jeudi 9 janvier 2020

Mes voisins de palier... Les vœux !


L'escalier - 2002 - Sam Szafran (1934 - septembre 2019), artiste français

Les magnifiques escaliers de l'artiste Sam Szafran, je les gravis du regard avec bonheur depuis de très nombreuses années, je vous avais parlé de ce grand peintre, cher à mon cœur dans une publication du 2 février 2018. Il est mort en septembre 2019, à 82 ans, au dernier tournant de sa vie, il avait changé son fusil d'épaule, je l'avais laissé dans les escaliers et je l'ai retrouvé dans les fleurissements d'intérieur avec des personnages extraordinaires, une peinture luxuriante, poétique, un univers unique, une palette sublime ! Une exposition superbe, son dernier parcours, 8 mois avant sa mort, j'avais traversé tout Paris pour aller le voir... Et j'ai vu un feu d'artifice final ! Le choix que je fais de reprendre ses escaliers, pour parler de mes voisins de palier, tombe à pic pour lui rendre hommageMoi, j'ai un ascenseur, quel bonheur ! Rappelez-vous...


Sam Szafran (1934-2019) - Le feu d'artifice de la dernière année


Sam Szafran (1934-2019) - 50 ans d’œuvres exposées en 2013 à la Fondation Gianadda en Suisse

Mais oui, comment souhaiter la bonne année à mes voisins ? Voilà l'idée qui m'est venue un matin. Je ne vais pas attendre de les rencontrer, peut-être en février, aux hasards des rencontres, non, il faut que j'agisse et vite, pendant que l'année commence vraiment ! Pas de réchauffé, de l'action tout de suite pendant qu'il en est encore temps, dans les usages il est dit que les vœux peuvent se présenter pendant tout le mois de janvier...

Aller frapper à leurs portes, au risque de les déranger ? Mettre un mot dans leurs boîtes aux lettres ? Y'a mieux, je vais faire un petit papier, bien tourné, qui donne envie de se rapprocher, de ne pas s'ignorer, fêtons la nouvelles année avec des mots gentils et sincères ! Ce qui fut pensé fut fait rapidement, chers voisins... Blablabla, qui voulait dire : santé, solidarité, respect, bonheur et courtoisie... Vive notre immeuble, je vous embrasse...

Bouquet pour mes voisins

L'affaire fut faite en un tour de main, tirée sur A4, classe, en noir et blanc, et j'allais coincer les vœux à leurs portes, bien en vue. Un quart d'heure après, je me suis dit, est-ce bien ? Comment vont-ils apprécier le mot ? Un peu cavalier ? Pas à leur goût ? J'avais fait allusion à tous les gens si différents dans l'immeuble, ce dont je me réjouissais... Enfin bref, je me torturais les méninges sur l'opportunité... Les papiers coincés, restait plus qu'a attendre les résultats...

J'ai attendu seulement deux jours, la première voisine frappa à ma porte : avec son beau turban et ses grands yeux noirs, elle était venue me remercier des bons vœux, elle avait trouvé l'idée vraiment sympa, et tellement gentille : vraiment, madame, merci, ça fait plaisir, pour vous aussi une bonne santé, je me plais beaucoup dans notre tour ! Ils étaient nouveaux d'une petite année et ne regrettaient rien...

Deux jours encore pour l'autre voisine, rencontrée sur le palier : oh, Lala, merci vraiment ! J'avais même préparé une belle carte pour vous répondre, tellement j'avais été touchée... Bon, c'est exactement pour ça que je vous ai écrit, mais envoyez-moi la belle carte, ça me fera plaisir ! Je l'attends encore, elle a oublié... Je n'oublie pas sa confusion et son sourire, je lui ai totalement pardonné...



Pour mes voisins, encore...

