mardi 12 mars 2019

Les photos de Salgado et le musée de l'homme...


Camp de réfugiés de Kalema Ethiopie, 1985 - Sebastiao Ribiero Salgado (1944), photographe franco-brésilien

Nous n'étions d'accord sur rien... Si on allait au musée de l'immigration ? Oui, mais moi j'ai très envie d'aller voir l'expo du photographe Salgado, c'est un génie ! Que voulez-vous faire contre un génie... Bon, d'accord, nous irons voir Salgado. Je ne connaissais rien de lui, encore un... Le génie exposait au Musée de l'Homme, tiens donc, en voilà une bonne idée, nous ferions d'une pierre, deux coups.

Le Musée de l'Homme, comme l'atelier Delacroix, voilà des années et des années que je n'y étais pas  allée, c'était une occasion unique de faire plaisir à mon amie pour le génie, et revisiter ce musée entièrement rénové depuis sa fermeture en 2009, et sa réouverture en 2015. Ce musée magnifique nous propose un parcours fondé sur ces trois questions :

- Qui sommes-nous ? Qui questionne l'identité et la singularité de l'espèce humaine, tout en la replaçant dans le vivant.

- D'où venons-nous ? Qui explore notre histoire évolutive, des origines des lignées humaines depuis l'âge de pierre.

- Où allons-nous ? Qui interroge notre avenir sur une planète profondément modifiée par la présence de l'homme.

Le parcours est jalonné par de grandes vitrines thématiques exposant 1800 objets remarquables !

Inutile de vous dire que la tâche est immense, et qu'il faudra bien sûr y revenir, revenir, revenir...

Commençons par le génie qui est absolument génial, en effet. Ce photographe s'est mis résolument du côté de l'humain dans toutes ses dimensions, les photos sont de grands formats, mais auraient pu être plus grandes encore, il me semble, à la façon d'Andreas Gursky (Allemand, né en 1955, cliquer sur le nom), cet autre génie de la photographie que je connaissais, et que j'avais eu la chance de voir à Baden Baden en 2015. Gursky interroge la société de consommation, et Salgado est un humaniste qui témoigne sur les conditions de vie des hommes (travail, émigration, stigmatisation, pauvreté, portraits de populations oubliées, religions...). Salgado travaille uniquement en noir et blanc, aujourd'hui il mélange argentique et numérique.


Mosquée d'Istaqlal, Indonésie. Cette mosquée peut accueillir entre 10 000 et 12 000 personnes, la plus grande d'Asie du Sud Est - Salgado (1996)

Les photos sont remarquables, toujours sujettes à caution : faire du beau avec de la misère ou de la pénibilité ? Je ne sais pas quoi en penser, mais le respect est toujours au rendez-vous, les êtres humains sont bien traités, magnifiés avec Salgado. Cette réflexion me rappelle la réponse qu'avait faite Chantal Akermann (cinéaste belge) à Pina Bausch (chorégraphe) : je ne filmerai jamais tes chorégraphies sur les camps de la mort, je ne veux pas faire du beau avec du laid...



Gare Church Gate, terminus de la ligne - Mumbai, Inde, trafic : 2,7 millions de banlieusards par jour - Salgado (1995)


Réfugiés du Tadjikistan, on enseigne aux enfants les dangers des mines Afghanistan - Salgado (1996)


Sélection (à la main) du café de qualité supérieure destiné à l'exportation - Karnataka, Inde -  Salgado (2003)

Nous comprenons bien sûr pourquoi l'exposition du photographe S. R. Salgado s'imposait au Musée de l'Homme. Ses photos suscitaient en moi des émotions fortes, et j'ai remercié mon amie de m'y avoir emmenée...

Le Musée de l'Homme m'éberlua, tant son dispositif était savant : il agissait aussi bien sur la réflexion, le questionnement sans fin sur le passé / avenir de l'homme, que sur la beauté et l'émerveillement de la mise en scène des collections magnifiques. J'avais l'impression d'être à la fois sur un terrain scientifique, et au milieu d'une exposition d'art contemporain...

De grandes vitrines en verre présentaient les collections qui proposaient une évidence : les différences humaines se sont construites socialement dans le temps, ni race supérieure ni inférieure, mais une grande diversité humaine, des identités culturelles différentes, des circulations des Hommes dans le contexte d'un monde de plus en plus globalisé... Passionnant ! Impossible d'en faire le tour en une visite...


Le genre humain en vitrine !




Nous sommes le fruit du hasard et de l'évolution... Une espèce parmi des millions d'autres...



On ne naît pas homme ou femme, on le devient !



En hauteur, en largeur, de tous côtés : des gens, des gens, des gens... L'homme idéalisé, l'homme esthétisé - Sculptures en bronze de Charles Cordier, entre 1848 et 1856



La part reste belle aux évidences, aux ressemblances, aux réflexions approfondies, aux découvertes  et travaux des scientifiques, sociologues, historiens, archéologues... Qui disqualifient de façon indiscutable (pour moi), le non-sens du racisme !

