dimanche 11 juin 2017

ZIGZAGS...



La magnifique villa Cavrois de Roubaix


ROUBAIX : SA VILLA CAVROIS


La villa Cavrois est une oeuvre totale ! Cette résidence privée, d'un riche industriel textile filateur de Roubaix, a été conçue et réalisée entre 1929 à 1932 par l'architecte Mallet-Stevens, entièrement restaurée à partir de 2003 jusqu'en 2008 par les Monuments Nationaux, elle est ouverte au public depuis 2015...

Monsieur Cavrois (Paul) avait épousé Lucie Louise Vanoutryve, précédemment mariée et veuve de son frère (Jean-Baptiste Carvis), décédé en 1915 durant la Première Guerre Mondiale. Cette famille recomposée avait sept enfants (3 de Jean-Baptiste et 4 de Paul). La villa abritait la famille nombreuse et le personnel de service. Madame Cavrois décède en 1986 et la villa est vendue à un promoteur immobilier, promise à la destruction et le parc loti. La villa est classée monument historique en 1990, le propriétaire la laisse volontairement se dégrader, pillée par des squatteurs, l'Etat la rachète en 2001. Sauvée !






La villa dans toute sa beauté ressuscitée

C'est un chef-oeuvre d'architecture moderne... La construction est en béton armé, recouverte de briques de parement ocres, joint noir..  Les proportions sont imposantes : 60 m de long, 1800 m2 habitables, 840 m2 de terrasses.

La villa a été  entièrement pensée et réalisée par l'architecte, dans ses moindres détails. À l'extérieur : la piscine, les parterres de fleurs, le miroir d'eau comme à Versailles, le sous-sol aménagé pour tout ranger, fabriquer, laver : buanderie, garage, réserve de fuel et machinerie pour  le chauffage, cave à vin, bricolage. À l'entrée de la propriété, la maison du gardien. À l'intérieur tout est prévu dans les moindres détails, même des trous dans chaque pièce pour laisser passer les ondes de la radio : la TSF, ainsi que la ventilation, le téléphone, la balance familiale pour se peser conçue spécialement dans la salle de bain (parentale) blanche, les robinetteries chromées, l'aménagement de la grande cuisine toute blanche, le mobilier des chambres, la salle de jeux, les passerelles entre les pièces, la terrasse ombragée, les miroirs, les couleurs, les éclairages indirects, et l'ascenseur... Tout, tout, tout, tout est beau ! Mallet-Stevens a concentré dans cette oeuvre toutes les avancées technologiques de son époque. Il disait : "le vrai luxe, c'est vivre dans un cadre lumineux, gai, largement aéré, bien chauffé, avec le moins de gestes inutiles et le minimum de serviteurs"



 Un immense couloir vous accueille en lumière, géométrie, miroirs et transparences...


Coin cheminée
La grande salle de séjour toute recomposée à l'originale dans des matières précieuses et colorées...


 Coin cheminée dans une petite chambre...



Grande salle à manger

Cet ensemble est une sculpture, de quelque endroit que vous soyez vous voyez grand, pratique et esthétique...


La grande cuisine toute en courbes, blanches


La salle de bain et les mêmes faïences que la cuisine, la blancheur toujours...


La chambre à coucher parentale, au carré

Je voudrai bien y habiter sans payer le chauffage (central), le jardinier et le gardien, et puis aussi sans la taxe foncière...

Ne passez pas par Roubaix sans courir voir ce palais des années 1930...

SA PISCINE MUNICIPALE DES ANNÉES 1930

Je saute la piscine municipale, transformée en musée extraordinaire, allez, juste quelques photos sans paroles :






Un grand bain culturel !

Et puis au détour d'une cabine de bain transformée en musée des beaux-arts, j'ai saisi ces deux toiles :



Ma toile préférée de Louis Charles Priest (1864-1913) Nature Morte - 1886


Raymond Woog Oeillets - 1886

Beaucoup à voir, beaucoup à réfléchir à Roubaix, les corons, un centre ville à vendre, les grandes cheminées des filatures en friches, définitivement artistiques...

SES USINES CULTURELLES  :


L'ancienne condition publique des matière textiles : un nouveau centre culturel de quartier qui marche très bien...


Une grande usine de filature, aujourd'hui Archives Nationales du Travail


LE RESTAURANT : À PARIS...