Deux jours encore après, je rencontre un autre voisin dans l'ascenseur, il me salue bien bas, me prend la main, sans la lâcher, me dit : madame, j'ai honte, ah, j'ai honte ! Comment ça ? Oui, voilà plusieurs jours que je veux toquer chez vous sans le faire ! Il souriait de toutes ses dents avec l’œil larmoyant, merci, madame, merci encore, la santé surtout, la santé, car sans elle on n'est plus rien, on ne peut plus rien faire... Tant de mots après, de remerciements, gentils comme des plumes de paon, mon gentil voisin avait eu honte d'avoir tant tardé ! L'harmonie était totale, j'étais contente, je ne m'étais pas trompée, il faut sans arrêt se parler... Et sourire, la santé surtout, la santé...

Deux jours après encore, je vais moi-même chez ma voisine de droite, celle à qui je n'avais mis aucun mot, je me réservais de lui claquer deux beaux baisers en direct, nous nous connaissons depuis tant d'années, nous sommes parmi les plus anciennes de la maison... 

Voilà comment la bonne année, la santé et la solidarité se propagent à mon étage !!

Chers fidèles, chers amis, chers visiteurs, vivez si m'en croyez une magnifique année pleine de santé... Ma prochaine publication parlera encore de mon quartier...


mercredi 1 janvier 2020

Les bobos, les bras cassés de mon quartier...


J'ai trouvé tous ces beaux feux sur internet... Je les ai empruntés... Merci !

Pas plus tard que ce matin, assis tous deux sur le banc de l'arrêt de l'autobus, j'ai rencontré un homme encore jeune, que je connais depuis très longtemps. Il avait le visage amaigri, l’œil gris, mais toujours le sourire, et dans le sourire j'ai vu qu'il manquait plusieurs dents... Avec lui, la confiance règne, alors nous parlons le cœur sur la main... Il m'entoura de son bras : ah, Danielle, ça fait plaisir de te rencontrer, on s'embrasse toujours avec affection, il est de la même génération que mes fils, mais il fait plus vieux, forcément, maigre, les joues creuses, la denture trouée... Il connaît la vie, mon ami !

Comment vas-tu ? Bien, et toi ? Dis-moi toi, d'abord, c'est quoi ces dents qui te manquent, ça ne va pas du tout du tout, tu ne peux pas aller voir ton dentiste ? Quand il a eu fait le tour des empêchements pour le dentiste, avec le vocabulaire injurieux qui lui sert les jours où tout va mal, il me dit : je vais aller voir, t'inquiète Danielle, je m'en occupe, c'est obligé, car je ne peux plus bien manger. C'est pour ça que tu as perdu du poids ? Oui, tout est plus difficile, on entrait dans le dur immédiatement, j'aurais bien voulu avoir une baguette magique, l'impressionner vraiment, lui rendre la vie plus douce... Mais...


Il me raconte des horreurs sur les dépassements d'honoraires de certains dentistes... Mais voyons, tu ne peux pas rester comme ça, arrête d'aboyer, fais-toi soigner, va dans un centre dentaire de quartier, c'est pas trop cher ! Il ira, c'est sûr, mais quand ? Il ne pleure jamais sur son sort, sa vie est rude, je l'ai connu ado dans des états plus préoccupants, le temps a passé, 30 ans après nous nous retrouvons toujours avec empressement, il s'est fabriqué un bon boulot commercial, il gagne sa vie honnêtement. Je me dis toujours, quand je pense à lui : j'espère vraiment qu'il est tiré d'affaire, mais je ne sais pas au juste... Comment va ton fils, mon ami ? Il a quel âge, maintenant ? La question est de taille, le jeune est un grand adolescent, il vient juste de dépasser l'âge de la majorité, mais je savais par un autre chemin qu'il était en difficulté. Dis-moi, comment va ton fils ? Son visage angulaire esquissa une grimace, il tourne mal ! Vraiment, tu n'as pas pu le tirer de là, lui montrer l'exemple ? Il n'avait pas pu... J'en aurais pleuré...


