lundi 16 octobre 2017

L'Indre... Plus que quelques jours, un temps à rebours... (1)


 La belle endormie !

Tous les mois de septembre, depuis des années, je me retrouve dans l'Indre, sans me lasser de sa beauté, comment se lasser de la nature ? Je démarre la saison d'automne ici, avec les raisins et tous les fruits qui arrivent à point pour le plaisir des yeux et du goût.


 Avec le raisin

Après Venise, voilà déjà 25 jours d'écoulés à vivre près des tomates, des hérons, des noix, des poires qui coulent le long des branches... Des vaches, des poules et même des chevreuils aperçus juste avant l'ouverture de la chasse... Les perdrix, les faisans sont déposés par les chasseurs dans les champs environnants quelques jours avant la sortie des fusils, ainsi, les grands enfants peuvent faire semblant de tirer sur du gibier sauvage... Quelle bêtise !


 Les poires lourdes et joufflues, dures encore

Presque avant de repartir pour la Capitale,  je ne vais pas énumérer toutes les belles choses qui me sont passées sous le nez,  j'en ai les larmes au yeux !

J'ai roulé à petite vitesse, à côté des champs, dans les toutes petites ornières carrossables, souvent je me suis retournée en mettant pied à terre pour voir, non pas la distance parcourue, mais le paysage sous tous ses angles, le long de ses 360°. Le soleil, les ciels bleus ont toujours été au rendez-vous, à un moment de la journée, parfois toute la journée, contredisant les prévisions de la météo... Je me souviens de cette pente que j'ai dévalée doucement à pied, trop peur de tomber, de cette côte qu'il fallait monter sans pédaler, pas assez de mollets, de force. Quelle joie d'aller lentement, heureusement que je vieillis !... L'année prochaine, si tout va bien, je me retrouverais sur ces petits vallons, j'emporterais un petit pliant léger avec dossier que je pourrais poser partout, au milieu de n'importe quelle pâture, de n'importe quel chemin herbeux et admirer, méditer, assise confortablement dans mes pensées...



J'ai refait cent fois les mêmes promenades sans me lasser, comment se lasser de la nature ?

L'appareil photo, je l'ai sorti moins souvent que les premières années, cette belle lumière, là, c'est la première fois que je la vois, vraiment ? Oui, le toit par-dessus les branches, éclairé comme un mystère, avec une nouvelle mise en scène, une découverte un peu tardive, tant mieux, il me reste tant à découvrir...


La nouvelle mise en scène

Arrivée à l'étang, j'y voyais bien tous les changements, d'une année à l'autre les bords restaient négligés, troués, effrités de toutes parts, les roseaux trop poussés, comme une chevelure emmêlée,  trempaient dans l'eau. Des carpes, énormes, sautaient de tout leur corps à la surface. Au loin, je n'y voyais pas grand chose, des silhouettes de couleurs, j'avais abandonné mes grosses jumelles de chasseur, trop lourdes, enrayées, mises à la casse, pour une paire plus légère que je ne n'arrivais même pas à régler, trop loin, trop près, aucune précision, je les ai très vite remises dans la sacoche du vélo et j'ai regardé de tous mes yeux, c'était bien ! Toujours pareil, Danielle ? T'as vu des cygnes, des canards, des hérons unijambistes ? Parfaitement, j'aurais même pu les appeler par leurs prénoms tant ils m'étaient familiers, je me suis assise sur les marches qui descendaient profondément dans l'eau, le niveau avait pourtant baissé avec les chaleurs de l'été, juste à côté de moi, dans la bordure de l'étang, il y avait un gros trou de ragondin, sans doute, je n'aurais pas voulu qu'il sorte de là pour faire coucou, j'en ai bien peur...


Bien sûr, des cygnes


Les marches


Le petit ponton qui disparaît sous les plantes rampantes, ne sert plus à rien du tout

Un jour de beau temps, avec mes amis d'ici, nous somme partis en file indienne,  bien à l'aise sur nos vieux vélos de campagne, visiter leur étang. Quelles belles routes nous avons empruntées, les chemins creux étaient tous verts, les peupliers, les chênes et tous les autres arbres tamisaient le soleil devant nous.


