lundi 19 septembre 2016

Je suis à la campagne...


La campagne indroise m'en fait voir de toutes les couleurs... J'engrange les photos, les histoires, les paysages, pour le partage...

Je fais des confitures, des compotes, je casse les noisettes, je mange des figues...



Venise attendra bien un peu...


samedi 10 septembre 2016

Venise... Au fil de l'eau du Grand Canal (3)



L'église Carmini, dans les feux du soir d'orage, demi-seconde, sacrée

Encore une histoire de ronds dans l'eau, j'écoute toujours celles qui traînent, mais rien ne me distrait du paysage... Je vois, j'admire et j'entends, je remplis mon carnet de bord.

Les histoires sont forcément courtes, alors je brode, j'invente, j'en tourne la matière dans tous les sens...


Une minute après, les couleurs palissaient à vue d’œil

Tu vois, y'a jamais de contrôle entre deux stations, tu gagnes un ticket à chaque fois, c'est chouette, non ? Cette réflexion me rendit perplexe, je me demandais comment ils faisaient leurs calculs, quelles étaient leurs tactiques : jamais de contrôle entre deux stations ? Le couple, d'un certain âge, n'en était pas à sa première visite de Venise, ils en connaissaient un rayon... Les entourloupes et les astuces, ils les maîtrisaient toutes...

Tu vois, nous voilà à Accademia, ni vu, ni connu, je t'embrouille, ça te dit de visiter le musée ? Elle continuait de s'étonner de cette histoire de trajet sans contrôle... Alors ça, disait-elle, c'est quoi cette histoire de traghetto ? Je ne savais pas que ça existait, c'est bien pratique, tu connaissais, toi ? Ni oui, ni non, je n'ai pas entendu la réponse...

Elle avait découvert, l'histoire ne dit pas comment, qu'on pouvait, pour quelques euros, traverser le Grand Canal (qui ne comporte que quatre ponts sur tout son parcours), sans prendre le gros vaporetto. Le traghetto vous fait traverser sur la rive d'en face en quelques minutes, on se fait "gondoler" par le passeur en quelques coups de rames. Ce petit tour de passe-passe plait à tout le monde, ça fait très couleur locale, cette grande barque noire peut faire traverser plus de 10 personnes à la fois. Les Vénitiens, bien sûr, s'en servent beaucoup, ils restent debout durant le petit trajet, c'est très pratique, rapide et pas cher...


Le chat au basilic, moi qui ne suis pas une mère chat, cette nature vivante m'avait touchée, dans une petite cour bien cachée du monde


Au musée Accademia, depuis quelques années, avec la nouvelle direction, le prix d'entrée est passé du simple au triple, très peu de réductions, plus de gratuité pour les seniors, dont j'avais amplement profité, j'allais au musée plusieurs fois dans le mois, je m'arrêtais à chaque tableau, j'essayais de le retenir par cœur. Imaginez, rien que des peintres vénitiens du XIV au XVIIIe, l'ordonnancement des vingt-quatre salles respectait l'ordre chronologique, je prenais des photos, beaucoup de photos, et puis les photos même sans flash furent interdites aussi... Accademia s'était mis à l'heure internationale...

Je n'y suis pas allée une seule fois dans le mois, je fus très prise par ailleurs...

Devant le musée (un ancien couvent magnifique), des jeunes en habits de théâtre, robes à paniers et perruques de coton, tentent de vous vendre des billets pour des concerts Vivaldi... J'ai toujours trouvé ça ridicule, pas du tout grande classe, même un brin vulgaire, du Disneyland à la sauce Vivaldi, c'est bête à pleurer... Mais ça marche, je ne sais combien de billets sont vendus à l'arrachée, les jeunes déguisés sont adroits, souriants, convaincants sûrement... Par ici la bonne soupe...


