mercredi 17 février 2016

La saga d'Alice... De Noël à aujourd'hui !



Petit marché d'un dimanche de janvier 2016

Nous étions encore en décembre, un coup de sonnette, et je me dis, ah ! Ça, c'est Alice, ma voisine, je regarde rapidement dans l’œilleton de ma porte, on ne sait jamais, une visite indésirable, mais non, c'est bien elle, droite comme un i de l'autre côté de ma porte, avec ses cheveux blancs bouclés et ses tenues élégantes, je ne pouvais  pas me tromper...

J'ouvre grand ma porte, oui Alice, je suis enchantée de vous voir, que puis-je pour vous ? Danielle, je viens juste pour vous faire un petit bisou, on aurait dit une petite fille, je la prends aussitôt dans mes bras et l'embrasse, avec un bras seulement je faisais presque le tour de ses épaules... Ses yeux bleus ne changent jamais, ils rient... Quelque fois j'ai un peu peur quand elle sonne à ma porte, j'ai peur du pire... Mais là, ses yeux riaient...


Le très bon pain du boulanger du marché, toute l'année

Comment ça va, Alice ? Vous avez vraiment bien fait de venir me voir pour un bisou, et je la raccompagne doucement dans son appartement : Alice, faites doucement, n'allez pas tomber. Quand nous franchissons le seuil de sa maison, elle me dit toujours : rentrez, vous avez bien cinq minutes... Je les prends toujours.

Alice, où en êtes-vous avec le tricot ? Elle me montre un ravissant ensemble rose et blanc : veste, foulard et bonnet, pour un enfant d'un an environ, son arrière-petite-fille, qu'elle doit voir très bientôt. Cet ouvrage est très bien tricoté au point de riz qui demande beaucoup d'attention, les petites bordures frisottantes qu'elle a réalisées sur le devant du gilet en font l'originalité et la modernité. C'est superbe Alice, bravo ! Vous voyez, j'ai augmenté la taille du bonnet, j'ai rajouté vingt mailles. Ah bon, vous l'avez refait ? Il y a quelques jours, lors de l'examen du tricot, j'avais dit à Alice qu'il me semblait que le petit bonnet était un peu juste, je l'avais dit avec beaucoup de précautions, car Alice est une excellente tricoteuse, de très loin bien meilleure que moi, en coiffant mon poing du bonnet, j'ai pu m’exclamer :  Alice, il est parfait, il lui ira comme un gant, elle n'avait pas oublié de coudre le joli  pompon fait main qui terminait à ravir la panoplie...


Petit marché d'un dimanche de février 2016

Puisque j'étais dans ses lieux, je lui demandais ce qu'elle avait prévu pour son déjeuner, pour une fois je me suis acheté un plat tout préparé, poulet rôt- pommes soufflées, vous allez manger tout ça ? Non, j'en ai pour au moins deux fois, les desserts étaient sur la table, yaourt, fromage...Son plat tout préparé avait l'air triste, comme elle quelques fois, comme le jour où elle m'avait dit : vous comprenez Danielle, c'est pour ça que je veux m'en aller... Elle était venue toute affolée me dire : je vais en Mairie... Mais Alice, qu'allez-vous faire en Mairie ? Je vais leur demander des trucs... Quoi, comme trucs ? Attendez, je vais vous montrer... Elle sortit alors de son sac à main des papiers pliés en petits; l'office d'HLM lui demandait une attestation d'assurance de son domicile, elle avait largement de temps pour la fournir, jusqu'en mars. Alice, ne courez pas... Mais comme je voyais son air dépité, je lui ai dit : je vais m'en occuper, et j'ai immédiatement téléphoné à son assureur pour l'envoi de l'attestation... Tout simple, Alice n'en revenait pas, elle trouvait que j'étais formidable, pour un simple coup de fil, je lui avais dit aussi : Alice, ne soyez pas préoccupée, il n'y a rien d'urgent dans tout ce que vous devez produire comme papier... J'avais passé une bonne demie-heure à retrouver le bon papier d'assurance dans son  grand trieur en fer, où tout était sens dessus dessous

Alice n'est jamais complètement heureuse, elle pense à la suite des choses... Ce qu'elle veut, mais pas tout le temps, c'est ficher le camp, rejoindre son mari, je ne suis plus bonne à rien !...