Nous étions un peu en avance sur l'heure du rendez-vous, nous nous installons confortablement, le menu est alléchant, simple et copieux, prix raisonnables, nos sacs à nos pieds, les vestes au dos de nos chaises, nous faisons la lecture à haute voix en attendant notre autre convive, quand on a de l'avance on peut bien se concentrer sur le menu, un coup d’œil à droite, à gauche, tiens, l'équipe a changé, non ? Je ne sais plus, du personnel jeune, dynamique, sympa... Ah ! Zut, ils ont vendu, comment ça, vendu ? Mais oui, regarde le resto a changé de nom, sur le menu s'étalait en toutes lettres Café Martin ! Café Martin, ça alors ! Tu te rends compte, les commerces passent de main en main, par ici la bonne soupe, ça prévient pas et hop, je te change d'enseigne, ni vu ni connu je t'embrouille... Bon, allez, nous allons essayer, tout a l'air appétissant, de toute façon nous somme là, notre invitée va bientôt arriver... Coup de fil de l'invitée, où êtes-vous ? Nous t'attendons, nous sommes dans le resto, assises, arrive, dépêche, grouille, on a faim... Elle arrive, toute souriante, une jeunette des temps modernes, habillée comme une sirène... Ben, vous vous êtes trompées de resto, je vous attendais un porche plus loin, un éclat de rire général. Nous nous étions trompées de restaurant et nous avions inventé le changement de propriétaire, la nouvelle équipe, l'ambiance un peu différente, nous avions des arguments pour tout, impossible de se tromper, nous étions bien à notre rendez-vous habituel... Souvent, nous sommes à droite du comptoir, là nous étions à gauche, voilà tout... La vue était un peu différente, c'est tout. Ventre affamés n'ont point d'oreilles, ni de vue...

Nous aurions vendu père et mère, nagé de Brest à New-York, donné nos mains à couper, c'est nous qui avions raison, un point c'est tout, le restaurant était vendu !!! Nous avons très bien mangé, mais la prochaine fois, nous retournerons là où rien n'était changé...

LA VOISINE : Dans mon immeuble...

J'avais bien remarqué qu'elle ne m'entendait pas, j'étais juste derrière elle, son gros sac poubelle au bout du bras,  mon petit sac à la main, je me disais, incroyable un gros sac poubelle de 100 litres au moins pour deux personnes âgées ! J'ai bien répété trois fois : bonjour madame, bonjour madame, bonjour madame ! Rien, pas un tressaillement, elle n'entendait pas, je lui ai passé devant avec le sourire... Mais vous avez maigri, que vous est-il arrivé ? Elle s'appuya contre le mur et commença à m'expliquer tout : oui, hôpital, prise de sang, nez, épaule, très gentils, mieux, nez, épaule, diabète, sang, prise de sang, mieux, nez, prise de sang, diabète... Bonne journée ! Je n'avais strictement rien compris à ce qu'elle m'avait expliqué avec application... Elle parlait vite, entre ses quatre dents de devant manquantes depuis des années, avec un accent portugais à couper au couteau, mais d'habitude j'arrive à saisir un bout de conversation... Ça ne nous a jamais empêchées de rire et de nous dire bonjour, mais aujourd'hui, je ne savais pas de quoi elle souffrait, pourquoi elle avait perdu du poids. Reposez-vous bien, prenez soin de vous, ça va allez mieux, je le pensais de tout cœur, nous avions toutes les deux vidé notre sac, mais je n'étais pas contente, c'était la première fois que je ne comprenais rien de ce qu'elle me disait, elle entendait moins bien, la roue tournait à grande vitesse...

LA CLIENTE : Au grand magasin de mon coin...

C'est la saison, j'en profite, j'achète des framboises tous les jours, deux fois par jour, j'en ai déjà mangé un jardin entier, j'y retournais donc, dans ce grand magasin où il y a de tout, de tous les coins du monde, qui me met en rage... Une dame débonnaire me prend à partie : c'est interdit de manger sur les étalages ? Oui, madame, je crois bien, c'est drôle, ce n'est pas écrit... Si, si, je crois qu'il y a un écriteau quelque part autour du stand de fruits. Ah ! bon, je n'ai pas vu, quand même, ce n'est rien de goûter juste un fruit, ben, mais oui, un seul, c'est rien, ben, je n'arrivais pas à aligner deux mots tellement elle allait vite... Vous savez pourquoi ils veulent pas qu'on goûte ? Ben, pour qu'on achète, on goûte, c'est pas bon, vous avez vu les abricots, ils ont le goût de rien, ils veulent pas qu'on goûte pour qu'on achète, si on goûtait, on n'achèterait pas, c'est pas bon  ! Ici on fait le contraire du monde entier...
Je n'avais pas encore envisagé cette interdiction sous cet angle, mais je trouvais que cette dame avait bien de l'imagination... Surtout, elle justifiait cette interdiction qui cherchait à nous tromper, non pour nous punir de voler un fruit ou deux, ou plus... Elle avait des sourires plein les lèvres et le regard pétillant... Il ne sont pas bons les abricots, on dirait des pommes de terre... Elle avait bien raison, je n'en ai pas acheté encore, j'attends la saison prochaine...




Amis, ne manquez pas le prochain ZIGZAG, à bientôt, je pense à vous...

samedi 22 avril 2017

Gonflée au bloc !



