortir les trompettes oranges, là je me suis dit : ma belle, t'as encore beaucoup de choses à apprendre ! J'ai foncé sur internet : Bignone, ou la trompette de Virginie ou encore Jasmin de Virginie, ou Jasmin-trompettes, ou trompettes de Jéricho.

Revoici les images de la glycine/bignone, tout au long de mon aveuglement...


15 avril 2020 - J'en suis certaine, c'est une glycine


26 avril 2020Je la trouvais magnifique, tiens, pourquoi ne fleurit-elle pas ?




26 mai 2020 - J'attends toujours, je ne vois rien venir, ça m'intrigue ! 



20 juin 2020 -  Les trompettes oranges sortent de la bignone !!



Sonnez trompettes ! Nous voilà !


Je continue les regards sur les petits jardins, ils changent de couleurs, les géraniums explosent... Il y a beaucoup de chats qui changent de crèmerie.


En avant la musique ! Le 21 juin 2020 !



Le pommier est plein


Dans de quartier, mon champs d'exploration, il y a une petite maison toute en brique. Au début de mes pérégrinations, il y a trois mois, je la voyais moche, mal arrangée, fouillis, déglinguée... Aujourd'hui, je trouve que c'est la plus belle du quartier, tout me plait en elle, même le petit négligé de son perron. Quand la fenêtre du devant est ouverte, je peux voir la fenêtre du fond dans une belle perspective, souvent il y a un chat perché qui se marie très bien avec l'ensemble. Les fleurs ont poussé de partout, la maison devient de plus en plus belle, maintenant, c'est elle que je préfère, c'est comme dans la vie, il faut du temps pour aimer vraiment... Je n'ai pas encore rencontré les propriétaires pour leur dire combien leur maison était belle... Elle me fait penser à Venise... Tout est en brique, et il y a beaucoup de chats...


Juin 2020 - Le gris



Mai 2020 - Le roux

Ces arbres-là, je ne les ai pas vus tout de suite, je ne suis pas encore assez attentive, je ne lève pas encore assez les yeux : le grand bouleau qui retombe comme un saule, il bouge tout le temps, au moindre souffle, le tronc est en argent. Plus loin, dans le square, il y a un beau cèdre des Atlas, vieux de 30 ans, il était là avant que j'arrive dans le quartier, mais il est toujours plus jeune que moi... Il me reste tant de choses à voir...


Le grand cèdre de l'Atlas (30 ans) - 20 juin 2020


Le bouleau qui pleure comme un saule - 20 juin 2020


Pour terminer en beauté la petit suite du printemps, avant d'aborder l'été, j'ai vu dans un jardin des artichauts fleuris d'une grande beauté. Mon amie m'a dit qu'elle avait vu fleurir un artichaut, chez elle, sans même le tremper dans l'eau, elle l'avait laissé dans un coin, et quelques jours plus tard, il avait fleuri. Alors, je suis allée chez mon primeur, je lui ai demandé s'il avait un artichaut un peu vieux, qu'il ne vendrait pas, bien sûr, c'est cadeau, tenez, faite pousser la fleur, je ne suis pas certain que vous y arriverez, prenez une photo ! Que sera, sera...


Les chardons/artichauts d'un petit jardin, sans vinaigrette, sans crème, juste pour faire beau  - 15 juin 2020


Mes amis, je reviens avec l'été, prenez soin de vous, gardez vos distance si vous avez comme moi beaucoup plus de 30 ans. Je vous embrasse.

mercredi 17 juin 2020

"Il était temps"... Julien, Jacqueline, Isabelle...


Allez hop, coupons le printemps !

Ils ont sorti la grande échelle des pompiers du printemps, faut pas traîner ! C'est pas sympa, Danielle, toi, tu n'as pas de maison à fleurs, tu n'y connais rien, il arrive un moment où il faut couper l'herbe sous le pied, c'est l'entretien, c'est le bon sens des choses, le printemps n'est pas fait que pour toi ! Bien sûr, c'est plus beau quand toute la végétation batifole à tort et à travers, mais pour le lampadaire par exemple, il faut qu'il éclaire, alors on éclaircit ! Dans les jardins, c'est pareil ? Oui, c'est pareil, il faut couper pour la bonne repousse, il faut couper pour faire propre, remettre un peu d'ordre !


