vendredi 3 décembre 2010

L'écharpe...


Je suis une très grande professionnelle de l’écharpe… J’en ai déjà fait plusieurs pour mes fils et mon gendre… Toutes pareilles, le même point, la côte 2/2, la même laine, la même longueur… Seule la couleur change…

Mes hommes ont eu leurs exigences, surtout dans la longueur, ils voulaient pouvoir l’enrouler plusieurs fois autour du cou, et il ne fallait pas que ça gratte… L’écharpe fait donc 2m de longueur.

Tout le monde a voulu des franges assez longues aux deux bouts.

Quand l’hiver arrive, je retrouve mes écharpes autour de leurs cous avec plaisir.

J’avais trouvé une petite boutique un peu vieillotte dans Paris, qui vendait les laines, pure laine, en écheveaux. Un petit rituel est donc nécessaire pour transformer l’écheveau en pelote. Je ne sais combien de temps ce magasin va encore exister ? Je sauve un peu les vieux meubles, en somme, avec mes écharpes...

Pour la fabrication de la première, je leur avais demandé : ça vous dirait d’avoir une belle écharpe en pure laine qui ne gratte pas ? Le premier qui m’a répondu l’a eue. On a fini par s’entendre sur la couleur, la longueur et la largeur de la chose.

Pour les suivantes, je commençais toujours comme ça : ça vous dirait une belle écharpe en laine ? Les garçons ont toujours répondu oui. Je ne me souviens plus du tout en quelle saison je commençais le tricot, en automne, ou à l'entrée de l'hiver ? Je crois bien pourtant que ça devait être en hiver, car l’été je n’ai pas du tout envie de tricoter une écharpe, donc pas du tout envie de poser la question.

Pendant tout le temps de mon travail d'hiver, je me disais, il faut faire vite, il fait froid.

Un printemps, j’ai eu envie de proposer à un de mes fils : ça te dirait une écharpe en lin naturel, très élégante ? Et mon fils m’a dit, oui, une belle écharpe en lin, ça serait rudement bien. J’ai donc commencé à la travailler... Et je ne l’ai jamais terminée, mais il ne perd rien pour attendre, je vais la reprendre… Je l’avais laissée en plan car les aiguilles étaient très petites, il fallait des heures et des heures pour en venir à bout, vous imaginez, 2m de côte avec des aiguilles N° 2 !

Et puis cet hiver, j’ai posé la question à ma petite-fille (qui est presque aussi grande que les écharpes précédentes)... Oui mamie, ça serait super ! Alors je suis allée très vite à la vieille boutique, j’ai acheté deux écheveaux pour commencer… Dans la couleur qu’elle voulait.

Il y a très longtemps, je brodais beaucoup au point de croix, mais j’ai décidé d’arrêter à jamais, faute de place, faute d’idée, faute d’enthousiasme, faute de temps.


Mais j’ai gardé le plaisir d’avoir un ouvrage « de dame » à portée de main, pour tous les petits moments de libre, où la tête travaille d’un côté et les mains de l’autre…

Alors périodiquement je pose ma question, bientôt il faudra changer de couleur, renouveler le stock, j’aurais des commandes, je suis tranquille.

Et puis, l’ouvrage n’est pas seulement là pour occuper la tête, il est utile pour l’amour à donner et à recevoir, et puis, presque 2m de tricot, ça en fait de l’affection au cm², ma marque de fabrique c’est : le bonheur de donner du temps à ceux que j'aime, sans compter….

Dès que la nouvelle grande écharpe en laine sera finie… Je reprends celle en lin, je ne veux pas qu'on dise, tiens, tiens, elle a eu une panne d'amour, c’est seulement à cause des petites aiguilles que je prends plus de temps !

18 commentaires:

norma c a dit…

Une bien belle histoire que celle de tes écharpes.
Je n'ai pas grand talent de tricoteuse, je me suis aventurée une fois à faire une écharpe pour mon mari, mais il ne l'a jamais portée...
Il faut dire que ce n'était pas une réussite et plutôt une preuve de bon goût de sa part.
Devant ce fiasco, je n'ai plus réitéré...
Très bon dimanche à toi, Danielle !
Norma

Enitram a dit…

Oh que j'aime ton histoire d'écharpe, d'amour, d'amour en écharpe ! Moi aussi j'aime les écharpe, je viens d'en terminer une pour "bibi" et l'Amoureux veut la même, alors !
Mais depuis que ma peite Cassandre est née, je tricote, pour l'instant, des gilets sans manche (comme celui qui est sur mon dernier billet)...
Bon tricot chère Danielle !

autourdupuits a dit…

Et moi qui pensais que tu plaisantais en me disant que tu tricotais!
Encore une fois tu nous charmes avec tes belles histoires,si émouvantes.
Moi aussi je tricote sans rire!!
Mais c'est drôle je ne dois pas choisir la bonne laine car tout le monde veut de mes bonnets mais personne ne les porte!!!
Alors maintenant je fais comme Enitram je tricote pour "Bibi" comme je n'ai pas de Cassandre ....
Je réfléchis au livre que je pourrais te conseiller dis moi ce que tu as aimé cela va me guider
Bon dimanche

Chic a dit…

Et il est quelle heure ?...14h20 ? ;)

Danielle a dit…

Merci Norma, tu m'encourages fort à continuer de tricoter avec les mots :-)))

Je compatis pleinement à ton aventure de tricoteuse...fiascotée...

Bonne soirée à toi.