Dans cette merveilleuse cour, il y a aussi les téléphones qui sonnent

À Venise, il y a énormément d'endroits où l'on donne des concerts, où l'on entend de la musique, y compris au Palais des Doges, tous les lieux sont propices à la musique : les églises sacrées et déconsacrées, les cloîtres, les palais, l'Opéra de la Fenice, les centres culturels, les scuole, le centre de musique romantique française, la place Saint-Marc, les campi, les fêtes de quartier, les ouvriers sur les échafaudages... Les musiques d'aujourd'hui s'échappent des bateaux à moteurs qui passent au fil de l'eau.... Je ne sais toujours pas pourquoi l'on dit en premier que Venise est la ville des amoureux. Pour les rendez-vous, c'est peut-être plus sûr, plus pratique ? Pas de voitures, pas de feux rouges, moins de bruits pour que s'entendent les mots d'amour ? Et puis la musique adoucit les mœurs, alors les mots d'amour forcément viennent facilement, peut-être ?



Mais le concert le plus violent reste quand même celui des couleurs


Do


Ré


Mi


Fa


Sol


La

Venise est une boîte de peinture, il faut être là à toutes les heures, programme difficile, je suis restée trop longtemps à boire de l'eau sur des terrasses ombragées, j'ai regardé autour de moi avec délice, sans sortir mon appareil photo...

lundi 5 septembre 2016

Venise... Au fil de l'eau du Grand Canal (2)


Sans titre mais avec couleurs, ombres et lumières, il fait chaud !

Sur le Grand Canal, je puise des quantités d'histoires que j'arrange à ma manière, mais jamais très loin de l'original...

J'étais assise à l'arrêt du vaporetto, à l'ombre, il faisait une chaleur à trépasser, j'avais pourtant ma robe de lin, mon chapeau de paille, mon éventail et ma petite bouteille d'eau, mais j'y trouvais encore à redire... Je souhaitais la pluie, le vent, l'orage, la tempête, le soulèvement des eaux...


Il faisait si chaud que je suis allée prendre le frais à Mazzorbo

J'attendais avec patience le bateau, pour aller ?... Je ne m'en souviens plus.

Tous les petits recoins avec ombre étaient pris, j'avais une belle place assise bien à l'abri du soleil, j'essayais de me tenir tranquille, tout mouvement inutile est totalement inutile, quand il fait chaud il ne faut pas bouger, pour éviter de faire marcher la machine : transpirer, rouspéter, avoir chaud...

Comme une apparition, je vois venir une dame, toute menue, fragile, en habits d'apparat...


Mazzorbo, une île où je sens le vent dans mes voiles quand il fait trop chaud

Elle avait une robe sans décolleté, ras du cou, bleu marine, sobre, chaussures assorties, un petit sac qui se tenait dans la main, petite main, et... Une magnifique étole de soie blanche transparente comme de l'eau, parsemée de petites fleurs de toutes les couleurs, une mousseline si fine, gracieuse comme celles qu'on voit sur les tableaux de Raphaël et des peintres de la Renaissance, il suffit d'un trait un peu plus appuyé au peintre pour nous la faire percevoir, sur un front, une épaule : un voile d'une finesse extrême, qui met en valeur tout le reste, et que je trouve toujours admirable...

La dame du tableau était là bien là, au chaud dans son étole du dimanche, qui enveloppait entièrement ses petites épaules, croisée sur le devant avec élégance, pour éviter les faux plis. Quiconque en a porté connaît bien la douce chaleur que procure la soie, même la plus plus fine. Cette apparition me fit réfléchir : soit la dame avait eu hâte de porter cette merveille, achetée il y a peu dans cette belle ville de Venise, soit elle était frileuse et avait rajouté cette touche d'art qui ennuageait si joliment sa toilette, soit elle voulait ressembler aux Madones des œuvres qu'elle venait de voir au musée Accademia... Je n'ai jamais trouvé la réponse à l'énigme, mais en montant dans le vaporetto, j'ai pris soin de la laisser passer la première... Si vaporeuse !


Dans l'ombre de la petite église de Mazzorbo, la Vierge médiévale et son enfant

Remarquez, il m'est arrivé à moi aussi de porter une belle chose que je venais d'acheter, un peu à contre emploi, tous les arguments de raison tombaient les uns après les autres : il fait frais, ce n'est pas le moment de mettre ça, mais si finalement, dans cette salle de spectacle il fera très chaud, je serais très bien, quand même je risque de prendre froid sur le chemin, mais non, finalement en marchant vite, tu auras vite fait de te réchauffer, ce n'est pas un peu léger sous mon manteau, mais non, justement ça sera très élégant, surprenant, très à contre-courant, quand même dans le métro, non ? Si ? Bon, allez, je vais le mettre... L'histoire de l'étole de soie m'était familière...