Le petit pansement

Madame, c'est là, vous entrez par ici, le bâtiment principal, c'est là ! Et d'un large geste confraternel, l'inconnu qui sortait de la clinique cachée derrière deux palissades et trois échafaudages, m'indiqua l'entrée...

Son  sourire rassurant tombait à pic ! Il faisait beau, mais je m'en moquais un peu, tout allait bien.

Bien en avance, j'avais largement le temps de faire trois fois le tour du pâté de maisons. Mais non, absolument pas, l'heure c'est l'heure, même en avance... Le hall d'accueil était déjà rempli de monde, du tiers monde, du petit monde des quartiers avoisinants, dont je faisais partie...

Bonjour madame, je crois qu'il faut que je monte directement au premier étage... Oui, montrez-moi vos papiers, oui, oui, au premier étage directement... L'aventure commençait sereinement, juste trois marches à monter....

Les infirmière s'activaient dans le petit bureau d'accueil du premier étage, toutes sourires, fraîches et pimpantes, elles ne perdaient pas le fil des objectifs d'accueil : pianotaient sur l'ordinateur, préparaient les papiers en potinant sur leur soirée, leurs amies, les faits du matin. Bonjour madame, c'est qui votre médecin ? Ça commençait tambour battant...

Tension au bras, température dans l'oreille, bien, voilà votre petit bracelet, vous pouvez vérifier s'il vous plait, parfait ! Vous venez pour quoi ? Décontractée, souriante, reposante, elle écoutait ma réponse : vous ne savez pas pourquoi je viens ? Si madame, je le sais, mais justement, on veut entendre ce que vous avez à dire pour voir si ça coïncide avec notre fiche... Ingénieux, quelle présence, quel professionnalisme, ils ne risquent donc pas de se tromper de patient ! Me voilà totalement rassérénée.

Vous avez fait vos toilettes au Betadine ? Parfait. Vous êtes à jeun ? Oui, oui bien sûr, j'ai juste bu un thé vers 8h ! Et là, un blanc immaculé ! Elle ouvrit grands ses yeux, vous avez bu un thé ? Elle a bu un thé la dame, dit-t-elle à la cantonade... Les collègue : un thé!

Ah ! Ça va pas être possible, madame ! Zut je me suis trompée, c'est grave un thé ? Bougez pas, je téléphone à l'anesthésiste : elle a bu un thé vers 8h ! Et là, je me voyais faire demi-tour, reprendre mon agenda, recaler un rendez-vous plus tard, rembobiner le film à l'envers... Quelle idiote je fais, me tromper à ce point, c'est stupide, si je pouvais passer quand même... Bon ça va, elle a dit oui, on vous prend, vous passerez à la fin de la liste du chirurgien. Parfait, je préfère, et en voiture Simone... J'étais presque contente d’être ici, voyez comme les choses sont faites, moi qui traquais depuis la veille, sans rien montrer naturellement, j'étais ravie !

Mon petit bouton louche au coin du nez, il fallait l’enlever : il est moitié-moitié, madame, m'avait dit le chirurgien, donc un peu bon, un peu mauvais, il faut le retirer, c'était pour ça que j'étais là et contente d'y être, surtout en ayant bu un thé à 8h ! En prenant mon thé du matin, je me trouvais très à l'aise, heureusement que je peux boire un thé, ça fait du bien le matin, même sans tartine c'est câlin, ça réconforte, j'avais trouvé tous les mots qui allaient avec le plaisir du thé quand on doit rester à jeun... Raté, archi raté  !

L'attente dans la chambre était plutôt reposante, charlotte sur la tête, sur-chaussures sur pieds nus, enfin bref, toute la panoplie nécessaire pour le bloc opératoire. C'est fou ce que l'on peut penser dans cette attente, petites pensées insignifiantes, confiantes, ou film catastrophe, toutes font le même trajet dans le cerveau, le plus mauvais de toute façon, c'est comme ça, on n'y peut presque rien... Allo, allo, oui, tout va bien, j'attends tranquille, ne vous inquiétez pas, bisous bisous, la petite musique des affections contre les petites misères fait bon poids... Toute la famille était au rendez-vous...

Et puis j'ai eu de la compagnie, une petite dame en noir, prostrée, accablée, bossue d'angoisse, qui s'est mise rapidement sur son brancard, sans un mot, avec tous les beaux habits du bloc, j'étais prête pour les bavardages, mais ils n'ont pas pu avoir lieu...

Mes maux à moi étaient légers : je vais avoir un gros pansement ou un petit, voyez, ça devrait se surmonter rapidement...

Après, petite balade sur le brancard, bonjour par ci, bonjour par là, ça va madame, tout le personnel roulant étaient accueillant. Descendue en ascenseur, tournée, virée jusqu'à la petite salle d'attente du bloc, juste face à la télé qui marche sans interruption, ça tombait bien pour moi qui regarde volontiers les informations, par contre, la dame devant  moi en avait plus qu'assez d'entendre parler... Mais la télé était là pour toujours pour parler, parler, parler...