Danielle a dit…

Enitram, oui j'ai vu la petite Cassandre et son gilet (que j'ai deviné)dans les bras de son papa, devant la neige, c'est trop beau !

Vite à tes aiguilles pour ton amoureux et ta petite Cassandre.

Merci d'être passée sous mon écharpe.

Danielle a dit…

Françoise, non, non, non, je ne plaisantais pas tu vois !

Tu m'as fait bien rire avec tes bonnets que personne ne porte...

Tricoter pour "bibi" c'est bien aussi...

Dis-moi le livre que tu as vraiment adoré, ça me suffit...

Bonne soirée à toi.

Danielle a dit…

mais oui, Chic, exactement 14h20 comment as-tu deviné ?

Bises du soir, froid.

Felice a dit…

Bonjour Danielle,

Bravo pour vos écharpes! Il est effectivement de plus en plus difficile de trouver des magasins qui vendent encore de la laine, surtout dans la région montréalaise! Mais, de mon côté, j'ai une jolie réserve de chaussettes de laine et de taies d'oreiller brodées...car ma mère, malheureusement décédée il y a quatorze ans, nous avait fait une telle provision avant de partir, que j'en aurai certainement jusqu'à la fin de mes jours! Et ce sont là de doux souvenirs qui tiennent bien chaud ou suscitent de beaux rêves!

Bonne semaine à vous!

Georg-Friedrich a dit…

Mais non, on ne pensera jamais une chose pareille, on est tellement content de se laisser entortiller par ces belles écharpes, que ce soit la noire, la rouge ou même la bleue que j'ai ravie à ton fils pour cause d'allergie cutanée!!! Et on a envie de le dire en photo, en noir :
http://italiansbetter2.blogspot.com/2010/11/en-rouge-et-noir-jexilerai-ma-peur.html
en rouge :
http://italiansbetter2.blogspot.com/2010/11/lhomme-lecharpe-rouge.html
et en bleu (bientôt viendra le tour).
J'attendrai aussi longtemps qu'il faudra l'écharpe cognac. Je remarque seulement ceci : à moi on ne m'a jamais proposé une écharpe en lin.

Danielle a dit…

Felice, c'est vrai à Paris aussi il devient difficile de trouver ces petites boutiques...

Heureuse réserve pour vous...laissée par votre maman.

Bons tricots Felice et bonne soirée à vous.

Danielle a dit…

Gf, merci de tes entortillements... Bravo d'avoir laissé l'adresse de ton blog pour les photos et les aventures.

Je tricote une bordeaux pour ma grande petite fille, ça avance bien, la cognac suivra bien sûr... Bon, d'acccord pour le lin aussi :-))) Patiente...:-)))

Gros bisous doux...

Danielle

beatrice De a dit…

Charmante rubrique.
Le tricot fait partie de ma vie, par épisodes.
N'ai-je pas déjà raconté comment la *tricotomanie* est venue entre mes mains ?
Vous pouvez voir quelques travaux sur mon blog * les tricots de Béatrice de *, en remontant les bricolages de Noël. En cliquant sur la vignette à droite.
Une écharpe pour moi, me donne l'occasion d'expérimenter. Les dernières ont été des tubes assortis aux jaquettes réalisées.

beatrice De a dit…

Je me rappelle le tout premier pull fait sous l'impulsion de l'exemple de la vendeuse du magasin de sport où j'allais faire les vitrines tous les 15 jours à Thoune, depuis Lucerne.Ma première place de décoratrice.

Pull complètement raté. Je croyais m'en sortir sans marche à suivre. A l'époque, j'ignorais que cela excisait. Ma mère ne tricotant pas et moi, très naïve.
Oubli pendant quelques années.
Ensuite, à Londres, j'en ai tellement fait que, ayant compris le système j'ai pu me lancer dans des créations personnelles.
le tricot, en agrémentant ou transformant un vêtement à toujours prolongé la vie de celui-là.

beatrice De a dit…

A Paris, il m'est arrivé de *tourner* les merceries à la recherche de couleurs de laine ou de boutons que je ne trouvais pas dans ma petite ville de province.
Adresses trouvées sur Internet ou par le carnet d'adresses de copines dans le coup de la couture.
J'ai aussi vu des merveilles au marché aux puces. Cher !!!

Danielle a dit…

Chère Béatrice, je le sais depuis longtemps, tu es une grande dame du tricot, j'ai vu et revu sur ton blog tes oeuvres magnifiques, de la vraie création d'artiste.Bravo à toi. je suis totalement admirative...

Mais oui dis-moi comment ça t'es venue cette tricomanie ?

Merci d'être Passée Béatrice.

VenetiaMicio a dit…

Je m'y suis remise lors de la naissance de ma petite Tosca et j'ai adoré.Un petit tour à la Droguerie, toutes les fois que je pouvais, choisir des petits modèles et de beaux coloris de laine en écheveaux et que je demandais en pelotes comme toi.
Donc si je reprends tes belles paroles plus je tricote, plus je lui dis des mots d'amour à ma poupette !
Alors vite il faut que je reprenne illico son pull que j'ai abandonné depuis des mois, il lui manque encore une manche....
Heureusement qu'elle est encore petite, je vais rattraper le temps perdu et à chaque rang je lui dirais combien je l'aime.
bonne soirée

Danielle a dit…

Chère Danielle, le temps n'est pas perdu, les mots d'amour sont au bout de tes maille, allez, pour Tosca vive le tricot et les mots doux...


Je te bise fort du soir
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