Je le sais maintenant que j'ai pris de la bouteille, quelquefois, on ne peut pas faire beaucoup plus qu'écouter celui/celle qui souffre, serrer le bras, caresser une main pour donner de l'espérance, de la présence. J'ai serré son bras, caressé sa main...

Dis-moi, que penses-tu de la dépénalisation du cannabis ? Voilà longtemps que je voulais lui poser la question. Ça serait bien, c'est sûr,  mais tu sais, le réseau de contamination est tellement fort, ça nourrit tant de gens, ils proposeront toujours à vendre des trucs de rechange, plus forts, le trafic des cigarettes bat son plein... Il était résolument pessimiste...

Mon ami avait du pain sur la planche avec sa santé, son fils, et puis comme moi, il avait un œil sur tout le reste... Le monde, la planète, ça fait beaucoup pour un seul homme...

Mon ami, donne-moi le bras, il y a du verglas. Oui, prends mon bras Danielle, fais attention, ça glisse fort, et nous avons continué notre bavardage dans la même direction, de trottoir en trottoir...

Quand nous sommes arrivés au point de nous quitter pour continuer nos chemins séparément, je lui ai dit : fais attention à toi, tiens bon ! C'est pour lui que j'ai fait partir les feux d'artifice, les belles choses aident à vivre...

Mes amis fidèles, mes passagers du hasard, mes abonnés pas abandonnés, faites de 2020 un pot de miel pour tous ceux que vous aimez... À très vite, bien sûr...

lundi 30 décembre 2019

Le bras de fer pour l'arbre de Noël...


L'arbre de Noël de mon immeuble

À première vue, vous n'imaginez pas le branle-bas de combat que fut l'installation de notre bel arbre de Noël : comme une guerre des tranchées, mais en temps de paix paisible ! À la place des fusils, des mousquets, des lance-pierres et des catapultes, nous avions sorti les points d'interrogation... Tu as vu l'arbre de noël ? C'est à qui ? Je ne sais pas, et toi, lui, elle, eux ? Ben oui, c'est à qui ? J'avais même entendu dire : c'est pas ma religion, et je m'étais dit, moi qui n'ai pas de religion : j'aime bien l'arbre de Noël pour passer d'une année dans l'autre, pour les enfants, c'est un joli signe d'allégresse, un beau signe naturel qui sent bon... Tout le monde fut d'accord...

L'arbre de Noël avait fait son apparition bien avant le 25 décembre, tout emmailloté dans son filet de protection, un grand arbre, tombé du ciel, personne ne savait d'où il venait...

Chacun y allait pour interroger le mystère de l'arbre du hall, moi j'ai pensé très vite que c'était notre bailleur qui avait fait une petite livraison, il le faisait de temps en temps, et tout le monde était content. Revenait à la gardienne et aux locataires de le garnir des belles couleurs et des clignotements de Noël.

Plusieurs jours se sont passés, sans que justement rien ne se passe. Les anciens de l'immeuble (les fantassins de la convivialité) se posaient des questions. Forcément, le sapin n'était pas venu tout seul ! De qui provient le cadeau ? Qui va le décorer ?




