Le soleil embellit tout ce qu’il touche, il suffit de bien se placer et de bien regarder, la lumière fait le reste.
Je n’ai jamais l’idée de départ : faire des photos, pour moi, c’est toujours donner à voir ce que je vois. À la place des mots, viser juste à l’endroit qui me touche et capter, prélever, rapter l’image. La photo est un langage qui n’a pas besoin de traduction, il parle de lui-même à tout le monde, comme la musique...
Voilà quelques années que j’ai abandonné l’idée de choisir des « thèmes » avant de partir à Venise, car je sais que je ne m’y tiendrais pas. Il est vrai que depuis le temps que j'y viens, je suis toujours tentée, pour renouveler le plaisir de la photo, de me donner des objectifs. Mais je les abandonne tous dès que j'arrive : laisse-toi vivre, ma fille, ne cherche pas, regarde, un point c'est tout... Alors je me promène sans chercher "l'image", et elle vient toute seule, elle s'impose à moi. C’est très simple, il suffit que je prenne mon appareil photo dans mon sac, partout où je vais... Un beau point de vue, c'est comme dans la vie, ça dépend de quel côté vous vous placez... Si vous tournez autour du sujet, comme dit ma sœur, alors-là c'est carrément l'infini...
Sur la place S. Marc, 18h (2013)
Ainsi, plusieurs fois dans le mois je suis revenue sur la place S. Marc avec curiosité : quel biais trouver pour la prendre en photo, malgré le monde, malgré la foule, malgré tout ?
J'ai attendu la fin de la journée, derrière les rideaux, observatrice, la lumière y était douce et dorée, mais l'air encore trop chaud, toutes les places étaient vides dans les cafés exposés au soleil... Les touristes, moins nombreux à cette heure, restaient à l'ombre, de l'autre côté...
Cette année, je n'avais aucun projet photos, juste celui de doubler Canaletto, prendre dans le même angle que lui la photo de sa peinture, mais l'opération fut difficile, sans énormément de résultat, je vous montrerai mes doublages prochainement...
La place S Marc vers 18h, derrière les derniers éclairages... Les musiciens sont encore là, jouant pour la place entière, les tables sont désertes, pas un seul client du côté du soleil couchant, c'est ma chance...
Le calme et la douceur absolus... En levant la tête simplement... En marchant avec lenteur...
Le café, à l'ombre, chez une amie de Venise... Le rideau blanc transparent...
Dans le beau cloître de la Madonna dell'Orto... Le vent dans les voiles...
À Venise, il faut marcher à deux à l'heure, s'il fait chaud c'est obligatoire, si vous avez oublié votre chapeau il faut prendre un café ou une glace à l'ombre, visiter les coins sombres, rentrer dans les musées, de toute façon il faut attendre, pour arpenter le pavé, que la chaleur baisse un peu...
L'heure des visites était presque terminée dans le cloître de la Madonna dell'Orto, une exposition de peinture me permettait d'admirer la grande beauté de ce lieu, les briques changeaient de couleur à vue d’œil, un petit vent gonflait les rideaux et donnait à la place un air marin... On ferme ! Je suis sortie à reculons...
Et puis, tout en faisant ce post, j'ai puisé dans mes réserves de blanc des années précédentes, mais il y avait encore beaucoup de couleurs...
















































