mercredi 31 août 2011

L'Indre... Inventaire avant départ.


L'Indre c'est maintenant, j'en ai les larmes aux yeux. J'arrive...

De l'air, de la lumière, des oiseaux, des rivières, les vignes, des fleurs, des mirabelles, des pêches, des figues juste au dessus de ma tête quand je mange dans le petit jardin tout vert de la maison... Les mûres en grappes, gorgées de jus couleur de sang, pendent généreusement, aïe ça pique, je prends les plus grosses, je laisse les autres aux mouches, ça repique aux mollets, ouille, ouille, les orties ne sont pas mes amies... Avec seulement un peu de sucre en plus, je ferai de délicieuses confitures, les belles étiquettes sont prêtes... Les trèfles à quatre feuilles que je ne trouve jamais, parce que je regarde en l'air dans le bleu du ciel, dans les arbres... Loin, aussi loin que je peux, je compare les couleurs, celles qui passent déjà sous le pinceau du temps, les plus soyeuses, les plus éclatantes, les plus changeantes,  je suis tranquille pour tout le mois, les verts et les bleus seront parfaits, dans tous leurs états.


La petite loge ensevelie (maison de vigne)

Et les chemins qui montent, qui descendent, je les suis sur mon vélo, tantôt à pied, tantôt sur ma selle, les abeilles, les papillons, les vaches dans les prés, les marrons, les noires et blanches, je les aime toutes autant, je ne parle pas tout de suite des noix et des noisettes, car je serai presque de retour, non, les noix et les noisettes je les garde pour la fin... La fin de l'été, la fin des vacances, la fin des prés fraîchement coupés.

Les voisins, les voisines, le boulanger et son délicieux Paris-Brest, galettes de pommes de terre, galettes au fromage, le pâté berrichon, le petit pont qu'il me faut passer pour aller plus loin... Beaucoup plus loin vers l'étang, muet comme les carpes... Sa surface calme, brille comme du papier glacé, pas de vent, pas une ride, j'ai vu glisser des cygnes, voler des hérons, houlà ! Un gros ragondin, un rat même qui vient manger les grains de blé réservés aux grosses carpes, ça saute ici et là, et hop, l'étang frétille !


Les dernières bottes

Encore plus loin, du silence, deux ou trois voitures qui passent quand même, mais presque rien... Les maisons de vigne qui meurent doucement le nez dans le maïs, leur toit est crevé, il y pousse de la vigne, la porte est toujours ouverte mais il n'y a jamais personne qui vient s'abriter du soleil, se reposer du travail de la terre, mettre l'âne à l'ombre... Seules les histoires le racontent, les vignes par ici sont abandonnées comme les fermes, qui deviennent les unes après les autres des résidences secondaires...

Sur mon vélo le soir, je respire toutes les odeurs des herbes, la paille, le foin coupés depuis longtemps mettent à mon cou une goutte de leur parfum, distillée par le vent... Je pédale dans une délicieuse odeur d'eau de toilette, l'eau parfumée se répand sur toute la campagne, personne n'y échappe...


L'étang d'argent

Marianne, toute cette année la vie a été difficile pour vous, prenez patiente.je viens vous voir, restez au jardin, j'apporte le cake, nous prendrons le thé tout près des rosiers.  La voisine près du moulin, juste en bas de la petite descente j'entends le glouglou de la rivière, qu'il faudrait nettoyer : bonjour, je vais passer prendre des nouvelles... Le fermier d'à côté avec toutes ses vaches et sa bonne humeur me verra aussi : comment allez vous, comment avez-vous fait cette année ? Où en êtes-vous avec le lait ? Il y a beaucoup de gens par ici, il faut faire très attention, on les trouve devant leur porte, rarement sur le chemin, je fais quelques pas vers eux, et me voilà en bonne compagnie...

Les prunes, les Sainte-Catherines, les mirabelles, je vais vous mettre en pot, en compotes, même si je dois me baisser jusqu'à terre pour vous ramasser, je vous aurais... Les pommiers, si beaux, si ronds, si gracieux, aux fruits qui brillent de loin, pourvu que je trouve des Reinettes...

Le jour, il ne faut rien manquer de voir, écouter sans bruit, sentir, marcher, pédaler, s'asseoir sans bouger de peur de déranger... Attendre seulement que la lumière change... Ça bouge dans l'herbe, tant mieux, nous serons plusieurs... Le soir, je regarde les étoiles.

Je me souviens comme j'ai pleuré le premier jour quand je suis arrivée à Istanbul, devant la première grande mosquée, si royale, si belle, si raffinée, je vais sans doute avoir du mal à parler aussi quand je vais revenir en Indre, une boule dans la gorge, une émotion forte venue des saules, des chênes, des noyers va me prendre, je le sais... Comme à Istanbul la première fois...