Bon, écoute, si notre chère gardienne ne le fait pas, on va s'y mettre, tu as des boules ? Des guirlandes en rab ? Quand tu auras le temps, je viens t'aider... Et toutes ces paroles revenaient dans le hall de la maison par ricochets... Boules, guirlandes, déco, on ne peut pas le laisser là tout nu, attendons la semaine prochaine, notre gardienne sera là... Boules, guirlandes, déco... Tu penses qu'il faut le laisser là dans le coin ? Et s'il était à quelqu'un ? Mais non, voyons, ça ferait longtemps qu'il l'aurait réceptionné... Oui, tu as raison... Mais en l'absence de notre "ange-gardienne": c'est le nom que je donne à ma gardienne, avec celui de "belle andalouse"... Dès que je passe le pas de sa loge pour l'embrasser comme du bon pain, je lui dis : alors, la belle andalouse comment allez-vous ? Elle va toujours très bien, jamais une critique, jamais une plainte, elle rit aux éclats... Et j'adore son rire plein d'éclats... Ne changez jamais, Danielle, restez comme vous êtes, portez-vous bien, j'y tiens... J'entrais avec le sourire et je sortais toute aussi gaie, notre" ange-gardienne" veillait au grain de la bonne entente, de l'oreille attentive, jamais de ragots... Notre ange-gardienne serait notée par TripAdvisor 10/10... La belle andalouse qui porte un beau turban comme beaucoup de dames dans ma tour, a l'humour qu'il faut pour faire face à toutes les situations...



Le sapin emmailloté dans son filet est resté serré dans ses épines une semaine. Il va s’abîmer ! Non, on va s'en occuper, nous étions plusieurs sur le coup, on allait agir, les boules par ici, les guirlandes par là... Nous nous étions déjà réparti les tâches, pas compliqué d'accrocher des boules, des guirlandes, on en a vu des actions collectives plus difficiles à entreprendre... Oh la, oui !

Les jours sont passés, et un matin, en sortant de l'ascenseur, je l'ai vu décoré de belles boules rouges et blanches, décor design, sans prétentions, mais beau !


L'arbre tout décoré

Ah ! C'est chouette, qui a décoré l'arbre ? Ma voisine qui savait : c'est la gardienne ! Mais les boules, qui les a achetées ? C'est la gardienne, elle en avait mis aussi sur un petit arbre synthétique clignotant à l'intérieur de sa loge, nous étions cernés par une forêt d'arbres de Noël...

Quand je suis rentrée dans sa loge, pour l'embrasser comme du bon pain, elle m'a dit : j'en ai mis 39... Et depuis, quelqu'un a rajouté une guirlande clignotante, on a même changé de place notre bel arbre pour le mettre encore plus en valeur, et faciliter le nettoyage du hall.

Le bras de fer s'est dissout dans la bonne volonté, le rayonnement de Noël auquel personne n'échappe nous a tous rassemblés, les croyants de religions différentes, les pas croyants, la guirlande rouge qui clignote sans s'arrêter de jour comme de nuit est un signe réconfortant, comme des clins d’œil...

Joyeux Noël est passé, bonne année mes lecteurs fidèles, mes abonnés, mes visiteurs de hasard : SANTÉ, BONHEURS, PAIX, RESPECT ET BIENVEILLANCE, AMOUR, AFFECTION... Je vous donne rendez-vous en 2020 !!!




vendredi 27 décembre 2019

Mon blog vous donne du fil à retordre ! Au secours !!!


Mes chers abonnés, mes amis, Blogger (mon hébergeur) ne permet plus que vous receviez mes publications, et je dois dire que je ne sais pas trop quoi faire ! Je ne suis pas fortiche en informatique, et je ne sais pas comment trouver la solution pour que vous les receviez régulièrement, au fur et à mesure que je les publie...

La difficulté de réception provient des nouvelles lois régissant le droit (légitime) pour les particuliers de refuser ou d’accepter de recevoir des notifications de sources différentes, dont mon blog... C'est donc uniquement un problème d'informatique... Mais l'informatique, c'est tout un monde... Inconnu pour moi !

Mes amis, mes fidèles, je vous en prie, si vous souhaitez continuer à lire mes Merveilles, pour l'instant, allez directement sur l'adresse de mon blog (vous pouvez aussi me mettre dans vos favoris, c'est facile) :


Si vous recevez des demandes de réinscriptions, je compte sur vous pour les accepter ! Je compte aussi sur vous pour ne pas vous décourager (comme moi)...

J'ai songé aussi à trouver un hébergeur plus "facile à vivre", pour les gens que mon blog intéresse... Je cherche...