On en laisse un peu dépasser !

Dans un petit jardin d'une avenue que j'ai souvent photographié, je ne reconnais plus rien, la maison de Blanche-Neige est toute changée, un vieux monsieur ramassait les dernières feuilles, les roses fanées décapitées (ben oui, Danielle, il faut ça pour la repousse). Blanche-Neige et les nains attendaient que ça se passe dans un coin, le monsieur tondait de près, en marmonnant : "il était temps", il était content, satisfait comme moi quand j'ai fait mes placards de cuisine pendant le confinement ! Mais je trouvais au fond de moi-même qu'il avait bien le temps, ce monsieur, j'avais un peu de peine à le voir faire table rase du printemps... Peut-être fallait-il tout couper avec soin le printemps, pour faire place nette à l'été ? Je voyais la tonte du printemps avec beaucoup de peine, car je savais que c'était un temps exceptionnel qui ne reviendrait pas de sitôt... Même si je n'oublie ni les malades, les morts, les vulnérabilités qui persistent... Je pleurais le printemps !


Avant l'orage, presque toute la famille (recomposée) était réunie en rang d'oignons... 
(25 avril 2020)


Après l'orage, Blanche-Neige et un nain avaient chuté ! Le printemps était présent sur  tout le paysage, on ne voyait que lui... (24 mai 2020) 


On ne reconnait plus rien le 15 juin 2020, "il était temps" ? Blanche-Neige attend dans un coin...

Maintenant, quand je rencontre quelqu'un dans les rues de la petite cité, je trouve toujours un prétexte pour engager la conversation, ça marche à tous les coups : bonjour madame, elle est belle, votre maison ! Vous êtes gentille, si vous saviez tout ce que j'ai fait pour l'embellir, j'ai refait le crépi, repeint les volets, j'ai encore du boulot mais j'en vois le bout. C'est quoi la petite pastille que vous avez sur le haut de votre bras ? Un patch de nicotine ? Non, pas du tout, c'est pour mon diabète, c'est vraiment bien, moderne, efficace... Et de fil en aiguille... : vous connaissez le nom de l'arbre là-bas, à côté des acacias ? Non pas du tout, il faudrait demander à Julienle vieux monsieur d'en haut, il perd un peu la tête, mais il s'y connait, ou Jacqueline juste en face, c'est la plus vieille habitante de la cité, elle connaît tout, tout, tout, elle ne voulait même pas qu'on mette des réverbères dans les allées pour y voir clair, non, pas d'électricité dans la rue, ou alors Isabelle, juste à côté, elle est forte en arbres... De maison en maison, je remplis mon carnet d'adresses de visu... Je l'ai examiné, je pense que c'est vraiment un noyer. Un noyer ? Mais je ne vois pas de fruits ! Il y en a quelques uns, je les ai photographiés... Je n'avais pas la berlue...


Un noyer, c'est certain (13 juin 2020)

Moi aussi, j'étais passée par là des dizaines de fois sans voir le noyer ! Ainsi, j'ai continué, chaque jour, à rencontrer les gens, par exemple, pour le portail aux roses, sans conteste la beauté de la rue...


Le portail aux roses et sa couronne de fleurs

Son propriétaire (le monsieur aux rosiers), m'avait raconté qu'il avait "travaillé" pendant sept ans le très vieux rosier de droite pour qu'il veuille bien suivre le chemin de la structure en fer qu'il avait installée au dessus de son portail. Au bout de sept ans, le rosier de droite avait recouvert entièrement, la structure en ferraille, pour s'unir au rosier de gauche, un peu plus rose, la boucle était bouclée. Chaque printemps, des centaines de roses formaient l'arc de triomphe ! Le beau spectacle s'unissait à la belle histoire ! Un autre jour, sa femme (la dame aux roses), m'avait aussi beaucoup aidée à déchiffrer correctement le paysage, et comme elle voyait que je regardais, pensive et curieuse, la masse noire posée très haut dans le vieil acacia du haut de sa rue, elle arrêta sa voiture en pleine course, à côté de moi, et fenêtre baissée, elle me renseigna plus amplement : c'est un nid de corneilles, oui, oui, un petit est tombé ce matin et mon chat l'a achevé. Elle me confirma aussi qu'il n'y avait aucun doute, c'était bien un noyer qui était sur la droite : venez quand vous voulez, pour des boutures de rosiers, j'en ai un très beau dans mon petit jardin de derrière qui sent très bon. Merci, merci, madame, merci beaucoup ! J'étais aux anges... Elle repartit tout sourire !