Les arbres tamisaient le soleil...

Je n'avais pas vu plus beau... Nous allions tranquillement, moi je restais très attentive, les deux mains bien calées sur mon guidon, je répondais à peine aux paroles échangées d'une monture à l'autre, mes amis riaient : laisse donc Danielle tranquille, voyons, tu vois bien qu'elle se concentre ! Oui, les trous, les bosses, je voulais les éviter...

Nous sommes arrivés sur un large chemin, recouvert entièrement d'herbe fraîchement coupée de la veille par l'équipe municipale, je n'en voyais pas le bout. Nous pédalions au pas, impossible d'aller plus loin sans descendre de nos petites reines, il fallait les tenir à bout de bras, serrées, alors j'ai vu défiler de chaque côté des petits étangs adorables, chacun avait son charme, son silence, les ombres et les lumières se joignaient aux couleurs pour noyer le paysage, sur chaque petite pièce d'eau trônait une île d'où s'élevaient des peupliers, des saules pleureurs, des hautes herbes, autant d'abris, de paradis pour les canards.. 


Le chemin fraîchement coupé


Les couleurs et les îles

Nous sommes arrivés sur l'étang de mes amis, nous y étions en plein début d'après-midi, le bleu du ciel était partout, des reflets par ci, par là, faisaient que les îles, les arbres, doublaient de volume dans l'eau, nous nous étions tous arrêtés pour admirer cette beauté ! Pas besoin de parler, juste des petites choses : il faudra couper les fleurs de lotus, elles commencent à être envahissantes, et puis, tiens ! Il faudrait raccourcir les arbres des îles, mais quand ? Les bras de mes amis n'y suffiront pas, trop de travail, trop de fatigue en perspective, il faudra demander à la génération montante un petit coup de main...


Les nymphéas de l'étang

En faisant le tour de l'étang, arrêtés, devant un grand chêne, mon ami raconta l'histoire suivante : cet arbre s'appelle l'arbre à l'ours blanc ! Quand j'étais petit, je devais avoir six ou sept ans, du temps où il n'y avait pas encore d'étang, j'accompagnais mon père au travail des champs, il labourait, semait et moi, je l'attendais au pied de l'arbre. Il avait déposé sur mes épaules sa grosse veste, et me disait : ne bouge pas de là, surtout ne bouge pas, tu vas voir l'ours blanc qui va venir... Je restais, je regardais, je ne bougeais pas une oreille, je suivais mon père au loin... Puis me regardant fixement, il ajoute : je n'ai jamais vu l'ours blanc ! Il avait six ou sept ans dans les yeux, moi j'ai pris la photo de l'arbre, je vais en faire faire un beau tirage et leur envoyer à Noël, d'ici là, l'ours blanc viendra peut-être ?


L'arbre à l'ours blanc

Au fond de l'étang, il y avait une petite maison, juste assez grande pour y mettre une grande table et des chaises pliantes, un four et quatre feux, de quoi se faire un bon thé, nous l'avons bu dehors, juste à côté du nid de frelons qui tournoyaient allègrement sans se préoccuper de nous... Personne n'avait peur, même pas moi.

Mes amis partageaient avec moi les souvenirs des fêtes qu'ils firent autour de leur étang, ah ! Comme c'était joyeux dans ces moments-là... Quand on arrêtait de se raconter des choses, on entendait le silence, toujours le même, sauf que maintenant on percevait la petit ligne d'avion qui ronronnait au dessus de nos têtes, partout maintenant on entend des avions, partout le bruit a gagné, même dans les coins les plus reculés de  la campagne...

Le retour fut aussi beau que l'aller, nous avons pris un chemin différent pour additionner la beauté, nous nous sommes arrêtés pour ramasser des pommes, des reines des reinettes, toutes tombées, bonnes, sucrées et abandonnées... Une journée qui ne ressemblait à aucune autre.


Les pommes

Le lendemain mes amis se sont plaints d'avoir mal au dos, aux fesses, aux mollets, moi je n'avais mal nulle part car depuis que j'étais ici je faisais tout en vélo, j'avais fait marcher la machine, un peu tous les jours... Grande routière et petite vitesse...

Plus que quelques jours...