Courez au Musée de l'Homme vous émerveiller du travail pédagogique mis en oeuvre, pour vous faire découvrir (ou vous rafraîchir la mémoire) les l'histoires humaines passées, présentes, et... Futures ?

Mes capacités de savoir sont bien trop petites pour répondre aux questions, à vous de voir... Ce Grand Musée... Moi, j'y retourne dès que je peux...

Mesdames et messieurs c'est l'heure, j'avais bien entendu la sonnerie du départ, mais je faisais comme si je n'avais rien entendu. Mesdames et messieurs, le musée ferme dans dix minutes ! Et nous voilà, avec douceur, balayées vers la sortie, comme un tas de feuilles mortes, le parcours se terminait là, maintenant, et je n'avais même pas pu aller au premier étage, mon amie qui avait pris le temps d'y grimper m'en vantait les beautés... Non, non, ne me dis rien, comme on fait chut !!! Aux raconteurs de fin de film ou de livre, chut !!! Ne me raconte pas la fin... Laisse-moi sur ma faim ! Mon amie, je te serai éternellement reconnaissante de m'avoir guidée jusque là... Elle riait...

Mes amis, mes passagers, je redescends en Avignon avec le soleil, voir ma famille du Sud... À très vite, je vous raconte...




mercredi 6 mars 2019

La maison de Delacroix...


Le jardin et l'atelier de Delacroix

Ce musée, il nous le fallait, plusieurs fois nous étions passées devant, en admirant la jolie place Furstenberg : il faudra que nous y revenions... Combien de temps s'était écoulé depuis ma dernière visite ? Beaucoup trop loin pour que je m'en souvienne, vingt, trente, quarante ans... À Paris ou ailleurs, quand on est plus jeune, le temps ne passe pas comme maintenant, on a toujours le temps d'aller voir, entendre, découvrir... L'atelier de Delacroix ne va pas changer de place... Aujourd'hui, les envies, les urgences urgent plus...



La jolie place Furstenberg (juste à gauche, l'atelier de Delacroix)

Ce qui m'a intéressée dans la visite de la maison reste minime : l'atelier, le jardin et l’escalier qui accède au premier étage. Y pénétrer reste émouvant, "Il" est passé par là, l'escalier est raide, avec ses cartons, ses peinture, ses châssis, ça ne devait pas être facile. Il y habita pendant six ans (le quartier de son enfance), et termina ses jours, à soixante cinq ans (en 1863), sans héritier ni élève. Il s'était rapproché de l'église Saint-Sulpice où il travailla dans la chapelle des Saints-Anges. Il avait eu le droit de faire construire son atelier dans le jardin. Le musée est rattaché au Musée du Louvre depuis 2004.



Le grand escalier

Delacroix sensible à l'ambiance de son logis disait :





Cette impression de plaisir, je la connais aussi quand je pénètre dans mon appartement, arrangé à mon goût, je m'y sens tout de suite bien, je ressens calme et protection. L'été, je fais glisser les rideaux blancs sur les rails pour protéger du soleil les fleurs, les meubles, les aquarelles... L'hiver, quand la nuit arrive de bonne heure, je progresse dans ma salle de séjour en allumant une à une les lampes sur mon passage, les lumières petit à petit élargissent le champ de mon bien-être... Mon "petit" jardin se résume à mon balcon, fleuri dès le mois d'avril. Dans mon intérieur, je suis à l'abri du monde, des vilaines choses, de la pluie et du vent...  Dès l'automne, dans l'Indre, dans ma maison de campagne louée pour le mois, j'éprouve les mêmes sentiments. En fermant les volets le plus tard possible pour faire durer le jour, et me protéger du froid qui arrive, je sens l'odeur de la ferme d'à côté, et quelques fois j'entends les beuglement des veaux qui réclament leur mère. S'il y a du vent, j'entend aussi le vent, je me calfeutre tranquillement en attendant demain... Quand la nuit est presque totalement tombée, si je me souviens avoir oublié du linge sur le fil, jamais je n'ose aller le décrocher, même s'il pleut : on verra demain... J'ai toujours eu peur du noir...

Delacroix a eu bien de la chance d'avoir trouvé cette maison et son petit jardin, remis dans la même forme qu'il avait d'après des gravures et dessins retrouvés...



Le petit jardin de Delacroix à travers la fenêtre

Il y a peu de choses à voir dans cette maison, rien ne reste de ce qui avait appartenu à l'artiste, les œuvres sont rares et pas spectaculaires, une page de son journal avec une écriture toute fine, toute fine... Aux murs, des gravures, des petits tableaux de contemporains de Delacroix... Avec peu, on fait un musée... S'organisent ici des conférences, colloques, ateliers, rencontres, conférences, concerts, il faut bien meubler...

Je suis restée sur ma faim... Je me souviens avoir visité la maison de campagne de Caillebotte (cliquer sur le nom) qui se trouve à Yerres (Essonne), où il n'y avait pas un seul tableau de lui ! Mais le parc où avait habité la famille était merveilleux...

