jeudi 5 décembre 2019

Parlons-nous... Fin, fin, fin de la violette !!


Les délicieuses violettes

J'arrête tout, je dépose mes armes, je ne cours plus partout, j'arrête aussi les comparaisons, les envies, les évaluations, les échantillons, LES PARFUMS SONT TRÈS MAUVAIS POUR MA TÊTE !!!!

Ben, Danielle, que nous chantes-tu là ? Voilà ma nouvelle histoire :

J'ai tout compris aujourd'hui, j'ai eu mal à la tête toute la journée à cause d'une giclée de sent-bon provenant d'un minuscule échantillon que j'avais reçu hier (d'un très bond parfumeur de niche) dans un grand magasin tout scintillant. Je comptais beaucoup sur l'échantillon, qui allait sans doute me permettre d'affirmer : c'est le bon, je le tiens ! Dès le lendemain matin, je m'étais mise un petit "pschitt" dans le cou, contente de moi, vous allez voir ce que vous allez voir, je vais me faire faire des beaux cadeaux de fin d'année, vive le Père Noël ! Je me réjouissais de sentir la vanille, mais déjà cette giclée de la veille, sur mon  poignet droit aurait du m'alerter... Je n'ai pas voulu en ternir compte, on verra demain...

Au matin, le mal de tête s'est immédiatement installé, avec le tout petit jet de Vanille de bourbon... Je me suis dit : ça va passer, et je suis partie à la Capitale faire des courses...



Les violettes de Marie Eléonore Françoise Laugée (1902)

Mais le mal n'a pas cessé, la tête me bourdonnait, ça m'a tenu toute la journée, du coup je me suis dit : c'est terminé, ces histoires-là, circulez, rideau, il n'y a rien à voir, j'arrête là, les maux de tête, de cœur, de fond, halte-là ! Puisque presque tous les parfums me déclenchent des céphalées, j'arrête tout : les essais, les courses à l’échalote, les recherches sur internénette, tous les plans pour sentir bon... J'en ai marre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval... Je tourne ma page, je raccroche les gants, je hisse le drapeau blanc, je ne veux pas rester au 36e dessous, maintenant, je me concentre sur : les églises, les synagogues, les mosquées, les temples... Les arts, le cinéma, le théâtre, les concerts, la lecture, ma famille, mes amis, les malheurs de notre planète, les arbres et les fleurs des champs... Et bientôt, le citronnier de mon balcon. Bon, je fais attention quand même à ce qui se passe près de chez moi, et un peu plus loin...

À bien réfléchir, combien de fois ai-je été gênée par un parfum intempestif dans une salle de spectacle, un mouchoir sous les narines pour ne pas trop me gâcher mon plaisir, quelque fois même j'ai du changer de place, partir loin de l'empesteur(euse). J'ai même appris récemment qu'aux États-Unis et au Canada, de plus en plus de villes et d’administrations prohibent le port de parfums synthétiques. Eaux de toilette, cosmétiques, déodorants odorants, les sensibles, les allergiques s'en sont plaint, il y a des gens qui se sont trouvés mal... Je m'en voudrais d'imposer ce désagrément à mes voisins d'accoudoirs... Désormais, je n'en porterai qu'un seul, qui ne fait de mal à personne (que je sache), mes fils l'adorent, et pourtant ils sont hypersensibles des narines, Shalimar chez moi, autour de moi, même avec ses molécules artificielles, est léger, tout doux, il démarre par le cœur instantanément, et même s'il pouvait durer quarante-huit heures d'affilée, on ne lui en voudrait pas... Avec lui, je n'ai jamais mal à la tête !



Violettes maison, je vous aime plus que de raison

Comment vont faire les parfumeurs, puisqu'il n'y a plus de fleurs des champs, plus de roses à portée de main ? Il paraît que si les parfums étaient faits de jus naturels, ils coûteraient minimum quatre cents euros le flacon de 50 ml...

Mais comme disait Colette (je me tue à le répéter) : je préfère me passer de bifteck plutôt que de parfum ! Moi aussi !!!

Mes amis, j'ai encore plein de mots à vous dire, des mots de rues, de commerce, de bus... À très vite... 

dimanche 1 décembre 2019

Parlons-nous... La violette, prolongation


Edouard Manet (1832-1883)


C'est en Avignon que la fragrance de la violette m'a poursuivie ! J'avais le temps, tout mon temps pour flâner, interroger les marchands de parfums, approfondir la piste de cette senteur.

C'était après la visite que je ne manque jamais de faire à la très belle Collégiale Saint-Agricol (XIIe - XVe siècles) : j'adore y retrouver deux Annonciations : une sur le parvis, en fronton de l'église et l'autre à l'intérieur, sur le monument funéraire (XVIe) de Paul Doni (marbre doré), ses sculptures en marbre ont l'éclat du bois doré, d'une douceur extrême....