Au début du séjour, jusqu'à la moitié du mois il a fait plus gris que bleu, pourtant, le soleil s'arrangeait souvent pour sauver la situation à un moment de la journée, il me donnait le temps de pédaler, je ne m'en suis pas privée. Il ne faisait pas froid du tout, c'était toujours ça de gagné...

Avec mes amis, au début du séjour, il y a eu les comptes-rendus de l'année passée : la santé ? Les morts annoncés, enterrés, ils se sont mis en noir, ils ont pleuré : on ne quitte plus nos habits noirs, on n'en peut plus, il faut que ça s'arrête ! 

Plus tard, dans les jours suivants, on a recommencé à parler de tout avec le sourire, mâtiné des chagrins ensevelis...

Prochainement : L'Indre encore ou autre chose, selon l'urgence des mots...

Je vous y attends...


vendredi 13 octobre 2017

Zigz'arts vénitiens 2017 (3)


Le coin tranquille

Un beau mois de juillet en effet, pas trop chaud, l'idéal, je mettais mon chapeau de paille pour le plaisir, et j'allais par les rues les plus à l'ombre, ce qui fait que j'avais mon chapeau sur les bras pendant toute la promenade...Un jour, dès le début du séjour, en posant mon chapeau qui me tenait chaud pour visiter une église, j'ai perdu une partie de la housse de mon appareil photo, j'étais furax bien sûr, je suis revenue sur mes pas, mais je ne l'ai jamais retrouvée... Quand je prends des photos je ne fais attention à rien d'autre, alors forcément...


Les accessoires de sortie



Le Palazzo Zenobio des Arméniens, sur la Fondamenta del Soccorso, à deux pas de chez moi, exposait des artistes dans le cadre de la Biennale. L'entrée était libre, je passais presque tous les jours devant pour aller faire mes courses, c'est donc par hasard que je fis connaissance de deux belles œuvres, l'une : "La table du silence" d'Antonia Trévisan, m'a beaucoup touchée : au milieu du vaste réfectoire du palais, plongée dans la pénombre, une grande table rectangulaire, nappée de blanc jusqu'au sol, supportait sur une ligne douze petits bols de porcelaine ou de grès blancs. Un faisceau de lumière blanche, vive, suspendue au dessus de chaque bol, coulait comme du lait... Ma photo reste bien en deçà de l'impression que j'ai ressentie, silence, lumière, blancheur et beauté. Mais voyez :


La table du silence - Antonia Trevisan

Au fond de la pièce, un peu en hauteur, trônait une chaire, d'où j'imaginais un lecteur distribuant aux convives des paroles sacrées... Une fois franchi le rideau noir qui me séparait de l'extérieur, je retrouvais le ciel bleu, la chaleur et les couleurs du jardin... Avec plaisir !


Le jardin du palais Zenobio 

Une autre oeuvre m'a fait forte impression dans la grande salle de réception : de grandes poutres de bois tapissaient le mur le plus long de la salle, dans un camaïeu de marrons. On distinguait sur chaque poutre une écriture qui ressemblait à des idéogrammes, en fait ces panneaux étaient en plastique dur, brûlés intentionnellement pour provoquer de la beauté. Comme cette splendide salle va se retrouver nue quand l'artiste aura déposé son oeuvre ! Cet artiste, Jean Boghossian, originaire d'Arménie, a intitulé cette oeuvre : "Flamme inextinguible", il dit de sa pratique par le feu : travailler avec le feu est un véritable challenge... Jean Boghossian est un expérimentateur, un avant-gardiste, il définit sa passion comme une nécessité, mais je connais bien d'autres artistes qui ont joué avec le feu... Ses toiles "brûlées", accrochées sur les murs, ne me firent pas du tout le même effet que ce grand mur, pas d'effet du tout, je les ai à peine regardées... Je suis revenue de nombreuses fois dans ce palais, à chaque fois avec le même enthousiasme... Imaginez que vous passez tous les jours devant une galerie d'art, qui devient un peu chez vous... Dans ce palais, il y a un grand jardin, souvent à l'ombre, quelques tables et chaises permettent de se reposer de la visite...




