vendredi 7 mai 2010

Venise dans tous mes états... Episode N°2




















Le vaporetto !

Ah ! Le vaporetto, quelle histoire, le seul moyen de transport à Venise (à part les taxis, fort chers) d’abord il faut prendre son billet, ou son abonnement deux jours, trois jours, mensuel ? Il faut réfléchir, calculer et se décider, vous n’êtes pas la seule à vouloir un billet. Mais de toute façon ça sera cher, car le transport municipal (ACTV) à Venise est hors de prix, il faut bien trouver l’argent quelque part, donc les touristes (plus de 20 millions par an). C’est l’aubaine !

Le débarquement des trains se fait dans le bruit et la fureur, les queues s’organisent pour le premier voyage. On est prêt à payer n’importe quel prix, on est là pour ça, il ne fallait pas venir si c’est pour rouspéter.

Les employés des embarcadères sont débordés, personne ne sait où aller, quel n° prendre, les valises s’entassent entre nos jambes, la Sérénissime est dans tous ses états. Mais tout finit par se tasser, les bagages et les touristes, il fait beau, pourquoi ronchonner, nous sommes à Venise, le pays des amoureux, je me suis toujours demandée pourquoi cette étiquette était accolée à cette ville ? Les gondoles participeraient-elles à la romance ? Glisser sur l’eau la main dans l’eau doit être romantique, à moins qu’entendre chanter les vieux chanteurs qui chevrotent O sole mio le soit encore plus ? Je ne sais pas, je cherche.

Dans le vaporetto, l’éblouissement commence, assis, debout, sur le côté, le paysage vous transporte…

Le Grand Canal est la première vision de Venise, et quelle vision, les palais, les gondoles, le roulis, le dépaysement est total. Peu importe où il faut descendre, il faut d’abord regarder, certains dégainent déjà l’appareil photo, laissent leurs yeux dans la focale au lieu de dévisager les beautés qui flottent à leur côté, en vrai.

Si vous avez pris la ligne 1, le spectacle est à toutes les stations, le vaporetto va lentement, Venise vous appartient, il n’y a personne d’autre qui compte, que les marbres et les merletti, les reflets dans l’eau sont tous des cartes postales, pourvu qu’il reste de la couleur à prendre à la prochaine sortie !

Le vaporetto fait du bruit, paraît tout rouillé, on se demande comment il fait pour embarquer tant de passagers sans couler ?

La prochaine fois, je prends mon guide, pour détailler chaque palais, pour ne rien manquer, c’est la loi du touriste, il faut la respecter. Tout savoir de Venise, c’est presque une obligation, et vite, car en général, le séjour est court.

Le Grand Canal vous fait chavirer, le Grand Canal prend votre cœur, vous voilà amoureux à vie, il faudra revenir coûte que coûte.

Si vous restez quelques semaines, vous aurez sûrement droit à une grève, totalement légitime, ça n’est pas moi qui dirais le contraire, à Venise aussi le droit du travail est sacré. Ce n’est pas parce que (presque) tout le monde est en vacances, qu’on doit travailler au rabais, rien que pour le plaisir des touristes.
















Au bout de quelques jours, dans le vaporetto, vous êtes en pays de connaissance, vous reconnaissez les Vénitiens qui lisent leur journal, envoient des sms, parlent avec leur voisin, ne regardent jamais par la fenêtre, ils connaissent déjà tout par cœur, et vous ? Regardez-vous votre cathédrale quand vous passez à côté, dans votre belle ville de naissance ? Non, vous regardez votre montre, pour ne pas être en retard, le temps presse. À Venise c'est la même chose pour les Vénitiens, sauf qu'ils sont sur le Grand Canal sans presque s'en rendre compte, ils vont à leurs affaires, à leur Université, faire leurs courses, prendre le train...
À certaines heures, les bateaux sont vides, alors-là c’est le paradis, vous pouvez vous asseoir à l’avant, en terrasse, le nez au vent, le roi n’est pas votre cousin, vos yeux sont rivés à l’horizon, à chaque passage (minimum une fois par jour) vous trouverez des tas de palais que vous n’aurez pas bien vus au passage précédent. Le Grand Canal vous arrache des larmes, l’émotion vous immobilise, vous êtes sous le charme, qui ne s’arrêtera jamais !

4 commentaires:

norma c a dit…

"Le Grand Canal vous fait chavirer, le Grand Canal prend votre cœur, vous voilà amoureux à vie, il faudra revenir coûte que coûte".

Rien d'autre à ajouter, Danielle, j'adore aussi tes photos de la "Venise des Vénitiens" !

Danielle a dit…

Merci Norma, de ta visite, il y a toujours tant de choses à dire de Venise...mais toujours le sourire aux lèvres.

A tout bientôt.

JMV a dit…

J'adore la photo des Vénitiens dans le vaporetto tout affairés à envoyer des textos!!! C'est trop drôle. Et j'aime bien la symétrisation avec les Parisiens qui, comme moi en effet, ne regardent jamais Notre Dame quand ils passent d'une rive à l'autre! Très beau texte, bravo! Je passe maintenant à l'épisode 3!

Danielle a dit…

Merci JM d'être passé chez moi, et d'avoir ri, merci pour tout ce que tu me dis.

A tout bientôt.