Je compte aussi sur vous pour m'aider, si vous le pouvez...

À très vite, mes amis... Et merci, merci, merci... D'avance !

Le prochain post sera musclé : Bras de fer pour l'arbre de Noël !!

mercredi 25 décembre 2019

Mon cinéma !


Images toutes empruntées sur internet

Mon cinéma ne fait pas son cinéma comme tous les autres ! J'y vais souvent, car il n'est pas cher du tout, surtout pour les retraités... Il est très grand, assez grand pour accueillir confortablement les gens pour le thé, le café, les biscuits, pas de popcorn, pas question de faire crac-crac pendant le film... À des prix très abordables... Il suffit que je me dise : tiens, je vais aller au cinéma, si je ne me trompe pas d'heure pour la séance, ou de  jour, 99 % du temps j'ai bon !

Mais quelquefois, à la tête du caissier ou de la caissière, je vois tout de suite que je me suis trompée, et quelquefois je peux changer immédiatement de film, car il y a de nombreuses salles qui ne passent que des bons films... J'ai donc l'embarras du choix...

Il y a même une petite bibliothèque accessible à tout le monde, pour passer le temps d'attente... Quelquefois même, quand je suis très en avance, je relis le programme pour la 15e fois... Je découvre toujours un détail qui m'avait échappé...

Souvent j'emporte mon cordon de batterie pour mon téléphone, et je me branche en direct sur les nouvelles du monde, il y a des prises partout... Mon cinéma est très connecté...

Quand je suis très, très, très en avance, je fais un tour dans les magasins qui se trouvent aux abords du cinéma, je fais ma consommatrice invétérée, le plus souvent je regarde et je n'achète rien...


Aller au cinéma est toujours resté un plaisir, qui n'a jamais diminué depuis mon adolescence... Quand j'ai beaucoup de retard sur les sorties nationales, je peux y aller une fois par jour pour me rattraper... Le grand écran est mon ami ! 

Quelquefois quand même, je m'agace, quand je vois les enfants faire quartier libre dans le cinéma, comme s'ils n'avaient pas de parents pour veiller au grain : ils se battent, crient, courent dans tous les sens, font grand bruit sans que personne n'intervienne... Je fais ma bougonne dans mon coin, mais ça ne change rien, le calme revient quand l'heure de leur séance approche, ouf ! À part ça, mon cinéma est parfait.

En revenant de mon séjour en Avignon, j'avais accumulé beaucoup de retard : Les éblouis, France - Sarah Suco, thème : les sectes, passionnant ! Gloria MundiFrance - Guédiguian, thème : tout va mal, dans les vies des gens et dans la société, pas d'issue, bien garder le moral en sortant, j'ai beaucoup aimé, j'ai gardé le moral ! Les Misérables, France - Ladj Ly, thème : la brigade anti-criminalité de Montfermeil fait son boulot (?) dans le 93 entre les groupes du quartier, un film qui n'est pas manichéen, pas que de bons policiers, pas que de bons samaritains dans les quartiers, en sortant, on réfléchit, comment faire pour que ça aille mieux ? Pahokee, une jeunesse américaine, USA - Iveta Lucas, Patrick Bresna, thème : immersion sans commentaire dans une petite ville de Floride (6000 hab.), le spectateur est seul, un peu à la manière du documentariste F. Wiseman, l'Amérique profonde, la jeunesse ne va pas si bien que ça. Passionnant ! Talking about Trees, Saoudien - Suhaib Gasmelbari, thème : comment de vieux cinéastes saoudiens essayent de réaliser une projection dans la capitale Khartoum, dont toutes les salles ont été fermées, par le pouvoir politico-religieux, un peu longuet, mais très intéressant. Seules les bêtes, France - Dominik Moll, thème : polar super alambiqué, trop peut-être, on attend la pirouette, les acteurs ne sont pas géniaux, bref, aucune émotion ! Le petit dernier pour la route, Lilian, Autriche - USA - Andreas Horvath, thème : d'après un fait divers de 1927, une jeune femme marche d'Est en Ouest, départ NY arrivée espérée : Russie, par le détroit de Bering, après un an de marche à pied, elle disparaît... La jeune actrice ne dit pas un mot et nous la suivons dans sa marche solitaire, démunie, et mortelle... Très prenant, un petit côté docu dans un pays presque inconnu... Un très bon film. Une vie cachée USA - Allemagne - Terrence Malick, thème : inspiré de faits réels, un paysan autrichien refuse de se battre aux côtés des Nazis, jusqu'à la mort ! Un homme libre, un héros méconnu ! Magnifique film qui me poursuit...