La belle église Saint-Agricol ((Évêque d'Avignon au 7e siècle) 


L'Annonciation du porche de l'église


L'Annonciation, délicates sculptures de marbre blanc


Le monument funéraire en marbre de Paul Doni, et l'Annonciation


La très belle Annonciation du monument, les personnages ont l'air en bois 

Me voici à pied d'oeuvre, vraiment disponible, devant la grande parfumerie F. : elle est tellement belle qu'on a envie de tout acheter, les noms de fleurs résonnent dans toutes les bouteilles, les étiquettes étincelantes en font la publicité avec élégance... Mais pas de violette ! La fleur d'oranger me fait rêver, ici elle supplante toutes les senteurs...

Plus loin encore, chez un autre marchand de sent-bon, pas besoin de beaucoup de paroles pour me rendre compte très vite que je suis devant un vrai connaisseur... Il très calé, connaît parfaitement la pyramide olfactive des parfums de son magasin, il est parfait : j'ai le temps, madame, il n'y a personne pour le moment, c'est tellement rare qu'une cliente sache vraiment ce qu'elle cherche. J'y étais venue chercher ma petite note de violette... Ce que vous cherchez se trouvera peut-être dans un parfum" de niche" plutôt que dans un parfum "de masse"... J'apprenais encore...

Au bout de plusieurs essais, sans succès pour mon nez, et un début de migraine qui s'annonçait déjà, il me dit : franchement, madame, je vais vous dire que les fragrances de violette et de muguet ne peuvent se reproduire à l'identique, les fleurs sitôt cueillies voient leur parfum s’évanouir comme par enchantement... Et il fit un geste gracieux avec ses deux mains, imitant une envolée de papillons qui voulait me dire : sitôt cueillies, sitôt évaporées, ne cherchez plus, vous serez toujours déçue...

En revanche, la fleur d'oranger (que j'avais remisée en joker), on peut la reproduire, la distiller, la garder, la multiplier, la copier parfaitement... J'étais un peu sauvée... Il se mit à m'en faire respirer, je ne savais plus où donner du nez...



William Worcester Churchill (1858-1926)

C'est sûrement vrai, je ne trouverai jamais l'odeur des violettes en bouteilles. Depuis quelques années seulement, je la retrouve au printemps, avec joie, tout près de mon immeuble, ces fleurs y poussent  discrètement, secrètement, derrière le grillage de la minuscule pelouse, en bas des marches, un miracle ! Chaque année, je m’écorche les doigts pour saisir leurs petites tiges fragiles, je fais un petit bouquet de quatre ou cinq fleurs et je les respire, transformant mon nez en alambic qui distille en moi cette fragrance inespérée, fragile et si belle... Inoubliable, original, impossible à reproduire... Je vais chercher encore...


Les violettes du cimetière (2013)

Alors, je me souviens à nouveau de ce vieux cimetière juif de Vienne, dont tout l'air ambiant sentait les violettes, il en poussait partout, les tombes étaient recouvertes, inondées de violettes. Les morts vivaient dans cette odeur délicate et tenace du printemps, il suffisait de respirer normalement pour  faire le plein de cette odeur douce, sucrée, enveloppante, envoûtante, personne ne pouvait donc s'en emparer, aucun parfumeur, maintenant je le savais... Il faudrait que je retourne sur mes pas, dans ces paysages extraordinairement "violettés", ou attendre le printemps, guetter de tout mon cœur les violettes de ma rue... Finalement ma rue est riche, violettes et abricots s'y côtoient malgré la pollution, pas très loin du caniveau et des grillages. Le mauvais temps, le froid, le gel, le vent n'y peuvent rien, la nature a le dernier mot, je me régale...

Je suis repartie d’Avignon avec une petit bouteille "fleur d'oranger" offerte par ma chère belle-sœur, ainsi les fleurs de la Méditerranée me parfument encore aujourd'hui, j'ai bien envie de faire pousser un citronnier sur mon balcon... Pourquoi pas, le réchauffement climatique vient jusque sous mes fenêtres... Très petit avantage avant le désastre, me direz-vous, mais en attendant que la planète reprenne son rythme naturel, je voudrais bien parfumer mon balcon avec des citrons... Quel bonheur en perspective !!


Mes amis, j'ai défait ma valise, je reprends le cours de ma vie citadine, parlons-nous encore et encore... J'ai des paroles en tête... 

mercredi 20 novembre 2019

Parlons-nous... La violette (2)


La violette :

Mon "marchand de primeurs" est un vrai lieu de rencontres, clients de tous âges, de tous horizons, un mélange idéal ! Le patron est un rêveur, raffiné, et depuis plusieurs mois il s'est mis au bio, et les affaires vont de mieux en mieux. Sa boutique ressemble à un vrai potager, plus vrai que nature, il arrange les couleurs avec raffinement, les petites ardoises sur lesquelles il note les prix et les provenances des produits sont écrites avec une belle écriture, à la craie blanche, il a toujours le sourire et avec lui on peut parler de la pluie, du beau temps, et de poésie... Il ne vend jamais de fruits fatigués, tout est frais et il accepte la carte bleue, il est moderne, toujours accueillant, mon marchand de primeurs est parfait !