Voici l'anesthésiste, souriante, rapide, elle vérifie mon bracelet, me redemande mon nom, ma date de naissance, pas d'erreur, c'est bien moi, c'est là, et je repointe le bout de mon nez pour lui montrer mon bobo méchant, elle me raconte tout le processus, la petite sieste, l'endormissement et tout en me mettant l'aiguille dans le bras, elle me raconte aussi sa péridurale du temps ou elle accouchait de son premier enfant, comme je voyais bien qu'elle voulait boucher les trous, je l'ai laissée aller jusqu'au deuxième enfant...

Après, si vous êtes déjà passé par là, vous savez bien qu'on ne se souvient de rien, mais quel plaisir de se réveiller à la toute fin, dans ce champ d'or ! Un champ d'or ? Oui, dans cette salle de réveil, où tous les opérés qui ont froid ont été délicatement recouverts d'une couverture de survie, dorée comme le dôme des Invalides... C'est beau !

Revenue à la chambre, la petite sieste d'après, comme vous la savourez, il fait beau, vous allez manger, on va venir vous chercher, la vie, la vraie, va reprendre d'une heure à l'autre, le petit pansement est vraiment petit, ça ira bien pour la sortie...

Avant la sortie, il y a eu la collation, et c'est là que les bavardages commencèrent, j'y retrouvais ma petite dame de compagnie silencieuse qui maintenant parlait  : j'ai un peu mal au ventre. C'est rien madame, vous allez voir, ça va se passer très vite, nous étions deux autres personnes à la rassurer, comme si on avait les diplômes de la faculté qu'il fallait pour nous permettre de prendre ses affaires en mains, la voilà qui souriait, le mal diminuait, elle allait pouvoir manger sa délicieuse compote allégée en sucre... Chacun expliqua le pourquoi de sa présence en deux mots, le personnel est vraiment gentil, vraiment humain, rien à dire, à redire, allez, bonne continuation, au revoir monsieur, mesdames, passez une bonne fin de journée, portez- vous mieux......

À la sortie j'étais gonflée à bloc, bien chouchoutée, bien transportée, allo, allo, oui, tout va bien, j'ai juste un petit pansement sur le coin du nez, je n'ai pas mal du tout, bisous, bisous, je te rappelle ce soir...

jeudi 20 avril 2017

Les merveilles de Laon (2)


Notre-Dame de Laon dans le froid, le vent, la pluie et la grisaille du jour de ma visite

Sur la façade aux trois portails, juste en dessous des trois arcs, j'ai photographié ces figures de pierre, si expressives, et je me disais en les admirant : souffrance, tristesse, angoisse, frayeur...









Les tristes faces gardiennes du Temple... Le talent des artistes n'a pas de limite, le réel dépasse la fiction

Je ne suis pas assez calée en symboles religieux chrétiens pour en comprendre les significations exactes... Comme j'ai la flemme de faire des recherches sur Internet, je me laisse donc guider simplement par mes impressions, peut-être même semblables à celles que devaient ressentir les gens qui passaient par là au Moyen-Âge... Comment faire pour résister aux tentations interdites pour accéder au Paradis ? Si j'en crois les anges et les flammes des Jugements Derniers : peints de mille façons, sur fond de mosaïque d'or, sculptés splendidement et inlassablement sur beaucoup de frontons des cathédrale...Par quels détours faut-il passer pour tutoyer les anges ?

Je garde bien sûr en tête le Jugement Dernier de Torcello à Venise, dans la grandiose basilique Santa Maria Assunta (construite au 7e siècle), composé en mosaïque ( XIIe), qui se lit comme une bande dessinée sur un fond d'or : un véritable trésor artistique que je ne me lasse jamais de voir et revoir, chaque fois que je reviens à Venise, le trajet sur l'eau pour l'atteindre est déjà une oeuvre d'art... Je reste toujours un long moment à détailler chaque figure, à y mettre du sens, mon bon sens, petite païenne devant l’Éternel, souvent sans prendre une photo qui s'avère toujours bien en-deçà de l'original... Je me souviens aussi de ce monumental Jugement Dernier de la cathédrale d'Albi, une oeuvre éblouissante ! Inscrit au Patrimoine Mondial, donc il y a du monde, il faut venir le matin à l'ouverture des portes... Du Paradis...




Le Jugement Dernier de la basilique Santa Maria Assunta de Torcello, extraordinaire ! (Image empruntée sur Internet)





Le grandiose Jugement Dernier de la cathédrale d'Albi

À deux pas de la cathédrale de Laon, dans l'ancienne commanderie, il y a cette petite merveille : une chapelle (XIIe, restauration aux 19e et 20e), dernier vestige de la présence templière, le mur clocher domine l'ensemble et quatre pierres tombales se trouvent encore à l'intérieur. Il y a un musée (fermé) qui recèle un tableau des frères Le Nain natifs de Laon. Plantée au milieu de nulle part, au bout d'une pelouse, une autre surprise de la promenade...