Flammes inextinguibles - Jean Boghossian,

En sortant, quel plaisir de parcourir la Fondamenta le nez au vent, pour aller faire mes courses, ou en revenir... Je savais qu'à tous moments je pouvais entrer, regarder et réfléchir...

Je m'était dit avant de partir à Venise : vas-y avec des yeux nouveaux, comme si c'était la dernière fois, et j'ai eu l'impression de voir tout pour la première fois... La Biennale augmentait la dynamique...

Tout le long de mon parcours, je voyais les poissons zigzaguer dans l'eau, en troupeaux, guettant sans doute les miettes des cornets de glaces ou des pizzas...



Prochainement, j'ai bien envie tout de même de vous dire un petit mot de ma campagne indroise dans son beau mois de septembre... Après, je reviens à Venise, ou je mélange tout ?

Suivez-moi mes amis...

dimanche 8 octobre 2017

Zigzags vénitiens 2017 (2)


Les couleurs de Venise

J'y suis ! Les amis qui me suivent le savent, les premiers jours vénitiens, je ne fais que rouspéter : pas assez de ceci, trop de cela, elle bougonne, la Danielle... C'était mieux avant, il y a trop de monde, les boutiques de babioles chinoises à bas prix tirent les commerces vers le bas, Venise devient une ville musée, les Vénitiens transforment leur logement en location, ou le vendent et partent  ailleurs vivre de leurs rentes... La bella vita !

La ville de Venise fait les gros yeux,  donne un tour de vis, il faut déclarer les nuitées, faire payer une taxe de séjour... Comme partout... Mais je n'ai vraiment pas l'impression que ça change quelque chose, j'entends le bruit des valises à roulettes dans tous les coins, il en déboule de tous les porches... Forcément, ça fait plus de monde partout, même dans les petites rues encore désertes il y a quelques années...

Pour m'amuser, je suis passée chez le pharmacien du campo Bartolomeo, bourré de monde. Il affiche en permanence dans sa vitrine un panneau électronique qui dénombre en temps réel  le nombre d'habitants sur Venise (je ne sais pas du tout comment il fait, il doit être branché en direct sur l'état civil et les déménageurs), à mon arrivée, la barre était sous les 55 800 (102 300 en 1976). Les pauvres, ils sont franchement dépassés par le nombre de touristes... Mais comment résister à l'offre immobilière très avantageuse... Les prix s'envolent, les Vénitiens profitent de l'aubaine pour vendre, qui ferait autrement ?


Oui, il y a du monde

Mon logeur m'avait dit en arrivant : ils sont 30 millions cette année !!! Je ne sais pas du tout de quelles sources il tirait sa statistique mais de fait, je voyais bien que je n'étais pas toute seule... Ça se bousculait au portillon sur le vaporetto...


 et encore du monde

 Le premier jour, je suis restée dans mon quartier de Dorsoduro, j'ai fait mes courses dans la petite supérette des Zattere (Conad, groupe de distribution alimentaire italien). J'ai retrouvé mon ambiance, j'avais ma liste dans ma poche, à peu près la même que l'année dernière, les légumes et les fruits sont en majorité des produits italiens et sont moins chers qu'en France, ne parlons pas de la mozzarella di bufala Campana (DOP) très, très bonne. Sur la mozzarella je vous signale les très bons tuyaux de Wikipedia et Libération, où l'on apprend que la moitié de la production de ce fromage provient des États Unis et d'Allemagne... Je me suis régalée avec les belles tomates un peu vertes, et la mozza...


Mon quartier

J'ai retrouvé l'envie des haricots verts, de tous les légumes et les fruits, les cerises aussi, que j'adore... Divines, quand sont arrivées celles de Turquie, plus chères et beaucoup moins bonnes, j'ai acheté d' autres fruits...


Tomates, mozza, cerises italiennes...

Pour les autres jours, j'avais des projets à court terme : la visite du nouveau grand magasin de luxe LVMH au Rialto, et la transformation (en restaurant) de la librairie française, là-haut, à Fondamenta Nuove.. Je la connaissais depuis 20 ans, les affaires n'étaient pas florissantes, maintenant on y mange des pizzas...