Il aide son prochain, apporte son aide à celui qui est dans le besoin, avec ses fruits et quelque fois même avec une pièce ou un billet, il connait bien le pauvre malheureux qui zone dans le secteur... Quand il va dans son arrière-boutique qui se trouve dans la maison d'à côté, il demande à ses clients de garder le magasin : je reviens, j'en ai juste pour deux minutes. Et c'est vrai, il est très rapide, sa réserve doit être aussi bien rangée que ses étals, les clients qui gardent le magasin préviennent ceux qui arrivent, et nous attendons tous en papotant... L'ambiance est bonne...

C'est comme ça que j'ai rencontré la dame à la violette ! C'est une habituée... Dans son sillage, j'ai senti un parfum délicieux, léger, sucré, que je n'ai pas reconnu tout de suite. Ah ! Madame, quel beau parfum vous avez, il est très doux, je n'arrive pas encore à en saisir exactement la provenance, mais il me rappelle une fleur... Oui, oui, c'est une fleur, attendez que je me souvienne ! Elle tourna autour, voyons, voyons, ahh ! Je n'arrive pas à me souvenir, attentez... Mais oui, c'est la violette, c'est ça, la violette !

Voilà une occasion pour moi de creuser le sujet, j'avais déjà fait ma petite enquête (sans succès) pour trouver un parfum à la violette, mais je n'avais jamais réussi à trouver la bonne marque qui fabriquait le délicieux jus...


Enfin quelqu'un qui sent la violette. Ça sent très bon ! Notre marchand de primeurs s'intégra instantanément  dans notre conversation, tout le monde trouvait que ça sentait la violette, à coup sûr... La dame me dit : je ne me souviens plus du tout du nom du parfumeur, je sais que c'est juste à la descente du bus, place Saint-Sulpice, il y a une belle boutique, c'est toujours là que je vais. Mais vous savez, je n'y vais pas souvent, le flacon me tient l'année, j'en mets très peu à la fois, c'est mon fils qui me l'achète. J'avais bien essayé adroitement de lui soutirer des souvenirs de marques, mais rien à faire, la mémoire ne lui en revenait pas...

Si vous voulez, je vais marquer le nom du parfumeur sur un papier et je le laisserai ici dans la boutique, promis ! Le marchand opina du chef : oui, je vous le garderai, pas de soucis. Mais moi, je n'étais pas certaine qu'elle n'allait pas oublier, j'insistais lourdement : pensez à moi, madame, je compte sur vous, je viens souvent chez notre marchand, je serais vraiment contente de récupérer le nom, entre passionnées de parfums, on se comprend.

C'était dit, je pouvais y compter ! Tout à coup, la dame, entre deux poireaux et trois navets : attendez,  ne bougez pas, je vais les chercher, je reviens, j'habite en face. L'aubaine ! Elle était prête à faire ce petit détour, uniquement pour faire plaisir, elle planta ses courses avec tellement de gentillesse, j'arrive, je n'en ai pas pour longtemps, je reviens et elle disparut... Elle avait parlé aussi d'une autre fragrance florale, elle ferait donc d'une pierre, deux coups ? Ma chance !


Le marchand attendait derrière son tiroir caisse, curieux, je vous ai dit qu'il était poète, les parfums l'intéressaient... Rapidement, elle revint avec un petit paquet dans les mains : voilà ! Elle coucha précieusement, en douceur, le petit sac en plastique sur le comptoir, près de la balance, où il reste toujours un peu de place libre pour poser les produits à peser. Deux flacons entortillés dans des chiffons en sortirent, l'un à la violette, et l'autre à la fleur d'oranger, d'une marque très connue et élégante. Notre marchand, qui venait du sud, connaissait bien la fleur d'oranger, les agrumes, c'était son rayon. Ah ! Il pressait déjà sur sa main un jet d'odeur précieuse... Attendez, attendez, dit la dame, pas trop, juste une toute petite giclée suffit, il faut que ça me fasse l'année ! Alors, la main parfumée du marchand passa de nez en nez, à la façon d'un baise-main mondain, délicieux, vraiment, ça sent divinement bon, léger, discret, tout à fait la fleur d'oranger, la violette aussi, très réussie, délicate, on les reconnait très bien... Nous étions à l'heure de vérité... Chacun avait son mot à dire...

Le dernier mot me revient, je n'ai pas encore exploré la piste de la place Saint-Sulpice, mais j'ai mis l'adresse dans mon carnet de bal, en revenant du pont d'Avignon, j'y cours...

La vie passe comme l'éclair, comme l'odeur de la violette, de la fleur d'oranger, cueillons dès aujourd'hui les roses de la vie... Moi, je file en Avignon... À très vite, pas trop quand même...


dimanche 17 novembre 2019

Parlons-nous !