 Le chœur

Dans le vent, la pluie, le froid, les grandes tours de l'Abbatiale Saint-Martin font leur apparition, énigmatique, énorme, splendide. Construite par une congrégation de chanoines Prémontrés au XIIe siècle, achevée au XIIIe, l'emplacement de l'abbaye accueille aujourd'hui l'hôpital de Laon. L'église est devenue paroissiale.


Elle a fière allure, j'en visite les abords puisqu'elle est fermée. En 1944, un bombardement a détruit tous les bâtiments entourant la cour de la "Communauté", les ailes ouest et nord mettant ainsi au jour les pignons médiévaux du cellier et du réfectoire. La médiathèque est installée dans le cloître, on y accède par un escalier suspendu monumental en pierre, avec une rambarde du XVIIIe de toute beauté.





La dédicace à Saint-Martin qui partage son manteau avec un pauvre


Saint-Laurent, martyr chrétien sur son grill : voyez comme la sarabande de souffleurs de braises est joyeuse !

Le cloître


Voici que je découvre en poussant la porte de la médiathèque, ce sublime escalier suspendu et sa rambarde de fer forgé


Je m'avance pas à pas, personne dans les lieux, je l'ai entièrement à moi ! Impossible de l'avoir d'un seul tenant dans mon appareil photo, il n'y a pas assez de recul, je le prends bout par bout :


La belle spirale


Jusqu'en haut...

En sortant, tout au fond, dans la cour de la communauté, un beau reste d'un bâtiment du XVIIe, le logis de l'abbé.


Dans la grisaille du moment...

Prochain post : Gonflée au bloc !

vendredi 7 avril 2017

Les bœufs de la cathédrale de Laon... (1)


Notre-Dame de Laon (crédit photo : David Iliff )


Un boeuf sur la tour de Laon

Laon ! De ma dernière visite, je me souvenais très bien des grands bœufs qui dépassaient des deux tours de la cathédrale Notre-Dame, il y en a 16, 8 sur chaque tour, grandeur nature. Leurs têtes cornues avancent largement dans le vide, bien visibles de tous côtés, si bien qu'on peut les apercevoir de loin. Plus on s'approche, et plus le mystère s’épaissit... Le guide papier de la ville nous dit qu'il y a 16 boeufs ! Pourtant Jean-Mary Thomas, Picard réputé (un peu historien amateur) qui a raconté la légende des boeufs à France 3 Hauts-de-France en décembre 2015,  parle de huit bœufs, Wikipedia n'en donne pas le nombre... Je ne sais plus quoi penser... Je confirme : il y en a 16, c'est sûr, je viens d'aller regarder le site de la BNF, un guide descriptif de E. Lemaitre (1895) le confirme ! Ouf !

Pour l'histoire de ces bœufs, j'ai dû rechercher la vérité, certaines sources disent : 1) Que ces bœufs font référence à  la légende selon laquelle le bœuf chargé de monter au sommet de "L'acropole" de Laon les matériaux nécessaires à la construction de la cathédrale, épuisé par cette montée, aurait été remplacé par un bœuf miraculeusement apparu. Il est vrai que le cheptel des tours s'adapte très bien à la légende, E. Lemaitre écrit : c'est en récompense de ce service qu'on aurait donc placé des statues de bœufs sur les clochers de la cathédrale. La source des monuments historiques précise pourtant que cette légende serait apparue après l'achèvement des tours.  2) Ailleurs, des sources plus documentées nous disent que c'est en hommage à cette collaboration animale que des bœufs sont représentés dans les tours de LaonRéférence ? Hommage ? Récompense ? On touche au but ? Il a fallu être très très motivé et argenté pour grimper ces colosses tout là-haut...

Ma version à moi pourrait être celle-ci : il y avait un sculpteur sur pierre qui adorait les animaux, et comme il a (peut-être) été payé plus cher que les autres pour réaliser les bœufsavec l'argent gagné en plus il a pu ainsi faire plaisir à toute la famille.... 3) Ou bien : les gars (les tailleurs de pierre),  notre évêque qui adore les bêtes est très content de notre travail, du coup, il nous laisse carte blanche pour la déco des deux tours du devant ! 4) Comme il restait beaucoup d'argent dans les caisses de l’évêque, il eut cette idée remarquable et originale... Et si ces œuvres rendaient hommage au bœuf de la crèche ? Vous avez peut-être une autre version de la légende ? Ne manquez pas de nous en instruire dans les commentaires, merci d'avance, les amis.




Voyez le joli bestiaire, il veille... Regardez la beauté de la tour avec sa couronne posée délicatement tout en haut...