Ce jour-là il y avait un petit parchemin dans les bras de la Vierge, un vœux, une supplique, un chagrin, une demande ?

Par tous les temps nous achetons des vêtements, des atours, que nous voulons mettre séance tenante, pour les plus impatients, bien entendu. Alors il faut supporter le décalage avec le temps ou la circonstance, les belles choses n'attendent pas pour se montrer, la vie passe si vite... Il y en a qui savent attendre le bon moment, les sages, les timides ? J'avais une très chère tante qui attendait longtemps avant de porter le dernier vêtement acheté, il pendait dans l'armoire des jours et des jours, bien visible, mais le moment tardait pour le mettre, il lui fallait l'apprivoiser, l'hésitation l'emportait à chaque fois, elle n'était pas assez bien pour lui, jusqu'au jour où elle se décidait, après un rodage parfait, elle ne le quittait plus, il fallait en profiter, vite, la vie passe si vite...


Barques en attente d'eau fraîche à Mazzorbo, il fait si chaud !

Mes amis, à bientôt pour le numéro suivant...


jeudi 1 septembre 2016

Ma voisine a le melon !


 Le melon de ma voisine

Incroyable, inimaginable, fantastique, extraordinaire !!! Bon, là, Danielle, tu exagères sûrement !

Pas du tout, je vous explique l'affaire :

J'étais venue aux nouvelles du jour chez ma charmante voisine, qui me reçoit toujours avec le sourire, elle est toujours là pour tout le monde, et tout le monde vient chez elle pour papoter, prendre le thé, apporter des clés, remettre un mot, déposer un paquet, faire des essayages de couture, enfin bref, ma voisine du dessous est parfaite ! Quand elle invite ses amies à déjeuner, en été, elle dresse une petite table sur son balcon, ouvre le parasol, mets des serviettes fleuries, elle se fait la vie belle et enchante son entourage...

Dans des aquariums, elle garde les animaux de son fils, poissons, tortues et même quelques serpents très gentils, qu'elle nourrit sans peur et sans crainte comme une vraie professionnelle. Ma voisine est parfaite, rien ne lui fait peur, rien de l'embarrasse, je ne l'ai jamais entendu dire "du mal" de personne, elle est motus et bouche cousue, pour elle le silence est d'or, pour la paix des étages, ma voisine est parfaite !

Toujours prête à rendre service, arrosage d'été, gardiennage d'hiver, en toutes saisons vous pouvez lui demander son aide, ma voisine est parfaite !

Donc, j'étais venue aux nouvelles, après mon séjour à Venise, ma pause en Bourgogne, nous avions beaucoup à nous dire : la famille, les amis, le quartier, l'immeuble, le monde entier, on verra après... Nous sommes passées aux fleurs du balcon, en parfaite santé, les géraniums étaient splendides.

J'ai un melon dans mes géraniums ! Un melon ? Oui, un melon... Mais que me racontes-tu chère voisine ?

Je t'assure, quand j'ai voulu enlever des feuilles de géraniums dans ma jardinière, ça m'a piqué... Ah bon, ça t'as piqué ? Oui, alors je me suis penchée et je l'ai vu...

En me disant cela, elle souleva les feuilles piquantes et je l'ai vu, un magnifique petit melon de porcelaine, de poupée, de nature morte, un bijou ! Dans la jardinière de la saison précédente, remplie de fleurs rouges et blanches, il y avait un gros œuf de melon, une petite perle rare, une pépite de jardin, une anomalie réjouissante, une rareté de saison, un petit melon grand comme un mouchoir de poche... Il avait grandi là, personne ne savait d'où il venait, un bon pépin avait volé jusque-là, la révolution sur un balcon ! Espérons qu'il sera bien sucré...

J'ai aussitôt sorti mon téléphone pour prendre la photo, le soleil était gênant, il inondait trop le trophée : attends, j'ouvre le parasol pour faire un peu d'ombre. Attends, voilà, comme ça, je le tourne, ça te va comme ça ?

J'ai pu prendre la photo, magnifique, éblouissante, et je vous en fais cadeau !

Après, je reprends mon périple de Venise, il me reste encore quelques sourires à partager...