Pour ma dernière séance avec le film Lilian, la rigolade a commencé pendant la pub, des pubs un peu racoleuses, un peu glamour, un peu ridicules, un spectateur prit à partie la salle en intervenant d'une voix forte : on a compris, on a un cerveau, c'est pitoyable, on est obligé de regarder ça ? Chacun en souriant se demandait si le rouspéteur allait continuer de donner son avis pendant le film ! Il va continuer de jacter comme ça pendant le film, répond immédiatement mon voisin ? Suspense torride, et bien non, il n'a pas jacté, pas jacté du tout, un silence impressionnant nous permit de suivre pas à pas, saison après saison, le calvaire de Lilian...

Mes amis, mes passagers, mes lecteurs de hasard, à très bientôt dans la nouvelle année...

mercredi 18 décembre 2019

Parlons-nous (5)... Les amoureuses de l'hôpital...



Toutes les images sont empruntées sur internet

Avoir rendez-vous à l'hôpital, c'est pas rigolo, on se fait des cheveux, on tremble, on a peur, même de rater son tour...

Je ne sais pas si je peux aller faire pipi maintenant... S'ils m'appelaient ? Alors, j'avais rendez-vous à 11h, mais c'est passé depuis longtemps, la porte claque, encore et encore, et ce n'est pas encore mon numéro...

Dans l'hôpital où je vais pour me faire suivre régulièrement, comme un bon petit soldat, je suis comme chez moi, je n'ai plus peur, je connais tous les guichets, toutes les portes, tous les services qui accueillent avec le sourire, mon hôpital a le sourire...

On peut prendre un rendez-vous très longtemps à l'avance, c'est pratique, quand je sors de ma visite de contrôle, bien contrôlée, je ne me sens pas seule, je sais à quoi m'en tenir, où et quand il faudra que je revienne, les mains dans les poches... Allez, les amis, à la prochaine !

Mon hôpital n'est pas loin de chez moi, je peux y aller à pied, même quand il pleut, petite promenade de santé, c'est le cas de le dire !



Cette fois-ci il y avait du monde, plein de monde, peut-être que tout le monde voulait se faire contrôler avant les fêtes, pour être tranquille à table, manger de tout et n'importe quoi ? Je ne sais pas, pour moi ça tombait comme ça. J'avais emporté un livre, et je savais que mon fils viendrait me rejoindre à l'heure de mon rendez-vous, alors ça, je peux vous dire que ça rend heureux dès le début. Il viendra, il sera là, le bonheur est au rendez-vous, j'ai du mal à expliquer ça ! J'avais tout en main, mon numéro d'appel, mes petites étiquettes avec mon nom, ma date de naissance, mon adresse, à coller sur l'ordonnance, le prochain rendez-vous... Les petites étiquettes, il faut les demander au guichet central avant toutes choses, la seule chose que ne connaît pas la petite étiquette, c'est combien je suis heureuse d'attendre mon fils qui ne doit pas tarder à arriver !

Au monsieur qui est en chaise roulante et qui attend comme tout le monde, bien patiemment, on lui demande s'il veut de l'eau, un journal, la personne qui l'accompagne fait bien attention à lui, je trouve ça vraiment bien.



