samedi 17 septembre 2011

L'Indre 2011... Mes journées du patrimoine... Par ici !


Le vieux saule


Le tronc du vieux saule



Les peupliers


Le beau noyer

 

Le pommier


L'acacia


Le châtaigner au dessus des maïs

 

Le vieux pressoir


Vieille charrette

 

La charrette et les herbes



Le grand saule pleureur

 

Le tas de bois et le pommier


Les dernières mûres

Bonnes journées du patrimoine à tous... Qui passez par là !

mardi 13 septembre 2011

L'Indre 2011... L'apprenti !


Le nouveau petit veau

Un an déjà que le petit veau est né sous mes yeux, il est sûrement passé chez votre boucher ? C'est l'heure de la traite, deux heures et demie de travail intense, où chaque geste compte. Cette année le jeune René prête la main, il aime ça, tout le prouve.

C'est le premier partout : faire monter les vaches (dix par dix) sur une plateforme garnie de trayeuses électriques, nettoyer les pis, poser les ventouses à quatre branches, des mains artificielles en somme, qui font un bruit d'aspirateur : elles tirent le lait qui passe dans des tuyaux en inox, jusque dans la grande cuve finale qui brille comme un beau camion américain... René sautille partout, on dirait un petit merle qui volette d'un fil à l'autre, toujours quelque chose à faire, attentif à tout, le geste précis, il s'y connaît de A à Z en presque tout... Quand il ne sait pas, il demande à l'éleveur... On apprend vite comme ça... C'est un bon élève.


Une descente de vaches après la traite, passage sur le tapis

Après la traite, le portillon automatique s'ouvre (René appuie sur le bouton), mais souvent les vaches ne veulent pas redescendre, elles regardent à gauche et à droite, ne sont jamais pressées... René donne l'ordre du départ : allez, descendez, allez, du nerf, et voilà nos belles, très belles, qui redescendent la petite pente pour retourner dans la « stabu », la paille fraîche les attend dans les crèches.


Il est fier René, car il a du public, il me regarde du coin de l'œil, et moi je n'en perds pas une miette, voyez, quand la petite lampe clignote c'est que la traite est en cours, quand elle se met au vert, c'est terminé... Ah ! Zut, elle chient, quand il y en a une qui prend son temps pour la traite, les autres chient, c'est comme ça, il faut nettoyer... Il prend le tuyau d'eau et voilà la bouse qui s'en va en trombe... En un clin d'œil c'est propre comme un sou neuf.

Le voilà ensuite qui prend un seau rempli de lait destiné aux petits veaux, ils boiront du lait entier pendant deux mois, après il se mettront à manger... Il m'explique tout ce qu'il fait, rapidement, avec les mots justes, il est formidable : dans ce bidon de lait, sept / huit litres par vache... Incollable, René.


Le pot au lait des veaux

Aïe, voilà une bête qui tombe, elle n'arrive pas à se relever... Allons bon, dit l'éleveur, elle a sûrement de l'arthrite... Faut voir, faut attendre un peu, je vais lui faire une piqure, et vlan, dans le gras de la fesse, la voilà qui remonte, puis retombe, le lait sera prélevé quand même, après on verra... Pour faire l'injection il a ouvert le réfrigérateur rempli de médicaments, une véritable pharmacie de quartier.


Le petit veau mignon

René va et vient, gare la bouse près du fumier, lave le matériel, embrasse et caresse le plus petit veau : il est trop mignon, il a deux semaines, retourne auprès de la trayeuse, remet un tuyau, en enlève un autre, rien ne lui échappe, il est tout jeune, 14/15 ans peut-être, il a le visage encore rose et toujours le sourire, rien ne le rebute, pas de bon et mauvais boulot, « faut le faire, voilà »

Ça sert à quoi ce matelas, juste à la sortie de la traite ? Ben, c'est un passage obligé, toutes les vaches doivent lui passer dessus, une grosse mousse blanche en sort et vient se coller à leurs sabots... René me dit, c'est un antiseptique pour nettoyer leurs sabots, mais des fois elles glissent à côté, il a tout vu, tout remarqué, moi aussi j'avais vu une vache qui passait à côté, seulement trois sabots y étaient passés...


