mardi 30 novembre 2010

Arman... Au centre Beaubourg.


La Vénus (1992) rue Caillot Paris

Après avoir vu l'amoncellement de violons, en bronze, à la Fondation Gianadda, j'avais renouvelé mon stock d'admiration pour Arman... J'aime bien cet artiste.

Mais l'exposition au centre Beaubourg n'a pas produit sur moi l'enthousiasme attendu... Pourquoi ?

La pratique, établie en système, de l'assemblage de produits industriels ou de récupération, semble avoir beaucoup vieilli : les boîtes, les clous, les truelles, les objets de toute nature, les instruments de musique, les poubelles, les tubes de peinture, etc.... Toutes ces oeuvres que je connaissais par coeur, me paraissent maintenant dater, même si en son temps l'intérêt, la nouveauté, l'étonnement de son travail, avaient suscité de l'enthousiasme... Aujourd'hui, je suis passée très vite entre les rangs de matériels, les résines ont jauni, les objets poussiéreux, les oeuvres ne révèlent rien d'autre pour moi que de l'ennui. J'ai compris le système, je passe à autre chose. C'est le désenchantement.


L'heure de tous (1985) Gare Saint Lazare Paris

Seules les sculptures en bronze me réveillent, leur massivité et leur élégance font encore illusion et me plaisent.

Bref ! Je n'ai pas retrouvé la découverte, la joie, la légèreté de mes premiers regards, je suis passée rapidement à travers l'exposition, j'avais bien encore envie d'être éblouie.

Je me suis dit, ces oeuvres sont devenues à tel point usées par si peu de temps, ça ne m'intéresse plus, ça m'indiffère, voyons celle-ci, et celle-là, rien ne bouge en moi, l'émotion n'y est plus !

Pourtant, j'aime bien retrouver ses sculptures parisiennes : les pyramides de valises et d'horloges gare Saint Lazare, la Vénus (statut antique découpée) place Caillot. Elles font maintenant partie du paysage, il ne faudrait pas les changer.



Consigne à vie (1985) Gare Saint Lazare Paris


En photographie, le système d'assemblage, d'accumulation, de découpage, qui a fait vivre Arman, permet aussi de créer des dynamique agréables... Combien de fois n'avons-nous pas été tentés de prendre la photo de caisses d'oranges, ou de poires, bien alignées sur les beaux étalages de marchés de Provence et d'ailleurs ?

Les accumulation produisent toujours autre chose que la simple vision d'un objet. La multiplicité créée une dynamique nouvelle. C'est vrai, un gros plan sur la caisse d'oranges devient un champ de couleurs plaisantes, la vitrine d'un droguiste qui expose une palette de pigments donne de la joie, mais... Ces photos restent banales, mêmes belles, sans création véritable, le cadrage reste sans surprise, la répétition se suffit à elle-même pour produire son petit effet de lignes ou de couleurs, elle ne crée plus de bavardages intéressants... Mais... Reste toujours tentante pour le photographe amateur, comme moi.

Des regrets... Voilà ce que m'inspire la dernière exposition d'Arman.


4 commentaires:

autourdupuits a dit…

Que c'est drôle,pas plus tard qu'il y a environ quinze jours j'ai pris la statue de la rue Callot en photo sous toutes les coutures!!
Je me suis attardée autour de la pile de livres,les pinceaux,tu as vu qu'ils ont tagué la palette?
J'avais dans l'idée de faire un billet en rapprochant le nom de la rue d'un peintre et graveur,le café qui porte le nom de La Palette et Arman....
Mais sans penser à Beaubourg!
Où je pense que je ne serais pas allée même sans avoir lu ton billet

Danielle a dit…

Chère Françoise, quelle belle coïncidence...

Pas la peine d'aller à Beaubourg, le plus beau est dans la rue :-)))

Bises du soir à toi.

Georg-Friedrich a dit…

Moi aussi Danielle cette expo m'a laissé de marbre. Je me souviens de certaines ouevres que j'avais admirées il y a une quinzaine d'années et qui n'ont plus rien suscité cette fois. Je crois que Arman, finalement, ne fait plus partie de mon univers!

Danielle a dit…

Tu vois GF comme j'écoute toujours mes impressions subjectives pour les oeuvres d'art, avec l'expo d'Arman, je suis passée toute en marbre entre ses accumulations...

Pourtant dans la rue quand je rencontre ses sculptures, j'aime encore... Je comprends que tu ne le gardes pas dans ton univers...

Gros bisous pour la journée.