La belle rétrospective OZU en 2019

Ce n'est pas du tout de la rétrospective OZU de mon cinéma de quartier (vu/revu neuf films sur dix) dont je vais vous parler, il y aurait des milliers de mots à dire : entre nous, j'en suis une inconditionnelle, une fan, une groupie, je l'aime sur tous ses plans ! Son oeuvre résiste merveilleusement au temps. Tant que les histoires de famille rencontreront des cinéastes de très grand talent, nous risquons d'en être touchés, profondément...  Avec OZU, qui est un cinéaste de très grand talent, je n'ai plus aucun esprit critique, quand je vais voir un de ses films, je dis : je vais voir un OZU, plus besoin du titre, de l'année de la sortie, de la longueur du film, peu importe, je vais voir un OZU point final. J'ai vu presque tous ses films, et heureusement, il me reste encore des trésors à découvrir, les rétrospectives sont faites pour ça... 

Donc, après la séance OZU, j'ai fait la rencontre d'une dame qui avait assisté comme moi à la projection de Printemps précoce, 144 mn, et qui courait comme moi pour attraper "notre" bus à la sortie de la séance... Nous étions rapidement tombées d'accord sur quelques petites longueurs du film, oui, c'est vrai, OZU aurait pu faire plus court, sans rien retirer à son chef-d'oeuvre, oui, vous avez raison, un peu long... Je n'en revenais pas, quelle audace, j'avais fait moi aussi cette petite critique sans broncher : un peu long ! Je progresse, peut-être, en sagesse ?

Nous avons très rapidement abandonné le terrain d'OZU, vous allez voir comment. Un peu long le film, je n'en pouvais plus, oui, peut-être un peu, mais... Vous avez vu le beau film Yuli (réalisé par Icíar Bollaín) ? Oui, je l'avais vu, agréable à regarder, le danseur était magnifique (Carlos Acosta) mais je n'arrivais pas à la hauteur de son enthousiasme, j'avais préféré, et de loin, Billy Eliott de Stephen Daldry... Mais là n'était pas le sujet, le sujet, c'était : Elle, avec toute sa belle histoire d'amour avec la danse... Les histoires entendues au vol ne commencent pas par le début, elles démarrent n'importe comment et moi, je les prends dans les mailles de mon filet à papillons... Une à l'endroit, une à l'envers, une à...



L'affiche

Nous voilà parties sur la danse, sa passion : je danse depuis 30 ans. Ah bon ! Notre conversation  continua de plus belle en montant dans l'autobus qui venait d'arriver, pas de temps mort. Assises l'une en face de l'autre, elle a continué à me raconter, sans se faire prier : vous en avez donc fait votre métier ? Pas du tout, je dansais pour mon plaisir, en "amateur", quel bonheur, j'ai toujours adoré ça. C'est quoi, alors, votre métier ? Je suis professeur d'allemand. Ah oui, ce n'est pas tout à fait pareil. L'allemand aussi a été ma passion, vous voyez je suis née pendant la guerre et mes parents n'ont cessé de me dire pendant toute mon enfance : il ne faut plus qu'il y ait de guerre, il ne faut plus. C'est pour ça que j'ai choisi la langue allemande au bout de deux ans de cours, pour faire la paix, réunir nos deux pays. C'est bien, ça, madame, vous avez été visionnaire ! Professeur d'allemand pour le pardon, la paix, c'est beau... Elle avait juste quelques stations à faire pour arriver chez elle, je le savais car ce n'était pas la première fois (ni la dernière), que nous nous rencontrions. Oui, j'adore la danse, un jour voyez-vous, au cours d'un spectacle avec ce grand chorégraphe israélien appelé Gaga (Ohad Naharin, 67 ans), vous connaissez ?... Oui, oui, j'ai vu un documentaire sur lui, totalement magnifique, oui, il est formidable. Et bien figurez-vous que j'étais à l'Opéra Garnier pour une de ses représentations l'année dernière, et à la fin il a fait monter quelques spectateurs sur la scène. En effet, incroyable ! Et alors ? Et bien j'ai dansé, avec bonheur, la consigne était de fermer les yeux et, quand la musique s'est arrêtée,  j'ai ouvert les yeux, j'ai vu que j'étais toute seule sur la scène de l'Opéra, ça été pour moi une énorme émotion, il m'avait laissée jusqu'au bout de la musique danser toute seule. Je comprends, incroyable, très impressionnant, quelle joie pour vous ! Elle en était encore toute émue en me racontant son exploit, si fort, si dense... Cette dame avait plus de 75 ans... Elle avait été opérée trois fois de la hanche, elle en gardait une canne, et marchait d'un bon pas... Avait-elle dansé avec sa canne, ou au bras d'un cavalier, guidée par Gaga peut-être ?


Photo magnifique empruntée sur internet (© Presse)

Et puis sa vie a continué à défiler dans l'autobus.