Sur la belle place, juste devant la cathédrale, nous discutions entre touristes, deux dames disaient : oui, oui, ce sont des bœufs, il y en a seize en tout... J'ai bien essayé de les compter, mais comme il faisait froid et qu'il fallait lever très haut la tête, j'ai renoncé à la vérification in situ...

Je n'ai pas résisté à la beauté de cette aquarelle qui orne un ouvrage de madame Iliana Kasarska, Docteure en histoire de l'art, spécialiste des portails gothiques, l'artiste peintre a vu huit bœufs.


Aquarelle de Boeswillwald, 1843, extraite de Iliana Kasarska, op. cit., p. 16, M.H. 4010


Comme cette tour est touchante avec toutes ces bêtes qui regardent les passants, la cathédrale de Laon ne ressemble à aucune autre, il faut absolument aller la regarder de près, vous irez de merveille en merveille...

La construction de l'édifice actuel débuta en 1155 et continua jusqu'en 1235. Elle fut une des premières cathédrales de style gothique bâtie en France, elle est antérieure à Notre-Dame de Paris.

L'intérieur est saisissant de beauté, la grande nef  de 110 m de long est illuminée en plein jour par une lumière douce et rosée. C'est le matin, il n'y a personne encore, la cathédrale est à moi, de chaque côté de la nef  il y a 28 chapelles fermées par des clôtures  (XVIe siècle) en pierre sculptée, les fines colonnettes des entrées, forment une sorte de  moucharabieh , une vraie splendeur !

Une magnifique grille (XVIIIe) en fer forgé doré et peint, d'une finesse incroyable, laisse aisément entrevoir le chœur au travers de sa dentelle.. 


La nef : 110 m de long 30 m de large, hauteur : 42 m sous la lanterne, un bâtiment impressionnant


Les clôtures des 28 chapelles (XVI/XVIIe siècle) finement ciselées dans la pierre


La grille du chœur en fer forgé (XVIIIe siècle)

Dans un petit coin, à l'arrière du chœur, dans le déambulatoire, presque à l'abri des regards, un haut relief du Christ en croix  (XIVe), beau et touchant de simplicité, d'humanité, baigne dans le bleu d'un reste de peinture murale. Hélas ! On peut facilement passer à côté sans le repérer...


Un calvaire (haut-relief XIVe)

La visite d'une cathédrale demande énormément de temps, on ne retient jamais tout de cet ensemble foisonnant, ce qui crée immanquablement le désir, la nécessité d'y revenir souvent, et c'est tant mieux, à chaque visite les œuvres délaissées s’accumulent dans notre esprit, comment des sédiments... Souvent, j'achète des cartes postales, pour mieux m'en souvenir, et je n'y reviens jamais... Il faudrait que je vous parle encore de la façade, des tours, des vitraux très restaurés, de l'icone sur bois du Christ (XIIIe), et du trésor de la cathédrale que je n'ai pas pu voir.

En 1790, l'évêché de Laon est supprimé et Laon est rattaché à Soissons. La cathédrale devient une simple église de paroissiens.

Le centre ville est désert, 80% des commerces sont à vendre, quelques restaurants bien sympathiques attendent les touristes de l'été, la ville endormie vit de sa cathédrale, sa perle, son joyau !



Un cœur de ville qui vit au ralentit !


Amis, à  la prochaine, peut-être Laon, encore, ou Amiens... Je vous espère au rendez-vous.

lundi 27 mars 2017

En quelques fractions de secondes !




Dans le bus, la belle rencontre :

Je n'y arrive plus, plus du tout à écrire des histoires sur mon blog, je suis prise par d'autres choses, le temps court bel et bien, je cours, je cours derrière lui...

Histoire de bus ? En voici une : il y avait du monde, je n'avais que quelques stations à faire pour arriver chez moi, j'étais assise face à une dame voilée, un peu enveloppée, souriante et attentive, elle avait tout de suite vu le vieux monsieur qui peinait à monter sur le siège, juste au dessus de la roue avant, pas du tout confortable, une place de jeune...

Elle lui proposa tout de suite de venir prendre sa place, plus basse, mais pas dans le sens de la marche...

Non, non, ça va très bien, merci madame ! Maintenant qu'il avait réussi à grimper là-haut, pas question de déménager. Elle était tranquille avec son téléphone, le sourire inscrit sur son visage, définitif ! Allez, je serai là dans un petit instant, ça suffit de regarder la télé, allez faire vos devoirs, et toi, descends en bas de la maison, mets ton anorak rose et viens m'attendre, j'arrive dans quelques minutes, je suis très chargée... Soyez sages... Je n'avais entendu aucun ordre, seulement des suggestions, fermes bien sûr, mais limpides, douces, avec de l'affection dedans...