Le gros nid de corneilles


L'oiseau monte la garde juste à côté de son nid ! (15 juin 2020)

Ce matin, j'ai constaté que le jardinier (!) qui avait coupé l'herbe dans notre carré de verdure au pied de mon immeuble, avait éradiqué également les roses trémières en plein fleurissement tout près du grillage, je l'ai maudit (mentalement) copieusement !! En coupant net, sans pitié, toutes les roses trémières, il a fait plein de malheureux locataires, j'ai eu déjà des échos, ma voisine si charmante, que tout le monde aime dans ma tour, m'a dit spontanément : as-tu vu nos roses trémières bousillées par cet abruti, contre la bêtise il n'y a pas de remède. Il faudra donc attendre l'année prochaine pour revoir ces fleurs magnifiques qui surgissent toujours là où on ne les attend pas, gardiennes de la beauté sauvage.  Ouf ! Il a loupé les iris, qui vieillissent tranquillement, le dos au mur...



Les roses trémières attendent tranquillement la saison d'été, à la porte, gardiennes de la beauté 

Tout au long de mes promenades, j'ai rapporté des petites fleurs, ça et là, je coupe celles qui dépassent, j'ai même trouvé du laurier pour mettre dans mes bouillons, du romarin, et des roses très odorantes, merveilleusement odorantes... La dame au diabète me suggérait de faire un petit livre souvenirs sur toutes mes promenades, ça serait vraiment bien, les gens aimeraient ça... On verra, on verra, mais je savais bien que c'était tout vu... Il n'y aura pas de livre !


Au retour, j'ai suspendu un bout de printemps par les pieds

Je ne veux rien perdre, tout me paraît important, les traces du printemps sont partout dans ma maison, les petits bouquets du soir et les souvenirs se ramassent à la pelle...



Le printemps dans ses œuvres !

Mes amis, revenez me suivre dans les jardins de cette ville que j'habite, je vous la montre par le petit bout de ma lorgnette... Prenez soin de vous déconfiner, en douceur, si vous le pouvez.

samedi 13 juin 2020

Le déconfinement au Parc avec mon amie ! La rencontre... Pour l'espérance...


Un petit bout de campagne en ville

Pour l'heure de rendez-vous, je t'appelle demain matin, et s'il fait beau, nous irons au Parc... Le déconfinement commence par ce face à face, nous ne sous sommes pas vues depuis trois mois... Le parc, je n'y vais jamais, il y a trop de monde pour moi, tout perd du charme, de l'intérêt, quand nous sommes des centaines à avoir la même idée de promenade, je préfère les hauteurs de mon balcon, ou la petite cité d'en face... Je préfère voir en plus petit, avec moins de gens à la fois !

D'accord, on s'attend là, près du pont, à l'entrée du jardin partagé. Le ciel n'était pas bleu mais nos cœurs s'en fichaient... Masque, pas masque, allez, je l'emmène... Mon amie ne sort pas sans son masque, et moi non plus. Les fragiles doivent se méfier encore un peu...

On s'attend au pont, d'accord, au pont... Et bien sûr, j'étais en avance, comme d'habitude, ça me laisse le temps de regarder, c'est très bien. Où es-tu ? De l'autre côté du pont, ne bouge pas, j'arrive ! Et de loin, je l'ai aperçue qui venait vers moi, ses cheveux blancs légers, flottants, auréolaient son visage toujours souriant. Quelle violence il faut se faire pour se retenir de se serrer dans les bras, claquer la bise ! Se regarder de près, après un si long temps d'absence, nous pouvions le faire...


