dimanche 30 janvier 2011

La veste de fourrure... Spécial lady !


J’ai acheté il y a au moins 15 ans, aux puces de Montreuil, une veste en mouton doré, bien épaisse, presque neuve… La dame qui la vendait avait besoin d’argent immédiatement, elle me l’a cédée pour trois fois rien, on ne marchande pas trois fois rien.…

J’ai porté cette veste tous les hivers, avec bonheur, car le mouton doré est extrêmement chaud, mais… Tout à fait démodé, ce qui ne me gêne nullement… La veste est marron foncé avec des reflets plus clairs, comme des petits rayons de soleil, un gros mouton devait la porter, et la tonte a dû lui faire de la peine… Le laissant totalement à découvert.

Dès que la météo annonce la couleur du froid, du vent, de la neige, je mets mon mouton, il est aussi lourd que s’il broutait encore dans un pré… Je peux même le mettre bras nus, tellement je bous dedans... D'une main, il faut que je tienne le col fermé, et je suis comme dans un igloo.

Cette semaine, comme je passais dans une rue commerçante près de la rue Montorgueil pour aller au cinéma (voir Shahada de Qurbani, je vous en parle bientôt), je vois qu'on solde dans une grande friperie, qui vend absolument de tout pour habiller filles et garçons…

Allez, le mouton est trop lourd à traîner, il se fait vieux, changeons de prairie.

Les fourrures sont à des prix d'occasion exceptionnels, pas chères du tout, le prix d’une petite veste en laine, neuve… Pas de crise d'angoisse pour nos amis les bêtes, les manteaux qui sont ici on déjà bien vécu, les animaux sont morts depuis longtemps, peut-être même avant les cris d'alarme de Brigitte Bardot. Des manteaux, des vestes, de toutes les tailles, un embarras du choix formidable, pas de fourrure précieuse, pas de vison, que des petits moutons, des agneaux, des bêtes à poil long, et même du lapin… Que du menu fretin, pas de quoi en faire une histoire, on peut les porter encore un peu avant qu'ils rendent l'âme tout à fait.

J’essaye une veste, avec un poil plus ras, moins épais, qui me va comme un gant, j’hésite, je tourne, je vire, je fais toutes les glaces, je retourne l’étiquette, pas de doute : le prix d’une petite veste en laine… Neuve.

Et puis, tous les doutes m'arrivent au cerveau, est-ce bien raisonnable ? Mais voyons, un si petit prix pour une si belle veste, elle me va bien, elle est impeccable, elle sent juste un peu le renfermé, je lui ferai prendre l'air sur le balcon.... Oui, je vais la prendre immédiatement…

Des doutes encore... Mais la mienne n’est même pas usée, d’accord, elle est un peu lourde, mais bien chaude, ça va me faire deux vestes alors, qu'est-ce que je vais faire du mouton doré ? Je vais attendre un peu… Jusqu’à demain, je vais encore réfléchir... Elle n'y sera peut-être plus, c'est presque sûr ! Bon, allez, je paye, j’ai juste ce qu’il faut sur moi, un petit coup de carte bleue, et l'affaire sera dans le sac… C’est l’évidence… Le temps de chercher dans mon sac, je ne suis plus sûre de rien… Bon, voilà ce que je vais faire, revenir demain avec mon amie, elle me dira si vraiment elle me va bien, je n’arrive pas à dominer la question maintenant, l'argument était le bon pour ne rien décider du tout.

Encore un tour du rayon, je remets la veste en place… Je laisse donc le hasard faire pour moi, demain, on verra bien…

Avez-vous souvent pris le risque de laisser passer le bel objet que vous convoitiez, qui était à votre portée, permis par le cœur, la tête et le porte-monnaie ?

Plus loin, dans un grand magasin tout près du cinéma où je vais le plus souvent, une jeune femme admirait une robe qu’elle aurait aimé acheter, je croyais l’affaire faite, mais je l'ai entendu dire à son amie : je ne sais pas, je crois que je vais regretter…Comme une odeur de parfum entêtant… Chaque mot se gravait dans ma tête. Je suis partie à réfléchir sur les regrets, les hésitations, les doutes qui ne facilitent pas la vie...

J'ai moi-même souvent hésité dans mes achats, les petits comme les grands, je n’ai jamais compris les leçons à tirer des hésitations, mais je n’hésite pas pour tout… Quelques fois même, j'ai acheté les grandes choses plus vite que les petites...

Donc, en remettant l'achat de la veste au lendemain, je me livrais totalement aux regrets et aussi au soulagement du différé... Allez savoir...

Le jour J l'achat fut fait en un tour de main,

l'amical conseil avait opéré : elle te va très bien, prends-là.

Ce matin, il gelait, ma voisine m'a dit : il fait très froid, j'ai jamais vu ça... Moi, je n'ai jamais eu aussi chaud, je ne sentais rien, que le plaisir d'avoir mon agneau sur le dos... Je trouvais même que ma voisine exagérait beaucoup cet l'hiver...

Ne prenez pas froid, bonne journée...


samedi 29 janvier 2011

DVD cadeaux...Images et Paroles...