Il y a des gens qui sont un peu plus tristes que d'autres, à l'hôpital il faut de tout pour faire le monde qui attend son tour.

Et les voici, ces deux amoureuse, pas du tout amoureuses, mais la mère et la fille, ensemble, elles se tenaient serrées l'une contre l'autre, elles se tenaient par la taille, leurs têtes un peu penchées sur l'épaule de l'autre, comme pour prendre une belle photo de studio, on ne pouvait savoir qui des deux était la plus mal, qui était malade, qui soutenait l'autre, qui accompagnait l'autre, elles allaient au même pas, en cadence. Je les ai appelées les amoureuses, car je voyais bien qu'elles s’aimaient beaucoup, aucune des deux ne pouvait tomber, elles étaient soudées comme du bronze... J'en ai eu les larmes aux yeux !

Et puis mon fils est arrivé, et l'hôpital s'est transformé en bonheur... Je n'étais pas encore passée, on a pu papoter un petit peu, s'installer un peu mieux, poser les manteaux, déplier les journaux, ouvrir les téléphones, comme dans un salon, quand mon numéro s'est affiché, j'ai dit : à tout de suite, je suis si contente que tu sois là...

Tout va bien, madame, je vous revois dans... Une éternité ! Je ne pensais plus qu'à une chose, aller manger un petit morceau dans un petit resto du coin, bras dessus bras dessous, et la vie continue... Il y avait un je ne sais quoi dans l'air qui scintillait, comme les décos de la ville, posées depuis longtemps pour nous faire voir la vie en rose ! 



La fête foraine à la Villette (16/12/2019)


Mes amis, mes passagers, je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année, bien scintillantes, bien affectueuses, bien marrons glacés... Pleines de belle santé pour vous et autour de vous ! J'espère aussi que 2020 sera plus protectrice, pacifique, plus humaine pour tous !

samedi 14 décembre 2019

Parlons-nous (4)... Le p'tit thé...


Le p'tit verre de thé

Qui n'a pas dit un jour à ses amis, à son ami(e) : venez, viens donc boire un p'tit thé ! On parlera, tu me raconteras, je te mettrai au courant, on sera bien, on prendra tout notre temps... Moi, je suis une adepte fervente du p'tit thé ! C'est moins compliqué qu'un déjeuner, pas de préparation, on n'a besoin de rien d'autre que d'être là à l'heure qui convient, tout au long de la journée...

La contraction intentionnelle du petit thé en p'tit thé, représente pour moi une marque d'affection : plus petit, plus gentil, plus confidentiel, plus décontracté, plus intime ! Je ne ne sais pour vous ? Un p'tit thé, c'est un vrai moment de rencontre, pas de table à débarrasser, pas la pression d'un repas à concocter, pas de vaisselle, juste un plateau, du bon thé, un p'tit gâteau si besoin, mais pas obligatoire, rien que toi et moi, ça suffira. Ça remplace un bon feu de bois, mais j'ai vécu des p'tits thé avec feu de bois divins, rien n'est définitif, pas de règle non plus, c'est chacun pour l'autre... Peut-être aussi qu'en vieillissant, je vais vers le plus simple, le plus immédiat : dis donc, quand tu auras cinq minutes, viens donc prendre un p'tit thé ! Le p'tit thé peut se servir aussi avec des sachets avec la petite ficelle, au lieu du bon thé, en vrac, tellement plus parfumé, mon préféré, mais, avec les sachets, il y a le choix, je l'ai déjà expérimenté avec succès... C'est bien aussi !

Ce qui compte le plus finalement, c'est d'être ensemble !