Heureusement qu'avec mon amie, nous avons terminé notre visite par un petit café, dans un joli café, où les patrons n'étaient pas pressés de voir partir les clients, un jeune homme travaillait sur son ordinateur à la table d'à côté, alors, nous avons bavardé sans nous soucier du temps. Il en faut du temps pour raconter les nouvelles des jours... Comment vas-tu ? Et toi ? Nous verrons-nous bientôt ? Le plus tôt possible sera le mieux, à mon retour (mon amie part à Rio), nous referons le chemin de Racine ? Bien sûr, il reste si mystérieux, si beau, nous l'avons emprunté tant de fois, toujours avec le même empressement, la même joie... Seul mon genou s'en plaint.......

Mes amis, comme je vous l'ai dit dans mon post précédent, la prochaine fois je vous raconte le Musée de l'Homme, et le magnifique film péruvien "Mon Père"... J'espère...

lundi 4 mars 2019

Les couleurs...




Les couleurs, les couleurs, les couleurs... Vers le bonheur...


Elle m'avait dit : maintenant, je vais porter des couleurs. Elle était plutôt beige, gris, blanc, marron, ocre,  de très  belles couleurs aussi, mais : "maintenant, je vais porter des couleurs" l'emportait plus loin. Je m'étais dit, voilà une occasion de célébrer une autre gamme pour elle... Enfiler des perles en tenant compte de sa nouvelle détermination, j'aimais bien l'idée...

Il fallait que je fasse doucement, sans heurts, délicatement, point trop n'en fallait pour le début, commençons par le rose et le blanc, une petite touche de vert en plus, ça supporte...

Lors du dernier collier, je lui avais déjà fait des avances de couleurs, bienvenues, et puis : maintenant, je vais porter des couleurs... Est tombé. Bien sûr, mon amie, les couleurs t'iront bien, le bonheur qu'elle vivait la tirait vers l'arc-en-ciel... Profitons-en, déplions les harmonies, saccageons la timidité des gris, brouillons les pistes des terres de Sienne brûlées...



Les premières couleurs du collier précédent...


Les perles roses

Ce matin, en faisant un petit tour au Puces, avant la pluie, j'ai trempé les mains dans un tas de colliers de trois sous, cassés, très laids, pendentifs en ferraille, fermoirs démantibulés, bouts de ficelles, des rebuts à mettre à la poubelle. Et j'ai aperçu les perles roses, torsadées, translucides, sucrées comme des bonbons, un joli dégradé de roses mâtinait la trouvaille, il en manquait beaucoup pour se les accrocher telles quelles autour du cou, mais la rallonge serait parfaite, mélangée avec d'autres... Plus acidulées...

À tous les coups, une petite pièce d'un euro ferait l'affaire ! Je repartis avec mon trésor, contente du travail à imaginer, à donner... Une belle matinée, il ne m'en fallait pas plus pour me contenter...

Puis, je suis passé prendre le thé du matin chez mon amie qui se préparait à aller faire son marché, pas beaucoup de temps pour parler, elle était débordée, toujours des travaux d'art à faire, peinture, mosaïque, elle avait des commandes, des dons plutôt, elle honorait tout ce qu'on lui demandait, bien sûr il fallait être dans ses petits papiers, normal, pardi...

J'ai tout de suite aperçu son atelier : oh ! Comme c'est beau, je vais prendre la photo... Elle a ri !


L'atelier de mon amie

Elle avait tout mis sur la table, il ne manquait rien : la loupe pour copier les détails (pour le paysage tiré de la petite photo grande comme un marque-page qu'on aperçoit juste devant le tableau), les petits pinceaux accrochés les uns à côté des autres, autrement dit, bien rangés. L'objet noir du premier plan est le tablier de l'artiste, à côté le taille-crayons à manivelle, et derrière, quelques plantes qui avaient besoin de lumière enjolivaient le décor. Encore derrière, une petite mosaïque en verre qui donnait toute sa puissance devant la fenêtre... Comment résister à tant d'élégance ? J'ai pris la photo... Allez, dépêche-toi, tu vas être en retard pour le marché ! Merci pour le thé et le carré de chocolat, continue à faire des beautés, mon amie, c'est magnifique, ce que tu fais... Dimanche, chacune allait à son rythme, jouait avec ses petits dominos,  j'ai repris le chemin de mes perles...

Dernières nouvelles :


L'abricotier...

Aux marches de mon palais, il y a mon abricotier, cette année il est couvert de fleurs,  le vent et la pluie le malmènent, pourvu qu'il ne fasse pas trop froid, si le printemps est doux nous pourrons nous régaler cet été, il donne des fruits divins et sucrés, quand on les respire, ils sentent la rose... Je croise les doigts pour les fleurs d'en bas... Je ne mange jamais d'abricots aussi bons...