C'est Françoise, auteure du blog "Autour du Puits", qui m'a fait un gentil signe afin de participer à un jeu, trouver cinq livres à offrir... Alors je m’exécute avec 6 DVD qui forment ma médiathèque personnelle... Six oeuvre qui seraient la réponse à la question : si tu devais emporter des films sur une île déserte, tu emmènerais quoi ?



Documentaire de Victor Erice (cinéaste atypique espagnol), autour du peintre Antonio López, s’attaquant (durant plusieurs mois septembre à décembre) à la peinture du cognassier de sa maison madrilène. Il montre la minutie des travaux préparatoires, affronte le dur labeur du processus créatif, mais offre aussi une réflexion mélancolique sur l’art et la mort. Et remporte le Prix du Jury au Festival de Cannes, ainsi que le Prix de la critique internationale. Un film sublime, que j'adore, un cadeau somptueux à faire...


Ce merveilleux OZU (1903-1963), réalisateur japonais, a fait un cinéma totalement épuré, la trame de ses films est toujours très simple, pas ou peu d'action, il traite principalement l'histoire familiale dans tous ses déchirements : enfance, mariage, vie conjugale, séparation, deuils... Un très grand artiste que je recommande avec enthousiasme pour ceux qui ne connaîtraient pas ou peu...

Alain Cavalier (cinéaste français né en 1931), auteur exceptionnel que j'adore, j'ai été aussi subjuguée par Thérèse (1986), qui racontait la vie de Sainte Thérèse de Lisieux, un chef-d'oeuvre absolu... Il a une filmographie impressionnante... Ces 24 portraits sont une commande d'Arte en 1987, une merveille !



Jacques Demy (1931-1990)... Mais est-il vraiment utile de présenter ce très grand cinéaste ? Dont les films sont des oeuvres formidables ? Peau d'Âne a été réalisé en 1970.


Jean-Luc Godard (1931). Pour moi ce film (1963) est un très très grand film (tiré du livre de Moravia), s'il me fallait garder un seul film de Godard, ça serait celui-là... Je peux le voir et le revoir sans cesse : images, plans, scénario, acteurs... La perfection !!

François Ozon (1967), réalise avec 8 femmes une perle (2002).

Et je n'ai pas cité... Kirostami, Zhang-Ke, S. Coppola, X. Beauvois, Y. Moreau (à la réalisation)...

Si le coeur vous en dit, à vous de jouer chers blogueurs... Je vous passe le flambeau... Avec joie !!


mercredi 26 janvier 2011

Les boissons aux graines de lotus !


L'autre jour, à Belleville, je me trouvais dans mon restaurant vietnamien préféré (depuis 20 ans), à déguster des raviolis vietnamiens, les plus époustouflants que je connaisse sur la place de Paris. Depuis longtemps je ne donne plus l'adresse, il y a déjà bien trop de monde qui fait la queue à la sortie...

Je m'apprêtais à vivre ce très grand moment avec un délice chaque fois renouvelé, dans le bruit discret de toutes les conversations environnantes... La poignée de main du patron ou des gens du service est toujours bien agréable, attention, voilà l'habituée qui revient... Mettez-vous là, un ravioli comme d'habitude ? Une carafe d'eau, bien sûr ?

J'étais au spectacle, les plats amenés un à un sur les tables, dans leurs saveurs délicieuses, ne facilitent jamais mes choix... Mais je finis toujours par dire : un ravioli vietnamien, s'il vous plaît ! Bon, la prochaine fois, je prends autre chose, tiens, cette soupe sublime, ce travers de porc au riz blanc... Le Bo Bun avec nems, trop copieux pour moi, reste un regret éternel, le jour ou j'aurais vraiment faim, c'est ça que je prends, je n'en peux plus de patienter...


J'ai un petit appétit, à côté des grands émerveillements culinaires.

Tout allait bien, ça parlait même vietnamien à côté de moi, un jeune couple commençait les festivités...

On apporta sur leur table deux belles boissons aux graines de lotus et lait de coco. Je ne sais si vous avez déjà vu et goûté cette boisson ?

La chose se présente très bien, deux grands verres dans lesquels s'amoncellent des couleurs fantastiques... Le lait de coco, blanc immaculé, les contient toutes : le vert tendre des algues comestibles, le beige timide des graines de lotus et au milieu, nageant entre deux eaux, quelques petits points rouges, très discrets, dont je ne sais absolument rien, des graines de roses ? De coquelicot ? Des perles en sucre ? Vous en savez peut-être plus que moi à ce sujet ?

Dans les deux beaux verres, les strates colorées, piquées de rouge, immobiles, me fascinaient.

Dans ces deux petites esquisses, sorties tout droit de la palette du peintre de la cuisine, pointaient deux longues cuillères en plastique marron, peut-être des pinceaux, des joncs, des roseaux, des tiges de lotus, qui formaient une harmonie totale.

Mes deux jeunes ne voyaient pas du tout ça comme ça... Ils se mirent à touiller chacun leur verre vivement, faisant valser les couleurs comme dans une centrifugeuse, les petites graines rouges, telles des poissons rouges, tournoyaient dans l' aquarium, le vert, le blanc, le beige, se mélangèrent allègrement... Quand la boisson fut bien tournée, elle atterrit dans la bouche des jeunes gens, frénétiquement... Finie la poésie, finie la boîte de couleurs... Place à la gourmandise et au plaisir.