Les sabots aseptisés

Toutes les vaches ont regagné la stabulation, pour elles, le pré c'est du béton, leurs sabots en souffrent, ils ramollissent, il faut faire attention. Un éleveur c'est comme un bon médecin généraliste, il doit ouvrir l'œil et le bon, faire les premiers soins, ne rien laisser passer.

René court encore, la traite sera terminée quand tout sera lavé, rangé, fermé. Il a mis la radio, avec le beuglement des animaux ça fait une belle ambiance, ambiance de ferme joyeuse.


Le fumier et la paille fraîche

Pendant que René termine le nettoyage, l'éleveur dans la stabu enlève le purin avec son tracteur et le stocke dehors, comme une denrée précieuse, il remet un peu de paille fraîche, voilà, les chambres sont propres pour la nuit... Il fait les lits soir et matin.

Les curieuses
Demain c'est la rentrée, bon courage René et bonne fin de soirée... Je n'ai pas su si René venait pour apprendre le métier ou pour se donner du plaisir, l'éleveur m'a dit : il adore ça, il vient souvent.
La délectation
Moi aussi j'adore ça, mais juste pour mon métier de touriste intéressée, pendant toute la visite, j'étais accompagnée du chien de la maison, il venait me renifler sous toutes mes coutures... En faisant le tour du propriétaire, j'ai bien vu qu'il y avait trois petits cochons tout neufs, l'éleveur m'a dit : ça me manquait trop, surtout pour le goût, et il a mis sa main à sa bouche, le geste de la délectation...

À la ferme d'à côté on peut entrer comme on veut, la porte est toujours ouverte... Bonjour, bonsoir, revenez quand vous voulez. Cette année tout le monde a le sourire, pas de plaintes, les prix sont en hausse !
La belle gourmande

samedi 10 septembre 2011

De L'Indre 2011...Moi j'ai connu ça...


Dans l'Indre 2011

Comme je suis à la campagne, dans les mûres, dans le calme de l'Indre, avec les oiseaux, les vaches et les grands arbres, j'ai tout le temps pour me le rappeler, ce coup de tonnerre, ce coup au cœur que j'ai reçu, assise aux pieds des marches d'une vieille maison du Loiret.

Je ne sais pas si vous connaissez Beaune-La-Rolande, cette petite ville de la région, tristement célèbre pour son camp d'internement de personnes juives, hommes, femmes et enfants, pendant la dernière guerre ? Et puis, juste à côté, Pithiviers, où on internait aussi ? Ces deux camps «alimentaient» Auschwitz et d'autres lieux d'extermination nazis... Sur les stèles de marbre que j'ai vues, il était écrit, très peu de gens sont revenus des camps de la mort, hommes, femmes et enfants...

Je me trouvais à la jonction de ces deux lieux pour assister à un concert dans un petit festival de théâtre et de musique. J'avais de l'avance sur le concert, tant mieux, le temps de faire quelques photos...


Dans l'Indre

 
Impossible de ne pas passer par le souvenir de tous ces morts assassinés...

J'étais passée des mémoriaux aux déportés, aux traces des camps, des baraques, des fils barbelés, envolés, disparus, remplacés par des maisons beaucoup moins barbares, des écoles, des collèges,des lieux en somme où on apprend encore l'histoire... Visite d'une belle église du coin, très belle, très claire, très style gothique du 16e siècle, le clocher fin piquait le ciel, on devait l'aiguille à Viollet-Le-Duc.

J'avais l'impression que rien n'avait bougé depuis longtemps ici, quelques boutiques survivaient, un café, un restaurant, une agence immobilière, et puis ce jeune festival, âgé de trois seulement.


Dans l'Indre

Je prenais encore une photo d'un petit escalier qui décorait encore le devant d'une belle maison ancienne, l'escalier ne menait nulle part, juste sous une fenêtre, l'entrée en avait été murée.