Au prochain tour, je vous parle du Musée de l'Homme, et du magnifique film péruvien "Mon père", de Alvaro Delgado-Aparicio... Des merveilles...


vendredi 1 mars 2019

Miniartextil, quinzième édition... Au cœur de l'humain !



 Anthropocène - Alvaro Diego Campuzano

Si, comme moi, vous ne savez pas ce que veut dire anthropocène, ne bougez pas, je vous dévoile tout, via Wikipédia : "l'anthropocène," soit l'Ère de l'Homme, est un terme relatif à la chronologie de la géologie proposé pour caractériser l'époque de l'histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre". Voilà ! C'est mieux comme ça ?

Bon ! Je commence par le début... Tous les ans, mon amie a l'habitude de courir voir l'Exposition Internationale d'Art du Textile Contemporain (Miniartextil), que propose la Ville de Montrouge (Hauts-de-Seine)... Parfait ! J'adore l'art textile, très bonne idée,  la quinzième expo, nous la ferons ensemble...

Après un délicieux repas pris dans notre petit resto vietnamien, des blablas et un café, en voiture Simone !

Il faisait l'été, un soleil brûlant, pas de vent, que des cœurs battants, justement, c'est le thème de l'expo...

Une histoire d'amour s'est tissée entre la ville de Montrouge et l'association italienne Arte&Arte, née en 1991 à Côme. Miniartextil fait désormais partie de "l'ADN" de la ville, elle réunit chaque année, à travers un thème, environ soixante œuvres d'artistes internationaux sélectionnés sur candidature. Le format de l'oeuvre doit s'inscrire dans un volume exigé de 20x20x20... Visite guidée et entrée libre !

J'arrive donc sur la quinzième année, comme une fleur, avec mon amie, fine connaisseuse... Voilà ce qui nous attendait, dès l'entrée, et qui suscita immédiatement mon enthousiasme : des grands panneaux de tulle, presque invisibles, où étaient peintes à l'encre de Chine des silhouettes humaines en progression dans leurs mouvements, légères, belles, à fleur de geste, un beau moment d'art en plus... On n'avait juste qu'à se glisser entre les espaces libres pour voir les silhouettes évoluer..





Pia Männikkö - Déjà vu (2011)



Pia Mânnikkô - Déjà vu (2011) - Tulle et encre de Chine



Développement du mouvement


À première vue, l'expo s'annonçait divine : à travers ces panneaux de tulle, la magie opéra tout de suite... De quoi frétiller de curiosité... Ce qui me rappelait le grand coup de foudre qui m'avait frappée lors de la Biennale de Venise en 2017, je m'agitais dans tous les sens. sans vouloir aller trop vite, ou trop lentement, je n'avais pas assez d'un cœur, de deux yeux, je ne sentais plus du tout mon genou, j'étais dans l'art sans maux, avec frénésie... Dans la découverte ! Je me suis retrouvée dans cette joie-là à Montrouge...

Nous ne savions pas par où commencer, tout nous plaisait : treize installations textiles monumentales autour du cercle que formaient les 54 œuvres Miniartextil, chaque petite oeuvre était suspendue sur une petite tablette métallique, à portée du regard, on pouvait bien tourner autour, voir de près, de très près...


Les 54 artistes s'exposent sur des petits plateaux métalliques suspendus

Les grandes installations :


Falling (chute) - impression numérique, fils et poids de plomb - Cloë Ostmo 


Palmira - (2017) - Medhat Shafik

Comme presque tous les cartons étaient libellés en anglais, il fallu recourir au savoir des spectateurs, vous savez combien je parle bien anglais ! Une vraie ambiance de colonie de vacances, les plus polyglottes traduisaient tout de suite, beaucoup, beaucoup, hésitaient, les conversations allaient bon train... L'installation de Chloë Ostmo : un corps de femme en morceaux dévalant l'escalier, pouvait se moduler comme le souhaitait l'artiste : un peu plus de marches, un peu plus de corps, tenus par des fils à plomb, un simple souffle faisait bouger tout l'édifice...

Palmira reposait dans des ruines de pierres et de sables, les couleurs défaites avec le temps et la guerre, les deux ailes rouges que l'on voit suspendues rappellent la couleur du sang...

Les petites œuvres en cubes :

Nous fûmes tout de suite tentées  par les petites œuvres, chacune avait sa beauté formelle, originale, les techniques employées étaient très virtuoses, les formes, les inventions, les idées proposées faisaient marcher nos cerveaux à cent à l'heure... L'émotion était à son comble, dès les premières pièces, beauté, beauté, beauté...et ingéniosité...


My heart is a seed bank - Sara Dochow


Détail - Mon coeur est une banque de semence (traduction)



Un tour complet

Un cerveau plein de couleurs, des matière inattendues, brillantes, fleuries, une profusion d'idées... De la douceur, de la magie... Je n'avais jamais vu un cœur aussi perlé, boisé, satiné sur tous ses contours...


Humans - Francesca Nicchi

La délicatesse, la simplicité de cette pièce sans histoire était touchante et belle, la terre est ronde, les humains bien serrés sur la planète  ! Pourvu qu'elle résiste aux saccages...