Le nouveau magasin de luxe... L'intérieur est superbe, grande classe, les escaliers mécaniques sont rouges, des hôtesses vous accueillent avec leur tablette, et vous dirigent avec le sourire... On trouve ici les meilleurs produits dans toute leur diversité, restaurant, produits alimentaires de premiers choix, habillement, parfums, chaussures... Et expo d'art contemporain sur la terrasse, qui peut accueillir maxi 80 personnes... Je me demande comment vont pouvoir résister les magasins des environs ? Affaire à suivre... (Je ne retrouve plus mes photos, envolées, disparues, éclipsées, raptées, scratchées...)

Les jours suivants, j'ai repris la nonchalance et l'improvisation... Je gardais la Biennale des Giardini et de l'Arsenale pour la dernière ligne droite...


Des œuvres d'une grande beauté, des milliers de surprises... Un enchantement ! Ici, dans la petite église San Samuele, des œuvres d'Evan Penny (artiste canadien), en silicone pigmentée

En buvant mon eau minérale pétillante, à la terrasse du café du campo Margherita, en voyant les touristes penchés sur leur téléphone portable, fidèles à leur GPS, je me souvenais du temps ancien de mes premiers séjours, où je mettais deux heures à me  repérer sur la carte : je la tournais toujours dans le mauvais sens, la queue de poisson de la Sérénissime à l'ouest, quel mystère, tout ça ! Je me souviens du soir où je devais assister à un concert dans la sublime église toute en marbre de Miracoli, j'avais calculé mon temps pour y arriver à l'heure, sans prévoir qu'il m'en faudrait le double par les détours... Je n'avais pas encore la carte dans la tête, au moindre écart, je doublais mon temps de parcours...


L'église Miracoli dans sa splendeur

J'ai mis du temps pour les apprentissages, et pourtant aujourd'hui je me dis encore :  un mois n'y suffira pas pour aller de-ci de-là, et voir en même temps la Biennale d'art contemporain !!! Quel beau mois je vais avoir, j'avais plié mes livres de compte des magasins, des Vénitiens, des transformations mondialisées, je m'en fichais, seuls importaient pour moi la joie, l'art, le Grand Canal et les tomates-mozza...



 Zigz'arts vénitiens 2017 (3) à suivre...

Je compte sur vous !





jeudi 5 octobre 2017

Zigzags vénitiens 2017 (1)


Venise, me voilà...

Me voilà de retour de Venise, des lacs italiens et de ma campagne indroise. Par où commencer ?
 Par le commencement : VENISE

Un mois à Venise, vous imaginez ? Quel bonheur ! Avec quel enthousiasme vous pouvez préparer votre séjour, la documentation, les guides, la littérature, internet, les amis, les voisins... Rien n'est trop : trop beau, incroyable, extraordinaire, exaltant. Sur la Sérénissime, rien ou presque n'a bougé depuis des siècles, que de l'authentique... Un mois entier ! Quelle chance, tu auras le temps de tout voir, visiter, goûter, photographier, en prendre plein les mirettes, sans compter les glaces italiennes qui sont si crémeuses, si bien servies, si artisanales... Et les découvertes ? Oui, elles existent encore, les petites rues désertes ? Oui, dépêche-toi, avant que la marée humaine ne soit trop haute...


Des petites rues plus calmes

Pour moi qui reviens à Venise depuis de très nombreuses années, je ne me pose plus du tout ces innombrables questions, mais le bonheur et l'enthousiasme sont toujours au rendez-vous.

Les raisins sont trop verts pour toi, Danielle ?

Pas du tout, mais quand on pratique cette ville depuis longtemps, on a peur du changement. Ah bon ! Raconte-nous ça...

Ben, je me dis, quels sont les commerçants de mon quartier qui auront fermé boutique : la boulangerie du coin, et l'autre un peu plus loin ? L'année dernière déjà, cela se préparait, je voyais les grands ou petits panneaux qui disaient : "à vendre", "cessation d'activités", "travaux", "transfert"... Pourquoi, comment, je ne sais pas... Les retraités qui liquident, il y en a aussi à Venise, les offres de rachat doivent être nombreuses, les commerces ne restent pas longtemps en vente par ici...