Soupe d'octobre et bon pain d'octobre 2014

Juste avant le réveillon de Noël, j'étais allée la voir pour lui faire un au revoir, puisqu'elle partait le lendemain, dans l'après-midi dans sa famille pour fêter Noël : entrez Danielle, vous avez bien un peu de temps, oui, un peu Alice, mais je n'en dis pas plus, elle n'était pas seule, sa femme de ménage (Andrée) l'accompagnait, douce, attentive, aimante, tout ce qu'il fallait à Alice. Andrée finissait de faire briller la grande vitrine en glace qui renferme toutes les belles choses glanées dans la vie d'Alice, beaucoup de petits personnages, de sujets en cristal qui scintillent dès que la lumière est allumée, Andrée s'extasiait, pour ne pas être en reste je la complimente sur un beau coquillage nacré au fond de la vitrine : Alice, il est très beau votre coquillage, couchez-moi sur votre testament rien que pour lui, et nous avons ri de bon cœur, Alice me dit tout de suite, prenez-le Danielle, ça vous fera un souvenir ! Mais non, voyons, Alice quand vous en serez à faire votre testament il va se passer du temps... Mais si, mais si, mais non, mais non, et je m’apprêtais à repartir, Andrée, prenant Alice par le bras dit tout tranquillement, je l'aime beaucoup Alice, elle porte le même prénom que ma sœur, morte depuis longtemps, elle avait 37 ans... Quand je parle avec Alice, j'ai aussi l'impression de parler avec ma petite sœur...


Le magnifique coquillage que m'a offert ma chère Alice... Prenez-le Danielle, ça me fait plaisir, ne me faite pas les gros yeux, ça vous fera un souvenir de moi... ... Mais non Alice, mais si Danielle, mais... J'ai finalement accepté après tergiversations et baisers

Au revoir toutes les deux, Alice passez de bonnes fêtes, je reviendrai demain pour vous embrasser avant votre départ....

Je ne me souviens plus si j'ai vraiment pu embrasser Alice avant de partir... Entre son départ et le mien...

Nous voilà en février... Elle avait encore sonné à ma porte, pressée de m'embrasser, d'avoir de la compagnie et de me raconter toutes ses aventures, j'ai tout laissé en plan et je suis allée papoter avec elle...Elle était déjà repartie (et revenue) dans le sud de la France, chez un de ses fils, voyage en avion, chouchoutée par tout l'équipage : à chaque fois qu'ils passaient avec le petit chariot, vous savez, quand il vendent des boissons, et bien ils m'offraient toujours des gâteaux en plus, vous imaginez, ils savaient que j'avais plus de 100 ans, j'étais la vedette...


Les couleurs de mai 2015

Alice me décrivait la maison, sa chambre communicante avec une belle salle d'eau, tout le confort moderne, un petit poêle rien que pour elle, allumé par son fils juste avant qu'elle monte se coucher... Elle avait fait des promenades presque tous les jours, il avait fait beau, un jour ou deux de pluie, elle avait vu la mer...

Ses yeux, ses oreilles appareillées, sa vivacité, sa tête, ses jambes, tout marchait à merveille, rendez-vous compte Alice, quelle chance vous avez de pouvoir encore tout faire à votre âge ! Oui, mais vous savez Danielle, il y a bien des personnes qui sont très bien aussi à 90 ans, oui Alice, c'est vrai... Ses yeux lui permettent toujours de tricoter durant trois heure par jour sans se fatiguer, son sourire est permanent !

Chère Alice, vivez encore longtemps, ne nous quittez pas, ne nous quittez, ne nous quittez pas...


Compote (bio) d'octobre 2015

4 commentaires:

ELFI a dit…

alice au pays des merveilles! joli!

Marie Claude a dit…

Je suis contente que tu nous parles d'Alice avec ces bonnes nouvelles,dis lui que je souhaite qu'elle devienne notre doyenne....Elle est adorable,je me la représente quand tu en parles comme Denise Grey centenaire elle aussi.
Tu as agrémenté ce tendre billet de bien jolis "petits tableaux" de fruits et légumes" (j'ai vu aussi les gâteaux...)
Un beau cadeau ce coquillage que tu garderas précieusement j'en suis sûre.
De gros bisous du soir Danielle.

Danielle a dit…

Elfi, toujours fidèle, oui, Alice va bien en ce moment, j'en suis très contente pour elle...

Je t'embrasse fort du matin.

Danielle a dit…

Marie Claude, oui, que des bonnes nouvelles pour Alice, je vais lui dire que nous voulons qu'elle devienne notre doyenne :-))

Mes petits légumes, fruits et gâteaux m'ont toujours parus plein de beauté naturelle, des natures mortes bien vivantes...

Le coquillage, certes je vais le garder avec bonheur, et je ne suis pas pressée d'en faire un souvenir :-))

Je t'embrasse très fort.