À bientôt les amis...


Le melon nain, gros comme un paquet de billes en verre

mardi 30 août 2016

Venise... Au fil de l'eau du Grand Canal (1)



C'est ici, au pied du pont du Rialto que cette boutique de vêtements pour gondolier a établi ses quartiers, impossible de la louper !

Je vais vous en faire un concentré, pour ne vous donner que le meilleur... Sur le vaporetto, les bavardages sont nombreux, les craintes, les incertitudes, les mots doux, les mots d'orage, tout y passe. Comme je ne comprends que le français, tous les dialogues sont en version originale scénarisée...

Ils étaient quatre, lui et elle, un peu enveloppés, casquettes sur la tête, bronzés, contents mais très préoccupés ! Tu vois pas qu'elle tombe tout le temps ? Ben, faut bien la mettre, bien enfoncée sur le crâne. J'y arrive pas, il bouge tout le temps, elle, ça va, ça tient, mais lui, impossible...


On ne plaisante pas avec le costume du gondolier

À leurs pieds bougeaient dans tous les sens deux petits chiens de manchon habillés en dimanche, chacun un paletot rouge et la casquette qui allait avec : une seule casquette tenait très bien, l'autre tombait tout le temps... Le chien gesticuleur se faisait gronder...

Pendant tout le voyage sur le Grand Canal, rien ne les a passionné plus que la situation agitée des casquettes sur les têtes de chiens. Il y avait un public captif : les enfants, regardez les petits chiens, comme ils sont beaux, comme ils sont mignons, oh ! Comme ils sont bien habillés... Quelques grandes personnes souriaient aussi du spectacle...

Tous les palais de cette route royale pouvaient aller se faire rhabiller, la fantastique aventure du Grand Canal, l'inimaginable histoire de ces façades toutes plus belles les unes que les autres, avec leurs jardins remplis de roses et de statues, les terrasses, les balcons dessinant des décors de cinéma, rien de tout ça ne réussissait à retenir l'attention de ces montreurs d'ours !

Papa, maman et leurs deux petits chiens sous les bras, sont descendus à Rialto...


Le marché de Rialto fermé le lundi, est incendié avec les couleurs des bâches, en face le miraculeux palais de la Ca' d'Oro 


Justement la Ca' d'Oro à marée haute, les pieds dans l'eau

On ne peut pas quitter le Rialto, j'y reviens toujours, pas à cause des tramezzini délicieux, et encore pourquoi pas, mais à cause de tout ce que je ne connais pas encore, caché dans les replis des ruelles.

J'aime ce quartier car il y a de la vraie "vie du coin" : des cafés, des restos, des bouchers, des charcutiers, des marchands de toutes sortes, et même un très talentueux joaillier. Suivant les heures du jour, ce n'est pas le même public qui se retrouve dans les bars... Il y a toujours quelque chose à voir... Suivant les heures du jour, les couleurs varient et il faut être là au bon moment pour les saisir... Les petites rues sont fraîches, allons plus loin...


L'enseigne d'une ancienne pharmacie (Alla Testa d'oro) également aux pieds du pont du Rialto, mais du côté Bartoloméo, une tête en bronze qui signalait la vente d'une espèce de remède universel, qui guérissait (À peu près) tout : la theriaca

Aujourd'hui encore, dans ces petites rues, il m'arrive de tourner en rond, de me sentir seule et désorientée, avec plaisir... Cherchant toujours les mystères de cette ville...

Par exemple, je ne m'étais jamais aperçue qu'il y avait une belle sculpture de l'Annonciation sur la façade des piles du pont du Rialto (côté San Marco), vous l'aviez vue ?


D'un coté du pont : L'ange Gabriel


En face sur l'autre pile du pont : La Vierge Marie

Du côté de Rialto, il y a des centaines de petits mystères à découvrir, voyez :


La porte la plus penchée avec sa menuiserie spécialement adaptée par le menuisier


La porte la plus ventrue pour laisser passer les tonneaux



Le bar aux délicieux tramezzini


Le minuscule brocanteur "un peu à l'ouest"


Une merveilleuse glycine dans une petite cour, bien à l'écart




Les arches de soutien entre deux petites rues


Dans les lumières du jour

Non, vraiment je ne m'en lasse pas, à Rialto il se passe toujours quelque chose...