Mé (tissage) - Caroline Turner

Cette pièce minuscule, parfaitement parlante avec tous ces portraits miniaturisés les uns à côté des autres, serrés comme des sardines, me font bien sûr immédiatement penser aux œuvres de Christian Boltanski...

Je m'extasiais sur le concept, une petite bobine de coton et des milliers de portraits, il suffirait de le dérouler, dérouler, dérouler, pour voir apparaître tous les gens d'un endroit, du monde ?... Une dame, qui se trouvait juste à côté de moi, disait : je connais l'artiste qui a créé cette oeuvre, si vous saviez quelle galère ça a été pour elle d'imprimer tous ces portraits minuscules ! Un petit indice qui en dit long sur la fabrication savante associée au travail artistique, j'ai adoré cette très petite pièce, j'y ai retrouvé l'idée de C. Boltanski : garder le souvenir des personnes, les rassembler, laisser des traces du monde. Une idée qui traverse toute son oeuvre, que j'adore !


Were is my (human) mind ? - Anne Pangolin Guéno

Une autre très belle oeuvre, avec un bleu beaucoup plus franc que sur ma photo (Premier Prix de l'expo de Montrouge). Voyez comme ces œuvres sont soyeuses, vives, débordantes d'idées, l'espoir, l'imagination, la légèreté, la gravité, sont au rendez-vous, il suffit de bien observer pour sourire ou pleurer,  un vrai bonheur.


Rêverie humaine - Brigitte Stoffel-Finazzi

Mais nous n'en pouvions plus, il fallait impérativement que nous aérions nos cerveaux, les émotions étaient trop fortes, vite, un bol d'air ! Les gars du contrôle à l'entrée, visiblement surpris de nous voir repartir si vite, étaient tout sourire et perplexes... On revient, il faut qu'on se ressource, qu'on se calme, c'est trop fort, chaque pièce est tellement prenante... Nous voilà dehors, assises au soleil d'été, en terrasse, devant un petit café, il ne manquait plus que le bruit de la mer et des mouettes pour oublier celui des voitures, reprendre nos esprits, pour mieux continuer la visite. Nous avions besoin de ce temps de repos, tout ce que nous avions vu était déjà trop beau, trop fort, trop... Pause ! Encore quelques paroles enthousiastes, allez, on y retourne... Nous faisions comme je fais quand je ne veux pas que ma lecture avance trop vite, je reviens un peu en arrière, glisse mon marque-page entre les pages... Je reprendrai demain... Nous prenions le temps de nous attarder, dégustant l’environnement pour recommencer la visite depuis le début. Il y avait énormément de conciliabules devant chaque pièce, le public ne se privait d'aucun commentaire, s’exclamait à la cantonade, chacun se sentait chez soi, à l'aise, des mots plus hauts que d'autres, ce qui pour moi fut une occasion unique de renvoyer les balles... Avec plaisir ! Un grand jeune homme dans un petit groupe de  spectateurs attentionnés dit : ça me donne envie de pleurer ! J'ai cru qu'il plaisantait, mais non, il nous faisait part de son émotion cueillie sur le vif, nous étions dans le même état que lui... Quelques critiques cependant : ça ressemble à l'année dernière, du déjà vu, quelques œuvres se ressemblent. Nous ne pouvions juger sur rien, la quinzième année, tout était nouveau pour moi !

Difficile de vous apporter toutes les œuvres sur un plateau, comment ai-je pu passer à côté des quatorze expos précédentes ?



We are on our own story (nous sommes sur notre propre histoire)  - Christine Läubli

Voyez ces humains enrubannées les uns aux autres, comment arriver à marcher ensemble ? Nous ne le savons pas !


Coeur - Hiromi Murotami

En fait, l'exposition produisait spontanément des réceptions diverses : des éloges, beaucoup d'éloges, des critiques, peu,  des spectateurs bavards, des sourires aux lèvres, beaucoup de sourires, des complicités, nous cherchions même à nous rapprocher pour confronter nos regards... L'expo devenait interactive, réflexive, nous étions aux cœurs du sujet... Bravo les artistes... Et Montrouge !

Certains artistes nous apprennent à regarder, réfléchir, à nous projeter un peu plus loin, ils peuvent  êtres donneurs d'alertes,  donneurs de leçons, comme tout le monde. Comprendre le monde, c'est bien difficile, les artistes nous sont indispensables, ils agissent en couleurs, en sensations, en beauté, vérités ou mensonges, leurs talents peuvent nous aider à mieux voir ? Bah ! À nous de voir...

mercredi 20 février 2019

Les perles de Venise... Et les autres...