Une femme, jeune encore, me fit des signes de l'autre côté de la rue : vous prenez la photo de la belle maison, mais venez donc voir à l'intérieur c'est très beau aussi... Et me voilà avec elle, dans une belle cour, ici la propriété a été vendue aux HLM, deux appartements là, deux autres ici, un troisième, vous voyez, au-dessus.

Nous commençons à parler du pays, des camps, des déportés, du silence...

C'est vrai ce que vous dites, souvent les déportés ne voulaient pas parler de ce qu'ils avaient vécu... J'en connaissais des gens qui étaient restés muets là-dessus, mais oui, vous comprenez impossible à dire ce qui leur était arrivé, moi mon arrière grand-mère elle portait un numéro sur le bras, elle n'en a jamais parlé, à personne de ce qui lui était arrivée, tout le monde la connaissait dans le coin, elle ne parlait pas... C'est vrai, votre arrière grand-mère ? Oui, nous sommes d'origine hongroise... Je comprends, mais votre arrière grand-mère elle n'était pas d'origine juive, pour avoir ce numéro sur le bras ? Peut-être, c'est bien possible, je crois bien que nous avons quelque chose de juif chez nous... Je l'écoutais avec passion : vous ne savez pas ? Non, je ne sais pas mais je vais chercher, à Paris, je sais où aller... Mais oui, vous avez raison, allez voir, ça serait bien d'en savoir plus sur votre arrière grand-mère.


Dans l'Indre

Mais vous savez, ils ne parlaient pas, car ils ne voulaient pas raconter ce qui s'était passé dans les baraques, j'en suis sûre, il a dû s'en passer des choses, des viols, tout ça, je sais de quoi je parle, j'ai été violée.

Vous avez été violée ? C'est terrible ce que vous dites, venez, asseyons nous sur ces marches, au soleil, nous serons bien pour discuter... Oui, dit-elle, moi j'ai connu ça !

Pendant plus d'une heure, nous sommes restées à parler, moi je ne bougeais presque pas. Elle s'est mise à raconter son histoire au bord des lèvres depuis longtemps, pas très loin dans son coeur, toujours prête à sortir, la mauvaise vie...

Oui, j'ai été violé de 7 ans à 13 ans par mon beau-père, c'est pourquoi je sais de quoi je parle, pour vous dire que les déportés ne disaient rien... Mon Dieu, comment avez-vous fait pour survivre à çà ? Je ne sais pas, je me suis lavée, beaucoup, j'en ai pris des bains, avec de l'eau très chaude et puis très froide, rien n'y faisait, j'étais sale de l'intérieur. même aujourd'hui je me sens sale. Mais comment avez vous fait pour sortir de ce cercle infernal ? Quand j'ai su que j'avais été violée... Comment ça, su que vous aviez été violée, vous ne saviez pas ? Je ne savais pas, c'est vrai, on me l'a dit après, j'avais dix sept ans, je ne savais pas que c'était pas normal de faire ça à une petite fille, ma mère ne disait rien, elle consentait aussi... Après, quand j'ai su, je me suis défendue, je suis allée voir des personnes qui m'ont dit, il faut porter plainte, je l'ai fait, j'ai été rejetée par toute ma famille, ma mère me traîtait de salope, personne ne voulait de moi.


Dans l'Indre

Vous savez, quant il est sorti de prison, lui, il était guéri, il avait payé, mais moi ? Moi, je souffre toujours, je ne me suis jamais tirée de cette histoire... Souvent j'ai voulu mourir, vous savez, quand vous voyez quelqu'un dans la rue qui se drogue, qui boit, qui se traîne, demandez-vous pourquoi il fait ça, demandez-vous, vous verrez, il souffre, réfléchissez, on ne se détruit pas pour rien.

Moi aussi j'ai voulu mourir, mais je ne savais pas que les veines roulaient au poignets, c'est difficile de les attraper, c'est difficile de mourir.