Mes amis à bientôt pour les numéros suivants...

lundi 8 août 2016

Venise 2016, le retour...


 Contemplation du côté de S. Polo



À peine partie... Me voilà de retour... 

Par quoi commencer ? Aux premiers pas 2016 dans Venise, je me suis dit : je n'y arriverai jamais ! Mais Danielle, tu n'arriveras jamais à quoi ? À tout voir, revoir, chercher, encore et encore : les rues, les musées, les églises, les petits coins sombres, les fulgurances chromatiques, le Palais des Doges, la place Saint-Marc, les escapades hors de Venise, les glaciers nouveaux, les tramezzini historiques, vous voyez bien qu'un mois n'y suffira pas, je le sais, je vais m'organiser, pour aller doucement et tout recommencer, ne suivre aucun ordre, seulement me fier à mes envies... Finalement au jour le jour les idées sont venues, si j'allais là ou ici ? C'était reparti...

J'ai reglissé sur le Grand Canal, d'un bout à l'autre, l'accord parfait ! Tous les jours, plutôt en fin de journée, quand la lumière est toute dédiée à la photographie... 

Je suis allée sur les Zattere, faire mes courses au supermarché Conad  (groupe n° 2 de la distribution alimentaire italienne), j'avais connu depuis plus de 10 ans la même boutique sous le nom de Billa, mais les alliances, les rachats internationaux ont tout bousculé sur leur passage, maintenant c'est Conad, un point c'est tout. 


Plus près

Nouveaux  propriétaires, nouvelles stratégies de ventes, ouverts 24/24, de 8h30 jusqu'à 21h30. J'ai reconnu quelques personnes de l'ancien service, dont une caissière charmante, toujours le sourire, la bonne humeur, elle vous rend la monnaie en plusieurs langues, un vrai plaisir.

Enfin bref, à Venise les grandes marques s'installent un peu partout, comme partout : Mango, Muji, Sephora, Mac Do...Tout le monde attend la spectaculaire ouverture du nouveau centre commercial de 6800 m2 Acheté par Benetton, un accord conclu avec la filiale LVMH permettra à Venise d'avoir son grand magasin de luxe, forcément de la grosse artillerie, LVMH annonce un lieu de commerce et de culture. Ce grand palais construit au 13e siècle (plusieurs fois remanié jusqu'au 20e siècle), donnant sur le Grand Canal, au pied du pont Rialto, est magnifique...

Du côté des touristes (dont je suis) tout va bien, nous sommes tous là, ce qui fait qu'il y a beaucoup de monde sur l’île...

Mais cette année je m'en fiche, je ne fais plus les comptes : boutiques fermées, boutiques ouvertes, je ne cherche plus la petite bête, il faut prendre les choses comme elles sont, les jérémiades ne servent à rien qu'à gâcher le plaisir des promenades. Venise est une ville qui subit comme toutes les autres les pressions du marché : beaucoup de demandes, beaucoup d'offres, concentration des capitaux, les gros dévorent les petits, les prix  montent, montent, montent... L'uniformité programmée par les multinationales, fait la loi, ici comme ailleurs... Les Vénitiens louent, vendent leurs appartements au plus offrant, comme partout...

J'ai quand même pu retrouver les petits chemins tranquilles, les églises vides, les musées déserts, patience, je vous raconte mes petits chassés-croisés...

Sur le plan météo, rien à redire, que du ciel bleu, un petit vent léger, forte chaleur et beaucoup de poissons dans les ri...

J'ai tout de suite su que je passerais un mois magnifique !


Rialto le lundi

Je me suis dit : faisons comme si je ne devais plus revenir à Venise, alors j'ai repris des photos comme toutes les premières fois, je me suis laissée surprendre par les couleurs, surtout par les couleurs...

Ne me quittez pas... Je reviens avec des brèves !l

vendredi 1 juillet 2016

Dernier concert avant l'été...


Les petites madeleines à la fleur d'oranger, rangées comme des moutons...

La veille du dernier concert de l'été, nous avions joint l'utile à l'agréable. La répétition fut réduite à sa plus simple expression : depuis le temps que nous les ressassons, les chants de notre répertoire commençaient à être bien huilés, pas de faux départs, un bon son, et tout les pupitres bien présents ensemble à l'arrivée !