L'automne à la Chardin (presque)

14 commentaires:

Georg-Friedrich a dit…

Va, je t'aiderai - comme l'année dernière - à ramasser les mirabelles, tu peux compter sur moi, et j'apporterai aussi quelques gousses de vanille de Bourbon pour les mêler à nos tartes et à nos compotes!
Moi aussi j'ai hâte, le grand air de l'Indre, ses lacs frétillants, ses sentiers lumineux, tout cela me fera le plus grand bien à mon retour d'Italie!
Bon voyage!!!

Enitram a dit…

Ton billet comme un petit roman sandien qui raconte la joie des retrouvailles avec un brin d'émotion que l'on retrouve aussi dans la dégustation d'un succulent Paris-Brest !
Bonne escapade dans l'Indre !

Danielle a dit…

Oui GF, nous en ferons ensemble des récoltes, des tartes et des compotes... A la vanille.

Gros bisous à toi pour cette belle journée.

Danielle a dit…

Comme tu vois juste Enitram avec le Paris-Brest et la campagne, inséparables...

Merci à toi, très bonne journée.

Françoise a dit…

Suis déjà sous le charme!

Vous allez nous conter de merveilleuses aventures,rencontres, descriptions paysagères au beau pays de George Sand.
Excellent séjour.

Amitiés.

Danielle a dit…

Merci Françoise, merci... Bon voyage à vous deux aussi...

Je vais essayer de faire tout ça, comme je peux :-)))

Je vous embrasse tous les deux, fort.

Maïté a dit…

Je m'installerai bien sur ton vélo avec toi...Bonnes cueillettes, bons ramassages, bonnes confitures, beau mois de septembre et excellent fare-niente ! A presto !

Danielle a dit…

Merci Maïté, promis je fais tout ça dans le désordre :-)))

Bon mois à toi également.

Bises du matin.

A bientôt !

Michelaise a dit…

Vite avant de me coucher, demain c'est la rentré et nous sommes allés voir un film archi nul qui m'a bien fait perdre du temps, j'aurais mieux fait de lire ton billet... promis ce sera chose faite demain avec commentaire approprié

Michelaise a dit…

Me revoilà, la rentrée a eu lieu, fort affligeante ma foi, mais cela va me changer les idées... un petit détour par l'Indre, quel bonheur avec toi pour conteuse. Ton émerveillement a quelque chose de très émouvant, dans la mesure où tu décris un environnement qui est le quotidien de beaucoup et qui n'est pas toujours apprécié à sa juste valeur. J'aime tes émotions, elles sont salutaires et simples.
C'est une année à mûres et les gelés emplissent les placards, tout le monde en fait des tonnes autour de moi !
Quant au ragondin, sais-tu qu'ici on le cuisine en pâtés ... quand on n'en fait pas des battues car il massacre joyeusement les rives qu'il peuple et fait de très gros dégâts en provocant l'effondrement de ces dernières, surtout dans les marais.
Quant aux résidences secondaires, c'est un moindre mal n'est-ce pas, cela maintient le parc immobilier en l'état... j'en sais quelques chose moi qui suis, de nouveau, la seule habitante du quartier !
GF, coucou gourmand, je t'ai vu, tu es un coquin avec tes mirabelles... et j'ai cru comprendre que l'Italie se profilait à l'horizon septembre avec une petite virée en indre ensuite !

Danielle a dit…

Chère Michelaise, merci de ta re-visite... et de toutes tes impressions. Moi aussi je trouve que les tous petits riens de tous les jours en disent long sur le reste... merci à toi de le remarquer.

Les mûres ici il faut que je me dépêche, elles passent, paraît... tout a pris de l'avance...

les mirabelles il faut que j'aille vérifier sur place mais paraît qu'elle sont passées aussi...

Aië, il faut que je réinvente le mois de septembre.

Michelaise bonne rentrée, bonne semaine, bon blog...

Bises fortes.

Danielle a dit…

Michelaise c'était quoi le film ?

La rentrée désolante, tu vas voir ça va s'arranger.

Bon, je retourne à la cmpagne.

très bon WE à toi.

Georg-Friedrich a dit…

Oui, oui, Michelaise, l'Italie se profile. Je pars la semaine prochaine! Et j'ai hâte. Et le film archi-nul que tu as vu ne serait-il pas le dernier Christophe Honoré??? Moi ce film m'a agacé aussi, et j'aurai pu employer ce temps à des choses plus utiles!!!

Danielle a dit…

Coucou, je vous laisse entre vous :-)))

Bises à tous les deux.