Un de mes coins préférés
Cet été, après Venise, j'ai traîné mes guêtres en Bourgogne, en Indre, en Haute-Marne, en Avignon, je ne savais plus où donner de la tête pour vous parler des belles choses que j'ai vues...
Pour finir, je suis revenue dans ma ville : j'y ai rencontré beaucoup de gens, vu quelques beaux films, quelques expositions aussi, fait quelques posts, je ne peux pas vous parler de tout, mais tout m'a intéressée...
Mais aujourd'hui je parle de Venise, exclusivement !
Les rencontres : à Venise c'est comme ça, je rencontre des tas de gens, sur les bancs, sur toutes les places où je peux m'asseoir. Quand j'ai rencontré Jack et Sophie, sur le grand Campo Santa Margherita, c'était sur un banc rouge, ils étaient tellement fatigués qu'ils n'arrivaient plus à se parler (j'ai gardé les vrais prénoms car ils sont trop beaux, ils n'y verront rien de choquant, j'en suis sûre). Ah, non ! Moi je n'en peux plus, j'ai envie de dormir, tu te rends compte, ça fait cinq heures que l'on tourne en rond, on n'a pas vu grand chose finalement. Jack scrutait la carte, essayait de se repérer, il envisageait de sortir du Campo en faisant encore un grand détour, qu'il pensait rapide, bien sûr... Au bout d'un moment, je me suis permise de leur dire : vous n'êtes pas loin d'un arrêt de vaporetto, juste cinq minute à pied, vous prenez à droite, puis à gauche après le pont, vous longez le côté droit de l'église et vous y êtes ! Ils n'y croyaient pas tout à fait, mais ils avaient tort, quand je les ai vus prendre la bonne direction, j'ai répondu à leur grands signes d'adieu par des grands signes de bonne route !
Avec Sophie et Jack, nous avons parlé de Venise, et aussi de leurs beaux voyages à travers le monde entier, passionnant ! Et nous sommes toujours revenus à Venise : voyons, que voulez-vous voir absolument ? Ceci, cela, Sophie voulait des musées, Jack se ralliait à tout, n'oubliez pas le Palais des Doges, c'est absolument indispensable et magnifique, le Musée de la Marine, indispensable et magnifique, le musée Mocenigo, indispensable et magnifique, le palais Fortuny, indispensable et magnifique, et la Ca' Rezzonico, perdez-vous, mais cela, vous savez le faire, c'est indispensable et magnifique, nous avons bien ri du catalogue... Ils avaient heureusement encore plein de jours à s'émerveiller... Sophie et Jack, je pense encore à vous avec émotion... Baci !
Le beau musée Mocenigo et sa merveilleuse ambiance
Mocenigo, ambiance masque et verrerie
Ma fresque préférée chez Mocenigo, de G. Tiepolo à Rezzonico
J'ai rencontré Aloïs, ce très jeune homme, sur le campo du ghetto, je mangeais avec plaisir une belle glace bacio-pistache, un régal, j'avais trouvé un petit rebord d'escalier à l'ombre pour déguster, après avoir pris des tas de photos... Avec Aloïs, qui renonça même à fumer une cigarette pour ne pas me déranger, nous avons eu une belle conversation sur le genre humain : la communication, l'entraide, l'aide, et puis un peu de Venise, il était là pour quelques heures, il prenait le train le soir même, mais il avait de bonnes jambes, il allait encore en voir de belles choses, sa journée n'était pas terminée... Merci Aloïs pour votre conversation si stimulante, si spontanée, si attentive, baci Aloïs !
Cette année à l'occasion des 500 ans du ghetto, une troupe américaine, Colombari, répétait une pièce de Shakespeare Le Marchand de Venise, cette pièce était donnée pour la première fois (pour six représentations) depuis sa création théâtrale au 17e siècle. Le Marchand de Venise reste pourtant une pièce controversée : antisémite ou pas ? That is the question ! Finalement, je ne suis pas allée voir la représentation, car mon anglais est si mince...
Répétition au ghetto de Venise
Pour la première fois aussi, je remarquais les "Stolpersteine" que je n'avais jamais vus en 15 ans de visite ! Ces petits pavés de cuivre mis par les proches des victimes, ou par des associations constituées, devant les domiciles où des personnes juives avaient été "embarquées" pour la déportation...
La répétition
Les clous, "Mémoire" de cuivre
Il y avait sur le campo du Ghetto Nuovo une ambiance agréable, j'entendais les acteurs qui répétaient avec enthousiasme, il y avait peu de public pour les entendre, mais il y avait un air shakespearien, le drame se tramait en coulisse, il faisait beau, doux, j'avais tout mon temps...
Ça change, ça bouge dans le quartier, des boutiques nouvelles, des artisans s'installent, c'est plus beau, plus intéressant. La grande synagogue d'été avait ouvert sa grande fenêtre, et je pouvait voir l'intérieur de ce vaisseau superbe que je n'ai jamais visité.... Une très belle journée.
En revenant sur le Grand Canal, j'admirais sur ma gauche le beau Campiello del Remer, quelquefois désert, souvent bruyant, en soirée, quand le monde touristique s’agglutine un verre à la main.
Ce soir-là il n'y avait personne, que ces deux jeunes femmes penchées sur les dernières nouvelles... Un verre aux pieds.
Arrivée à ma station, un beau spectacle m'attendait, le Grand Canal était tout rose, cela ne dura que quelques minutes :
Sur le Grand Canal, le rose est mis...
Je reviens à Venise dans mon prochain post, à bientôt les visiteurs...











