Nous nous sommes regardées et nous avons souri... Comme vous avez dit cela madame, avec justesse, sans vous fâcher, quelle autorité naturelle, quelle gentillesse aussi ! Alors notre conversation démarra au quart de tour... Ils comprennent vous savez, il faut bien s'organiser, j'ai quatre enfants, ah ! Ils ont quel âge ? Trois, quatre, onze et douze, tout le monde fait quelque chose à la maison... Vous avez raison, il faut s'entraider... Oui, oui, vous voyez je travaille, j'ai pris mon travail à cinq heure ce matin et je rentre maintenant (il était 17h et des poussières...) Mais comment faites-vous pour les repas ? Le samedi je cuisine, je mets au congélo, je m'arrange... J'avais vu sa petite famille, elle me l'avait montrée sur son téléphone, quatre enfants rieurs et sympas. Tout le monde s'y met, garçons et filles ? Oui, bien sûr, si les draps ne sont pas bien tirés pour les garçons (ce sont les plus jeunes), je ne dis rien, il ne faut pas les décourager... J'admirais cette  façon innée, spontanée qu'elle avait de donner des ordres avec des mots qui ressemblaient à des ailes de papillon. Elle avait ce savoir éducatif si juste, ferme et tendre, je me souviens, quand mes enfants étaient petits, il fallait que je retourne tout ça dans ma tête pour chercher les mots justes, je n'avais pas ce "don" que je percevais chez elle, c'est très rare... J'ai une amie qui a ce "don" également, elle parle sans bruit, et sait se faire entendre tout de suite, simple, directe, sincère, tous les enfants l'adorent... Si elle se fâche, elle n’oublie jamais d’expliquer pourquoi, une artiste ! Elle a ça dans le "sang", elle sait trouver les mots qu'il faut pour dire sa pensée aux enfants et en retour les comprendre... Du grand art ! Elle a toujours su demander beaucoup aux enfants, elle connaissait leurs capacités, elle poussait leur curiosité le plus loin possible, tout en respectant leurs désirs, leurs passions. Plus tard, quand ils furent plus grands, elle su exactement les suivre et non les précéder, peut-être même renoncera-t-elle aux carrières exceptionnelles dont elle avait rêvé pour eux (comme tous les parents), pour les suivre au plus près des chemins qu'ils avaient choisi de prendre pour leur avenir, elle les encouragera avec bonheur, du très, très grand art !

Cette dame dans l'autobus me rappela mon amie avec beaucoup d'émotion...

Passez une bonne soirée, et surtout bon anniversaire pour votre petite fille (onze ans), elle avait tout préparé pour la fête... En douce...

Ma voisine, la belle Alice :




La belle Alice

Depuis plusieurs jours, Alice, ma voisine centenaire (102 ans) m'appelle Madeleine, je me suis dit, tiens, que se passe-t-il ? Au-revoir Madeleine, merci Madeleine, toujours le même sourire mais avec Madeleine au lieu de Danielle... Alice, moi je m'appelle Danielle, pas Madeleine... Je vous fais des gros bisous Madeleine, Alice prend l'avion demain pour aller voir son fils qui est près de la mer Méditerranée... J'espère qu'en rentrant je serais redevenue Danielle pour elle ?

Le cinéma, avec le film de Kaurismaki : De l'autre côté de l'espoir ! (Finlande)




Du grand art : De l'autre côté de l'espoir Aki Kaurismaki

Le pitch :


Dans la ville d'Helsinki Khaled, un réfugié syrien qui a presque tout perdu, maison et famille, dans les bombardements d'Alep, rencontre Wikström, un représentant de commerce qui vient de racheter un restaurant après avoir quitté sa femme alcoolique. Khaled, en fuite suite au refus de sa demande d'hébergement sur le territoire finlandais, est embauché par Wikström dont le restaurant a des difficultés à démarrer.
Le style :
Un film magnifique, qui redonne de l'espoir en l’humanité. Les valeurs qu'il défend : la solidarité, l'entraide et l'amour, triomphent dans cette oeuvre, non seulement son film est utile, salutaire, indispensable, drôle, émouvant mais en plus, il est impressionnant de beauté comme tous ses films ! Le style brillant d'Aki Kaurismaki éclate dès le premier plan : beaucoup de couleurs, plans simples et très travaillés avec peu de personnages devant la caméra, des gros plans sur les visages d'acteurs. La musique, très présente dans son film, contribue à donner beaucoup d'émotion et d'intensité à l'histoire, les gestes et les mots sont très précis, la poésie s'installe et ne nous quitte pas, Kaurismaki vous embarque pour un voyage de 98 minutes seulement, dans la vie des gens...

Courez, admirez, et faites fonctionner le bouche à oreille...