La couronne de fleurs en perles de Venise

Controverse :

Au moment de l'achat, je n'y avais pas pensé du tout, pas une seule seconde, c'est bien après les premiers étonnements, les petits sourires en coin, que j'ai compris : c'est quoi, ce truc de fleurs ? Ça ne fait pas un peu couronne mortuaire ? Remarque, c'est très joli tout de même, ça ne t'avait pas frappée ? Absolument pas, j'ai acheté ces fleurs de printemps pour la beauté de la composition, les petites feuilles toutes gaillardes qui allaient dans tous les sens, la fraîcheur de l'ensemble, tout m'allait. Jamais je n'ai songé à un décor mortuaire, jamais, jamais, la dame m'avait dit que c'était vraiment bien choisi, on pouvait mettre un chandelier au milieu, sur une table de fêtes. Ah, tu vois ! Il y avait bien mort d'homme dans l'objet... Mais, un chandelier, ce n'est tout de même pas forcément une veillée funèbre ? J'étais donc partie avec ma couronne sous le bras, dans un joli papier de soie, un beau décor végétal fait entièrement à la main, avec beaucoup de perles, à la mode de Venise, la couronne fut lourde de conséquences...

Encore un atelier que je n'ai plus jamais retrouvé, fermé, délaissé, disparu, adieu l'art !

Ce qui était dit était dit  : ma couronne faisait fin de vie, pas couronne de première communiante, pas couronne de fête de fin d'année, pas solstice de printemps non... À y regarder de plus près, je la trouvais à mon tour un peu tristoune, le ver était dans le fruit, comment remonter la pente maintenant, pour batifoler dans les prés avec ces fleurs d'enterrement ?

Depuis, j'ai appris à vivre avec, sans penser à mal. Des doutes, j'en ai encore, mais je l'aime bien tout de même, ma petite couronne. Allez, à la vie, à la mort, nous deux, c'est pour la vie !

Pour la nettoyer, je souffle dessus, la poussière est invisible, les couleurs, sous ce léger nettoyage, gardent toujours leur éclat, elle brillent, font les gentilles, je les aime malgré tout, tout, tout...


La fleur blanche : vice...



Et versa

Cette belle fleur blanche, je l'avais trouvée dans un atelier du côté de San Stae, qui ne faisait pas que des chefs-d'oeuvre, c'est vrai : colliers, bracelets, bagues, porte-clés, des choses pas terribles, terribles.  il fallait bien chercher, j'avais déniché la fleur dans un coin, seule au monde. Elle avait au dos une grande épingle dorée enrubannée dans du fil blanc, qui permettait de l'accrocher sur un revers, une vaste poitrine, ou de la poser sur un meuble, je l'ai posée sur un meuble... Sympa, ta fleur... Ce qui veut dire : trop laide, bouh, horrible, pas de goût, mais qu'est-ce qui lui a pris d'acheter cette mochetée ? Ah ! Oui, c'est joli, blanc, ça vient de Venise ? Ils font des objets comme ça là-bas, j'ai bien senti la petite raillerie... Mais moi, je l'aime, ma fleur, j'aime bien la prendre dans la main, elle pèse son poids de souvenirs...

Place Saint-Marc, j'ai vu de bien plus jolies choses, mais jamais je n'ai osé rentrer dans ces magasins luxueux où tout était hors de prix. Ma belle fleur blanche faisait l'affaire, ni parfumée, ni enchantée,  usinée dans un petit atelier, elle venait de ma Venise, elle suffisait à mon bonheur...

L'apprentissage sur le tas :

Et puis, chemin faisant, j'ai commencé à acheter des perles dans les quelques boutiques qui restaient à Venise... Je me suis  organisée,  j'ai tracé mon propre chemin...



Un petit aperçu de mon stock


Inspiration de Venise : mes pompons décoratifs

Je me souviens du commencement, les perles de toutes les couleurs, les fils, les aiguilles, les pinces, la colle et ma bonne volonté, je n'avais pas  du tout idée de toutes les manipulations qu'il me faudrait inventer pour avancer. J'ai trouvé en tâtonnant et finalement, ils étaient tellement jolis que tout le monde m'en réclamait, chacun voulait son ornement pour une poignée de porte, une clé d’armoire. J'en ai fabriqué de toutes les couleurs, j'avais mis au point une technique bien personnelle, j'inventais au fur et à mesure, je comptais les perles comme j'avais fait il y a des années pour aligner les point de croix de mes broderies, j'ai compté, tellement compté... Mon frère, à qui j'en offrais un ou deux pour chaque Noël, a mis des couleurs à toutes les clés des meubles anciens de son nouvel appartement, c'est beau !

Je me souviens qu'en faisant mes pompons j'ai eu mes premiers acouphène dans une oreille, ça m'est tombé dessus comme le tonnerre... Un soir, sous la lampe de travail, ils se sont posés dans mon pavillon gauche, j'ai eu comme des petits bruissements qui chuchotaient doucement, très supportables... Le premier soir, j'ai écouté, cherché d'où ça pouvait provenir, j'ai même regardé par la fenêtre si les petits chuchotement ne venaient pas de l'extérieur, j'ai fermé la radio, arrêté la télé, écouté le réfrigérateur... Ils étaient dans mon corps... Le deuxième soir et les soirs suivants, tout en comptant les perles, je n'ai plus entendu les grillons... Incorporés, absorbés, acceptés, et puis voilà !