Je me suis dit : en rentrant, je vous raconte ça !


lundi 24 janvier 2011

Louis-Ferdinand Céline...Ne sera pas de la fête !

En prenant mon métro, comme tout le monde, j'ai lu un "gratuit" pour passer le temps, dénicher une petit info furtive, un entrefilet qui dit en 2 lignes ce que vous devrez chercher en une heure pour en savoir plus... Sur Internet.

Justement : Céline ne sera pas de la fête, c'est le titre de "Métro". C'est une vraie douleur, cet homme-là.

J'ai attendu d'avoir au moins cinquante ans avant de le lire, quel talent, quel immense écrivain : Voyage au bout de la nuit (1932), Mort à crédit (1936), un feu d'artifice, une écriture somptueuse, des inventions à toutes les lignes... Quand on lit Céline, il faut souligner tout le livre, on ne peut pas sauter une page, même une ligne, pas une virgule, on ne peut pas, il se passe toujours quelque chose dans ses mots. C'est de l'émotion pure, il est bouleversant... Il voulait écrire comme on parle, quand on parle magnifiquement, les mots de dessous sur ceux du dessus, et on en sort émerveillé... Voilà comment j'étais quand j'ai lu ce livre, je l'ai tout de suite rangé dans mes grands : Proust, Molière, A. Cohen... Tous ceux que j'ai mis dans mon profil (mon meilleur...), pour présenter mes goûts dans mon blog... J'ai bien pesé mes choix, vraiment ceux que j'aime pour toujours, et pas forcément depuis toujours...

Je lisais ce livre tout doucement, pour tout déguster mot à mot, il n'y a rien à jeter dans Louis-Ferdinand Céline, c'est un écrivain hors du commun qui bouleverse la vie, qui a bouleversé la mienne... J'avais perdu beaucoup de temps, cinquante ans, c'est tard !

Rappelez-vous : "Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déception et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force.

Il va de la vie à la mort. Hommes, bêtes, villes et choses, tout est imaginé. C'est un roman, rien qu'une histoire fictive. Littré le dit, qui ne se trompe jamais.

Et puis d'abord tout le monde peut en faire autant. Il suffit de fermer les yeux. C'est de l'autre côté de la vie".

C'est ainsi que commence le "Voyage au bout de la nuit."

Depuis, je l'ai suivi dans tous ses livres avec le même bonheur..

Je vais relire le "Voyage", et puis "Rigodon", son posthume, c'est urgent, c'est pressé, si j'avais un talent d'écrivain j'aurais voulu avoir le sien, une écriture qui bouge tout le temps, qui crée tout le temps, qui fait pleurer, qui fait rire, c'est vraiment le seul que j'aurais bien aimé imiter. Vous pouvez ouvrir le livre à n'importe quelle page, c'est beau ! Son style, c'est le fond de l'âme, c'est du beau travail, comme il disait lui-même en parlant de Montaigne.

Je n'osais même pas dire que je venais de lire Céline à plus de cinquante ans... Ah bon ! Tu n'avais jamais rien lu ?

Non, je n'avais jamais rien lu, car j'avais toujours refusé de le lire, pendant très très longtemps, vous savez maintenant, cet horrible personnage était moins beau que dans ses livres, cet antisémite de première, cette grande pointure de la collaboration, j'avais l'impression qu'en lisant ses romans je pouvais encore lui faire plaisir, et ça, je ne le voulais pas. Je ne voulais pas mettre mes yeux là-dedans, il ne le méritait pas. Quand j'ai acheté ses livres, j'ai tout acheté en poche, les moins chers du marché. Je ne voulais pas enrichir ses héritiers.

J'avais lu Bagatelle pour un massacre (1937), et j'avais pleuré de désespoir, il employait les même mots que dans ses romans, il disait les mêmes belles choses pour traiter les Juifs de charognards, et d'autres mots qu'il avait inventés pour les humilier, leur cracher dessus, les haïr... Dans ma lecture de "Bagatelle", chaque page était un supplice, je me disais : non, non, il ne peut pas écrire ça, ce n'est pas lui, c'est pas possible, il n'a pas le droit, pas lui, un de mes écrivains préférés... Ignoble !

Il s'est bien défendu, il a bien crié son innocence après la guerre, personne ne l'a cru à part ses amis, quand on lit Bagatelle on ne peut pas le dire innocent, il est coupable. J'ai tout lu, je sais tout, sur son racisme, un grand écrivain n'a pas le droit de dire avec tant de talent des choses horribles et répugnantes sur autrui. Écrivain, médecin... Collabo, antisémite, même les Allemands trouvaient qu'il en faisait trop ! Après la guerre il a été condamné à un an d'emprisonnement, confiscation de ses biens, 50 000 Francs d'amende, condamné aussi à l'indignité nationale...