Quand j'ai eu un enfant, j'ai pu l'embrasser, le caresser jusqu'à trois ans, et puis à trois ans j'ai dit à mon mari : occupe-toi de notre enfant, moi j'ai peur de le toucher, j'avais tout le temps peur de répéter mon histoire, je ne sais pas pourquoi, j'ai eu peur. Pas de câlins, rien, je ne le touchais jamais, la première fois que je lui ai fait un câlin, il avait seize ans, je l'ai pris dans mes bras et je l'ai serré, je ne savais pas comment faire... J'ai recommencé deux ans après, quand il a eu dix huit ans, il savait pourquoi je ne pouvait pas le serrer dans mes bras, il savait, je lui avait raconté mon histoire... Je lui ai demandé pardon de ne pas pouvoir lui donner l'affection qu'il voulait, mais je lui ai beaucoup parlé, parlé de la confiance, parlé de l'avenir, parlé pour qu'il réussisse sa vie, ne pas faire comme moi, avoir un bon métier, être quelqu'un, il a compris, mon fils.


Dans l'Indre

Quand il a été à l'école, il a fait un peu comme moi, rien ne passait dans sa tête, moi à sept ans je ne pouvais rien retenir, comme des trous dans ma tête, je vous assure, c'était comme du vent.

Mon fils aussi il apprenait mal, je lui ai dit : ne t'en fais pas, un jour ça va rester, c'est pas grave, mets-toi bien dans la vie, aies confiance, tu verras, ça va rentrer. Je suis fière de toi, je suis fière de t'avoir comme fils, même si je ne peux pas t'embrasser. Vous voyez, j'ai essayé de le rendre fort, de lui donner confiance en lui.

J'écoutais et je pleurais, je ne pouvais pas m'en empêcher, devant elle, je pleurais comme une madeleine... Ne pleurez pas, je ne veux pas qu'on pleure, j'avais sorti mon mouchoir et je m'essuyais discrètement les yeux : Madame quelle force vous avez, je vous trouve admirable de résister comme ça, d'en parler avec autant d'émotion et de sincérité, votre fils aussi doit être fière de vous...


Dans l'Indre

Ah ! Vous savez, un jour j'ai été heureuse car mon fils qui n'avait pas réussi son CAP, a eu son BEP de mécanique auto, il a un bon métier, je suis heureuse de ça, il va dans sa vie mieux que moi...

Pendant qu'elle parlait de sa joie, j'avais regardé discrétement ma montre, j'étais toute secouée, c'était l'heure, il fallait aller au théâtre. Madame, je suis très heureuse de vous avoir rencontrée, vous pouvez être fière de vous, permettez moi de vous embrasser, de vous serrer dans mes bras, je l'ai fait, et puis elle m'a dit : c'est ça un câlin, c'est ça ! Mais je l'ai eu, ça, je l'ai eu ! Oui, vous l'avez eu, mais dans un câlin il y a de l'affection, de la tendresse, et du respect, et c'est ça que vous n'avez pas eu,. vous n'avez pas eu le respect.

Portez vous bien, restez forte, au-revoir, à bientôt... Je lui avais dit «à bientôt», pourtant je savais que je n'allais jamais la revoir, mais son histoire était en moi... J'ai pensé à elle pendant tout le spectacle et puis après... Après... Bien après... Son témoignage m'a tellement touchée, je me suis sentie honorée d'avoir reçu ses paroles, la confiance avait fonctionné, comment, pourquoi, je ne sais pas, c'était beau, inoubliable, et tellement humain, toutes les deux, là sur les marches, nous avons été au coeur de la souffrance.

Je dédie ce post à cette femme magnifique, j'y mets mon affection, mes remerciements et mon respect total.


Dans l'Indre

mercredi 7 septembre 2011

L'Indre 2011... Une journée ordinaire !


La toute petite récolte du jour...


Peu de noisettes et beaucoup sont gâtées


Les figues tombent déjà...


Les noix tombent trop tôt...