Les perles, je les cherche partout, surtout dans des endroits insolites, les Puces, les vide-greniers, les tiroirs/greniers de mes amies,  les coins oubliés, plutôt que chez les marchands où elles se ressemblent trop... Et coûtent toujours plus cher...

La trouvaille :

Aux Puces, bien sûr, sur un stand proche de la poubelle aménagée, bien protégé dans un petit mouchoir de coton blanc, j'ai trouvé un col rebrodé de mini perles en parfait état, une beauté ancienne, ce fut le coup de foudre !


Une petite merveille, à prix doux comme du velours

Voilà comment j'ai craqué pour un objet totalement inutile, mais tellement réconfortant par sa beauté... Aucune négociation possible, le prix était tellement petit ! Les perles rouges étaient cousues avec du fil rouge, les pétales avec du vert, et les blanches... Avec du fil blanc. Au début, j'ai pensé que c'étaient des fleurs, mais après avis d'une amie,  j'ai bien compris que c'étaient des cerises...


Mes amis, merci de passer chez moi,  je vous parle d'une très belle exposition par une journée ensoleillée, sur le prochain post... Et je n'oublie pas Stephan Zweig, toujours époustouflant...

jeudi 14 février 2019

Au fil des jours.....


Détail de l'oeuvre du japonais Kohei Nawa (1975, Osaka) - PixCell-Deer - 2017 - présentée au Musée de la Chasse encore quelques jours...

Maman, nous venons de voir une oeuvre extraordinaire, un grand cerf recouvert de bulles de verre, il faut que tu ailles le voir... Très vite...

J'y courus, et je ne fus pas déçue, le grand animal ne devrait rester que quelques jours encore au Musée de la Chasse (qui l'avait accueilli de septembre à décembre 2018), le collectionneur qui avait acheté l'oeuvre devait la récupérer incessamment (dixit un gardien du musée).

L'animal est recouvert de 40 000 bulles de cristal fait maison, de tailles toutes différentes... Chaque grosse bulle dévoile par transparence le poil de la bête... Le gardien m'avait expliqué que l'artiste avait eu l'idée de remplacer les pixels qui composent les image numériques (plus il y a de pixels, plus l'image est belle), par des grosses bulles de cristal, dont il a recouvert l'animal naturalisé. Cet effet de loupe permet effectivement d'apercevoir les poils du cerf, légèrement grossis comme sous un microscope. Une pierre, deux (ou plusieurs) coups : une oeuvre artistique magnifique, plusieurs interprétations - retrouvées ça et là chez les critiques d'art - des bulles d'eau gelée, des drôles de champignons transparents, hommage au cerf qui au Japon symbolise la pureté et la lumière solaire. Une oeuvre qui ne se livre pas d'un coup est forcément passionnante...


L'effet  microscope, le mystère reste entier

Le grand cerf recouvert de cristal gardait tout son mystère et explosait silencieusement de beauté... Les bavardages allaient bon train.  Un face à face insolite entre les deux grandes bêtes, l'une dans ses bulles de savon, et l'autre dans sa grandeur nature...


Le grand cerf de Hohei Nawa dans toute sa splendeur



Le grand cerf grandeur nature...

Kohei Nawa a exposé dans le monde entier... Le Musée de la Chasse est un lieu insolite, merveilleux, pas trop encombré pour le moment de visiteurs, pourvu que ça dure encore un peu...

Au fil des jours : les perles...


Les travaux du jour

J'avais écumé toutes les adresses, sur internet, c'est facile et rapide ? Pas sûr, il faut avoir de la motivation, je l'avais...

Si j'allais voir à cette adresse inconnue, une boutique de perles que je ne connaissais pas, mon stock est encore bien fourni, mais la tentation d'aller voir ailleurs est toujours vivace chez moi... D'autres matières, d'autres idées... J'y vais...

Je suis descendue à la station Barbès-Rochechouart, toujours pleine de monde de tous les coins du monde... À mes pieds, presque à la dernière marche de l'escalier qui déverse la foule, je vois une quantité d'hommes, jeunes, la tête à l'abri sous la capuche de leur veste sport, il n'y avait pourtant pas beaucoup de soleil, et pas froid non plus, pas un temps à capuche...

Tous avaient le regard collé sur leur téléphone, toutes les secondes ils levaient le nez, regardant de droite et de gauche, moi qui ai l'habitude de voir les mêmes capuches dans mon quartier, je n'ai pas  mis plus d'une minute pour voir qu'il s'agissait de dealers en pleine activité commerciale...