Elle avait perdu ses parents très jeune, et son frère, qui avait 20 ans de plus, est devenu son tuteur,  elle avait refusé d'aller avec son oncle qui était méchant. Elle a pratiqué la danse très tôt, et l'amour de la danse s'était installé en elle pour toujours, elle aimait le cinéma et la danse. Vous n'allez jamais au cinéma ensemble avec votre mari ? Non, pas souvent, mais je me souviens du premier spectacle que mon mari m'avait emmenée voir quand nous étions plus jeunes, c'était un ballet à l'Opéra de Paris... Je l'avais toujours vue seule aux séances de cinéma, mon mari préfère les musées, il est très gentil, mon mari, très gentil, c'est un scientifique... Elle me dit aussi, de la joie dans la voix : j'ai deux petits-enfants merveilleux, les enfants de mon fils, j'avais une fille qui est morte à 30 ans... Dans un si petit parcours de bus, ça n'était pas facile de s'installer dans sa vie, mais j'avais bien vu qu'elle voulait tout me dire avant de descendre, moi je ne voulais pas non plus que sa station arrive trop vite, des moments comme ça n'arrivent pas souvent, moi aussi j'espérais que le bus resterait plus longtemps aux feux rouges... La vie, la passion, l'amour, la mort, en trois tours de roues, en descendant elle me dit : j'espère que je vais vous revoir... Moi aussi je l'espère, passez une bonne soirée...

Bien sûr que nous allons nous revoir, sûr qu'on va courir après l'autobus, bien sûr que nous nous reparlerons, je vous attends... À bientôt madame, et merci !

Une amie m'a dit l'autre jour au téléphone que sa grand-mère lui avait répondu, un jour où elle se plaignait : si tu vas vendre tous tes malheurs au marché, c'est sûr que tu reviendras avec !

Je vais encore parcourir mon Petit Monde, le Grand Monde de la Terre va trop mal pour moi, je suis mieux avec les suites de jours qui font mon quotidien, sous mes yeux, sous mes pas, à mon oreille... Mes amis, ne quittez pas mon fil, je reviens...

lundi 11 novembre 2019

Le plus vieil arbre de Paris...


La vieille Notre-Dame entre quatre planches, en attente de résurrection, le cœur se serre en la voyant si abîmée, si fragile... Mais debout !

J'y suis allée, mauvais temps, pluie fine, ciel gris ne m'ont pas découragée. En général, j'aime bien les promenades du dimanche dans la capitale, quand les magasins sont fermés, les voitures moins nombreuses, Paris fait la grasse matinée...

Allez ma belle, continue la rencontre avec les arbres, il suffit de prendre le métro ou le bus, un petit bout de chemin à pied, mais je n'avais pas prévu la présence des touristes, tous dehors de bon matin... Très nombreux, surtout aux abords de la Grande malade, avec le ciel d'hiver, le sol mouillée, le froid, nous étions bien dans le thème de la tristesse...


La malade de face

Sur le parvis étaient dressées les grandes toiles blanches de l'hôpital de campagne qui soignait la grande brûlée, j'ai le souvenir des énormes flammes quand je passe par ici, tout près d'elle j'ai cru reconnaître encore l'odeur de brûlé, le temps n'était pas à la rigolade, tant mieux !


Les perspectives des bords de Seine sont toujours aussi belles : la Conciergerie, la flèche de la Sainte-Chapelle, un petit bout de l'Hôtel-Dieu...

J'allais doucement, il n'était pas midi, j'avais tout mon temps, je pouvais bien faire le tour du pâté de maisons, uniquement pour le plaisir... J'avais laissé l'Hôtel de Ville derrière moi... Les ponts de la Seine sont toujours beaux à regarder, entourés de tous ces bâtiments splendides.


Ici, avec l'Hôtel de Ville que j'aime beaucoup


Au Patrimoine de l'Humanité, les bouquinistes veulent en être aussi, ils en ont fait la demande, pourquoi pas !

Pont après pont, paysage après paysage, pardon monsieur, pardon madame, on se touchait du coude, les visiteurs du monde entier ne sont pas pressés non plus, ils prennent des selfies partout sans se soucier du reste, ils sont seuls au monde. Pardon madame, pardon, j'arrivais à la fontaine Saint-Michel, entourée de deux beaux platanes, jamais je ne les avais vus aussi beaux, je ne me souviens d'ailleurs même pas de les avoir vraiment vus un jour. Quand il fait gris, les yeux s’ouvrent plus grand. La fontaine était magnifique.


La fontaine Saint-Michel n'était pas seule sur le trottoir

Comme vous pouvez le voir sur la photo, la Fontaine ne doit pas s’ennuyer... Cette fontaine construite au XIXe siècle fait partie des projets d'aération de Paris voulus par Napoléon III. Les quatre colonnes de marbre rouge ressortent mieux avec la pluie...

Après avoir tourné un peu en rond, j'ai retrouvé le chemin de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, une église médiévale du XIIe-début XIIIe siècle, devenue à la fin du XIXe siècle église grecque-orthodoxe catholique. J'ai loupé la visite, arrivée trop tard après la messe, mais c'était l'arbre du petit square, sur le côté de l'église, que j'étais venu voir en priorité.



