Le petit papier
Sainte Anne et la Vierge, marbre du 16e siècle de Jean Bullant,
architecte sculpteur de la Renaissance
Comme je marchais sur les pas d’Eugène Atget (mon post du 30mai 2012) dans le quartier des Halles, faisant patiemment l’inventaire du Vieux
Paris qu'il avait photographié avec tant de précision, je suis entrée dans une vieille église,
l’église Saint Leu-Saint Gilles rue Saint-Denis, l’intérieur était clair, bien ensoleillé, calme, quelques personnes et religieuses en prière achevaient de donner une âme à ce
lieu.
J’ai commencé par faire le tour des petites chapelles
latérales, plus sombres, grises et poussiéreuses, les peintures abimées par le temps... Au pied de l'autel, de grosses lettres de fabrication artisanale épelaient une à une le nom du Christ Lumière. Les troncs, dont on apercevait encore les traces sur certains piliers, étaient depuis longtemps descellés, abandonnés, condamnés...
Depuis 1820, l’église rassemble des Chevaliers du Saint-Sépulcre, ils continuent à tenir leurs
assemblées et à y prier pour la Terre Sainte, un reliquaire qui contient les
reliques de Sainte Hélène est à voir dans la Crypte, fermée et sans lumière…
Dans un petit coin, assis sur une chaise basse, un homme était recroquevillé sur son sac à dos, petit invisible, il jette aux alentours des regards perdus, il attend sans doute que les temps, mauvais pour lui, se passe... À l'abri...
Le silence communiquait avec le bruit extérieur, je finissais de regarder une Annonciation perdue, accrochée assez haut sur le mur, j'ai pris la photo pour ma collection :
Dans un petit coin, assis sur une chaise basse, un homme était recroquevillé sur son sac à dos, petit invisible, il jette aux alentours des regards perdus, il attend sans doute que les temps, mauvais pour lui, se passe... À l'abri...
Le silence communiquait avec le bruit extérieur, je finissais de regarder une Annonciation perdue, accrochée assez haut sur le mur, j'ai pris la photo pour ma collection :
l'Annonciation de François-André Vincent, 18e siècle
Tiens, Georges Rouault, le peintre verrier, a été baptisé ici en 1871. Nulle trace de ses oeuvres ici...
Le petit papier
Bien sûr je l'avais vu dès mon entrée, et il m'avait beaucoup touchée, qui avait écrit ce petit papier très épais ? Qui l'avait placé là, plié grossièrement et placé délicatement sous le pied de laVierge Marie ? Le petit creux du marbre avait suffit pour devenir un réceptacle parfait pour y glisser des voeux, des prières, des incantations : faites que je réussisse ma vie, faites qu'il guérisse, qu'elle revienne, que la vie soit meilleure pour tous, que je retrouve du travail, faites, faites l'impossible, vous le pouvez...
Ce petit papier était la plus belle chose que j'avais vue ici, pleine d'humanité, pleine d'espoir sans doute, qui avait pris le temps d'écrire sa prière ? D'implorer, d'implorer, d'implorer, et de repartir le coeur plus léger... Peut-être...
Si j'avais pris le temps d'inspecter cette église, c'était à cause de ce petit papier que j'avais immédiatement repéré sous le petit pied de Marie, il se passe donc quelque chose ici d’inattendu, de magique, de cette magie que procure la foi, l'espérance, la souffrance... On ne sait jamais... Me revenait aussitôt en mémoire le petit papier que j'avais glissé moi aussi dans le tombeau de Saint Antoine à Padoue, faites que... Moi qui suis athée, mécréante, qui ne crois en rien, rien du tout, une amie me l'avait conseillé, je l'avais fait pour jouer le jeu, je n'étais pas la seule pour ce petit tour de passe-passe, il y avait une longue file d'attente devant la grande chasse dorée de Saint Antoine... Qui sait ce qu'il adviendra, j'ai glissé le papier...
Ce petit papier était la plus belle chose que j'avais vue ici, pleine d'humanité, pleine d'espoir sans doute, qui avait pris le temps d'écrire sa prière ? D'implorer, d'implorer, d'implorer, et de repartir le coeur plus léger... Peut-être...
Si j'avais pris le temps d'inspecter cette église, c'était à cause de ce petit papier que j'avais immédiatement repéré sous le petit pied de Marie, il se passe donc quelque chose ici d’inattendu, de magique, de cette magie que procure la foi, l'espérance, la souffrance... On ne sait jamais... Me revenait aussitôt en mémoire le petit papier que j'avais glissé moi aussi dans le tombeau de Saint Antoine à Padoue, faites que... Moi qui suis athée, mécréante, qui ne crois en rien, rien du tout, une amie me l'avait conseillé, je l'avais fait pour jouer le jeu, je n'étais pas la seule pour ce petit tour de passe-passe, il y avait une longue file d'attente devant la grande chasse dorée de Saint Antoine... Qui sait ce qu'il adviendra, j'ai glissé le papier...






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