Le métro, avec le film le Mépris : Jean-Luc Godard



 Affichage lacérée (station de métro Père-Lachaise) découvrant l'image de Brigitte Bardot et Michel Piccoli (de dos) dans le film : Le Mépris, de Jean-Luc Godard

Il y a toujours du monde à la station Père-Lachaise, une station de correspondances, j'attendais bien sagement et je vois sur le quai d'en face l'affichage publicitaire lacéré, je ne sais comment la chose a pu se produire, mais l'effet est superbe : en gros plan, j'aperçois le visage de Brigitte Bardot avec la perruque de cheveux noirs et courts qu'elle porte dans ce sublime film de Jean-Luc Godard, un de mes films cultes ! Comment cette image se trouve-t-elle ici, comment et pourquoi resurgit-elle en dessous des couches de papier qui la recouvrent depuis des semaines, des mois, des années ? Je ne saurais jamais !

La vérité m'oblige à dire que je connais (presque) par cœur chaque plan de ce film que j'adore.

Mais voilà, pas d'appareil photo en poche, le téléphone, c'est moche, je suis revenue dare-dare le lendemain pour prendre : La photo ! Personne sur le quai, c'était le matin, avec le zoom, rien ne me séparait de cette oeuvre incroyable ! La prochaine tournée de publicité pouvait se faire à tout moment, il paraît que c'est le mercredi et ouf ! Nous étions jeudi...

Wrong elements : Film de Jonathan Littell. Un documentaire hallucinant !







SYNOPSIS : (Allociné)

"Ouganda 1989. Un jeune insurgé acholi guidé par des esprits, Joseph Kony, forme un nouveau mouvement rebelle contre le pouvoir central, la LRA, « l’Armée de Résistance du Seigneur ». Une armée qui se développe au fil des années par des enlèvements d’adolescents – plus de 60 000 en 25 ans – dont moins de la moitié sont ressortis vivants du « bush ». Geofrey, Nighty et Mike, un groupe d’amis, ainsi que Lapisa, font partie de ces adolescents, enlevés à l’âge de 12 ou 13 ans. Aujourd’hui ils tentent de se reconstruire, de retrouver une vie normale, et reviennent sur les lieux qui ont marqué leur enfance volée. À la fois victimes et bourreaux, témoins et acteurs d’exactions qui les dépassent, ils sont toujours les “Wrong Elements” que la société a du mal à accepter. Pendant ce temps, l’armée ougandaise traque, dans l’immense forêt centrafricaine, les derniers rebelles LRA dispersés. Mais Joseph Kony, lui, court toujours." Durée du film : 2h19mn.
L'écrivain Jonathan Littell (Les Bienveillantes,2006), mondialement connu par ce livre, a réalisé ce film sur cette guerre en Ouganda qui opposa un illuminé, Joseph Kony, au gouvernement en place, et qui fit des milliers de morts et des milliers de bourreaux/victimes.
Pendant toute la durée du film, je me suis demandée pourquoi je n'avais rien su de cette tragédie... De ce fait, j'ai mis un moment à comprendre où je me trouvais, ce qui se passait sur l'écran, j'ai été totalement déboussolée, il me fallait tout absorber d'un seul coup  : la découverte de cette horrible guerre, l'enrôlement par la force de jeunes du pays, devenus les mercenaires de Joseph Kony, et la durée énorme du conflit. Tout m'arrivait en pleine figure. Le martyr du Rwanda, qui dura quatre mois entre avril 1994 et juillet 1994, je ne l'ai pas oublié, j'y pense encore, pourtant il arriva cinq ans après les crimes perpétrés en Ouganda et qui durèrent 25 ans, la cruauté avec laquelle les adolescents du pays ont tué, torturé des familles entières... Comment cela a-t-il été possible ? Durant 25 ans, sans que je perçoive des informations à ce sujet à un moment ou un un autre ?
J'ai mis des jours et des jours à y réfléchir avec une culpabilité certaine : dans quel dédale d'informations les faits, les images sont-ils tombés, sans que je puisse en être avertie, sensibilisée, scandalisée ? Comment ai-je pu ignorer ? Je ne sais pas...

En rentrant chez moi, je me suis jetée sur Internet pour connaître l'endroit même où se situait l'Ouganda. J'ai remarqué que Wikipedia  ne disait pas grand chose du conflit armé dans l'histoire de l'Ouganda : "De 1988 à 2006, l'Armée de Résistance du Seigneur a combattu l'armée régulière dans le Nord du pays, afin, sans succès, de renverser Museveni".
Par ailleurs, un article plus soutenu sur l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA, mouvement qui se présente comme chrétien), nous permet de mieux comprendre l'ampleur et la complexité  de cette guerre civile.




Les petits bonheurs du jour

Pour ne pas se quitter avec les (l)armes et les violences...

Mes orchidées me donnent entière satisfaction, elle me font un beau jardin intérieur de printemps, et l'abricotier qui pousse en bas de ma tour a mis des fleurs partout, pas une branche n'y a manqué, gageons que cela fera de jolis pots de confiture pour le mois de juillet. L'été dernier, un petit groupe de locataires a cueilli et mis en bocaux (au moins 70) tous les beaux fruits de notre arbre,  un petit bonheur intense pour Tous... Ma voisine Alice en a eu deux pots, bravo !