La belle récolte du jour... (vue partielle)


Dégustation immédiate (détail)


Vendanges prévues... Cette semaine


Les pommiers sont pleins


Les mûres sont magnifiques, il faut se dépêcher...


Les châtaignes se préparent


Les fleurs de saison... Sont belles


Le soir, j'aime le lampion de la lune

Je suis allée voir mon voisin, le producteur de lait qui fait aussi du veau, il est content de son année, le prix du lait va beaucoup mieux et lui aussi, il a bien prévu son fourrage, il ne manque de rien, demain il rentre le maïs broyé pour ses bêtes, l'ensilage sous la bâche peut se conserver deux ans... Les animaux adorent ça.

Maintenant nous pratiquons le troc, le troc ? Oui, nous échangeons fourrage contre fumier avec les collègues d'une autre région, ça marche très bien... Nous utilisons le fumier pour engraisser nos champs, c'est vraiment mieux et ça coûte beaucoup moins cher...

On dirait que nos agriculteurs reviennent à des pratiques meilleures pour la Terre... Et pour leur porte-monnaie !...

mardi 6 septembre 2011

L'Indre 2011...Les bonnes paroles ?


Les mûres... Suite

J'ai rencontré le propriétaire de la vigne en sucre candi, celle qui s'illumine, le soir, aux derniers rayons de soleil, comme le décor d'une scène de théâtre sous les projecteurs. Bonjour monsieur, comment allez vous,je suis contente de vous rencontrer, vous me reconnaissez ? Oui, vous êtes la dame de l'année dernière... Oui, comment s'est passée votre année, pas de soucis ? Parfait, parfait, vous savez tant qu'il n'y a pas de maladie, tout va bien, ben ma foi tout s'est passé à merveille, les vendanges vont être avancées, le raisin est sucré, nous allons tous nous y mettre la semaine prochaine, nous serons dix avec mes enfants, ma femme et des amis.

Bravo ! Et je voulais vous demander aussi pour les mirabelles, j'en avais tant ramassées l'année dernière... Holà, y'en a pas eu, mais rien du tout... Rien, ah bon ! Mais pourquoi ? Tout gelé, tout a gelé, on n'a rien eu, pas de mirabelles cette année... Zut alors, je lui dis avec le sourire, moi qui comptais mettre en pots compote et confiture, faire tarte sur tarte, tout est raté alors ? Ah ça oui, la gelée au printemps, terminé, pas de mirabelles. J'avais bien vu de loin que les arbres ne brillaient pas, plus de perles en or sur les branches, pas de buisson ardent ! Des feuilles seulement, orphelines, déshéritées, vides, stériles, de simples branches même pas bonnes pour les pattes des oiseaux,..


Les mûres... Pas de mirabelles

J'étais comme Perrette et son pot au lait, sauf que moi je ne rêvais pas de faire fortune... Je comptais seulement sur le plaisir...

Il faudra attendre une grande année pour remplir mon panier, si tout marche bien avec un temps plus raisonnable, qui pense à moi, à tous mes amis, ma famille, mes petits déjeuners d'hiver... Bien étaler la confiture sur son pain est gage de belles journées bien équilibrées, il devrait le savoir, ça, le temps.

Je n'avais plus de paroles, mais j'avais les mains remplies de noix, elle tombent déjà sur le petit chemin vert, tout est avancé, tout, tout, tout, pas le temps de dire ouf, il faut aller aux cueillettes : vous pouvez les prendre celles-là, elles sont dans le chemin, y'a aucun problème, c'est à tout le monde.

Je vais rechercher des mûres pour la confiture, à bientôt, passez une bonne fin de journée... Je n'étais pas désespérée, faudra attendre...

J'avais repris mon sac en plastique, le gros pour les deux kilos et quelques... Mon chapeau, il faisait beau, un peu gris par dessous les nuages,juste un peu par dessous, mais j'avais le temps, cette année les ronces étaient pleines de fruits rouges, il y en avait des tonnes, des grosses, chaque poignée faisait bien 100 grammes... Je choisissais les plus dodues, bien lisses, bien brillantes, venues d'hier ou de ce matin. Je trouvais même que c'était trop facile, les ronces pendaient de toutes leurs épines sur le champ qui venait d'être labouré, aucune ortie, rien qui piquait, je me croyais dans un grand magasin de mûres à récolter soi-même.