On ne peut pas lui faire la fête aujourd'hui, biffer, raturer ses mauvaises pensées, ses mauvaises actions, ses écrits immondes, c'est beaucoup trop tôt pour oublier tout ça, on ne peut pas le mettre sur la sellette pour lui faire la fête, moi je trouve qu'on a raison de le retirer de la liste des Célébrations Nationales 2011, il ne les mérite pas.

Non, vraiment, la République ne peut pas oublier son antisémitisme frénétique, même si elle reconnaît son immense talent. Génial Céline, comme j'aurais aimé que tu sois un homme bien...

dimanche 23 janvier 2011

Cambodge... Je suis bilingue.

Personne ne s’attendait à ce que je devienne bilingue en 15 jours, même pas moi.

Vous pensez que j’ai appris le Khmer en douce, avant de partir ? Non, trop difficile, j’ai juste révisé le lexique du guide du routard : bonjour, bonsoir, j’ai faim, j’ai soif…

Un miracle ? J’ai été touchée par la grâce du bilinguisme en un éclair ?

Vous n’y êtes pas du tout, mais pas du tout.

Voilà comment les choses se sont passées, sans fard, je vous dis toute la vérité, je suis devenue bilingue en une soirée.

Il fait toujours beau au Cambodge, en saison sèche ou en période de mousson, c’est 30 degrés minimum garantis, on peut donc sortir le soir en petite robe, légère et courte vêtue.

À la porte de l’hôtel, sans même s’avancer plus loin dans la rue, des tuk-tuk attendent les clients, pas besoin de parler Khmer pour faire signe au premier de ces messieurs (je n’ai jamais vu de femmes qui conduisent ce genre de taxi). Première règle, avant de monter dans votre fiacre, il faut négocier le prix, s’assurer que votre chauffeur a bien compris où vous allez, et qu'il est totalement d’accord.

La gracieuse nacelle à deux roues vous reçoit alors très confortablement, le chauffeur met son casque (le plus souvent), et en voiture Simone, vous allez voir du pays. La grande avenue est irrespirable, je me dis, heureusement que je ne suis pas d’ici, car je craindrais pour ma santé… Quelques locaux mettent des masques en tissu, on les comprend.

Les lumières clignotent partout, nous voilà en période de Noël et de 1er janvier, de fête européenne et chrétienne. Le bruit envahit tout. Les voitures klaxonnent gaillardement, un coup à gauche, un coup à droite, il y a un seul feu tricolore pour toute la ville, on peut y aller… On double, on triple, pourvu qu’on arrive là où on veut aller.

La nacelle vole, danse, vous vous cramponnez un peu, mais pas de danger, le chauffeur est habile.

Il nous dépose pile poil devant le petit resto Routard choisi, la négociation va bon train pour le retour, même prix dans 2h, ça va ?Le petit resto est vaste, toutes les tables sont libres, il est tôt, musique, lumières, bruit, parfait ! Nous lisons la carte très illustrée, en Khmer et en anglais (je ne suis bilingue qu’en Khmer !) Alors, que choisir ? Des dizaines de plats sont tentants, poisson, viande ? Pour le riz, pas de problème, c’est du lourd, rien à dire, on prend ça.

Pour le reste, il faut ratiociner, compter uniquement sur un choix judicieux, fouiller au plus profond de ses envies, pour enfin dire : je veux le plat n°42. Vous ne saisissez peut-être pas toute la poésie de ce chiffre ? Poisson entouré de ses légumes, cuit dans une feuille de bananier, vous voyez mieux ? Appelé en Khmer : Amok.

Après ce plat délicieusement local, dont les saveurs entortillent vos papilles pour toujours, vous désirez la salade de fruits, une de celles dont je vous ai parlées déjà dans mon post : « La cuisine Khmère dans mon assiette », avec photos à l’appui.

Nous en voulions une pour deux, car elles sont copieuses, fraîches et délicieuses. Nous prenions toujours trois fruits : mangue, ananas et banane, quelques fois papaye. La mangue pour son odeur de rose, l’ananas pour sa note de cœur noix de coco, la banane pour sa saveur exquise d’ici, inexprimable, et de temps en temps, la papaye pour changer.

Nous n’arrivions pas à nous faire comprendre du serveur, français, anglais, rien à faire, pas d’illustration, nous serions privés de dessert.

Alors j’ai pris les choses en main, je me suis levée, j’ai expliqué au serveur qui avait appelé un autre collègue en renfort, en montrant du doigt la vitrine réfrigérée (?) où étaient exposés tous les fruits disponibles, je veux ça, et ça, et encore ça, trois petits coups d’index sur chacun des fruits désirés, et j'ai dit solennellement : one for two.

Immédiatement, je fus comprise, le miracle opéra, un plat fut apporté, rempli à ras bord de fruits délicatement découpés en forme de pétales, avec deux assiettes…

Vous voyez, le Khmer est un jeu d’enfant… Je le parle couramment, surtout au dessert.

samedi 22 janvier 2011

Mes toiles... Sofia Coppola, Zhang Ke, Mike Leigh


Somewhere (USA) : voilà que cette talentueuse cinéaste nous emmène encore dans les méandres de la solitude et de la tristesse humaine.