Avant de passer le pont, j'avais vu l'oiseau du petit jardin partagé


Un petit coin de luxuriance que mon appareil photo peut mettre en valeur, avant de retrouver les voitures, le bruit, l’autoroute qui passe si près... La réalité de la ville est dissimulée, je me cache les yeux ! La photographie permet d'agrandir mon mensonge à volonté, pourtant, ce que je vous montre existe, l'espace végétal est petit, il faut lire entre les images. L'idée d'aller prendre des photos m'emballe, comme si j'allais à la chasse aux papillons, aux champignons. Chercheuse d'or, il suffit de choisir son angle d'attaque, son cadre, sa lumière, et je peux faire des cartes postales n'importe où ! Ces petits mensonges me plaisent car ils sont vrais, je les vois, ils occupent un petit territoire, mais dans ma tête, les frontières s'ouvrent, j'ai le champ libre pour rêver ! Quant on regarde par dessus les petits jardins, la cité pavillonnaire, le chemin creux sauvegardé qui ne mène nulle part, inconstructible, la ville reprend brutalement ses droits... Buildings, densité urbaine, vitesse et précipitation,  qui ne me font pas forcément fantasmer... Je préfère les détours d'écoliers que je trouve ça et là, en cherchant bien.


Le petit étang du parc départemental

C'était vraiment comme ça, il n'y avait personne que les canards et les poules d'eau, nous nous sommes assises là, sur les grosses pierres de la rive, pour bavarder comme si nous étions à la campagne. Est arrivé un père de famille et ses deux enfants, l'un dans la poussette et l'autre qui faisait semblant de pêcher avec un petit bâton et un fil qui pendouillait dans l'eau. La petite fille était très observatrice, avec elle nous avons détaillé toutes les couleurs que l'on voyait sur le cou et la tête du canard colvert, du vert, du bleu, du blanc, nacré, brillant, avec un petit liseré blanc à la base du cou, des pattes oranges, les plumes de son corps se noyaient dans toutes les nuances de marron... Encore une fois, nous avons loué la nature de son oeuvre subtile... La petite fille trouvait le canard très beau et comptait avec nous les couleurs... Fatalement, nous avons parlé d'avenir avec le papa, comment voyez-vous ça, vous qui êtes jeune, avec vos deux beaux enfants ? 


Un tas de bois, j'ai eu cette vison à l'entrée du parc, à l'abri des regards

Ben, en fait, je ne suis pas très optimiste, mais on voudrait partir à la campagne avec ma femme et les deux petits, se remettre au vert, creuser la terre, faire pousser ses légumes, aller moins vite, faire les écolos, on y pense vraiment, on voudrait acheter une maison, se mettre à plusieurs, on voudrait essayer, partir, partir... C'est un beau projet ! Il nous prenait toutes les deux pour des sages : vous connaissez  plus de choses, mais non, mais non, nous ne savons que deux ou trois choses, guère plus que vous, foncez, bonne chance pour votre projet, on vous souhaite une réussite entière... Si nous avions eu un calumet de la paix, on l'aurait volontiers fumé ensemble, sceller un pacte, dire des oracles, il était prêt à écouter des bonnes paroles rassurantes, encourageantes, au titre d'ancêtres, mais justement, à ce titre, nous ne savions rien...

Quelles chances ces rencontres, toujours surprenantes, même pessimistes, elles restent réconfortantes. Nous avons continué notre chemin, mon amie voulait me faire visiter le parc de fond en comble, voilà des années que je n'y avais pas mis les pieds, peur du monde, peur du bruit, peur de tout, en fait, je vais y revenir sans tarder, chercher mes petits coins à moi, découvrir encore et encore... Regarder autrement, beau temps, mauvais temps, du moment que le ciel est bleu et que la lumière remplit l'espace, j'irai...

Mes amis, revenez par ici, je vous y attends, à très vite...

mercredi 10 juin 2020

Ma petite faune, ma petite flore, et mes larcins !



L'abeille en pleine action (4 juin 2020)

Les animaux sauvages dans mon coin, en beaucoup d'images et peu de mots :

La visite des abeilles sur les fleurs est irrésistible, il faut que je bombarde ! Les pattes pleines de pollen, elles courent partout et me regardent, si, si ! La coccinelle, les punaises, l'escargot, le scarabée (vu dans un post précédent) et plein de chats... Mais je ne vais pas tous les prendre en photo... J'ai fait un tri...