 Le coin toujours aussi beau

Que vais-je trouver sur mon île préférée ? Y aura-t-il toujours plus de touristes, de moins en moins de petits coins tranquilles, de nouveaux  marchands de pacotilles qui remplacent tout, le tsunami dévastateur de la mondialisation ? Le nouveau grand magasin de luxe de Benetton/LVMH au Fondaco dei Tedeschi, ce magnifique palais (l'entrepôt des marchands allemands, reconstruit en 1508, suite à un incendie qui avait ruiné totalement le précédent bâtiment), qui a les pieds dans l'eau du Grand Canal ?

Mais très vite, le bonheur reprenait le dessus à la seule pensée de la Biennale d'art contemporain. Elle va m'emmener partout, découvrir, redécouvrir des lieux oubliés, privés, ouverts tout spécialement pour l'occasion... Je n'avais presque rien lu à son sujet, je ne voulais presque rien savoir à l'avance, juste quelques bribes qui me faisaient saliver, comme le font les films d'aventure ou les thrillers, je me faisais une joie des parcours...

Je pensais même aux nouvelles photographies possibles, regarder de plus près, encore plus près, changer de regard, diversifier les points de vue...


 Arrosage dans le calme

J'ai pris du temps pour faire ma valise, ne rien oublier, comme si j'allais sur une île déserte... Les indispensables : les médicaments des vieux passagers, la carte en papier plastifié, un seul guide, on ne sait jamais, ma tablette, mon téléphone, mon appareil photo, mes robes en lin, ma brosse à dent, mon chapeau est resté suspendu au mur de la maison l'année dernière, j'ai les clés, partons !!!

J'ai pris l'avion, le train c'est fini, trop cher, trop sale, pas confortable, pas assez confortable pour moi qui prends des années, sans doute...

À moi les trous d'air, les petites peurs du décollage, l'atterrissage en douceur... Il fait 32°, nous y voilà ! Le ciel est bleu !

 Zigzag vénitiens (2), à suivre... Prochainement... 

Je compte sur vous...

mardi 27 juin 2017

ZIGZAGS - 4


Avant de revenir à Venise

Allez ! Le dernier ZIGZAG avant de partir...

LES MAMOS DE L’ANNÉE 

Plusieurs fois (2011-2012), je vous ai raconté les histoires de mes mammographies de contrôle : mais oui, Danielle, c'est fait tout ça, t'as encore quelque chose à nous dire ?

Oui, en fait c'est chaque fois autre chose, comme pour les abricots merveilleux de l'abricotier en bas de chez moi, chaque année j'en guette les fleurs, les fruits, les chapardages, les ramassages, c'est comme avec un enfant, vous ne vous en lassez jamais, et bien moi c'est pareil avec mon abricotier, je le couve du regard et je vous en parle...

La mammographie c'est autre chose, elle revient aussi régulièrement, mais les enjeux sont extrêmement différents, c'est une question de vie et de mort... J'y allais d'un pas tranquille avec mon amie, nous avions pris un rendez-vous en duo, c'est bien plus rigolo...

Personne dans la salle d'attente, c'est plutôt rare, je passe tout de suite : mettez-vous torse nu, je viens vous chercher... Mais le temps est long quand on attend, et puis, à moitié nue sur le petit banc de la cabine, c'est pas glamour... Après la radio, je passe à l'écho, je reste toute seule avec les écrans allumés, tout va bien, le médecin fait son travail et moi je le regarde, guettant dans ses yeux le moindre mouvement, le moindre plissement qui voudrait dire : tiens, tiens, c'est quoi, ça ? Quand elle repasse deux fois au même endroit, je panique, ah ! C'est là, je suis cuite. J'ai beau regarder l'écran qui s'agite, je ne vois rien de définissable, je vois la vie en noir, évidemment... Elle passe et repasse, l’œil rivé à l'écran, sans parole, seulement le va-et-vient de son palpeur électronique, son attention est constante et, au lieu de me mettre en confiance, je panique... Tout va bien, c'est parfait, alors-là, c'est la récompense royale, encore sauvée pour cette année... Je mets du temps à me rhabiller, je l'ai bien gagné, pas d'énervement, pas de précipitation, du lent, du bon temps, du beau temps...