Ses deux précédents films (Lost in translation, et Marie Antoinette) parlaient déjà de la solitude et de l'attente de personnages en pleine gloire... Avec Somewhere, elle explore encore l'âme humaine.

Dans Somewhere, un acteur, star de cinéma, très entouré, au faîte de son succès, jeune, beau et riche, tourne en rond, s'ennuie, sombre dans la mélancolie... Sa vie personnelle est en grand décalage avec sa vie professionnelle, faite de lumières et de paillettes.... Dans sa vie intime, il se sent abandonné, seul et triste : "Je ne suis rien". Sa petite fille de 11 ans l'accompagne de temps en temps au gré des visites que le divorce lui octroie. Ces deux-là s'agitent, jouent, se séparent, la petite fille ressent aussi l'abandon, l'inquiétude, entre ses deux parents. S. Coppola ne fait pas du mélo, elle fait du cinéma sensible, beau, et intelligent.

Dans ses trois films, elle poursuit la même quête : isoler la solitude, l'angoisse, la tristesse, dans des mondes agités, clinquants, rapides et superficiels... Le vide abyssal habite chacun des personnages avec discrétion et profondeur. J'ai partagé, émue, toutes ces solitudes.

Un film comme celui-là est éprouvant pour moi, car ses images se mettent à jouer à l'unisson avec mes petites musiques intérieures... Comme font toutes les oeuvres d'art qui me touchent.


Another Year (Grande-Bretagne)
: ou les Quatre saisons de la vie... Le temps de la vie passe vite... Joie, peine, amitié, amour et réconfort, fraternité, famille, naissance et mort... Personne n'échappe à ce jeu de l'oie. Dans le jardin partagé qu'un couple cultive toute l'année, la vie se renouvelle lentement, inlassablement, une belle mise en abîme de la vie.

La boisson est omniprésente dans toutes les scènes de rencontres ou de solitude, ce produit miracle, si souvent partagé, pour supporter le chagrin, l'angoisse, la solitude.... Comme dans la vraie vie, l'alcool, partenaire des moments festifs ou solitaires, fait son office, vin triste, vin gai, chacun fait comme il peut pour survivre... Alléger le poids... Masquer les nécessités... Trinquons, levons nos verres, buvons, ça passera peut-être ?

Un couple d'âge mûr, solide, fidèle au poste, rassemble ces chercheurs de bonheur dans des rencontres amicales et réconfortantes, sans jugement, avec bienveillance et sincérité.

Comment ne pas être touchée par ces thèmes, si bien filmés, si finement distillés et sans réponses, sans mode d'emploi... Laissant toute la place à la réflexion. Les acteurs sont tous excellents.

Et la vie continue...


Wish I Knew (Chine) : beaucoup d'histoires, histoire politiques, et histoires personnelles. Depuis 1930, tous les bouleversement qui ont secoué Shanghai sont évoqués, révolution culturelle, guerres... Assassinats... Dix-huit témoignages pour nous raconter des morceaux de vie dans cette énorme ville en perpétuels mouvements, et le pluriel devient singulier... Zhang Ke ne lâche pas tout à fait la fiction, avec l'actrice Tao Zhao qui nous conduit d'une histoire à l'autre, les images sont magnifiques, les plans superbes.

Dans son film précédent 24 City, que j'avais beaucoup aimé, le visage de la Chine nouvelle apparaissait dans sa complexité et sa grandeur, fiction et réalité mêlées... Des images sublimes !

Zhang Ke renouvelle ici sa volonté de comprendre et d'expliquer la société dans laquelle il vit, magnifique cinéma, où chaque plan resplendit de beauté.

Avec Zhang Ke, la Chine se conjugue à la première personne du singulier. Comme ils nous ressemblent, ces Chinois, comme ils ont les mêmes ambitions, les même chagrins aussi, comme leur vie est semblable à la nôtre du début à la fin...

Il faut être tout à fait franche, honnête, je ne peux le cacher : j'ai bien dormi 10 minutes pendant le film, j'ai dû rater des petites merveilles... Les répétitions, les témoignages, les moments historiques m'auraient-ils joué des tours de passe-passe ? On dit partout que ce document est rare et précieux pour ceux qui veulent connaître, comprendre, l'extraordinaire développement de l'Empire du Milieu.

Dix minutes de sommeil, peut-être même cinq, ne devraient pas trop me gâcher la vie !! La prochaine fois, je prends un café serré avant d'entrer en séance ! La Chine, c'est grand, c'est compliqué, il y a beaucoup de monde, je pense qu'avec dix minutes de film en moins (sur 2h de projection), je vais pouvoir suivre quand même l'évolution du monde :-))


mercredi 19 janvier 2011

Cambodge... Le coucher du soleil à Angkor !


La chose inouïe, incroyable, totalement obligatoire, que tous les guides recommandent sous peine de voyage raté, même si vous n’êtes pas à l’aise avec le monde, il faut l’avoir vu au moins une fois : le coucher de soleil sur le site d'Angkor. Je me suis dit, ils insistent dans le guide, il faut, il faut… Il faut y aller.

Vous avez peut-être eu la chance d'y assister ?