La coccinelle mordant la vie à pleines dents


Punaises des champs lors d'une rencontre


 L'escargot de Bourgogne, au moins !


Le chat curieux nourri au sirop de la rue, mignon !

Un peu plus loin, dans le grand parc départemental de la Seine-Saint-Denis, j'ai retrouvé un tas d'oiseaux, la campagne en ville, pleinement, sauf le week-end où tout le monde a la même l'idée : si on allait prendre un bol d'air ? Moi, je n'y vais pas, je reste sur mon balcon...


La corneille du parc sur son pic


La poule d'eau dans le petit étang du parc

Je photographie tout ce qui me fait de l’œil, sauf les personnes, par respect de la règle du droit à son image pour chacun, pour chacune... Ma faune n'a rien dit, docile et jolie, ma flore, n'en parlons pas, elle nous fait don de sa beauté... En silence, en couleurs, échevelée ou bien ratissée, je l'aime sans condition... 

Acharnée, j'ai continué à regarder le réverbère chevelu, quand la nuit était complètement tombée, c'était beau et mystérieux comme une image...


Le réverbère de jour


Le réverbère comme de nuit

Dans la descente, le retour au bercail, je glane quelques roses qui dépassent largement des maisons privées, sans culpabilité, les gens sont gentils, ils me font des sourires. J'ai cueilli aussi du romarin tout contre un grillage, je glissais mes doigts sans vergogne, du vol, alors je vois une dame qui arrive vers moi pour me chapitrer (et elle aurait eu raison), avec un bouquet de romarin dans la main : arrêtez, vous allez vous faire mal aux doigts, tenez ! Elle me tend des beaux brins du romarin odorant, frais, avec un large sourire, derrière mon masque je la remercie très cordialement, je lui envoie même un baiser...


Le romarin offert avec le sourire

Les roses grappillées ça et là, je les ai mises dans mon petit sac pour remplir mon très petit vase, les gens me pardonneront... J'ai juste eu le temps de demander à un monsieur pourquoi il avait mis des mandarines dans ses plates-bandes : c'est pour les chats, pour qu'ils ne griffent pas la terre, on m'a dit que c'était efficace, je n'en sais pas plus, je fais ça sans conviction mais avec application, on ne sait jamais !


Mes larcins


Mon bouquet du soir

Les roses rouges sentent une merveille, et l'odeur de la rose blanche est d'une douceur infinie...

Mes amis, gardez-vous en santé, ne déconfinez pas trop vite, surtout si vous avez dépassé les 65 ans, comme moi... À très vite pour d'autres aventures... Microscopiques !!!

vendredi 5 juin 2020

Le printemps se ramasse à la pelle !


Coupe de printemps


Toutes mes photos sont d'hier !

Dès que le confinement s'est bien assoupli, les gens sont sortis en trombe avec leur sécateurs : lierres, glycines passées, vieilles pivoines, rosiers froissés, décolorés, déparfumés, jasmins intrépides dépassant les limites, gazons sauvages, intempestifs : allez hop, on coupe, on range, on plie, on fait propre ! Il y a eu des rescapés, hors de portée des particuliers, tous les réverbères sont restés envahis...


On coupe, on range, on jette, on fait propre



Le réverbère a les cheveux de plus en plus longs, une vraie beauté !

Un trésor, je me demande jusqu'où ça va durer, je ne m'en plains pas ! Pourvu que ça dure !


La glycine s'est engouffrée dans le réverbère, comme un serpent

Les portes claquent, les motos pétarades, les voitures, les vélos, les éboueurs, les passants, la petite cité tranquille rebondit avec fracas... De chaque maison part un bruit différent, les oiseaux s'y mettent aussi, on va finir par devoir mettre des boules Quiès. Tu n'exagères pas un peu, Danielle ? Si, même beaucoup... Je continue mes allées et venues devant les petits jardins, je guette les abeilles sur les fleurs, j'ai même vu des papillons que je ne peux pas prendre en photo, car ils volent trop vite pour moi... Je regarde aussi, au creux des murs et des trottoirs : partout où il n'y a pas beaucoup de place, il y a de la végétation... Les roses trémières arrivent sur leur trente et un, personne ne les a semées, quels beaux cadeaux...