Fermée après l'office


L'église pile et face, du monde, du monde, du monde

La rue de la Huchette, tout près de l'église, fourbissait ses armes, couteaux et fourchettes, les restaurants forment le gros de la troupe des commerces depuis des lustres

J'y passais déjà quand j'étais adolescente, déjà éberluée du nombre de restaurants qui accrochaient le client sur le trottoir, j'étais timide, je marchais vite, je ne me souviens pas du tout y avoir mangé un jour, mais c'est si loin... Je vois qu'aujourd'hui, ça marche toujours...

Le plus vieil arbre de Paris :

Voilà le square, le vieil acacia est au milieu, soutenu pas des échafaudages sérieux, il a plus de 400 ans, planté en 1602, nous renseigne une petite pancarte plantée juste devant. Il serait le plus vieil arbre de Paris, il a un feuillage fourni, son gros tronc très penché semble veiller sur tous les petits acacias qui poussent autour de lui, des rejets vigoureux qui font  plaisir à voir, ses enfants, en somme.


Le voilà avec ses gros tuteurs
Tournez avec moi autour de l'arbre...




Voyez toutes ses beaux rejets, l'arbre est en plein forme avec ses renforts costauds qui se confondent avec son tronc


De loin il ne paye pas de mine, mais il a 417 ans, tout de même

Au cours de mon petit tourniquet autour de l'arbre, je voyais des tas de touriste qui passaient sans un regard pour le Monument, alors j'ai pris le taureau par les cornes. À un couple de personnes qui passaient à côté de moi, j'ai dit à l'emporte pièce : regardez, cet arbre est le plus vieux de Paris... Ah bon ! Regarde, Lucette, c'est le plus vieil arbre, on passe souvent devant pourtant, merci madame du renseignement... Les groupes traversaient le square et fonçaient sur Notre-Dame-de-Paris, la rue d'en face faisait recette, j'ai pu prendre mes photos tout à fait à l'aise...

Le petit square est très beau, de l'ombre, des bancs, un vieil arbre, une église très ancienne à droite, une cathédrale à gauche, ce petit jardin est un chef-d'oeuvre parisien...


Le coin d'ombre où l'on peut s’asseoir avant de reprendre sa promenade

J'ai repris le chemin du retour, retraversé les ponts, repris des photos... Sous la pluie, mais contente...


À côté du cigare du buraliste, il y a des souvenirs


Le Palais de Justice, la flèche de la Sainte-Chapelle


Et le bel escalier qui mène à la Seine

Le mois de septembre joue les prolongations, je suis toujours dans les arbres, et Paris est vraiment beau sous la pluie...


Mes amis, mes passagers, le prochain post sera... Je vous y attends avec plaisir...

dimanche 10 novembre 2019

Saga de l'Indre (10 et fin...)


Le grand noyer du village

Je tournais dans tous les sens pour l'avoir de pied en cap, il faisait mauvais, le ciel était gris, mais le noyer était superbe, comment ne l'avais-je pas vu, celui-là ? Elle vint à ma rencontre en promenant son chien, à petits pas de promeneuse du soir... Il est beau, n'est-ce pas ? Oui madame, je l'admire, vous avez raison, il a un peu souffert de la chaleur, il a jauni prématurément, mais il reste beau... Et nous voilà parties à parler des arbres du coin, c'était une connaisseuse : allez donc plus loin, après le tournant, à quelques kilomètres de là, vous verrez un grand séquoia, vous ne pouvez pas le manquer, il longe la propriété, il y a aussi des cèdres du Liban de toute beauté. Ah ! Quelle chance de vous avoir rencontrée, madame, merci ! Il va pleuvoir, j'y reviendrai demain... Je me disais : vivement demain !



Le merveilleux spectacle du grand chêne à l'entrée d'une propriété ancienne


Le lendemain, j'étais sur la route, je remerciais cette dame, j'allais voir les arbres dont elle m'avait parlé, c'était le bonheur ! Les dernières surprises de l'Indre me sont venues de ces arbres un peu perdus au milieu de rien, mais rattachés à cette belle propriété très ancienne que m'avait fait découvrir la promeneuse du soir... On habitait ici depuis le 14e siècle... Plus rien ne subsiste du château, des forêts bien sûr, de siècle en siècle tout avait disparu, mais il reste une belle maison de maître...

Le spectacle d'un bel arbre dépasse toute la connaissance que l'on peut avoir sur lui, il est d'abord beau, uniquement superbe à regarder, un choc esthétique, merci l'arbre ! Je l'ai pris dans mes bras pour en mesurer son tronc et, à la louche, il faisait cinq mètres de circonférence, donc il avait environ 200 ans !


Tout en muscles


En force


Le grand chêne de tous côtés, exceptionnel !

Le vélo à la main je me suis enhardie à pénétrer en propriété privée au risque des chiens, des fantômes, peut-être ? Si je pouvais trouver quelqu'un ici qui pouvait me parler des arbres, mais pas de chien, ni de chat, personne !

En rebroussant chemin, j'ai vu sur le côté de la route que la clôture était ouverte à tous vents, cette ouverture donnait sur une prairie fraîchement fauchée, il n'y avait rien d'autre ici que des arbres remarquables d'une très grande beauté.