Dans cette partie du monde, le soleil se couche entre 17h30 et 18h, les journées sont courtes, si vous faites la grasse matinée, il faudra tout diviser par deux, compter seulement sur l'après midi pour tout voir, c'est bête.


Les Cambodgiens se lèvent très tôt, à 6H du matin la ville part dans tous les sens, tout le monde est sur le pont, ça court, ça pédale, ça scooter, les voitures klaxonnent, les tuk-tuk (petites voitures montées sur deux roues, charmantes, tractées par une moto) chargés de touristes s'élancent à l'assaut des périples de votre journée...

Bref, à partir 16h30 il faut être là, que vous vous soyez levé tôt ou tard. Le coucher du soleil va bientôt jouer, dépêchons-nous...


Le coucher de soleil, c'est la cerise sur le gâteau, après avoir visité deux ou trois temples magnifiques, arrachés à la jungle depuis le 19e siècle, il faut courir au sommet de l'un d'entre eux pour assister à cette merveille.

Donc, j'ai fait comme tout le monde, au cours des visites de la journé, j'ai fait : Ah ! Oh ! Est-ce possible d'avoir construit si beau, si haut, si subtilement, quel raffinement, quel moment grandiose ! Quelle grande civilisation !


Les temples d'Angkor vous font un effet que vous n'avez jamais ressenti, un mystère, une admiration, une envie d'en savoir plus sur tout.

Vous vous doutez bien que comme tout le monde, je me trouvais au pied du coucher du soleil dès 16h30. Il fallait le mériter, en montant une petite colline bien aménagée, bien balisée pour la promenade, à droite ceux qui montaient en rangs serrés, à gauche, les quelques personnes qui en redescendaient, beaucoup trop tôt, et se faisaient remarquer, mais pourquoi rebroussent-elles chemin puisque l'heure du coucher du soleil n'est pas encore arrivée ? Que se passe-t-il là-haut ?



Les éléphants endimanchés faisaient les allers-retours de bas en haut, avec énormément de grâce, il y avait la queue aux caisses, les amateurs ne manquaient pas. J'ai bien hésité à en grossir le nombre et puis je me suis retenue, quand même !



J'ai donc suivi la procession à pied, j'avais prévu les bonnes chaussures pour le safari de la journée. En bavardant, on arrive très vite tout en haut, on se presse quand même un peu, des fois que ça commencerait sans nous.


Nous y voilà, devant un beau reste de temple moyenâgeux, le soleil couchant sera magnifique de là-haut. Le temple est très haut, il faut franchir des marches immenses, impossible pour moi de les franchir, pas assez de jarret !!! Des chenilles de jeunes jambes les franchissent allègrement, je sens bien que le coucher de soleil ne va pas être pour moi...


Je fais le tour du temple, j'explore une petit montée plus douce, rien, que de la pente abrupte, je tourne encore, rien, il me faudrait un hélicoptère...

Bon, en même temps des couchers de soleil, j'en ai vus plein, en ville, à la campagne, c'est rouge, ça braise, d'accord, ça embrase le paysage, les nuages, vous avez tout de suite envie de sortir l'appareil photo, c'est vrai, mais bon, j'en ai déjà vus.



Au pied du temple moyenâgeux, il y a du monde aussi, ceux qui calent, qui sont sages, les raisonnables, ceux qui ont beaucoup plus que 20 ans, qui se disent, non, je n'en peux plus, je ne vais pas faire celui-là, essayons encore, non, vraiment non, c'est pas pour moi, et comment je vais faire pour en redescendre ?


Les escaliers sont bourrés de monde, les crêtes de la ruine sont agitées, les premiers arrivés joyeux, crient, montrent leur joie, le monde leur appartient.

Je décide de rebrousser chemin... Les couchers de soleil, je connais...


En redescendant à contre courant, nous bavardons, des files toniques grimpent plus vite encore, nous nous mettons sur la droite, la gauche est prise par les arrivants de dernière minute, allez, allez, plus vite, le soleil se couche bientôt... Vous allez tout rater.

Voilà que le chemin du retour, avant l'heure, est délicieux, plus de presse, plus d'agitation, le renoncement volontaire est libérateur...



A Angkor, même le soleil couchant est encombré, le site est bien rentabilisé... Jusqu'à la dernière heure, il garde ses clients...


De ma fenêtre du 11e étage, bien plus haut qu'à Angkor, j'ai pris des photos, les soirs où le ciel est rouge sang, il ne manque rien... Voyez... Faudrait peut-être que je fasse de la pub ?


mardi 18 janvier 2011

Cambodge... Le petit déjeuner !


Une véritable surprise, au petit déjeuner dans notre hôtel, à Siem Reap, la ville qui correspond au site d'Angkor, il y a de nombreux touristes et 90% sont, depuis peu, asiatiques : Chinois, Coréens, Japonais... Et quelques Européens...