Nous étions sauvées toutes les deux !

L'EGLISE ORTHODOXE RUSSE 



Au pieds du Palais de Tokyo, ce grand escalier descend direct à la Seine


J'avais décidé d'aller visiter l'intérieur de la nouvelle église orthodoxe russe, près du musée Branly, j'avais pris des photos il y a quelques mois, lors de la pose de la première coupole, je voulais voir le résultat final avec les cinq coupoles dorées/mat... Mais bien sûr, je me suis trompée de station de métro : Iéna au lieu d'Alma-Marceau... Pour traverser la Seine j'ai pris un petit raccourci : le grand escalier (que l'on voit sur la photo) juste à côté du Palais de Tokyo donne rue de la Manutention, et dans cette petite rue j'ai découvert des espaces plantés  microscopiques,  entretenus par les riverains... Tomates, vignes, haricots verts et fleurs, beaucoup de fleurs... Sous la pile du pont un artiste parisien,
Pablo Tomek, avait réalisé des grands murs peints, magnifiques...        
                                                                                                                                                                 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 La grille reste toujours ouverte, et pourtant il n'y a pas du tout de curieux...




En poussant la grille, il y avait cet espace silencieux et paysagé


Pablo Tomek


J'ai refermé la grille et j'ai longé les petits jardins potagers

Je suis arrivée ainsi à la passerelle Debilly, parallèle au pont de l'Alma, et j'ai traversé la Seine pour voir mon église toute neuve...

La promenade n'est pas très agréable de ce côté de Paris, car il y a énormément de voitures sur tous les axes, on en prend plein les poumons, comme au Cambodge, des tuks-tuks à pédales proposent le transport pour le musée d'Orsay, pas loin, et la Tour Eiffel, tout près, et même beaucoup plus loin, petit commerce écolo, pas toujours rigolo, il faut de la force dans les mollets...



Photo empruntée sur internet : Cathédrale de la Sainte Trinité, architecte Jean-Michel Wilmotte

Le complexe religieux regroupe : maison paroissiale, auditorium, centre culturel, école bilingue franco-russe, librairie, salles d'exposition, cafétéria . Il s'impose par son énorme volume, les coupoles sont recouvertes d'or mat et le soir, il est illuminé sur toutes ses facades... Je vous conseille vivement de faire un petit tour sur Wikipedia pour en savoir beaucoup plus long sur l'histoire déjà très longue et très compliquée de ce projet (réalisé), controversé, inauguration et incident diplomatique à la clé...

L'intérieur est encore dépouillé, blanc et or, les icônes fraîchement créées scintillent sous le feu des bougies, fresques et mosaïques ne sont pas encore installées... Le financement de cette grande cathédrale est entièrement assuré par la Russie, qui avait acheté en 2010 quatre mille m2 de terrain (ancien site de Météo-France), site convoité par beaucoup de monde, dont l'Arabie saoudite...

Il faudra que j'y revienne, j'espère qu'ils ne vont pas mettre trop longtemps... Je me souviens du culte auquel j'avais assisté à Venise, dans cette très belle église orthodoxe grecque, très ancienne, il n'y avait en vérité pas grand monde à l'office, et je m'étais faite réprimander par une paroissienne qui n'avait pas apprécié que je croise les jambes sur mon siège, la magie est partie instantanément...






Les œuvres du moment

Je gage que les fresques, les mosaïques qui viendront orner ce lieu seront de toutes beauté... Attendons donc ! En revenant sur mes pas pour reprendre le pont de l'Alma, j'ai trouvé ce petit sentier, près du musée Branly, la campagne était au rendez-vous, secret !



Les petits chemins creux du musée Branly, chut !

Dans quelques jours je vais retrouver Venise, dans quels états seront-nous, elle et moi ?


La pose silencieuse

Il fera chaud, vais-je trouver l'ombre et la fraîcheur dans les petites rues encore peu fréquentées ? La Biennale que j'adore va sans doute me réserver des surprises, j'y suis prête, avec curiosité et passion !

Je vous raconte tout ça en revenant, à bientôt mes amis, vivez bien vos moments présents, avec enthousiasme !

Amicalement vôtre...