En deux temps trois mouvements bien sûr, les deux kilos étaient enlevés, pas d'écrabouillage, les fruits étaient venus de la veille, ils venaient de naître, beaux comme des cœurs.

En rentrant dans ma maison, avec ma voisine, j'ai rediscuté de la saison, les mûres qui étaient presque passées, soi-disant, moi j'en ai trouvées plein, pour ce qui est des mirabelles, j'ai vu le propriétaire de la petite vigne, il m'a dit que c'était la gelée, il n'a rien eu cette année... Tiens c'est bizarre, ici (nous étions à un kilomètre de distance) on en a eues, on en a eues, incroyable, je n'ai même pas pu tout ramasser, j'ai donné à droite et à gauche, à quoi bon vouloir tout garder, quand on peut donner tout autour.

J'ai fait des comptes, les mûres pour les confitures, même les oiseaux n'en sont pas venus à bout... Les mouches n'en parlons pas, pas assez nombreuses, juste avec mon sac plastique, je gagne la guerre facilement sur la gente ailée...

Deux paroles, deux sons de cloches à si peu de distance, sur le même département, pour les uns elles ont gelé, pas de fruits, rien que de la misère, pour les autres, elles tombaient par terre, trop sucrées, trop nombreuses, une année incroyable ! Pour les mûres tout le monde s'en moque, c'est uniquement bon pour la dame de l'année dernière, personne ne les ramasse ici...

Comment savoir puisque les jeux sont faits... Mais pour ma part, les mûres, je n'en ai jamais vues autant et de cette taille, il faut que je rachète des pots, j'ai des commandes, les demandes sont serrées, voyez les gourmands sur mon blog, il faut que je m'active.


L'étang d'argent... Le soir

En allant à l'étang, il y avait du vivant sur le chemin, une petite perdrix qui passait par-là toute droite, se dandinant un peu, j'ai vite sorti l'appareil photo, mais un pas c'était de trop, la voilà partie dans les fourrés, elle sera bonne pour les chasseurs d'ici peu, gare à ses mollets...


Une perdrix ? J'm'y connais mieux en fruits et légumes

Les pommes, j'en vois partout, personne ne m'a rien dit la-dessus, pourvu que je puisse compoter avec un brin de vanille, c'est vraiment le paradis...

samedi 3 septembre 2011

Les mirabelles sont passées depuis longtemps, et les mûres ?





Les mûres sans mouche

Vous croyez que ça fait plaisir à entendre, ça ? Alors que vous venez de passer une année entière à y
 penser ?

Forcément, je m'y était préparée, le mental ça compte énormément pour les conserves : alors, un peu de confiture, un peu de compote, juste stérilisée... Combien faut-il que j'emporte de pots ? Il y a toute une gamme de pensées qu'il faut avoir, c'est obligé pour la réussite, c'est indispensable.


La vigne en sucre cadi

Très vite il va falloir que je rencontre le propriétaire de la petite vigne, entre les rangées de cêpes il a planté des mirabelliers de toute beauté. L'année dernière, on avait juste à se baisser pour les ramasser, encore une et puis une autre, la dernière, l'avant-dernière et puis finalement 2 kg au bout du bras... Quand je me relevais j'avais la vigne en plein figure, en plein cœur, les grappes rouges descendaient dessous les feuilles, avec le soleil du soir, toutes les feuilles vertes et rouges devenaient transparentes, c'était une merveille, on aurait dit du sucre candi...


Les grappes

Bon, je suis contente, je vais faire des confitures, je vais les faire bien cuire,je vais essayer de baisser le taux de sucre, les mirabelles c'est tellement sucré, les compotes pour faire des tartes dans l'année ça sera divinement bon... Je ne suis pas sûre d'avoir tout bien calculé, si je manque de pots j'en achèterais chez l'épicier du village, il en avait l'année dernière...