Je n'étais pas au bout de mon étonnement : le séquoia, je l'avais vu bien sûr, de loin, de très loin, dans la prairie, je pouvais l'approcher de près...



Le séquoia, je l'ai aperçu sur le bord de la route, gigantesque


Son tronc rouge attaqué par le lierre, les branches basses dessinaient des lignes de fuite

Dans cette prairie, il n'y avait que les arbres et moi, et mon vélo, que j'avais laissé dans un coin pour mieux m'agiter devant ces merveilles de la nature. Un grand arbre au loin m'attirait par son envergure incroyable, et quand je me suis approchée, j'ai vu qu'ils étaient deux siamois qui se regardaient, c'était beau comme un coup de foudre !


Ils faisaient une forêt à eux tout seuls


Ces splendeurs m'ont impressionnée ! Deux frères jumeaux tendant les bras... D'une beauté !




En dessous, il y a un paysage incroyable

Je ne sais pas encore avec certitude le nom de ces deux arbres : Charmes, Ormes, ou Hêtres, mais en regardant les feuilles de près, je penche pour le hêtre... Affaire à suivre l'année prochaine, sur place.


Voici les feuilles de ces arbres magnifiques


Dessus, dessous, à vous de me m'aider pour trouver le nom de l'arbre


Un dernier coup d’œil au cèdre du Liban, majestueux, à tomber raide :


Le cèdre du Liban

Pour moi, ce mois de septembre s'est prolongé bien au-delà, j'ai revisité avec vous toutes mes grandes découvertes, un mois de septembre qui compte double, c'est une chance !

Je ne regarde plus aucun arbre avec le même œil, je cherche à savoir qui il est, d'où il vient, et depuis combien de temps il est là, dans toutes les rues de Paris, de la ville où j'habite, les arbres vont me donner beaucoup de travail, mais j'y suis prête !

Je vais d'ailleurs aller photographier le plus vieil arbre de Paris, et je reviens...

Mes amis, mes passager, attendez-moi, je vais sans doute faire des zigzags avant de vous le montrer...

jeudi 7 novembre 2019

La Saga de l'Indre (9) : Inventaire...


Très vieux chêne ayant quelques centaines d'années, complètement penché sur l'étang de la Mer Rouge en Brière

Le très très vieux chêne :

Mes amis de campagne, qui avaient bien remarqué mon intérêt pour les "vieux", m'avaient fait une surprise : allez, viens, on t'emmène, tu vas voir ! On venait de partout pour voir le vieux chêne, les appareils photos crépitaient autour de la star qui  restait stoïque, certains disent que ce chêne a plus de quatre cents ans... En fait, il ne fait du tout son âge, il est magnifique de solidité et de légèreté, on ne voit que lui, on ne veut que lui. Des imprudents lui montent sur le corps pour la photo, je trouve ça insupportable, marcheriez-vous sur sur un objet d'art de cet âge-là ?

Tout tordu, puissant, feuillu, il avait pris un petit coup de grisou dans ses feuilles à cause de la canicule. C'était le roi des rives de l'étang, à moitié vide, ensablé, tout le monde attendait la pluie... Sauf moi !

Cette promenade à l'étang avait été le sommet de la journée, mes amis voyaient bien qu'il avaient visé juste, nous étions tous contents d'être là, près du chêne... En septembre, nous avions aussi la chance d'être dans un lieu tranquille, sans les visiteurs de l'été... La nature la plus extraordinaire vivait à son rythme, rien que pour nous, ses admirateurs...


Il est impossible de le quitter des yeux


 On dirait un corps humain qui s'étire vers l'eau


Je n'en finissais pas de faire des photos, mais je n'arrivais pas à le capturer entièrement, il me faudra laisser mon cerveau et mes émotions marcher seuls pour se souvenir, revivre l'atmosphère du moment... 

Le vieux saule :


Tous les jours, je pouvais passer devant, quand j'allais au village pour  faire quelques courses. Il me suffisait de prendre le chemin du saule, quand il y avait un peu de vent, ses longues branches pleureuses ondoyaient en froufroutant. Une fois, j'ai interrogé un homme qui sortait de cette vieille et grande ferme : pardon monsieur, votre saule, si haut, si beau, vous savez l'âge qu'il a ? Ah non madame, aucune idée, c'est pas chez nous ici... La ferme est mise en vente, les grilles se sont refermées... Qui donc va arriver ici ? Il y a quelques années, le propriétaire voulait déjà couper l'arbre, il disait : ça gêne... Le saule pleurait...

Le gros pommier :


Le vieux pommier, à la fin de septembre : toutes ses pommes étaient dans l'herbe, on aurait dit qu'il avait poussé sur un tapis rouge

Il n'y avait plus personne pour ramasser ses fruits, sauf les vers de terre et les limaces... J'aime particulièrement ce gros pommier pour son tapis rouge... Il a quelques années sur le dos lui aussi, et  ça lui va très bien au teint... Pour le voir dans tous ses états, j'allais jusqu'au bout du chemin du lieu-dit  où j'habite, tout au bout, il y a des poules et des coqs superbes...