Aucune gêne, aucune précaution, ils allaient et venaient au gré des événements... À ma grande surprise, j'en vis un qui comptait frénétiquement une liasse comme un vrai banquier, la liasse était épaisse, il faisait défiler rapidement les billets entre le pouce et l'index, sans se soucier le moins du monde de l'environnement... Il était un peu dissimulé par un kiosque à journaux, ce qui fait que les trois CRS bardés de mitraillettes qui se trouvaient de l'autre côté du trottoir, ne devaient pas le voir... Tout était tranquille... Au retour de ma petite exploration perles, le gus était toujours à la même place, la liasse, à vue de nez, plus volumineuse que le quart d'heure précédent, et comptait, comptait, comptait... Toujours comme un furieux !

Dans le magasin de perles, la dame m'avait dit : "les gens qui achètent sur internet ce que je vends ici ne jouent pas le jeu, petit à petit les magasins de perles ferment à Paris". C'est vrai, je les vois fermer les uns après les autres, mes ressources s’amenuisent, rien ne pourra remplacer pour moi le voir et le toucher, mais je fais comme tout le monde, j'achète aussi sur internet...

Je ne compte pas les heureux autour de moi : des bracelets réparés, les perles remplacées, les fermoirs cassés des colliers à changer, sans parler des créations qui feront plaisir aux belles de mon entourage, une bijouterie à deux sous pour le plaisir de ceux que j'aime...




Les bijoux fantaisie

Au fil des jours : les serpillères et les balais...



Vous connaissez tous

Les rencontres font des merveilles, aussi douces que les bijoux de pacotille. Voilà des lustres que nous ne nous étions pas vues, on commence par ma tour et on fait un petit tour dans la sienne, en deux temps trois mouvements, nous nous racontons nos exploits. Elle se souvient avec affection de cette vieille dame qui habitait sur mon palier, et qui l'avait accueillie avec son enfant, petite à l'époque. Elle lui avait dit : entrez, dormez ici si vous ne savez où aller, elle lui avait ouvert son canapé-lit et n'avait rien demandé de plus. Mon amie s'en souvient : tiens c'est gravé là, elle pointait son index sur son cœur, mamie un jour, mamie pour la vie. Quand la mamie de sa vie, "mieux que ma famille", connut l'heure des difficultés de la dépendance, très âgée, sans enfant, sans parents que l'on peut appeler, je l'ai prise chez moi, personne ne me l'a réclamée, je l'ai chouchoutée jusqu'au dernier jour, tu te souviens, tu étais venue la voir chez moi. Oui, je me souvenais très bien, chaque fois que le trottoir nous réunissait, je lui demandais des nouvelles de sa mamie... Elle est morte dans ses draps, main dans la main.

La voilà partie, la sauveuse de l'humanité, à me raconter sa tour, elle avait un langage si vivant, si expressif, si chaleureux, un vrai bonheur... Tu vois, moi, arrivée tout droit d'Algérie, il y a très longtemps, quand je vois des gens qui "dégueulassent" notre tour, je crie, je hurle plus fort que les autres, je les mets dans le droit chemin : les papiers, c'est ici qu'il faut les jeter, les mégots, pareil, c'est compris ? Les jeunes, les vieux, les même mots, les même intonations, il faut qu'ils comprennent que notre tour, c'est notre chez nous. Tu vas rire, l'autre jour avec deux voisines on a nettoyé l'escalier de haut en bas, 6 étages entièrement à la main et au balai, allez hop ! T'aurais vu le tas de mégots, de papiers, qu'on a ramassé au rez-de-chaussée... Maintenant, c'est nickel ! Un autre jour, on a pris les serpillères, même punition, le gardien qui devrait faire tout le travail n'y arrive pas, tiens, tiens, regarde, je te jure que c'est vrai : elle sort son téléphone et me montre la vidéo, elle avait filmé les séances comme pour une démonstration d'aspirateur au Salon des arts ménagers... Je n'en revenais pas : vous faites tout ça ? Oui, il faut éduquer les gens, d'où qu'ils viennent, si on n'était pas là, l'immeuble partirait en patate ! Quelle grandeur d'âme, la philosophie n'en parle pas de celle-là, elle est trop moderne... Elle créait du lien avec son balai et sa serpillère, c'était une résolue, elle voulait que sa tour de Babel reste propre, accueillante et fraternelle...

Je songeais immédiatement à tous les papiers que je ramasse au dessus de la poubelle suspendue, et que je glisse dans le trou (prévu à cet effet), juste en dessous... Nous n'avons pas encore sorti les balais et les serpillère dans ma tour, car notre "ange gardienne" est une perle ! Mais j'ai mis des petits arrêts de portes en feutrine, sur les chambranles, pour adoucir le bruits de certaines portes des parties communes qui claquaient avec violence. Sans doute, personne n'a encore remarqué que ça faisait beaucoup moins de bruit qu'avant !

Au fil des jours : Stephan Zweig


En cours de lecture

Après les nouvelles : La peur, Amock, Le joueur d'échecs, le cœur battant, j'attaque Les 24 heures de la vie d'une femme, aussi prometteur que les précédents... Je vous reparle de mon enthousiasme pour cet auteur !


Amis, à bientôt pour de nouvelles aventures citadines, moi qui rêve de campagne et de pays étrangers, il faudra que j'attende encore longtemps...