Dans cette petite ville, les hôtels poussent comme des champignons, depuis l'année 2000, 167 ont été construits, et aujourd'hui de grands chantiers sont en cours... Les hôtels sont énormes, de grandes bâtisses, en forme de pagode, de châteaux de Versailles, de Samaritaine, avec des faux balcons et des piscines intégrées. Mais je comprenais tout, le nombre de visiteurs augmente chaque année, les investisseurs l'ont bien compris aussi, il faut adapter l'offre, et ils construisent à tour de bras, il y a de la place, les terrains sont libres, en avant toute...

Toutes les catégories sont représentées, les 5 étoiles sont nombreux... Aucun bâtiment ne peut dépasser 4 étages, cette règle de construction est particulière ici à cause des temple d'Angkor, rien ne doit les dépasser ! (Comme notre bonne vieille règle des bâtiments de France)... Un deuxième aéroport doit être construit en 2011... Les investissements chinois sont importants dans le pays.



Dans la ville tout bouge, on dirait qu'elle ne se compose que de restaurants, des petits, des grands, des clean, des moins installés, le grand marché où tous les jardins se retrouvent pour le bonheur des yeux, les grands magasins qui commencent à exister, les rues spécialisées, là : l'argent, là : les tissus de soie, ici : des textiles d'habillement...



Les transports vedettes sont les tuk-tuk et les motos. Les voitures particulières, les cars y sont nombreux aussi, personne n'évite les embouteillages du matin. C'est la course aux touristes pour les tuk-tuk qui, pour la valeur d'un ticket de métro, vous emmènent à l'autre bout de la ville, il faut bien négocier le prix avant de monter et l'affaire est faite. Très nombreux sont les gens qui portent des masques en tissu, l'air est très pollué, les gaz qui s'échappent de tous ces transports deviennent vite irrespirables.

Si vous vous voulez vous rendre à Angkor, dépêchez-vous !!

Dans mon hôtel, j'avais déjà l'impression d'être déjà sur le site, tout était sur-dimensionné, de grandes colonnes égyptiennes trônaient dans le hall, majestueuses, et les chambres devaient bien faire 35m² chacune.

La qualité du matériel est médiocre, faite pour ne pas durer, mais la rentabilité doit être assurée rapidement, je suppose...



Dès 6h du matin, branle-bas de combat, les décibels avaient fortement augmenté, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand des gens sont en groupes, plus rien n'existe autour d'eux... Vous voyez ce que je veux dire ? La salle à manger était à eux. Tout le monde se dépêchait, il fallait être de bonne heure aux temples d'Angkor... Les grands cars attendaient devant l'hôtel...



Comme le petit déjeuner de ces touristes se compose de soupe, de nouilles, de viandes, d'oeufs, de légumes variés, de fruits, de gâteaux, tout le monde courait dans la salle, les plats chauds, froids, étaient pris d'assaut,dans des langues que je ne connaissais pas, et ça m'amusait beaucoup.



Il y avait une file d'attente devant les maîtres queux qui "travaillaient les oeufs", brouillés, en sauce, frits, omelette... Il y avait aussi du monde devant les magnifiques réchauffe-plats fermés par un couvercle en inox très très brillant, et qui s'ouvraient toutes les 30 secondes devant un convive nouveau...


Les assiettes étaient largement garnies, débordantes quand elles revenaient sur les tables...



J'avais remarqué que les assiettes correspondaient toujours à la taille du mangeur, les plus minces mangent peu, les plus grassouillets mangent beaucoup. Nous savons maintenant que les Chinois commencent à grossir, avec le niveau de vie qui augmente... Je le remarquais, chez les hommes les poignées d'amour débordaient des chemises bien ajustées... Et chez les femmes également... Tout le monde à la même enseigne de la société de consommation...



Les Cambodgiens sont (encore) des gens très très minces en général, filles et garçons sont minces comme des fils. Quand j'ai fait connaissance avec les repas traditionnels, j'ai compris tout de suite : presque pas de matière grasse (sauf les fritures), des poissons grillés, des soupes avec légumes, un seul plat, du riz blanc et des fruits... ça vous garde un homme/femme en forme.

Mais je dois avouer que je n'ai pas dérogé à mon thé/tartines... Juste les fruits en plus, le plaisir royal.

La porte de la salle à manger qui donnait sur la piscine battait sans arrêt, les gens avaient plaisir à petit déjeuner autour de l'eau pour fumer et parler plus fort...

Au loin, j'entendais la musique de la pagode, lancinante, comme tous les matins vers 7h, histoire de se mettre dans l'ambiance, être fin prêt pour les visites touristiques.

Vers 8h30 le calme revient, les dernières personnes se pressent vers la sortie, les plateaux sont vides, les chauffe-plats se referment, les maîtres queux à oeufs attendent, le personnel de l'hôtel recharge très vite ce qui manque...



Alors, je vois quelques Européens qui viennent tranquillement prendre leur petit déjeuner...

La salle à manger devient trop grande, alors qu'elle était si petite tout à l'heure, je suis comme Alice au pays des merveilles, les espaces changent en mangeant mes tartines...


dimanche 16 janvier 2011

Cambodge... La cuisine Khmère dans mon assiette.


