jeudi 17 février 2011

La trompe d'éléphant... Ce grand constructeur.

Une de mes amies surveille l’avancement des travaux de son futur appartement, inséré dans un immeuble collectif. Elle prend des photos, en passant régulièrement dans la petite rue où il se construit…

De mon balcon, perchée au 11e étage, juste en face du grand trou béant, je peux voir tous les jours, avec intérêt et curiosité, la petite bête qui se monte, qui se monte…

Je suis chargée d’une mission : faire une photo du chantier le plus souvent possible. Avec les possibilités de mon appareil photo, je peux zoomer suffisamment près, pour en observer presque tous les détails. Je me suis fait un point d’honneur de prendre une photo tous les matins, sauf le dimanche et le lundi car le chantier ne fonctionne pas le week-end…

Par tous les temps, la première chose que je fais en ouvrant les yeux, c’est d'ouvrir la porte de mon balcon pour prendre la photo... Les jours de pluie, c’est bien embêtant, car il ne faut pas mouiller mon bel appareil, ça demande de l’organisation : je prends appui sur la rambarde, je me cale bien sur mes deux jambes pour maintenir un bon équilibre, je protège l’objectif comme je peux et je déclenche… Je n’ai pas eu droit à la neige de décembre, car je suis partie au soleil du Cambodge !

Ainsi grâce à moi, mon amie pourra se fabriquer un joli diaporama qui montrera à la postérité comment s’est élevé son petit château, avec terrasse, donnant sur le petit jardin de son voisin, au rez-de-chaussée... Au vu du terrain qui restera pour inventer les plates-bandes, il sera nécessaire de planter des fleurs qui ne prennent pas beaucoup de place. Les arbres, il y en a déjà sur la propriété mitoyenne, c’est toujours ça de gagné.

Nous avons mille fois partagé : les délices du déménagement, qui permet de faire du vide et d’envisager les achats indispensables à la nouvelle vie, la décoration, les couleurs du décor, la place des meubles, nous avons calculé les entrées et les sorties du soleil, tout devient une joie dans cet exil volontaire, elle devient propriétaire, pas question de rater l’installation.

La nouvelle vie, c’est aussi le pied-à-terre définitif… Il faut que chaque cm² soit un joyau.

C’est un bonheur renouvelé que d’en parler avec elle, je l’imagine déjà sur sa terrasse en train de faire du tricot, de la dentelle, de l’aquarelle...Tutoyant le ciel et le soleil, comme à la campagne, pas loin de la ville. La voir heureuse dans ce projet qui prend tournure à toute allure… Ça donne de la joie.

La question qui s’impose ensuite est celle de l’environnement : pas de bruit, pas de bandes, pas de pétarades de mobylette, tu auras un calme olympien, tu profiteras pleinement du temps qui passe, avec passion.

Combien de fois j’ai fait le rêve de m’installer dans mes murs, d’avoir une cheminée avec du vrai feu, d’apporter du bois, de cueillir des fleurs ou des fruits aux arbres de mon jardin, de sortir sous les étoiles, écouter le grand silence, respirer le parfum du chemin ?

Alors, j’ai beaucoup de raisons d’assister mon amie à réaliser ces belles choses, en grand, ne rien laisser au hasard, le soir elle pourra elle aussi compter les petites charrues et la grande ours, comme je le fais l’été dans mon manoir de l’Indre, que je loue pendant tout un mois…

Mais, je ne suis pas venue jusque là pour m’attendrir sur un rêve… Voyez comme les histoires des autres vous projettent dans les vôtres !

Reprenons le chemin des grands bâtisseurs…



J’avais envie d’aller faire une balade à Paris, j’ai pris la future petite rue de mon amie et je suis restée en arrêt devant un grand camion dont le gros dos tournait en rond en faisant grand bruit : une bétonneuse... Je suis restée un moment devant un drôle d’instrument qui se balançait dans les airs, tenu par une immense grue jaune, vous avez deviné que j’étais juste devant le chantier du château… Avec terrasse et petit jardin.

Cet instrument, mais comment, comment est-ce possible ? Je n’y avais jamais pensé avant de le voir de si près, agiter sa trompe souple et noire, mais oui, c’est par là que le béton s’écoule, par ce petit tuyau de rien du tout qu'on construit le château de mon amie et des immeubles de 40 étages, des ensembles immobiliers qui poussent comme des champignons, commencés le 1er janvier, achevés le 31 décembre.

On bâtit toutes les villes du monde avec cette petite trompe d’éléphant, il suffit de la remplir en puisant dans le dos de la bétonneuse, de lui faire rendre son magma entre deux planches, quelques tiges de fer et l’affaire est réglée…

Terminés les grands temples d’Angkor, les faramineuses pyramides, les arcs de triomphe et les cathédrales, les châteaux de Versailles, les châteaux forts, les petits et les grands prieurés... Les hommes ne portent plus les pierres sur leur dos, il faut seulement une petite année pour habiter sa nouvelle maison, plus besoin de cumuler les générations pour voir s’achever le chef-d’œuvre, les grands ouvrages d’aujourd’hui doivent le jour à ce cordon ombilical...

Vous avez regardé ça de près ? Non, alors j’ai pris des photos pour vous.

9 commentaires:

Michelaise a dit…

Tu m'en diras tant, ce sont des éléphants qui sont donc cachés dans ces machines jaunes qui charrient des matéiraux. J'ai aimé to billet Danielle car on ne pense pas forcément au privilège que cela représente d'être "chez soi" (en province c'est fréquent) et à la chance que l'on a ... voire on se plaint des tracas que cela procure !

Danielle a dit…

Michelaise, l'essentiel est de vivre bien là où on est, ça n'empêche pas les rêves, mais ils ne faut qu'ils prennent trop de place :-)))

Du haut de ma tour, je suis plus près du ciel et du soleil...

Je ne me plains pas, je regarde de plus haut, et je bronze plus vite... :-)))

Passe une bonne journée.

Miss Lemon a dit…

Le quotidien, les petits riens prennent une telle ampleur sous votre plume de fine observatrice.
J'en suis sciée !
Un plaisir de lecture comme toujours.

Danielle a dit…

Merci Miss, je suis contente si mes petits riens grandissent sous vos yeux, quel plaisir...

Bonne soirée, vraiment bonne.

JMV a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Georg-Friedrich a dit…

Danielle, on avait dit une photo par jour, et que vois-je : quatre photos de la bétonneuse, du cordon ombilical, etc... Ne vous dispersez pas, vous avez une belle écharpe de deux mètres à me tricoter. Désormais ce sera 0 photo par jour, et dix mille mailles par heures! Gros bisous!

Danielle a dit…

GF :-))))))))))))))))))))

Gros bisous du jour !

Felice a dit…

Il est bien agréable de voir que quelqu'un se réjouit de l'édification de son nouveau chez soi! J'espère que ton amie sera satisfaite, car une maison, ce n'est pas rien!

Au Québec, depuis bientôt deux ans, le mot «construction» rime malheureusement avec «corruption», les partis d'opposition n'en finissant pas de réclamer une commission d'enquête sur la collusion existant dans le milieu des «contracteurs». Ton billet me fait donc particulièrement plaisir puisqu'il décrit la joie qui devrait toujours s'attacher au fait de préparer une nouvelle résidence.

Porte-toi bien.

Danielle a dit…

Felice quelle catastrophe si la corruption s'en mêle chez toi...

Mon amie est sereine, joyeuse, inquiète, et pressée...

Je te laisse je vais prendre une photo :-)))

Passe unes bonne journée.