Après, nous avions ripaillé, chacun avait apporté des victuailles pour dix, alors que nous n'étions qu'une petite vingtaine, les gâteaux maison venaient de chez les pâtissiers du coin, les dernières pommes de terre étaient directement coupées dans la grosse salade composée, saucisson sec et olives de toutes les couleurs, pizza mi-figue mi-raisin, c'est-à-dire : pâte toute faite, mais garniture maison... Tout nous allait très bien, les bouteilles n'avaient qu'à bien se tenir, j'avais fait ma spécialité, petites madeleines à la fleur d'oranger !

Nous fêtions aussi des anniversaires, cadeaux, cartes signées de tous, comme vous pouvez l'imaginer, les deux intéressés ne se doutaient de rien, nous avions mis du temps à nous décider sur le choix des présents, et finalement nous étions très en retard par rapport aux jours de leurs naissances... Bon anniversaire, nos vœux les plus sincères que ces quelques fleurs... Baisers, il ne fallait pas, mais si voyons, ah ! Vraiment, comme je suis content, c'est bien normal, ça nous fait plaisir, nous regardions leurs yeux qui pétillaient : des livres d'art, de la poésie, nous avions prévu des bons-cadeaux qui complétaient ces belles lectures, ils achèteront ce qu'ils voudront dans les magasins de leur choix, nous n'avions pas regardé à la dépense, les anniversaires, c'est important !

Champagne !



Nous avions remplacé les flûtes de cristal par des gobelets en plastique, ça faisait très bien l'affaire...

Et puis nous avons chanté, comme d'habitude... Jusqu'à la fermeture des portes.

Bon, demain il faudra que nous soyons blindés, nous dit une choriste, mais pourquoi ? L'ambiance de la maison de retraite où nous devons aller chanter à 15 heures ne va pas nous remonter le moral... Ne t'inquiète pas, nous serons blindés et nous chanterons bien.

Nous avions, sans nous le redire, mis nos beaux habits de lumière, des couleurs unies en haut, du noir en bas, personne ne fut en retard, partitions sous le bras, rouge à lèvres pour les dames, coiffures bien en place, sourires et émotions arrivaient en même temps pour chacun.

Les résidents de la maison de retraite médicalisée arrivaient tranquillement, certains assis sur des fauteuils, d'autres en véhicules roulants, deux-trois dormaient un peu, d'autres ouvraient les yeux, les oreilles, curieux pour la plupart. Notre chef présenta le concert comme il l'aurait fait à l'église ou dans une belle salle pour un public ordinaire, les même mots, la même passion, la même gentillesse, le très grand respect, il traduisait avant chaque morceau, l'italien, le russe, l'albanais ancien, le corse, le portugais, le français aussi... 

Nous avons chanté la gorge nouée car nous connaissions des résidents, dont un qui nous suivait partout où nous allions, du temps de sa grande mobilité, de son esprit vif et clair, de sa grande créativité, un artiste en son genre. Il était architecte, cinéaste à ses moments de loisirs, il était là, au premier rang, dodelinant de la tête, il était visiblement ailleurs, mais peut-être présent, c'est vrai que nous chantions un peu plus pour lui, pour Antoine que nous aimions et qui nous l'avait si souvent rendu...

Entre les chants nous entendions des paroles désordonnées émises par certains, mais rien ne nous a distrait de notre joie d'être là, il fallait que ce concert soit une réussite totale !

Il le fut, nous y avions mis tout notre chœur, aux applaudissements, un homme se leva, rouge, sourire aux lèvres, les deux mains tapant l'une dans l'autre avec force, merci, merci, merci, il ne fut absolument pas possible de résister à cet élan, je voyais ma collègue essuyer furtivement avec un doigt une larme, tandis que je cherchais mon mouchoir...

Notre chef était content, nous avions vécu un beau moment !

Il faudra y revenir, nous devrions chanter plus souvent ici où ailleurs pour réjouir les gens qui ne peuvent plus se déplacer pour venir nous voir, nous entendre, plus sortir dans le monde des vivants sans accompagnant... La musique demeure une force de réveil, de douceur, nous chantons la gorge nouée, mais nous sommes là, ensemble !


Où vont nos paroles, la musique ?
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