Impossible de parler du Cambodge sans parler de sa cuisine…

Un pot-pourri de saveurs, d’odeurs et de couleurs dans mon assiette pendant 15 jours. Chaque repas était un bonheur. Seul le petit déjeuner restait très continental, j'y ajoutais quand même les fruits, les sublimes fruits d'ici : papaye bien mûre légèrement sucrée, couleur de soleil couchant, fruit du dragon, si fade, mais totalement nécessaire dans l'assiette pour sa splendeur, une invention de peintre sans doute, totale inutilité pour les papilles, le fruit du dragon est uniquement fait pour le bonheur des yeux, quelle classe !

L'ananas, doré, juteux, découpé avec élégance, quand ses tranches sont mûres à point : des saveurs de noix de coco en note de fond envahissent mon palais, tout comme un bon vin qui exhale des parfums inattendus de framboises et de noix. Les ananas ici ont des goûts complexes et savoureux. Les mangues sont des roses fraîches et citronnées, leurs couleur orangée subtile, leur texture lisse et profonde, elles fondent dans la bouche. Ah ! les mangues d'ici, à tous les coups elles rendent heureux.

Je n'oublie pas les bananes miniatures, partout présentes, elles peuvent se conserver plusieurs jours dans votre sac sans dommage pour le fruit, même si la peau fonce un peu. Une bénédiction. Il y en a sur tous les marchés, suspendues par des ficelles, comme des colonnes doriques polychromes. Moi qui ne supporte pas bien les bananes, ici j'en mangeais tous les jours, et même plusieurs fois par jour, sans problème.

Tous les matins, l'arc en ciel des fruits était dans mon assiette.

Pour chacun des repas suivants, je n'avais qu'une seule envie, la salade de fruits du désert.

Un soir, je suis allée dans un restaurant qui n'en servait pas, j'étais furieuse, comment est-ce possible ici, quand les régimes de bananes, les grosses papayes pendent partout aux arbres ? J'ai donc dû acheter mon dessert chez un petit marchand de la rue, ouf !

J'ai compté sur mes doigts le nombre de repas à faire durant le séjour, pas seulement comme gourmande, mais comme curieuse. Je suis déjà une grande adepte de la cuisine vietnamienne, si savoureuse, si simple, si belle, je me léchais les babines à la perspective de la cuisine Khmère.

Au Cambodge je m'étais dit, je vais me régaler, du riz, du poisson, des légumes, un peu de viande, des fruits, un programme ultra light, ce qui n'est pas pour me déplaire, et certainement ultra délicieux.


Il y a deux types de restaurants ici, ceux qui sont dits "clean" par les bons samaritains, soucieux de la petite santé des Occidentaux, et les autres...

Je dois dire que j'ai goûté aux deux, et je préfère de loin être assise avec les gens du pays dans les bouibouis de la rue, sur les chaises en plastique, installations précaires mais très sympathiques. Un médecin spécialiste des maladies tropicales, que j'avais consulté avant de partir, m'avait dit : vous pouvez manger dans rue des plats cuits et chauds sans risque...


Je ne me suis pas gênée pour le suivre à la lettre. dans la rue j'ai mangé du poisson grillé avec son riz blanc, excellent, les bouillons de poissons noyés dans les herbes, les soupes, les nouilles, pas de nappe sur les tables, pas de chichis... Extra !

J'ai essayé également les restos plus "clean", excellents aussi il faut le dire, mais moins exposés à la pollution et au bruit, un peu plus chers aussi.

J'ai fait la connaissance du lait de coco, du tamarin, dont je ne savais même pas reconnaître les fruits... La citronnelle, le gingembre, les piments (avec précaution), l'ail, les oignons, les herbes mystérieuses faisaient la fête à tous les plats.


A la fin du repas du midi, je me disais, qu'est-ce que je vais choisir ce soir ? Je voyais bien que je n'arriverais jamais au bout des variétés culinaires en si peu de temps, alors je laissais aller mes envie spontanées, je faisais confiance aux images qui illustrent les cartes, je regardais dans les assiettes des clients d'à-côté, je me laissais guider par les odeurs, les couleurs, quelques mots d'anglais suffisent souvent pour assurer ses arrières.

Une seule exigence : la salade de fruits ! Elle est servie en gros morceaux, j'adore, ainsi je pouvais tout à loisir savourer pleinement chaque saveur, une à une, je préfère ce mode de dégustation aux salades de fruits que je fais, où je coupe les fruits en tout petits morceaux, si fait que tous les goûts se mélangent allègrement, c'est le plus fort qui gagne, à partir de maintenant, je passe à la salade de fruits cambodgienne.



J'ai goûté un délicieux gâteau Khmer, noix de coco frite... Vendu par un petit marchand ambulant, j'ai pris la photo, voyez... Je ne l'ai retrouvé nulle part...

Dans les repas Khmers, on ne consomme qu'un plat, pas d'entrée, pas de gâteaux, c'est tout à fait mon format.


Dans mon assiette, j'avais tous les marchés du pays, dans les yeux toutes les couleurs du monde, dans la bouche je sentais des douceurs et des piments doux... Les fruits parfumés comme des fleurs, découpés en pétales dans l'assiette, dessinaient de grands jardins...

Si vous passez par le Cambodge, sentez, regardez et goûtez la belle et talentueuse cuisine Khmère...