À travers le grillage il m'a fallu avoir le bras long pour les avoir

Le vieil acacia :



Le vieil acacia (2014)

Il a beau se cacher dans un petit coin, il est très beau à regarder mais difficile à photographier, toujours à contresens de la lumière, il faut que je le prenne en petits morceaux. Pourtant, en 2014, j'y étais très bien arrivée, mais il manquait de lumière...


L'acacia vivait depuis un bon siècle devant le petit mur, dans un tout petit carré d'herbe, on pouvait très bien passer sans le voir... Mais moi, je l'avais à l’œil.

La dame qui vivait en face n'est plus là, j'aurais pu lui demander l'âge exact de l'acacia, elle était toujours joyeuse, avec le sourire, elle aimait bien faire la causette, je mettais volontiers pied à terre quand je la voyais de loin... Elle me manque...

La circonférence du tilleul :

Pendant que ma sœur était avec moi, nous avons aussi mesuré les troncs de nos beaux arbres avec nos bras pour connaître leur année de naissance, mais comme ma sœur n'est pas bien grande, nous n'avons jamais su leur âge...Pour celui-là, on voyait bien qu'à vue de nez, il avait de la bouteille, il a dû produire des tonnes de tilleul à tisanes... Des tonnes d'odeurs délicieuses à des kilomètres à la ronde...



Ma sœur en plein exercice de mesure



Le tilleul par petits bouts, pour l'avoir en entier il nous aurait fallu un drone


Le beau tronc du tilleul, coupé bas


On se disait, si quelqu'un passe par ici, il va nous prendre pour des folles amoureuses des arbres... Il n'aurait pas tort... Passion récente pourtant...

Un autre vieux tilleul :


Celui-là aussi avait fait ses classes, il avait une énorme envergure

Il projetait son ombre juste devant une ancienne petite ferme, quand il faisait beau les gens écossaient les haricots verts pour faire des conserves. Ici, je faisais pédale douce sur mon vélo, car à cet endroit il y a un petit virage, vous le voyez sur la photo. Je disais bonjour à la cantonade, je me disais qu'au mois de juin, le tilleul devait embaumer toutes les habitations du coin... Au village, il y a un tilleul plus gros que celui-là, dans un jardin peu exposé entouré d'un mur de pierre, j'ai bien essayé d'aller le voir de plus près, mais je n'ai jamais trouvé personne qui puisse m'ouvrir la porte, j'y retournerai l'année prochaine...

Le chataîgner du 17e siècle :


Sans doute le plus vieux châtaigner de la région

Pour le voir, j'ai dû pédaler plus dur, demander mon chemin, hésiter et finalement, je l'ai trouvé. De loin, quand je l'ai aperçu, je me suis dit tout de suite : c'est lui, comme si je l'avais reconnu ! J'étais émue devant le personnage, il était très vieux certes, la canicule l'avait un peu déplumé, pourvu qu'il tienne le coup pour le siècle suivant. Celui-ci, je le connaissais par des gens du coin : oui, oui, allez le voir, il vaut le coup, il a peut-être même plus de quatre cents ans... Cet arbre était connu et répertorié pour les connaisseurs...

J'avais conscience d'être devant un être exceptionnel, j'avais laissé tomber mon vélo et je lui tournais autour, il était dans un espace clos et électrifié, pas assez souple pour me glisser en dessous du fil,  je l'ai regardé du plus près que j'ai pu !


Cette branche avait du souffrir de la chaleur, les feuilles avaient jauni


Au plus près, au plus près, à l'intérieur de ses entrailles

Je me trouvais seule sur le site, une grande prairie, je sentais bien que j'avais un privilège, je suis restée longtemps à le regarder, s'il pouvait parler, vous imaginez, il est né sous Louis XIII, il a bien connu Louis XIV, etc... Il doit être fort en histoire de France...

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On voyait bien qu'il avait eu chaud

Le vieux châtaigner mort :

J'en connaissais un très beau sur le chemin de l'étang, en plein milieu d'un grand champ. Il y a quelques années, il y avait des vache qui s'abritaient sous son ombre, puis quelques années après, ils ont enlevé les vaches et cultivé du maïs. Cette année, quand je l'ai vu par terre, mort, presque enterré, j'ai eu un coup au cœur,  mon ami me dit : ils l'ont coupé, je te le dis, ça les gênait pour leur tracteurs. Ah, les abrutis ! Je suis sûr qu'ils l'ont coupé, ils s'en moquent des arbres, c'est le tracteur qui compte, c'est-y pas malheureux, mais bon, on n'avait pas de preuves, surtout moi... Donc, bénéfice du doute !


Voilà ce qui restait du beau châtaignier qui était encore là, sous mes yeux, il y a deux ans


Mes amis, mes passagers, je garde mes derniers arbres pour le dernier post de l'Indre... Prenons rendez-vous ici, bientôt...