dimanche 28 novembre 2010

Biutiful... De A. Gonzalez Inarritu.



Certaines rues de Barcelone ressemblent à certaines rues de Paris.

J'ai tout de suite vu que ce film dégoulinait dans mes rues de Paris, les rues pauvres, les plus exposées au trafic de tout ! Je reconnaissais tout ce que je vois ici, pas très loin.

Le film raconte l'histoire d'un homme au bout d'une histoire d'amour, au bout d'une histoire de vie, il trafique pour élever ses enfants, subvenir aux besoins de sa famille. La pauvreté est à l'oeuvre à Barcelone comme à Paris... Moi aussi je la vois, la pauvreté, dans certaines rues de Paris... Je ne peux pas faire autrement, elle est sous mon nez.

J'ai beaucoup pleuré pendant le film, j'ai beaucoup de peine et de révolte aussi dans certaines rues de Paris.

La première fois que j'ai vu des centaines de personnes vendre des chiffons, des objets, des riens du tout sur le trottoir à la porte de Bagnolet, juste au dessus de l'échangeur, je me suis dit, comment c'est possible tout ça ? Où ça va aller ? J'ai vu les courses contre la montre entre la police et les pauvres... Qui détalent en laissant toute leur fortune par terre.

La première fois que j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnes vendre des fringues, des objets trouvés, des rebuts de poubelles, en pleine journée au métro Belleville, en pleine rue, je me suis dit, comment c'est possible tout ça ? Où ça va aller ?
J'avais vu la même chose à Venise, des contrefaçons vendues à la sauvette, pareil que sur la Butte Montmartre...

J'ai vu aussi les campements de fortune en haut des buttes, sur les côtés du périphérique, je les ai bien vus ceux-là, sans cesse détruits, sans cesse reconstruits... Heureusement que la voiture roule vite, j'ai presque pas le temps de les voir, ça fait du baume au coeur...

Biens sûr si j'habitais ailleurs, un peu plus loin, je ne verrais rien...

Dans le film Biutiful, je retrouvais avec émotion toutes ces misères, toutes ces difficultés à vivre, pour ceux qui viennent du sud, mais pas seulement les gens du sud... Comment ça va finir tout ça ?

Les marchands de sommeil, dans le film, on voit comment ça s'organise, mais je sais que pas loin de chez moi, c'est possible aussi... Je l'ai appris il n'y a pas longtemps.

Quelle impression j'ai eue un jour de voir rappliquer du haut de la rue des pauvres, poussant leurs caddies, remplis, blindés, un magasin entier de petits riens, sur roulettes... Ils allaient vendre à la sauvette...

Dans le film Biutiful, j'ai retrouvé ces images parisiennes désespérantes, désespérantes aussi à Barcelone...

Ce film est beau, émouvant, grave, désespérant certes, mais quelle belle humanité...

Vous avez peut-être vu ça aussi par chez vous ?... Si vous vous sentez le courage, allez voir le film... Vous me direz.

6 commentaires:

norma c a dit…

En tout cas, tu me donnes envie d'aller le voir, et pourtant, je travaille tous les jours dans les quartiers de la misère...

Danielle a dit…

Alors Norma tu dois connaître tout ça...

Si tu as l'occasion d'aller voir ce beau film, n'y manque pas.

Passe une belle soirée.

Eli a dit…

No había escuchado de esta película, el trabajo de Iñarritu suele ser muy bueno.
Conocer la otra cara de París, me
dieron muchas ganas de verla!

Gracias por la recomendación
Salutation!

Danielle a dit…

Eli, j'ai mis ton texte sous traduction... Merci de ton message, le film d'Inarritu est superbe, je faisais le parallelèle entre Paris et Barcelone, dans le film nous sommes à Barcelone et moi je parle de ce que je connais dans certains quartiers de Paris, j'ai retrouvé beaucoup de ressemblance avec ce qui ce passe à Barcelone...

Je recommande le film avec enthousiasme.

A bientôt.

Lorenzo a dit…

Très très beau film et vous l'avez écrit, très humain, très riche. Impossible de ne pas être touché par toute cette humanité. Barcelone comme on l'avait jamais montré. Puis-je vous recommander un autre film espagnol, très fort et très beau : "El Bolà" de 2007 ou 2008. Pour ceux qui sont proches d'un cinéma Utopia, il y est possible de l'acquérir dans le cadre de leur programme cinéma à la clé. Contre 5€, on charge le film en VLC et les logiciels qui vont avec sur votre clé USB. C'est un film à montrer à tous les âges. Le cinéma espagnol s'est trop longtemps caché derrière le gigantesque talent d'Almodovar. Ils sont nombreux les réalisateurs là-bas qui font du très très bon travail.

Danielle a dit…

Lorenzo, non je n'ai pas vu ce film, il ne joue pas non pmlus au cinéma Le Nouveau Latina à Paris... A voir donc avec plaisir, je vais rester attentive à son passage dans ce cinéma qui repasse souvent de très bons films Espagnol... Biens sûr ils y a de très bons cinéastes Espagnols à part Almodovar qui prend toute la place..

merci Lorenzo d'être passé.