La boîte à thé, très important la boîte à thé

Bien sûr, dans le p'tit thé, tout doit être beau ! Un bon moment doit être aussi un beau moment, mais pas trop sophistiqué non plus (pour moi). Je me souviens des p'tits thés tout simples chez une amie, j'adorais la petite tranche de citron déjà découpée sur une petite assiette, qu'elle s'empressait de m'offrir, tu prendras un peu de citron ? Bien sûr ! Le p'tit thé a son rituel : il faut chauffer l'eau, choisir le thé, s'installer confortablement, et hardi petit, c'est parti...

Le p'tit thé peut être gourmand : des petits biscuits, une tarte faite maison, du chocolat, ou rien que du thé...


J'ai sorti les belles assiettes

Cette photo, je l'ai prise un jour de p'tit thé avec petite tarte maison sans sucre, j'avais remplacé la farine par de la poudre d'amandes, et aucun sucre sur les poires découpées directement sur la pâte... Délicieux ! Le p'tit thé libère la parole, facilite les confidences, crée un moment de détente véritable, rien d'autre à faire que de boire de l'eau chaude, on peut s'en aller quand on veut, ou rester jusqu'à la nuit, le temps de l'horloge est celui des cœurs...

Souvent, le temps de remplir les verres peut interrompre le fil, il faut bien choisir son moment, comme sur une portée de musique, les notes ne se valent pas, une parole n'en vaut pas une autre, un regard non plus... Alors, un geste !

Un p'tit thé se termine rarement en dispute, vous avez remarqué ? C'est un morceau choisi, comme une poésie, ni trop court, ni trop long, c'est comme on veut, le thé se mélange aux paroles, les délaye, pas de ballonnement, l'estomac ne se plaint jamais, tout est léger dans le p'tit thé.

Ce qui ne veut pas dire que ce qui est léger est futile, absolument pas nécessaire à la bonne amitié, non ! J'ai connu des p'tits thés puissants, émouvants et comment ! 


Le petit gâteau maison

Avec ma chère voisine, nous disons souvent : mettons nos pendules à l'heure, tu serais libre quand ? Et le jour choisi tombe à pic, l'heure aussi, nous avons mille choses à nous dire, toujours mille choses à dire... Je me souviens des photos à regarder directement sur le téléphone ou l'appareil photo, bah, ça aussi, il faut le vivre, rester dans le temps de l'autre, ne pas se presser, c'est le credo du p'tit thé.

Je me souviens d'un beau dimanche de campagne, avec mes amis des étangs et des arbres, nous avions pris beaucoup de temps pour le p'tit thé d'après déjeuner, et nous avions décidé d'aller faire un tour, pas très loin, voir quelques églises, des maisons anciennes, les paysages d’automne du coin. Au retour, mon ami a dit : si on avait su qu'il y aurait tant de choses à voir, si belles, on n'aurait pas "perdu" deux heures pour le thé. C'était sa façon à lui de dire combien il avait aimé, apprécié cette promenade, vu tant de choses passionnantes, pas très loin de chez lui... Un beau dimanche à la campagne...


Le p'tit thé au grand complet

Le p'tit thé, c'est toujours un bon moment de la journée, on s'assoit, on boit, on parle, sans fin ! Je me souviens aussi des p'tits thés que je prenais avec ma mère quand elle était déjà très âgée, on prenait le temps de détricoter des moments entiers de nos vies, comme ma maman était une personne optimiste, qu'un projet en cachait toujours un autre, nos conversations étaient sans fin...

Beaucoup de mes amies ont leurs p'tits cafés, même bonheur, même attention, même confidences mais... Si ça ne te dérange pas, je préfère le thé, ma belle ! Voilà que j'imposais doucement ma boisson préférée, pas de problème, c'est tout comme tu veux... Et je me glissais dans la douceur du thé, comme une Japonaise l'aurait fait le plus naturellement du monde !

Mes amis, cultivez les boîtes de thé dans vos tiroirs et placards, et téléphonez à vos amis pour le p'tit thé, vous serez conquis, si ce n'est déjà fait depuis longtemps...

Mes amis, mes passagers, à très vite, entre mes lignes et mes images...