L'herbier de la rue, si délicat


La grande rose trémière monte la garde !


Je reste empêtrée dans les audaces du déconfinement ou du confinement, je n'en finis pas de m'interroger, j'écoute mes enfants : pas question, maman, que tu prennes encore les transports en commun, ma petite fille : mamie, il est trop tôt pour reprendre ta chorale, rencontrer du monde, les transports en commun, pas question... Nous sommes en Île-de-France, le virus est encore méchant, il court, il court... Reste chez toi...

Pas de problème, je confine encore, j'ai du pain sur ma planche, j'ai un tas de documentaires à regarder : sur les arbres, le bois, le sucre, le réchauffement climatique, les élections municipales, le racisme... Le monde entier est à un clic, surtout depuis le câblage réussi entre ma télé et mon ordinateur qui fonctionne 5/5... Mon livre à finir, c'est bien ce que disait mon fils aîné : maman, tu peux confiner jusqu'en 2027, il y a de quoi s'occuper...

Franchement, les nouvelles du monde ne sont pas terribles, heureusement qu'il y a l'heure du thé pour faire salon et me détendre...

Je préfère vous parler du petit jardin associatif pas très loin de mes "terres habituelles", en friche dès l'entrée, pas travaillé, pas arrangé, personne n'y a pensé ? Pourquoi ne pas y mettre de la beauté, heureusement la nature y a pensé, elle a mis ce jour-là des fleurs partout...


La friche de l'entrée du jardin associatif



Au loin, dans les carrés labourés des jardiniers amateurs, il y a une lavande qui fait la roue avec les pois de senteur, une splendeur ! 

Les jardins associatifs partagés, amateurs, doivent toujours avoir à l’œil la survie des parcelles, les promoteurs immobiliers y ont bien pensé, mais ce n'est pas l'heure pour eux pour le moment, pourvu que ça dure... Je ne peux pas passer sous silence la petite marquise près des deux grands acacias, dans deux jardins différents, l'un appartient à un vieux monsieur habillé en guenilles mais qui caresse son chat. Il habite seul, la maison qui est bien trop grande pour lui, il monte et descend ses escaliers, tout va bien pour le moment, la marquise de son perron, que je vous ai déjà montrée, avec son petit nid sur le côté (dans un post différent, cliquer ici), vient de monter en grade avec un premier prix de beauté, car il y a une grande liane de clématites en fleurs qui pend avec légèreté, magnifique !


Premier prix de beauté à la petite marquise avec ses clématites pendantes


Quand j'ai vu ce joli tableau dans cette lumière de fin de journée, j'ai tourné autour pour l'avoir dans toute sa dimension esthétique, je trouvais que tout était parfait, j'étais là au bon moment, quelle chance !

J'ai remarqué qu'il n'y avait plus d’applaudissements aux balcons, les morts ne sont plus assez nombreux, tant mieux, les hôpitaux manquent maintenant d'anesthésiants... J'ai entendu dire que des opérations étaient reportées depuis des mois, et maintenant encore, jusqu'en septembre...

Pendant plusieurs jours, il va pleuvoir, je ne vais pas mettre mes bottes pour faire le tour des jardins, je vais en profiter pour regarder pousser mes géraniums et mon hortensia...

Mes amis, prenez encore soin de vous, même si vous ne vivez pas en Île-de-France, à très vite pour d'autres aventures. Je vous embrasse.

lundi 1 juin 2020

Vous avez dit déconfinement ?


Les belles roses parfumées du printemps, séchées...

De mes larcins aux rosiers des petites allées de la cité pavillonnaire, j'ai gardé les roses les plus odorantes, et je les ai accrochées sur un fil ! Dans ma cuisine, quand je passe à côté, je sens encore leur parfum de fleurs fraîches, assourdi, mais très présent. Je vais attendre qu'elles ne sentent plus rien du tout, qu'elles n'aient plus de couleurs, qu'elles deviennent juste un souvenir du printemps... Des formes... Des herbes...