Et voilà l'année qui passe... A faire des comptes d'apothicaire...

Pour les mûres, j'ai trouvé une autre méthode, beaucoup plus pratique, je ne vais pas attendre la fin septembre pour les cueillir, non, vers le 15 ça devrait être bien. Ni trop grosses ni trop petites, pas trop de pépins, que du bonheur.

Vous comptez sur la nature pour tenir ses promesses, entre nous c'est la joie depuis toujours, jamais d'infidélité, je la trouve toujours aussi délicieuse, arrangée merveilleusement par les grands couturiers du temps. Rien, il ne lui manque rien, pas une botte de paille, pas un pommier, même les fleurs sauvages sont vraiment sauvages, ses petits chemins verts vont très loin... Il y aura des mûres, des mirabelles, des pommes, des coings, je n'en fais rien mais c'est tellement beau, des noix et noisettes, les figues du jardin pour les desserts, que demander de plus sans déranger ?

Pour descendre dans mon jardin, j'avais fait une belle route, dans le bon sens de ceux qui partent en septembre, il faisait beau......



A l'arrivée, on était dans les bras des uns et des autres, comment tu vas, et toi ? J'arrivais dans les soucis de la maladie pour un membre de la famille, il restait bien quelques sourires, quelques beaux projets, mais les soucis étaient là, entre nous.

Et patatras, mon amie me dit : les mirabelles ? Mais nous les avons ramassées au 15 août, il ne reste plus rien, mais rien du tout, affreux affreux... Pour les mûres, j'ai vue une amie l'autre jour, elle m'a dit, faudra se dépêcher les mouches arrivent déjà dessus, il faudra faire très vite et même, je ne sais pas si elle (c'était moi) en trouvera... Tu vois, tout est avancé, on ne sait plus comment on vit, c'est jamais pareil d'une année sur l'autre, et puis je dois te dire aussi, il n'y a plus de noisettes, pas une. Les mots arrivaient comme ça, comme un coup de pelle sur la tête.

Des pommes, il y en a ? Oui, des pommes, oui.


Le dessert...

Ouf ! Sauvée, il reste enfin quelque chose à se mettre sous la dent, le figuier du jardin est en pleine forme, les figues lui poussent de tous les côtés, même avec ses branches coupées, il n'en est que plus joli et mieux garni...

Je suis donc allée vérifier les mûres, avec un grand sac en plastique, j'en ai trouvé des milliers, je les ai disputées aux mouches c'est vrai, mais il en restait bien de quoi faire quelques kilos de confiture sans problème. Il fallait faire vite c'était vrai aussi, la pluie qui arrive, les mouches qui sont là, faut pas traîner...

J'ai pas traîné, j'en ai fait 2kg en presque deux heures, piquée ici et là mais je ne sentais rien, j'étais à l'œuvre, le grand œuvre,c'était comme si j'avais une balance romaine au bout de mon bras, à 100gr près j'avais pesé le tout.

Le mental compte énormément pour la cueillette aussi.


Soustrait aux mouches

En rentrant, la grande séance commença, lavage, triage, passage à tabac dans le moulin à légume pour enlever les gros pépins... Enfin bref, en un tour de main, j'avais fait 7 pots, je n'étais pas peu fière.

Demain il faudra y retourner, pas questions de laisser le champs libre aux mouches... Il m'en faut au moins 2kg pour remplir le reste des pots...


L'étang d'argent

Il faisait beau, je suis passée par la vigne en sucre candi, j'ai vu des perdrix en groupe, une toute seule qui courait des jours heureux avant l'ouverture de la chasse, des canards sauvages, des cygnes qui glissaient sur l'eau, le soleil avait bien tout arrangé pour moi, il avait mis des dorures partout, des ombres douces, celles du soir, les plus belles...

Tout était à la même place, rien n'était dérangée, mais il fallait revoir tout en détail, demain... On verra.


Rien de changé, ou si peu