Les roses des rosiers ne tiennent pas longtemps dans un vase, il faut sans cesse renouveler la cueillette, je les préfère aux roses des fleuristes qui ne meurent pas et restent figées comme coulées dans la cire, n'ont aucun parfum, et même parfois sont toxiques, il ne faut pas mettre le nez dessus.. J'avais vu un petit documentaire qui expliquait les trajets énormes que faisaient les fleurs cultivées, poussées, triturées, mal élevées dans des pays lointains... Elles étaient momifiées avec des produits très nocifs... Dans ma petite cité pavillonnaire, je les prélève une par une, ça me va bien, il faut encore qu'elles dépassent de la grille du portail, ou qu'elles vivent à l'air libre... Vous vous souvenez sans doute des beaux bouquets de fleurs cueillis à la campagne, sans retenue, juste pour la couleur : même fatiguées quand elles arrivaient à la maison,  les fleurs, graminées, herbes folles, qui avaient la tête baissée, étouffée dans votre main, reprenaient vie dans le vase, à vitesse grand V. Il suffisait de les arranger, très peu, pour voir leur beauté naturelle revenir au galop. Après une petite heure de trempette, elles se redressaient pour tenir ensuite facilement une semaine, toujours belles, plus belles... Le printemps finit à la fin du mois, j'irai dans les allées des fleurs de l'été... Il y aura beaucoup à regarder... Quelle chance de découvrir demain, ce que j'ai négligé hier...

Bon, et alors le déconfinement, Danielle ? J'y viens, mais c'est moins bucolique, moins parfumé, moins gracieux, plus stressé. Maintenant qu'aux dernières nouvelles, il faut porter des masques tout le temps ou presque, j'ai peaufiné ma garde robe.


Masques à rubans et becs de canard


Les masques que je porte ne s'harmonisent pas à mes vêtements, mais avec le lieu où je dois aller : le petit léger, chirurgical, pour les balades où il n'y a presque personne, donc presque inutile finalement. Pour une petite visite de contrôle à l'hôpital, le gros masque FFP2, hermétique, difficile à supporter, impossible de bien respirer, un enfermement... Celui en tissu, trop petit, trop grand, inutile aussi car pas assez adapté...


Les masques sérieux


J'ai mis en route ma petite méthode à moi pour les nettoyer, je les suspends au soleil pendant des heures en revenant des lieux où je les ai portés, en espérant que les UV les aseptisent...


Les masques en tissu pas garantis par le Gouvernement !

Des retouches sont nécessaires pour qu'ils soient bien adaptés à mon visage, les raccourcir en faisant des nœuds aux élastiques, les agrandir en changeant les élastiques ? Alors là, je les laisse définitivement dans le tiroir... Je déteste tous les porter, je déteste cette vie de zombie, vivement qu'on soient libérés... J'ai continué à laver mes légumes achetés chez mon petit primeur, j'ai continué à me laver les mains à tout bout de champ, ne pas embrasser, ne pas serrer dans mes bras, laisser la distance, m'enfoncer dans mon canapé loin de mon fils qui reste dans son fauteuil, juste en face de moi tout le temps de la visite, tout coroné et guéri qu'il est depuis longtemps. La peur s'insinue, l'inquiétude persiste, au nom du : on ne sait pas bien encore comment il marche, ce corona ! Tu es immunisé pendant combien de temps ? Tu vois beaucoup de gens ? Tu ne mets plus de masque ? Je continue aussi à laver, frotter mes légumes, les faire attendre avant de les utiliser... Et me relaver encore et encore, les tocs de l'épidémie sont présents pour longtemps !


Les légumes lavés, frottés, restent les beaux fleuron de ce printemps, les pommes ont bien vieilli


J'ai toujours autant de plaisir à mettre tous mes "oeufs" dans le même panier, et faire la photo, ! Un "petit peu d'art en plus" expression fétiche, piquée dans : "À la Recherche du Temps Perdu" de Marcel Proust, que j'ai souvent en tête, et si bien appropriée, à chaque fois que  "j'essaye" de poser un regard neuf sur  les petites choses perdues de vue, de mettre en valeur les banalités" remarquables". La photo pose un charme de plus... Clic !


Mes amis, restez avec moi dans mes photos et mes mots, mon prochain post parlera de la fin du printemps, le début de l'été sera plein de surprises... Sans doute, à très vite, prenez soin de vous...